Ça y est, fallait s'y attendre: le pape Ratzinger va lever les excommunications des schismatiques de Mgr Lefebvre, réintégrant ainsi les catholiques intégristes sous la coupe romaine.
Pour ce faire, Rome aurait renoncé à ce que ces schismatiques reconnaissent l'autorité du concile de Vatican II.
Terrible, terrible nouvelle. Cela montre que l'Église romaine est plus préoccupée par le rapprochement avec ces gens-là (qui soutiennent le Front national et les régimes autoritaires) qu'avec la société moderne.
La nouvelle est suffisamment importante pour que Le Monde y consacre son éditorial: http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/01/23/un-pardon-contestable_1145530_3214.html
Pour ceux et celles qui ne connaissent pas les schismatiques de Mgr Lefebvre, sachez que ce qui les caractérise va bien au-delà d'une simple question rituelle (messe en latin, dos au peuple, etc.). Ils rejettent l'humanisme, le libéralisme, la démocratie, la primauté de la conscience individuelle, la liberté de croyance, l'oecuménisme, le pluralisme, bref, tout l'héritage de la Renaissance, du siècle des Lumières et de la Révolution française. Pour eux, le Moyen-Âge, c'était le bon temps ! Je n'exagère pas, allez lire ce texte http://www.fsspxmontreal.ca/Crise%20de%20Eglise.html et vous y lirez des horreurs à vous faire dresser les cheveux sur la tête (je vous aurai avertis).
Et c'est à une réintégration de ces gens-là que travaille le Vatican depuis trois ans !
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Commentaires
unVeilleur
Ouain... Les références que
Affiché le sam 24/01/2009 - 09:54
Ouain... Les références que vous donnez Stéphane sont des plus éloquentes. En résumé tout ce qui est ouverture au monde contemporain est perçu dans ce mouvement intégriste comme une pollution 'protestante' de la pureté de l'Église. L'allégeance à la "Rome éternelle" a permis à ce groupe de continuer à se réclamer de l'authentique catholicisme romain tout en étant explicitement dissident à l'égard de l'autorité vaticane. Faut le faire, on les avait excommunié! Et on dirait qu'ils ont gagné leur pari, que la Curie souhaite leur retour même s'ils refusent explicitement Vatican II. À un niveau, ça va être intéressant de voir la suite des choses, mais disons que tout cela n'augure rien de bien réjouissant pour le déploiement d'une convergence œcuménique croissante entre les Églises en ce début de 21e siècle.
Simon le Zélote
Vatican et intégristes :
Affiché le sam 24/01/2009 - 16:10
Vatican et intégristes : chronologie d'un rapprochement
- Juin 1988 : L'ordination à Ecône (Suisse) des quatre évêques par Mgr Marcel Lefebvre, chef de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX), consacre le schisme et provoque leur excommunication immédiate par Jean Paul II.
- Juillet 1988 : Jean-Paul II crée la Commission pontificale Ecclesia Dei dirigée par le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, préfet de la congrégation pour le clergé, dont l'objectif est d'assurer la réintégration au sein de l'Eglise catholique des prêtres, séminaristes, religieux et religieuses qui ont rompu avec Mgr Lefebvre.
- Août 2000 : Premiers contacts publics entre le Saint-Siège et la Fraternité, lors d'un pèlerinage jubilaire à Rome. Le cardinal Castrillon Hoyos s'entretient avec les quatre évêques intégristes.
- Décembre 2000 : Début d'une série de rendez-vous entre le cardinal Castrillon Hoyos et Mgr Bernard Fellay, successeur de Mgr Lefebvre. Une brève rencontre aurait même eu lieu avec Jean Paul II dans son appartement privé.
- Début 2001 : Le Vatican tente à nouveau de renouer le dialogue avec la Fraternité qui y met deux préalables: que tous les prêtres puissent célébrer la messe "tridentine" en latin selon le rite ancien de saint Pie V, et que les excommunications contre les quatre évêques soient levées.
- Janvier 2002 : Signature des accords de Campos (Brésil) qui créent dans ce diocèse une circonscription ecclésiastique dépendant directement du Vatican et ouverte aux intégristes revenus dans le giron de l'Église.
- Mai 2003 : Le cardinal Castrillon Hoyos célèbre une messe selon le rite de saint Pie V dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, une première à Rome.
- Septembre 2004 : L'abbé français Philippe Laguérie, ordonné prêtre par Mgr Lefebvre et ancien curé de l'église Saint Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement depuis 1977 par les intégristes, est exclu de la Fraternité Saint Pie X pour avoir négocié un rapprochement avec le Vatican.
- Août 2005 : Le pape Benoît XVI, dont le pontificat a commencé le 19 avril, reçoit Mgr Fellay.
- Sept 2006 : Benoît XVI obtient le ralliement de l'abbé Laguérie et de plusieurs prêtres intégristes français en les autorisant à créer un "Institut de droit pontifical" à Bordeaux et à célébrer la messe selon le rite saint Pie V.
- Juillet 2007 : Benoît XVI signe un Motu proprio (décret) visant à libéraliser la célébration par tous les prêtes qui le souhaitent de la messe "tridentine" en latin.
- Juin 2008 : Le Vatican renonce à exiger explicitement de la Fraternité la reconnaissance du concile Vatican II (liberté religieuse et ouverture à la société).
Clermont
Bien exprimé, Stéphane!
Affiché le dim 25/01/2009 - 10:22
Bien exprimé, Stéphane! Personnellement, "j'ai mal" à une telle Église qui n'a de cesse de revenir à un passé qui contredit le monde contemporain... Je ne comprends pas... En la personne de "M. le pape", c'est l'affirmation et l'expression d'un autoritarisme et d'une domination dangereuse. La parole de cet homme perd son "autorité", au sens évangélique du terme, et cette Église hiérarchique perd sa crédibilité... La négation, ou le rejet, ou la mise à l'écart de Vatican II, met dans l'hombre son rapport à la société et au monde... Il n'y a alors plus d'ouverture, d'accueil, de solidarité, de soutien et d'entraide de l'autre... Heureusement, même si c'est parfois difficile, qu'il existe une Église de la base, une Église "peuple de Dieu"...
DOM
ta chronologie Stéphane
Affiché le lun 26/01/2009 - 05:53
ta chronologie Stéphane montre bien la volonté délibérée des autorités catholiques ( le 'Pape mais aussi de la Curie) de faire marche arrière par rapport à l'esprit d'ouverture des deux papes précedents.
Dans la liste des abominations honnies par les intégristes, n'oublions pas que les protestants occupent une place de choix.... Ces décisions ne reflètent en rien les aspirations de la base car il est peu courant d'entendre ce type de discours des pratiquants catholiques que nous cotoyons tous dans le quotidien.Pauvre papauté!
Simon le Zélote
(Pas de sujet)
Affiché le sam 14/02/2009 - 08:07
Golias
Face à un tollé aussi général, en train de s’intensifier et de prendre une ampleur inégalée, la Secrétairerie d’Etat a été contrainte de publier une note explicative le 4 février exigeant de l’évêque Williamson qu’il se rétracte, condition pour lui à l’exercice futur - seulement éventuel d’ailleurs - d’un ministère dans l’Eglise. Le texte rappelle aussi que "le Saint Père s’attend à ce que les quatre évêques fassent preuve d’une égale disponibilité en totale adhésion à la doctrine et à la discipline de l’Eglise". Sauf que, depuis, Mgr Williamson persiste et signe en demandant des preuves sur l’existence de la Shoah...
Les points mis sur les "i" enfin ! : "La levée de l’excommunication a libéré les quatre évêques d’une peine canonique très grave, mais elle n’a pas changé la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X qui, à l’heure actuelle, ne jouit d’aucune reconnaissance canonique dans l’Eglise catholique." Cette notification, en regard du discours des intégristes qui refusent toujours d’accepter Vatican II et plus encore le combattent furieusement, permet de parvenir à un pronostic désormais clair à Rome et ailleurs : la réintégration des intégristes se heurte à une impasse. Le coup est raté.
Interrogé sur le décret levant l’excommunication, le jésuite Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, estime quant à lui que les données n’étaient pas claires, façon subtile de se renier : "Le problème de ce décret, c’est qu’il a été négocié jusqu’au dernier moment et que certains points restaient confus [Ce qui confirme que le processus de négociation aurait pu être stoppé ; les propos de Mgr Williamson étant connus la veille et diffusés par radio Vatican !, voir plus loin nos informations NDLR] Il ne marquait pas l’aboutissement d’un processus, mais une étape, donc sans donner un résultat clair. Cependant, le communiqué l’accompagnant laissait trop d’aspects dans le doute, donnant lieu à diverses interprétations. De plus, comme il s’agit d’une négociation avec une autre partie, le document se trouvait déjà sur certains sites et journaux. Nous n’avions pas en main la maîtrise de cette communication."
Au sujet des abjects propos de l’évêque Williamson, le père Lombardi ajoute : "Sans doute les personnes qui ont géré cette affaire n’avaient-elles pas conscience de la gravité des propos de Mgr Williamson. Il est vrai que les négociations ont été menées avec Mgr Fellay. Mais les positions des autres évêques n’ont pas été suffisamment prises en compte. Ce qui est sûr, c’est que le pape l’ignorait. S’il y en a un qui devait le savoir, c’est le cardinal Castrillon Hoyos."
Ce dernier aveu est éloquent : le fusible Castrillon Hoyos va sauter. La Secrétairerie d’Etat a signé sa mise à l’écart et son désaveu (tacites bien entendu). Le pape lui-même devrait renoncer à appuyer le cardinal colombien. Enfin, le dernier mot du père Lombardi confirme le changement radical de la donne : "On ne peut certainement pas penser progresser dans une voie de réconciliation sans lever les ambiguïtés." Rome ne peut plus et ne veut plus brader le Concile. L’opinion publique qui existe bien, y compris dans l’Eglise, est devenue trop forte. C’est une bataille perdue sur tous les fronts par Benoît XVI.
Benoît XVI enfermé dans sa bulle
Selon nos informations, pour l’immense majorité de ceux qui travaillent au Vatican, cet échec, et sur fond d’incroyable scandale, avec en outre l’intervention de responsables civils comme Angela Merkel, sonne le glas de ce piteux pontificat du pape Ratzinger.
Désormais, Benoît XVI est plus seul que jamais, enfermé dans sa bulle, déconnecté du monde, enlisé dans des certitudes sclérosées, pétrifié dans ses peurs et cultivant l’autisme, y compris à l’endroit de ses plus proches collaborateurs. Il aura été l’un des papes les plus désastreux de toute l’histoire de la chrétienté. Le pontificat de Benoît XVI sera à jamais entaché par une telle décision. Conséquence ultime, et sans doute fort cruelle d’un entêtement récurrent et d’une politique ecclésiale de restauration intransigeante d’un modèle passé, évidemment sans avenir.
Jamais encore ne régna en nos temps contemporains un tel sentiment de désolation à la Curie, même aux périodes critiques du pontificat d’un Karol Wojtyla peu porté sur l’art de gouverner. Les cardinaux qui ont inconsidérément porté le cardinal Ratzinger, contre tout bon sens, à la tête de l’Eglise, s’en mordent désormais les doigts. L’ultra-conservatisme de cet esthète vivant loin du monde et des hommes aurait pourtant dû les alerter. Mais, on le sait, et un mystérieux cardinal italien l’a confirmé dans un livre assez récent, la peur est mauvaise conseillère. A prendre le capitaine le plus craintif, on multiplie les risques du naufrage que l’on voulait éviter, avec un discrédit complet en prime.
Benoît XVI décide de tout, tout seul. "Il mène la barque de Pierre à la gaffe", pour reprendre le jeu de mot de Mgr Duchesne, grand historien français, au sujet du pontificat de Pie IX. Il ne consulte personne. Pourtant l’impair de la conférence de Ratisbonne, camouflet pour les musulmans, aurait pu l’inciter à plus de prudence. C’est lui, seul, avec les deux prélats incapables et bornés qui dirigent la Commission "Ecclesia Dei" (pour peu de temps encore nous l’espérons) Dario Castrillon Hoyos et Camille Perl, honnis de presque tous dorénavant à la Curie, qui a mis sur pied cette stratégie de tous les dangers, et qui ne pouvait que tourner court, ignorant, volontairement le sens véritable des combats des quatre prélats excommuniés.
Les diplomates du Saint-Siège sonnaient le tocsin depuis longtemps. Arrivé en 2006, le cardinal Tarcisio Bertone, actuel secrétaire d’Etat, est un religieux qui ne connaissait rien à la dimension politique, car voyageant à travers la planète, survolant les dossiers, écartant les hommes de bon sens aux compétences affirmées pour promouvoir des conservateurs qui n’avaient souvent pour qualité que d’être tels, s’entourant de petites pointures ineptes, comme l’inconsistant Martin Viviès de la communauté Saint Martin, auquel il voulait même confier la tête de toute la section francophone de la Secrétairerie d’Etat. Il est probable que Castrillon Hoyos et Perl soient les premiers à faire les frais de ce désastre. Ne pas avoir averti Benoît XVI des risques évidents d’absoudre des prélats dont ils connaissaient les orientations et les déclarations va bien au-delà d’une simple faute professionnelle. Mgr Williamson n’avait jamais caché son aversion pour le judaïsme. Il a défendu publiquement l’authenticité des Protocoles des Sages de Sion, un texte odieux qui multiplie les accusations ridicules contre les juifs, document fallacieux d’un prétendu complot de "sages juifs" pour anéantir la chrétienté et écraser le monde entier, un temps exploité par l’antisémitisme russe. En 1989, au Canada, l’évêque Williamson a risqué un procès pour avoir dit du bien des livres d’un auteur négationniste, Ernst Zundel. Après le 11 septembre 2001, il a adhéré aux thèses du complot comme explication de la destruction des Twin Towers. Un clic sur Google suffisait pour retrouver ces précédents.
Nous voulons donc conclure sur une note positive d’espoir et d’attente active du futur. D’une certaine façon, l’échec de cette tentative avortée d’oublier Vatican II manifeste un regain de vigueur et de liberté critique dans l’Eglise, y compris parfois de la part de personnes dont on ne l’espérait plus guère, comme le cardinal Christoph Schönborn. Il serait dommage de confondre l’Assemblée christique en marche, le peuple de ceux qui cherchent à aimer, avec quelques quarterons de prélats hors du monde et du temps. Par son obstination et ses décisions solitaires, Benoît XVI ne compromet pas l’Eglise mais un système, faussement confondu avec elle, qui prend désormais l’eau de toute part et qui a peu à voir avec la libre pérégrination des disciples du Nazaréen. A l’évidence, la ligne Benoît XVI débouche sur une impasse. La barque de Pierre, tel un bateau ivre, erre désormais sur les flots. L’occasion peut-être de laisser le Saint Esprit, vent de l’Evangile, souffler à nouveau dans ses voiles.
Simon le Zélote
Dans la foulée de cette
Affiché le jeu 19/02/2009 - 12:06
Dans la foulée de cette "affaire des lefebvristes", un ami qui est un fin observateur de l'actualité religieuse m'a donné cette image intéressante pour décrire l'Église catholique romaine: un élastique.
La tête de cette Église tire l'élastique d'un côté, la base le tire de l'autre bord (du moins, dans nos pays occidentaux développés).
L'élastique peut-il "péter" un jour ?
J'en doute. Ce sont rarement les progressistes qui quittent le bateau et créent des schismes, mais les conservateurs. Ceux qui veulent que les choses ne changent pas trouvent toujours qu'elles changent trop à leur goût et décident de bouder dans leur coin en créant leur propre Église.
Même si Rome devait persister dans sa ligne restauratrice, je vois mal les Québécois catholiques quitter le giron romain pour fonder une Église catholique progressiste à la manière de l'Église vieille-catholique, ou une Église "nationale". Par contre, si Rome décidait enfin d'écouter les catholiques progressistes, je vois déjà les catholiques conservateurs parler de séparation, comme on le voit présentement au sein de la Communion anglicane.
Ainsi, Rome préférera toujours s'aliéner les catholiques progressistes (qui resteront de toute façon en communion avec le Saint-Siège) à risquer un schisme des catholiques plus conservateurs.
Logique non ?
Malheureusement pour mes frères et soeurs catholiques québécois, en majorité progressistes, je vois très peu d'espoir pour eux s'ils croient pouvoir changer l'Église de l'intérieur. Rome n'acceptera pas la modernité occidentale et n'essaiera pas de s'y adapter dans l'espoir de "reconquérir" le Québec ou l'Europe occidentale si c'est au prix d'un schisme des éléments les plus conservateurs, souvent les plus actifs et les plus convaincus.
L'élastique va-t-il péter ? Probablement pas. Je ne vois pas de schisme possible de la base. Je pense plutôt que le statu quo perdurera, que l'élastique va demeurer tendu et qu'il y aura de moins en moins de chrétiens dans les pays occidentaux développés (sauf aux États-Unis).
Clermont
Rome, certains jours, est
Affiché le ven 20/02/2009 - 09:18
Rome, certains jours, est plutôt "loin" du Québec, et, peut-être même aussi, de plusieurs pays d'Europe... Place à la déception et à la distance de cette "Église vaticane"... Et il y a, je crois bien, l'Église de Rome, il y a une "Église paroissiale" qui offre des services, et il y a aussi une "Église de la base" qui, elle, se regroupe souvent selon un regard du monde, selon la conscience personnelle et selon l'Évangile... Et il y a aussi quelques intégristes religieux...
Et c'est cette Église de la base, en fidélité aux sources du christianisme, même si elle semble souvent discrète et toute petite, qui annonce le devenir du christianisme et de l'Église. Que sera-t-elle, que deviendra-t-elle? Ça me semble peut-être difficile à dire! Heureusement, chez nous, les intégristes ne prennent pas vraiment de place...
Rappelons-nous aussi que Jésus de Nazareth "renvoie habituellement à eux-mêmes" ceux ou celles qu'il rencontre... C'est plutôt intéressant, sachant encore que les chemins qui sont les nôtres sont les chemins de notre Dieu! Liberté de l'être...
Simon le Zélote
Une excellente entrevue avec
Affiché le ven 27/02/2009 - 16:46
Une excellente entrevue avec Hans Küng (le grand théologien) accordée au Monde cette semaine.
À lire: http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/24/pour-le-theologien-hans-kung-l-eglise-risque-de-devenir-une-secte_1159626_3214.html