Scandales sexuels dans l'Église catholique

http://www.lemonde.fr/international/article/2010/03/05/embarras-au-vatican-devant-la-double-vie-du-pere-maciel_1314751_3210.html

 

Quelle hypocrisie... Ce serait tellement plus simple si l'Église catholique acceptait la sexualité humaine telle qu'elle est ! Et ce n'est là qu'une histoire parmi des millions d'autres. Certaines de celles que j'ai entendues donnent froid dans le dos: c'est terrible ce que la frustration sexuelle peut engendrer.

 

Si les prêtres et autres religieux avaient le droit d'avoir des relations sexuelles, s'ils pouvaient se marier, si l'homosexualité était acceptée et si l'Église catholique avait l'honnêteté de reconnaître que le désir homosexuel est une réalité vécue par une grande partie de son clergé, peut-être qu'il y aurait moins de vies brisées, de victimes d'abus, de doubles vies, de haine de soi et des autres, de frustration sexuelle, de comportements sexuels dégradants tant pour celui qui les pratique que pour celui qui en est l'objet.

 

Vous ne pensez pas ?

 

La sexualité est devenue une question qui occupe tellement de place dans nos Églises et dans nos religions en général, est-ce pour rien ? Je me demande si Dieu n'essaie pas de nous faire comprendre quelque chose avec tout ça.

Commentaires

Une

Je ne crois pas que le

Je ne crois pas que le mariage des prêtres est une solution pour les problèmes d'abus. Dans le cas du père Maciel, il semble qu'il était d'abord attiré par le pouvoir. Cela est davantage une conséquence de la structure de l'Institution Romaine que du célibat choisi.

 

Les problèmes d'abus de toutes sortes (psychologique, physiques, etc.) apparaîssent également dans des églises où le pasteur est marié... mais quasi tout puissant.

Dans le blogue du Caféchange

Stéphane vous faites référence à de l'information sur Krishna. Bien intéressant.
 
Il y est mentionné que ce "dieu" mi-humain, mi-divin, né en milieu rural, exerçait un charme fou sur les bergères.
 
 
 
Dans l'hindouisme la sexualité est souvent représentée - de façon très explicite d'ailleurs - comme un chemin d'union au divin. Tristement, l'incarnation de Dieu pour les chrétiens s'est traduite, paradoxalement, en une méfiance du corps, bien loin de l'intégration à laquelle on se serait attendu...
 

 

Qui veut faire l'ange fait la bête... La répression et l'obligation castrante ne sont assurément pas des voies d'intégration. Je ne remets aucument en cause la valeur d'un célibat choisi et assumé volontairement. Mais l'occultation de la sexualité et sa répression ne semblent pas avoir porté des fruits bien resplendissants... Tout au contraire.
 
 

Et encore une

Et encore une autre:

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/03/06/008-allemagne-abus-eglise.shtml

 

Décidément, mauvaise journée pour l'Église romaine.

Schönborn est l'auteur de

Schönborn est l'auteur de l'actuel Catéchisme de l'Église catholique (1992), plusieurs voient en lui le prochain pape.

 

Pédophilie: l'Église doit examiner les causes, dont le célibat

La Presse, 10 mars 2010

Le cardinal-archevêque de Vienne, Christoph Schönborn, «sans remettre en cause la règle du célibat des prêtres», estime qu'il est «nécessaire» pour l'Eglise catholique de «s'interroger sur les raisons» des actes de pédophilie commis par des religieux, parmi lesquelles il cite, entre autres, le célibat.

 

Après des cas d'abus sexuels révélés en cascade en Allemagne et en Autriche, le cardinal, dans un article publié mercredi dans une revue du diocèse, Thema Kirche, a appelé à un examen sans compromis, «en appelant un chat un chat», des possibles causes de ces dérives: «Ceci inclut la question de l'éducation et de la formation des prêtres comme la question des suites de la révolution sexuelle au sein de la génération 1968. Ceci inclut le thème du célibat comme celui du développement personnel», écrit Christoph Schönborn.

 

Dans un communiqué publié dans la soirée, le porte-parole de l'archevêché, Erich Leitenberger, a tenu à souligner que dans cet article le cardinal Schönborn n'avait «en rien remis en cause la règle du célibat en vigueur dans l'Eglise catholique de rite latin». Un tabou au Vatican, malgré les appels de nombreux théologiens, en tête le Suisse Hans K-ng, et d'organisations de laics catholiques, telle «Nous, l'Eglise», pour abolir cette règle.

 

Dans son article, le cardinal-archevêque souligne aussi la nécessité «d'une grande part de sincérité, non seulement dans l'Eglise, mais aussi dans la société» afin de mettre au premier plan les victimes, qui sont «souvent oubliées», «voire considérées avec suspicion comme si elles étaient en partie coupables».

 

Par ailleurs, le cardinal Schönborn dit comprendre la frustration de nombreux religieux et bénévoles des communautés religieuses: «Assez de scandales! Comment faisons-nous pour être considérés suspects de faits que nous n'avons pas commis? Parce que c'est toujours l'Eglise dans son ensemble qui est montrée du doigt», estime le prélat.

 

Trois cas d'abus remontant aux années 1970 et 1980 ont été rendus publics ces derniers jours en Autriche, soulevant la question de la responsabilité de l'Eglise qui a attendu que les victimes dénoncent les faits pour condamner publiquement les religieux coupables d'abus sexuels.

Je suis d'accord avec

Je suis d'accord avec Stéphane. J'ajoute que la règle du célibat consacré découle d'une représentation du sexuel comme de ce dont on ne parle pas, sinon en des termes sublimés et idéalisés.

 

Les enfants prépubères non plus ne parlent par de sexe, même s'ils ont une activité sexuelle secrète. Un petit essai philosophique: Paedophilia, vient de paraître. Il a été écrit par une philosophe qui, si je me souviens bien, a elle-même subi des actes de pédophilie. Pour elle, la violence de la pédophilie vient du fait d'obliger l'enfant à expliciter ce qu'il a besoin de conserver dans le domaine du non-dit et de son univers secret.

 

Sous ce rapport. le passage à l'âge adulte passe par l'explicitation de la sexualité.

 

Je ne veux pas faire mon psychanalyste à cinq sous, mais je trouve cette veine intéressante. Voyez tous les non-dits de la gouvernance catholique autour de la gestion du sexuel illicite, durant des décennies et probablement des siècles. Voyez le malaise, profond, palpable, lorsque les autorités doivent reconnaître que sexe il y a eu, sexe cru, libidinal, concret: pas le sexe métaphorique des époux qui symbolisent l'union du Christ et de son Église; pas le renoncement noble de jeunes hommes qui entrent dans les ordres. Juste la chose, le plaisir, l'orgasme et tout ce qui est normal chez un adulte. Chez un enfant, ce malaise est normal. Mais chez un adulte?

 

Tenez, j'accompagnais, il y a quelques années à peine, un jeune homme en cheminement vocationnel, qui avait connu une vie sexuelle active et tout à fait ordinaire, pourrais-je dire. Ce jeune homme me disait comment dans sa communauté, connue par ailleurs pour son ouverture, les démarches d'accompagnement vocationnel restaient encore assez réservées en ce qui concerne la sexualité.

 

Et si les cas de pédophilie dans l'Église catholiques étaient facilités par un non-dit qui s'apparente au non-dit des enfants sur leur vie sexuelle? Qui se ressemble s'assemble...

 

Et dans cette perspective, l'appel de Christof Schönborn à "appeler un chat un chat" est courageux. C'est peut-être le début de la solution, et c'est le plus difficile.

Patrick m'a fait réfléchir à

Patrick m'a fait réfléchir à un aspect de la question auquel je n'avais pas pensé, la question du pouvoir et de la structure. Ce qu'il souligne est vrai: les problèmes d'abus sexuels ne sont pas l'apanage de l'Église catholique.

 

Le mariage des prêtres n'est pas la panacée qui règlera tous les problèmes, c'est vrai aussi.

 

Finalement, je pense que la cause de ces problèmes dans l'Église catholique, c'est un mélange des deux: pouvoir/structure et célibat/sexualité réprimée.

rousseljf a écrit :Pour elle,

rousseljf a écrit :
Pour elle, la violence de la pédophilie vient du fait d'obliger l'enfant à expliciter ce qu'il a besoin de conserver dans le domaine du non-dit et de son univers secret.

 

Sous ce rapport. le passage à l'âge adulte passe par l'explicitation de la sexualité.

 

Je ne veux pas faire mon psychanalyste à cinq sous, mais je trouve cette veine intéressante.

Original en tout cas. Je n'ai  toutefois pas les connaissances pour juger de la valeur de cette thèse.

 

 

rousseljf a écrit :
Voyez tous les non-dits de la gouvernance catholique autour de la gestion du sexuel illicite, durant des décennies et probablement des siècles. Voyez le malaise, profond, palpable, lorsque les autorités doivent reconnaître que sexe il y a eu, sexe cru, libidinal, concret: pas le sexe métaphorique des époux qui symbolisent l'union du Christ et de son Église; pas le renoncement noble de jeunes hommes qui entrent dans les ordres. Juste la chose, le plaisir, l'orgasme et tout ce qui est normal chez un adulte. Chez un enfant, ce malaise est normal. Mais chez un adulte?

Bien dit !

 

Poser la question, c'est y répondre.

 

D'où vient ce malaise, voire cette obsession devant la sexualité humaine ? Est-ce la faute du seul Augustin, lui qui a vu dans le récit d'Adam et Ève le péché originel de la concupiscence (c'est bien lui, non ?) ? Cette obsession pour la sexualité est absente du christianisme oriental, où l'augustinisme a eu moins de prise que sur le christiansime occidental.

 

Et si c'était parce que ces adultes ont honte de leur propre sexualité ? Parce qu'ils n'acceptent pas leurs désirs ? Parce qu'ils ne s'acceptent pas ?

 

rousseljf a écrit :
Tenez, j'accompagnais, il y a quelques années à peine, un jeune homme en cheminement vocationnel, qui avait connu une vie sexuelle active et tout à fait ordinaire, pourrais-je dire. Ce jeune homme me disait comment dans sa communauté, connue par ailleurs pour son ouverture, les démarches d'accompagnement vocationnel restaient encore assez réservées en ce qui concerne la sexualité.

Incroyable ! C'est pourtant de là que viennent les problèmes. On aurait drôlement intérêt à leur en parler au lieu de faire comme si la sexualité n'existait pas.

 

Et ce sont des prêtres qui préparent les jeunes couples au mariage, leur parlent de relations amoureuses, de sexe ? Quelle est alors leur crédibilité quand ils parlent de ces sujets ?

 

rousseljf a écrit :
Et si les cas de pédophilie dans l'Église catholiques étaient facilités par un non-dit qui s'apparente au non-dit des enfants sur leur vie sexuelle? Qui se ressemble s'assemble...

C'est vrai que ça se ressemble.

 

rousseljf a écrit :
Et dans cette perspective, l'appel de Christof Schönborn à "appeler un chat un chat" est courageux. C'est peut-être le début de la solution, et c'est le plus difficile.

Sauf qu'il s'est vu obligé tout de suite après de dire qu'il ne remettait pas en question le célibat des prêtres, juste avant que BXVI lui-même le réaffirme haut et fort.

Le célibat n'est pas la cause

Le célibat n'est pas la cause de ces violences sexuelles, mais...

 

citation
Alors que chaque jour de nouvelles révélations apparaissent au sujet d’abus sexuels commis par des membres du clergé, quelques évêques, prudemment, commencent à évoquer comme causes au moins occasionnelles le célibat et le manque d’épanouissement humain (affectif) des prêtres.

 

Y compris le cardinal Christoph Schönborn archevêque de Vienne et Mgr Alois Kothgasser, archevêque de Salzbourg. Mgr Kothgasser a même confié au journaliste qui l’interviewait qu’il souhaitait parfois avoir une famille, en particulier lorsqu’il rencontrait de « belles personnes », et il a qualifié ce sentiment de « très naturel ».

 

Plus libre dans ses interventions sans doute, car moins en place, Mgr Hans-Jochen Jaschke, 69 ans, évêque auxiliaire de Hambourg, n’hésite pas à dire : « Ce n’est pas parce que l’on n’exprime pas sa sexualité qu’elle n’existe pas. Non, je dois voir comment je réagis sexuellement et apprendre à le gérer ». Pour Mgr Jaschke, le célibat n’est pas la raison des violences sexuelles, mais ce mode de vie « peut attirer des gens qui ont une sexualité anormale et ne peuvent intégrer la sexualité dans leur vie. C’est alors qu’une situation dangereuse peut advenir ». C’est pourquoi, Hans-Jochen Jaschke a suggéré que Rome ouvre la prêtrise à des « hommes éprouvés ». Autrement dit moins jeunes et immatures, et souvent mariés. Un vœu pieux ?

 

http://www.golias.fr/spip.php?article3703

 

J'ai rebaptisé le fil de

J'ai rebaptisé le fil de discussion.

 

"C'est pas joli...", ça ne disait pas grand-chose sur le sujet de la discussion.

Bonne idée Stéphane d'avoir

Bonne idée Stéphane d'avoir renommé ce fil de discussion. Voici la lettre tant attendue de Benoît XVI prise sur le site du journal Le Monde

 La lettre du Pape aux catholiques d'Irlande

Une autre lettre, celle-ci de

Une autre lettre, celle-ci de Raymond Gravel,  prêtre au diocèse de Joliette et animateur spirituel, du  2 avril 2010 dans la section  Éthique et religion du journal Le Devoir.

 

L'Église et la pédophilie - À Pâques, il faut mourir pour ressusciter

Je n'approuverai jamais que

Je n'approuverai jamais que le salut d'une organisation passe avant la justice et le droit, mais j'aime bien la lettre de Raymond Gravel qui présente son point de vue avec aplomb.

Pardonnez leurs même si ils

Pardonnez leurs même si ils savent ce qu'ils font et ce qu'ils ont faits dans le passé.

© André-Philippe Côté

  © Hervé Philippe, La

© André-Philippe Côté, Le

© André-Philippe Côté, Le Soleil, 4 octobre 2010

 

J'ai tenté une opinion sur le

J'ai tenté une opinion sur le sujet...

jocelyn62.wordpress.com/2010/10/01/la-verite-vous-rendra-libre/

Merci Jocelyn pour votre

Merci Jocelyn pour votre opinion, toute en nuances. J'ai beaucoup apprécié le ton et le contenu de votre texte. Bienvenue au Caféchange. J'espère que nous aurons le plaisir de vous lire régulièrement.
 

Jocelyn a écrit :Une

Jocelyn a écrit :
Une institution, quelle qu’elle soit, est constamment en lutte pour maintenir sa réputation et son crédit de confiance. C’est une question de vie ou de mort. La dynamique institutionnelle ne peut se permettre que des fautes individuelles entravent sa progression ou son maintien. L’institution est un organisme vivant qui ne veut pas mourir et qui prendra tous les moyens pour l’éviter.

Et voilà !

 

Cela explique bien des choses. Mais cela ne les excuse pas.

 

Voici un article que je

Voici un article que je trouve éclairant sur le sujet, si on veut comprendre de plus près le lien entre pédophilie et clergé.

http://www.femmes-ministeres.org/documents/ordination/Pelletier_Pierre_2...

En effet les propos de Pierre

En effet les propos de Pierre Pelletier sont éclairants.
Intéressant aussi que l'article, extrait de Présence Magazine de l'été 2010, soit
 
 
présenté sur le site du Réseau Femmes et Ministères qui travaille à la reconnaissance de tous les ministères exercés par des femmes dans une Église dynamique et missionnaire.
 

 

Jocelyn62 a écrit : Voici un

Jocelyn62 a écrit :

Voici un article que je trouve éclairant sur le sujet, si on veut comprendre de plus près le lien entre pédophilie et clergé.

http://www.femmes-ministeres.org/documents/ordination/Pelletier_Pierre_2...

 

Ayoye ! Il y a du stock là-dedans. Je ne suis pas psychanalyste, alors j'ignore si ce texte vise juste ou pas, mais malgré tout, il me semble qu'il y a une clé pour comprendre le problème ici:

 

l'article a écrit :
La pédophilie des prêtres est liée au fait que beaucoup de prêtres ne sont pas entrés dans le monde des adultes: enfants sages, choyés par leurs éducateurs, très tôt considérés comme spéciaux, obéissants, ils jouissent de nombreux privilèges. Ils n’ont à craindre ni le chômage ni la faillite; très souvent, ils sont logés, nourris, blanchis. Ils jouissent de pouvoirs immenses (baptiser, pardonner les péchés, consacrer, prêcher, etc.) qui ne sont pas liés à leurs compétences personnelles. Ils sont des notables respectés et souvent protégés par leur supérieur, ce qui leur a longtemps servi de paravent devant les autorités judiciaires.