Qu'est-ce qui manque au protestantisme ?

La plupart d'entre nous sur ce forum sommes protestants, dont plusieurs d'arrière-plan catholique.

 

Même si personne n'a envie de quitter le protestantisme pour retourner au catholicisme romain, y a-t-il quelque chose qui manque dans le protestantisme ? Quelque chose qui VOUS manque ? Notamment, quelque chose que vous aimiez dans le catholicisme (ou dans une autre tradition, voire religion) et qui n'existe pas dans le protestantisme ?

 

Qu'est-ce qu'on pourrait ajouter pour l'améliorer à vos yeux ?

 

Les non-protestants peuvent aussi répondre à la question !

Commentaires

Parfois les belles liturgies

Parfois les belles liturgies me manques... je vais faire un tour à la communauté de Jérusalem (sur le plateau).

 

 

 

Il manque de

Il manque de "disciples".

 

Il faudrait ici évidemment identifier de 'quel protestantisme' parle-t-on. Cela dit, par son approche de la révélation qui responsabilise la 'personne' au coeur de l'expérience religieuse - et non premièrement l'appartenance au collectif ecclésial qui est garant du contact avec le divin - le protestantisme peut paraître très - trop? - exigeant à bien des gens. En protestantisme, la pratique religieuse n'a de sens que si elle est enracinée explicitement dans l'expérience personnelle. Il n'y a pas cette garantie d'ex opere oprato, d'un rite qui transmet automatiquement le bénéfice salvifique du simple fait de la participation au rituel, peu importe le niveau de 'conscience' ou d'ouverture de l'individu. Le protestantisme nécessite donc un niveau d'engagement élevé qui m'apparaît comparable à bien des égards à l'engagement de personnes dans des communautés religieuses catholiques romaines. 

 

C'est d'ailleurs une intuition de la Réforme du 16e siècle que la vie chrétienne était un appel pour tous et toutes - de par le baptême - et que le couvent ou le monastère à bien des égards avaient la forme de la vie de tous les jours. La vie dite religieuse devait en fait imprégner la vie tout court. Avec le processus de laïcisation et de sécularisation de notre société la "beauté" d'une vie de disciple semble avoir perdu beaucoup de son attrait pour le plus grand nombre. Et, tristement, trop souvent le manque de crédibilité, voir l'insignifiance, de ceux qui se réclament de l'Évangile ont été un répulsif puissant.

 

Dans le protestantisme

Dans le protestantisme "mainline", l'aspect dévotionnel et contemplatif ne sont pas très développés et je trouve ça dommage. Il y a une certaine froideur et une tendance à très intellectualiser. Je ne suis pas au courant d'écoles de méditation qui seraient issues du protestantisme, elles proviennent toutes des mouvements monastiques catholiques. Une partie importante de la spiritualité c'est de savoir que devant Dieu il faut parfois se mettre le cerveau à off et accepter avec révérence que l'on est tout(e) petit(e) face à Dieu.

Ah, et une chose qui manque également cruellement dans le protestantisme c'est une visage féminin de la divinité. Ouais, dans l'église Unie il mettent un "Mère" ici et là mais c'est bien timide. L'allergie protestante au culte marial me déçoit beaucoup... Marie est pourtant un symbole fort de la spiritualité féminine. Elle est le visage féminin de Dieu et je comprends très bien pourquoi tant de catholiques la vénèrent.

Ah, et aussi je trouve dommage qu'il n'y ait qu'une seule communion par mois... c'est un rituel si beau et simple qui me manque beaucoup, 3 dimanches sur 4.

Mais bon, ne vous inquiétez pas de ces critiques, je l'aime mon église! :)  J'aime son ouverture d'esprit et j'aime l'importance qu'elle accorde à une compréhension individuelle de la Bible et du Divin. En bref, j'aime la liberté et la responsabilité qu'elle met sur mes épaules!

Des enfants !

Des enfants !

Super intéressants vos

Super intéressants vos commentaires, merci !

 

On devrait faire une liste de tout ça...

Il manque également des lieux

Il manque également des lieux de cultes en français :-)

Finalement, je me suis retrouvé dans une communauté catholique dont le prêtre-animateur est membre du forum André Naud. 

Autre chose qui manque:   des

Autre chose qui manque:

 

des moments de silence pendant nos célébrations !

 

On dirait que pendant nos cultes, il n'y a pas de place pour notre prière personnelle, celle qu'on dit dans notre coeur, seul-e avec Dieu.

 

 

L'absence de silence, c'est

L'absence de silence, c'est plutôt propre à l'Église Unie quoique ça dépend des congrégations. J'ai un souvenir d'un culte à Knoltown où le silence occupait une grande place. Chez les Quakers, le culte se déroule silence, avec quelques apports des membres. Ce n'est donc pas une lacune du protestantisme, peut-être un trait québécois ? On a la jasette facile ? Peur du vide ?

D'accord avec vous Stéphane, une petite place au silence serait la bienvenue !

Ci-dessous une récension d'un

Ci-dessous une récension d'un ouvrage d'il y a plus de 10 ans mais qui demeure très pertinent. Dans Laval théologique et philosophique, vol. 55, n° 3, 1999, p. 534-536. http://id.erudit.org/iderudit/401264ar

Daniel MARGUERAT, Bernard REYMOND, dir., Le Protestantisme et son avenir. Genève, Labor et Fides, 1998, 150 p.

 

Le protestantisme a-t-il un avenir ? C'est sur cette question que la Faculté de théologie de l'Université de Lausanne s'est penchée lors du cours public offert d'octobre à décembre 1997. Le fruit de cette réflexion, cet ouvrage, offre un ensemble de points de repère sur l'identité présente et à venir du protestantisme et rassemble les diverses contributions de professeurs de cette Faculté et de trois professeurs invités. Ce livre essaie donc « de dresser un état de la situation, d'examiner l'identité protestante sous l'angle de ses forces et de ses faiblesses [...] et de nous demander comment cette identité est susceptible de trouver sa place dans la situation actuellement en devenir » (p. 6).

 

Dans un premier temps, Pierre Gisel aborde une perspective historique du protestantisme. Re- jetant une représentation subjective du protestantisme qui se voit comme la redécouverte du message originel de l'Évangile et des Écritures en deçà des déviations de l'histoire, de la tradition et de l'institution, Gisel le comprend plutôt comme « une manière de prendre en charge les questions de Dieu, de l'humain, du monde, une manière toujours incarnée, socialement et culturellement, et dont les formes sont donc changeantes » (p. 22). L'avenir du protestantisme dépendra de sa contribution spirituelle au sein de la société dans la restitution de Dieu à sa transcendance et de la restitution du monde et de l'être humain à leur sécularité.

 

Dans le chapitre suivant, « Risques et atouts de la précarité protestante », Jean-Paul Willaime dresse un tableau socio-religieux précis du protestantisme en Europe occidentale. Il discute premièrement de la précarité actuelle du christianisme, dans la crise de l'encadrement institutionnel de la religion et dans l'éclatement du langage religieux qui tous deux favorisent le développement du religieux hors christianisme et l'explosion des expressions spirituelles. Dans cette conjoncture, Willaime cherche à situer le protestantisme. Pour lui, c'est une religion sociologiquement fragile « parce qu'il incarne un processus de désinstitutionnalisation, de décléricalisation, de déconfession-

nalisation et de sécularisation interne du christianisme. Un processus qui a abouti à un religieux moins visible, plus intérieur, valorisant la parole et l'écrit, plus intellectualisé, social et militant» (p. 34). D'un autre côté, ses atouts lui assurent une place dans l'évolution du christianisme. En relativisant la tradition, le protestantisme a développé une certaine plasticité favorable aux changements sociaux, ce qui a permis à plusieurs Églises protestantes d'évoluer au rythme de la société globale. De plus, le protestantisme s'inscrit positivement dans une société sécularisée et pluraliste à la fois par son éthique individuelle de la responsabilité et son éthique communautaire de la conformité. Alors que les changements socio-religieux caractéristiques de notre époque entraînent un

risque de dualisation de la religion qui accentue le divorce entre le rationnel et l'émotionnel, l'institutionnel et l'individuel, le spirituel et l'éthique, le protestantisme peut trouver sa voie et apporter sa contribution grâce à son inventivité théologique.

 

Daniel Marguerat se demande si la Bible est toujours le point de ralliement du protestantisme ou si elle est devenue une pomme de discorde. Malgré l'adhésion au principe de sola scriptura par les Réformateurs, la tradition chrétienne a tout de même joué un certain rôle dans l'interprétation des Écritures, ce qui a fait de la Bible à la fois un emblème identitaire et un facteur de division pour le protestantisme. L'exigence du sola scriptura a contraint les exégètes protestants à fournir des interprétations précises du texte. Ce faisant, l'exégèse a favorisé le morcellement du protestantisme en lui fournissant les moyens matériels de sa fragmentation. Que devient alors le rôle de l'exégèse ? Plutôt que de fixer le sens univoque du texte biblique, l'exégète posera des bornes à la pluralité des sens du texte. Ainsi la lecture de la Bible demeure toujours un instrument à travers lequel s'effectue l'apprentissage de la foi.

 

Dans son texte, André Gounelle traite des différences entre catholiques et protestants. Com- mentant la méthodologie œcuménique des discussions doctrinales, Gounelle déplore la pratique d'un œcuménisme du paragraphe qui se limite à définir les points doctrinaux en commun. Cette méthodologie ne permet pas de vraiment bien comprendre les différences entre catholicisme et protestantisme, et elle est responsable de la morosité œcuménique que nous connaissons aujourd'hui. Reprenant les idées de Schleiermacher, de Lindbeck et de Tillich, Gounelle soutient que ces deux confessions se différencient essentiellement par la manière dont elles articulent et relient entre eux les grands thèmes de la foi chrétienne. Bien que les différences deviennent ainsi inconciliables, et que cette approche produise une baisse sensible de l'ambition œcuménique, le dialogue interconfessionnel cherchera plutôt à développer et à comprendre l'interdépendance des deux confessions qui ensemble forment un christianisme vivant et authentique. « L'œcuménisme ne consiste pas à supprimer les différences, mais à apprendre à en faire un bon usage », conclut Gounelle (p. 76).

 

Dans « Éclatement du protestantisme ? », Klauspeter Blaser donne un bon résumé des causes des scissions et des fragmentations parmi les Églises réformées, et il s'interroge sur les raisons qui amènent plus de scissions parmi ces Églises que dans celles issues d'autres traditions protestantes. En réponse, il invoque quatre raisons possibles : la priorité donnée à la présence du Christ au fondement de l'Église, la liberté de chaque personne à être en contact direct avec Dieu, la valorisation de l'Église locale, et la conviction protestante qui définit l'Église d'après la prédication pure de la Parole de Dieu et l'administration légitime des sacrements. Mais le protestantisme réussira-t-il à se

réconcilier avec lui-même ? Blaser doute des conditions pour y arriver, car le protestantisme manque du sens de l'Église et son ecclésiologie doit avant tout revaloriser la notion biblique de koinonia. Il ne reste donc qu'à apprendre à gérer l'incontournable diversité des confessions.

 

Éric Fuchs discute de l'avenir de la moralité protestante. Intimement liée à la modernité, l'éthique protestante a imprimé sa marque sur l'histoire de la société occidentale dans les domaines de la politique (modèle du sacerdoce universel des croyants et système de délégation), de l'économie (appréciation du travail et dépréciation de l'oisiveté), et de l'éthique personnelle (revalorisation de la vie conjugale et de la sexualité). Pourtant, ce sont dans ces trois domaines que la crise de la modernité est la plus visible aujourd'hui, avec la crise de la représentativité démocratique, la croissance du chômage et l'éclatement de la famille. Le projet éthique protestant est-il toujours adéquat ? se demande Fuchs. Oui, car tout en dénonçant les dérives éthiques de la modernité, la place d'une éthique religieuse est toujours de mise dans notre société pluraliste. Il conclut en affirmant : « Si le protestantisme néglige sa vocation éthique historique, il perdra, avec son âme, sa réalité sociale [...]. Je ne sais pas si la morale protestante a un avenir, je sais en revanche que le protestantisme n'aura pas d'avenir s'il néglige sa vocation éthique » (p. 105).

 

Le dernier article est celui de Bernard Reymond, « Demain les images », et traite brièvement de l'iconoclasme réformé à travers l'histoire et de son impact sur le culte protestant. Reymond décrit comment la modernité a permis un retour de l'image dans la réflexion de certains théologiens, tels Schleiermacher et Barth, alors que l'esthétique devenait un thème dominant de la philosophie occidentale. Devant l'ampleur du fétichisme de l'image dans la société contemporaine, faudrait-il que l'une des missions de la théologie protestante soit maintenant, « paradoxalement, de lutter pour la sauvegarde des images, en particulier des images figuratives qui gênaient tant nos prédécesseurs dans la foi réformée?» demande Reymond (p. 131). Il croit que c'est là que pourrait se situer l'avenir de l'identité protestante.

 

La lecture de ce livre suscite beaucoup de réflexion et d'interrogations. L'ensemble des analyses socio-religieuses, historiques et théologiques des auteurs projettent une image décontenancée du protestantisme ; il est comme à la dérive, se cherchant non seulement une identité, mais aussi un rôle, une voie dans la société occidentale. De tous les textes de cet ouvrage, deux me semblent plus révélateurs d'indices sur l'avenir du protestantisme. L'analyse de Daniel Marguerat sur le rôle de la Bible dans l'identité protestante et la perte de l'immédiateté de Dieu dans les Écritures, résultant de l'utilisation de la méthode historico-critique dans son interprétation, est, je crois, au coeur même du problème identitaire du protestantisme, son talon d'Achille. La conclusion d'Érich Fuchs est aussi

porteuse de sens ; le protestantisme aura un avenir seulement s'il met en pratique ce qu'il prêche. Mais a-t-il toujours quelque chose à prêcher ? La réponse à cette question est une grande lacune de cet excellent ouvrage.

 

Denis FORTIN

Andrews University, Berrien Springs, Michigan

 

 

Je dirais que le

Je dirais que le protestantisme (à l'exception de certaines Églises) manque de rituels.  Hhai l'a souligné avec la communion, qui est le seul rituel protestant auquel je pense.  Il y a aussi le baptême et le mariage (je sais que c'est pas un sacrement, c'est pourquoi j'ai dit rituel), mais ça se retrouve pas mal dans toutes les religions.

 

Un aspect que j'aiem des autres religions, c'est les rituels.  Par "rituel", j'entends tout ce qui est symbole.  Il s'agit de gestes qui n'ont pas de sens en soi, mais qui ont le sens qu'on leur donne.  Je pense donc aux chants, aux pélerinages, aux dévotions de représentations de Dieu (par exemple, des statues), etc. 

 

Un exemple que je connais bien de l'Église catholique est l'huile St-Joseph.  C'est un symbole puissant de guérison.  C'est sûr qu'il y a plusieurs interprétatioons de ce rituel, comme tous les rituels d'ailleurs.  L'interprétation que je vais être guéri en une seconde, parce que j'ai fait une prière à Dieu en me mettant de l'huile où j'ai mal ne me plait pas beaucoup.  Je ne crois pas à la prière de demande.  Mais l'interprétation de Dieu comme un Parent qui transporte, aide et guérit son Enfant à travers les blessures physiques, psychologiques et spirituelles me parle beaucoup plus.  On peut trouver plein d'autres exemples de rituels. 

 

Mais en même temps la grosse faille dans mon fil est que selon l'anthropologue feu Claude-Lévi Strauss (non, aucun lien avec la marque de jeans), il est beaucoup plus difficile pour quelqu'un d'identifier des rituels dans sa propre culture que chez les autres!  Je suis donc très biaisée dans ce que je dis. 

 

Reste que j'ai la vague impression que dans les Églises protestantes tout est utilitariste.  Et c'est bien aussi, parce que je ne crois pas que Dieu nous a mis sur cette Terre seulement pour agir symboliquement sur elle, il veut aussi que nous agissons concrètement.  C'est pourquoi je crois qu'il faut un équilibre entre le symbolique et l'utilitariste. 

 

Je tiens aussi à répondre à Hhai sur le culte marial.  Je trouve effectivement que d'avoir un exemple de Mère permet de mieux comprendre la facette féminine de Dieu.  Mais il comporte des dangers de réduire la fémininité à la maternité, ce que bon nombre de religions ont fait, dont certaines Églises catholiques.  Si on reconnaît que Dieu est un Père et une Mère, il y a pas de problème.  Le problème est que Marie était vue un exemple de femme pour toutes les croyantes.  On s'est servi d'elle pour dire qu'une femme devait être mère.  Il faudrait alors rédéfinir le culte marial pour inclure toutes les croyantes femmes, pas seulement les mères!  Oui, Dieu est un Père et une Mère, mais pas tous ces Enfants!

 

Je trouve aussi que le langage inclusif est trop timide.  Je crois que le langage inclusif est vraiment un exemple à suivre!  Il faut que nous en soyons fiers et fières!  Parce que nombre de religions en parlant de "Dieu le père" et "l'homme" excluent la moitité de la Création.  Le supposé "homme avec un grand h" n'existe pas.  La preuve: remarquez bien votre image mentale quand on dit "l'homme"!  Je pense qu'avec le langage inclusif on avance plus dans l'inclusion de la féminité qu'avec le culte marial tel qu'il est pratiqué dans le catholicisme.   

 

 

 Ce qui me manque dans le

 Ce qui me manque dans le protestantisme aujourd'hui, c'est ce qui me faisait le plus peur dans le catholicisme quand j'étais enfant... La confession. Quelqu'un qui puisse me donner un recul, une certaine perspective sur mes péchés... Puis l'absolution.

J'ai parfois l'impression que je suis plus sévère envers moi-même que ne l'aurait été mon confesseur. C'était le plus jeune des prêtres de mon église. Il était très gentils. Parfois, je me dis que j'aimerais bien le retrouver et lui parler pour voir comment je m'entendrais avec lui comme adulte... Mais j'ignore son nom et je ne sais pas s'il sert encore à l'église de mon enfance.

Claire Tu me rejoins sur

Claire

Tu me rejoins sur certains points.  Je regrette «le cérémonial» de mon enfance lorsque j'allais à la messe avec mon Père. Il faut dire que je suis de l'époque de transition entre la messe Tridentine et la messe de Paul VI.  J'ai donc connu le chant grégorien, les processions ect.  Pour moi, le danger dans tout ça est que trop de cérémonial peut nous décentrer de l'objet direct de notre culte, Dieu.

Si tu vas par contre à St-James United Church pour le culte, il y a plus de cérémonial que dans nos cultes francophones. Je m'y sens presqu'anglican. Procession avec le choeur au début, chants magnifiques et la surprise l'an dernier à Noël, la communion avec l'hostie à la place du pain rompu.  Ça me plaît bien, je l'avoue!

Je suis heureux aussi que nous ayons des chants qui datent de la Réforme. J'ai de la difficulté avec les chants chrétiens plus populaires.  J'ai eu beaucoup de difflculté à m'habituer aux chants populaires dans les églises tant catholiques que protestantes.

Ce qui me manque, ce sont des groupes de prière ou de méditation silencieuse dans nos paroisses. On parle beaucoup, on chante beaucoup, on enseigne beaucoup la Bible mais je trouve que les temps de silence manquent. C'est très personnel comme opinion. C'est probablement à cause de mes origines catholiques et de mon affection pour la vie monastique.

Pour moi le rituel de la confession est qu'elle que chose que je ne comprends pas et qui me semble inutile. Je crois à la confession des péchés directement à Dieu. Je crois cependant qu'il est bon au besoin de partager notre tourment avec un membre de la communauté lorsque nous en avons besoin (pasteur ou autre) et de prier les uns pour les autres pour demeurer sur le chemin. Pour moi, la confession n'est pas quelque chose qui me manque dans protestantisme.

Ton exemple de rituel, comme l'huile de St-Joseph n'a rien vraiment d'étranger  . On parle souvent de oindre avec l'huile dans la Bible. Le danger est d'accorder des pouvoirs à l'huile, de la  croire presque magique, au lieu de reconnaître l'intervention de Dieu dans nos vies. Idem pour les reliques, les bouts de tissus des saints, les fragments de croix ou des os des martyres. Il ne faut pas confondre la foi avec superstition. Je respecte ceux et celles qui pratiquent ce rituel et je ne veux pas les juger. Il s'agit de mon opinion.

J'aime beaucoup le fait que tu abordes la Vierge comme image féminine de Dieu. C'est intéressant!  J'ai lu un livre que j'ai beaucoup aimé sur la Vierge-Marie. Écrit par Alain Housiaux (Église Réformée de France) et Jacques Duquesne ( essayiste catholique ) aux éditions de l'Atelier. Il s'agit de «La Vierge Marie, histoire et ambiguité d'un culte». C'est un livre qui permet une bonne compréhension du développement de ce culte et pourquoi il est important chez les catholiques.  Je le recommande.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je devrais retourner à

Je devrais retourner à St-James une fois, j'ai beaucoup aimé aussi l'aspect cérémoniel qui y est inclus.  Je me dis souvent que je devrais visiter d'autres Églises, autant chrétiennes que d'autres religions.  J'aime toujours voir ce qui se passe dans d'autres Églises, il y a tant de façon d'aimer Dieu!  Cela dit, mon sentiment d'appartenance premier reste à l'Église Unie et à St-Jean.

 

Dominique, ce n'est pas moi qui a commencé à parler de Marie comme visage féminin de Dieu, c'est Hhai, au début de ce fil.  Je veux pas prendre le crédit qui me revient pas, hahaha!

citationQu'est-ce qui manque

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Qu'est-ce qui manque au protestantisme ?

Les livres deutérocanoniques dans nos bibles !

 

J'aime beaucoup le Siracide et, dans une moindre mesure, le Livre de la Sagesse.

 

Les premières Bibles protestantes incluaient ces livres, bien que non canoniques, en les mettant à part. Je pense que c'est seulement à partir du XIXe siècle que les bibles protestantes ont cessé de les inclure. Quel dommage !

 

Tout le monde ne sera pas d'accord avec ce que je vais écrire, mais cette perte est, selon moi, à classer avec les autres bêtises du protestantisme décidées en grande partie pour se démarquer du catholicisme, avec l'abandon du signe de croix et de la génuflexion.

Sur la question de Marie, un

Sur la question de Marie, un excellent texte que Dominique a publié sur son blogue http://leblogdunparpaillot.blogspot.com/ , à l'approche de la fête catholique de l'Immaculée Conception.

 

Vaut la peine d'être lu, pas si long qu'il en a l'air !

 

Les Protestants et Marie
Solange Chavel

 
La question de Marie est de celles qui suscitent des malentendus entre protestants et catholiques. Mais les divergences réelles sont bien souvent masquées par une méconnaissance réciproque, chaque Église tendant à caricaturer la position de l'autre. En outre, il faut bien avouer que les tensions nées de la Réforme ont conduit les protestants à minimiser au fil du temps la place de la Vierge pour se démarquer des catholiques. Ils ont ainsi eux-mêmes contribué à renforcer le préjugé selon lequel les protestants ne «croient pas» à Marie. Or, s'il est tout à fait exact qu'ils n'ont pas de mariologie aussi développée que les catholiques ou les orthodoxes, ni de pratique semblable de dévotion à la Vierge, on peut cependant considérer que Marie est un des plus beaux exemples de l'accueil confiant de la grâce. Nous nous proposons donc d'essayer de préciser un peu, au delà des préjugés, en quoi la position protestante à l'égard de Marie diffère de celle des catholiques. Mais pour cela, nous commencerons par prendre un peu de recul pour examiner la question sous l'angle de la compréhension protestante des saints et de la tradition. Nous nous concentrerons ensuite de nouveau sur la figure particulière de Marie, en nous plaçant cette fois dans un point de vue plus spécifiquement luthérien : nous nous appuierons pour ce faire sur le commentaire que Luther a donné du «Magnificat».
 
 
L'absence de culte marial et de prière à la Vierge ne doit pas être compris comme le signe d'un rejet protestant de Marie en particulier. Ce qui est en cause en effet, c'est, plus largement, la compréhension protestante de la place des saints. Les réformateurs, en s'élevant contre une place dévolue aux saints qu'ils jugeaient excessive, ont voulu souligner l'idée capitale que seul le Christ peut être considéré comme un médiateur entre le croyant et Dieu. Le saint, qu'il s'agisse de Marie ou d'un autre, ne peut pas être tenu pour un intercesseur, un intermédiaire qui serait distingué des croyants «ordinaires». C'est pourquoi les protestants ont particulièrement insisté sur l'usage du terme «saint» qu'on trouve notamment dans les épîtres de Paul (le salut final de l'épître aux Philippiens par exemple), où il désigne chaque membre de la communauté chrétienne. Le saint est simplement le croyant véritable. Dès lors, tel saint particulier n'est pas distingué par Dieu de la foule des croyants en raison de qualités intrinsèques, ou de mérites propres qui justifieraient qu'on lui rende un culte; le saint est plutôt envisagé sous l'angle du saint «gratifié» que du saint «méritant» : il a reçu la grâce de Dieu et sa miséricorde indépendamment de sa volonté personnelle. Et cette grâce qui lui a été faite est une promesse pour le reste des croyants : loin d'isoler le saint dans une place à part, elle en fait un exemple au milieu de la communauté. C'est en ce sens que, dans une perspective protestante, on a pu dire qu'on ne prie pas le saint, mais avec le saint; on ne rend pas un culte à Marie, mais son exemple nous guide et constitue une promesse de la grâce. Comprise de cette manière, l'absence de prière à Marie ne signifie donc pas un refus de principe d'ignorer une figure si riche d'enseignements.
 
 
Une deuxième raison peut expliquer que la mariologie tienne chez les protestants une place bien plus réduite que chez les catholiques. Elle tient à une façon différente de comprendre l'équilibre entre la Bible et la tradition historique de l'Eglise. Les catholiques en effet considèrent que le dogme chrétien comprend à part égale non seulement l'Ecriture, mais aussi toute l'élaboration doctrinale développée jusqu'aujourd'hui. Or, un des principes mis en avant par les réformateurs, qu'on peut résumer par l'expression sola scriptura (l'Écriture seule), a consisté à affirmer la priorité de l'Écriture : la tradition historique de l'Église est, certes, ce qui permet de maintenir vivant l'enseignement de l'Évangile, mais le critère ultime de la parole de Dieu reste la seule Écriture. C'est ainsi que les protestants n'acceptent pas les dogmes de l'Immaculée Conception ou de l'Assomption corporelle, considérant qu'ils n'ont pas d'assise solide dans l'Évangile. De fait, Marie y occupe une place modeste, puisqu'elle n'y est nommément citée que sept fois. Le développement d'une pensée théologique plus consistante sur la Vierge est relativement tardif : la pensée mariale a notamment connu un essor au XIIème siècle à travers l'oeuvre de théologiens comme Bernard de Clairvaux. On peut donc comprendre que l'équilibre différent que catholiques et protestants observent entre l'Écriture et la tradition de l'Église les conduise aussi à ne pas envisager la figure de la Vierge de la même manière.
 
 
La place de Marie chez les protestants doit donc se comprendre à partir de cet arrière-plan théologique plus général. Cependant, il est vrai qu'au cours des siècles, les protestants ont eu de plus en plus tendance à minimiser la figure de Marie pour le seul motif de mieux marquer leur différence avec les catholiques. On peut à bien des égards trouver cette attitude excessive, et peu conforme aux intentions premières des réformateurs. Ce que l'anti-mariologie a pu avoir (et a parfois encore) de virulent chez les protestants est donc un phénomène plus tardif que la Réforme, et qui ne traduit pas l'attention que le protestantisme sait aussi accorder à la figure de Marie. Pour voir comment Marie est envisagée d'un point de vue protestant, je propose donc de m'attacher plus spécifiquement à la compréhension luthérienne, d'une part parce que je suis moi-même luthérienne, d'autre part parce que Luther est celui des réformateurs protestants qui a le plus souligné l'importance de Marie pour les croyants.
 
 
Commençons par rappeler que Luther avait été moine augustin, c'est-à-dire qu'il avait appartenu à un ordre où la théologie mariale tenait une place particulièrement importante. S'il s'est assurément attaché à prévenir les excès dans le culte marial en soulignant l'idée que seul le Christ est un médiateur pour le croyant, il a souvent montré, dans ses sermons ou dans son commentaire du «Magnificat», que Marie était un exemple particulièrement riche pour la foi. Quels sont donc les aspects que nous en retenons, et sont-ils différents de ceux que soulignent les catholiques? Nous avons dit que la compréhension de Marie s'appuie exclusivement sur ce qui en est dit dans la Bible. À cet égard, l'idée d'Immaculée Conception ou d'Assomption corporelle ne peuvent pas être acceptées par les protestants. Dans son commentaire du «Magnificat», Luther insiste en particulier sur deux points qui reflètent assez bien la compréhension protestante de Marie. Il souligne en premier lieu le contraste entre la petitesse de la Vierge et l'immensité de l'honneur qui lui est fait. Luther développe longuement l'idée de l'humilitas de Marie : fille inconnue d'une humble famille, sans éclat ni prestige, elle est par excellence la figure des pauvres, des hommes ordinaires et obscurs. C'est justement parce qu'elle tombe sur une jeune fille que ni ses mérites ni ses richesses ne distinguaient particulièrement que la grâce de Dieu éclate dans sa totale gratuité. Marie est ainsi un signe d'espoir pour chaque croyant, l'exemple de la miséricorde divine qui s'adresse aux moins méritants. «Dieu a fait en Marie de grandes choses, peut-on lire dans le commentaire de Luther. Mais la plus grande, nous dit la Vierge elle-même, c'est qu'il ait jeté les yeux sur elle, car tout dépend et tout découle de cette grâce initiale. En effet quand Dieu se penche sur une âme et jette les yeux sur elle, c'est pour la sauver par pure bonté.» L'action de grâces de Marie est donc l'occasion pour souligner, dans une perspective protestante, l'asbolue gratuité de l'amour de Dieu. Dès lors, magnifier la figure de la Vierge, l'honorer comme une personne que ses vertus rendraient d'emblée exceptionnelle, ne serait-ce pas risquer de perdre ce qui nous rend proches de Marie, ce qui fait précisément qu'elle a quelque chose à nous dire? N'est-ce pas au contraire justement parce que Dieu lui a fait grâce malgré sa petitesse et sa bassesse qu'elle peut être un exemple pour le croyant?
 
 
Cependant, il est vrai que Marie n'est pas seulement l'humble jeune fille qui reçoit une grâce démesurée, elle est aussi celle qui l'accepte d'un coeur confiant. Et c'est le second point qui ressort du texte de Luther : Marie est l'exemple par excellence de l'accueil de la grâce. Elle est celle qui accepte de se laisser entraîner par ce qui la dépasse infiniment. Son Magnificat, son chant d'action de grâces est une invitation à ce même accueil confiant par le croyant. Exemple de la grâce qui donne confiance au croyant, image de l'accueil de cette grâce, Marie est aussi au coeur du mystère de l'Incarnation. Dans la confession de foi (que les protestants partagent, rappelons-le, avec les catholiques), la place importante qui lui est dévolue est à la mesure de ce mystère. Marie a été choisie pour être la mère du Christ. Dans cette simple phrase se joue l'annonce de la proximité que Dieu a accepté de partager avec l'homme : naissant d'une simple femme, il s'est mis au niveau de la faiblesse de la créature. Marie est alors une invitation pour le croyant à devenir à son tour «mère de Dieu», à accepter de recevoir la parole divine intimement, de la laisser grandir en lui, de la faire sienne. Cet aspect de la figure de Marie, nous semble-t-il, est un élément de consensus avec les catholiques.
 
 
«Croire en Marie»? la question est sans doute mal posée et la formule maladroite. Mais prendre exemple sur cet accueil joyeux de la grâce de Dieu pour mieux recevoir sa parole, c'est certainement ce que nous pouvons apprendre de Marie. «Voilà qui nous indique la meilleure façon d'honorer Marie et de se montrer ses fidèles serviteurs, indique Luther. Nous inspirant des paroles du «Magnificat», disons-lui notre admiration ; «O Marie, bienheureuse vierge et mère de Dieu, dans quel degré d'abaissement et de mépris n'as-tu pas vécu; et cependant le Seigneur a jeté sur toi un regard si plein de bienveillance! Il a fait pour toi de si grandes choses! Tu n'en étais nullement digne et la grâce de Dieu en toi et si riche et surabondante, surpassant, ô combien, tes propres mérites! Bienheureuse es-tu dès cet instant et pour l'éternité car tu as rencontré Dieu!» [...] Ce qu'elle veut, ce n'est pas que nous allions à elle, mais que, par elle, nous allions à Dieu.»

Je m'excuse, j'ai repété mon

Je m'excuse, j'ai repété mon commentaire deux fois par accident et je ne peux pas supprimer le premier.  Je ne peux que le modifier.  Est-ce que l'administrateur pourrait bien supprimer le présent commentaire svp?  Merci d'avance!

citation Stéphane a

citation

Stéphane a écrit:

Tout le monde ne sera pas d'accord avec ce que je vais écrire, mais cette perte est, selon moi, à classer avec les autres bêtises du protestantisme décidées en grande partie pour se démarquer du catholicisme, avec l'abandon du signe de croix et de la génuflexion.

Génuflexquoi??  Je suppose que c'est se mettre à genoux?  Personnellement, je trouve que c'est une bonne idée, parce qu'il y a des gens pour qui ce n'est pas recommandé de le faire question de santé.

Pour ce qui en est du signe de la croix, je suis tout à fait d'accord avec Stéphane qu'il s'agit de "se distinguer pour se distinguer"...  Ce qui a été justifié de la part du protestantisme est d'enlever les croix que je trouve trop souvent intimidantes de Jésus plein de blessures.  En partie parce qu'il est difficile émotivement pour moi de constater que Jésus a tant souffert et qu'en ce sens je me ferme un peu les yeux.  Mais en partie aussi parce que je trouve que c'est pour se distinguer de la doctrine catholique qui voit la mort de Jésus comme un sacrifice.  C'est que ce je considère comme une distinction justifiée, contrairement à celle du signe de croix.

Signe de croix: c'était

Signe de croix: c'était justifié de l'éliminer à l'époque où il était fait de façon superstitieuse par les gens (pour conjurer le mauvais sort, éloigner le Diable...), mais aujourd'hui, on se sépare du reste de la chrétienté en refusant cette pratique. Beaucoup de luthériens le font, contrairement aux réformés.

 

Génuflexion: évidemment, il ne s'agit pas d'obliger qui que ce soit à le faire s'il n'est pas capable... Ce n'est pas pour ça, chère Claire, que ç'a été éliminé par ailleurs. J'ai beaucoup de misère à accepter l'explication habituelle "Dieu nous veut debout, pas à genoux". Pour moi, se mettre à genoux est une position d'humilité devant Dieu, une position qui facilite la prière.

 

J'admets que comme protestants, on devrait être capable de prier n'importe où n'importe quand, debout, assis, couché, même en lavant notre vaisselle ou en prenant le métro, qu'on ne devrait pas avoir besoin de béquilles comme des images, des lieux, des statues, des cierges, la génuflexion, des signes visibles. Mais en même temps, faut pas exagérer: nous sommes des êtres humains incarnés dans la matière, avec un corps, des sens, il n'est que normal que nous ayons besoin de telles choses pour aider notre recueillement et notre prière.

 

Je n'ai pas peur ni honte de dire que je me suis récemment aménagé un coin de prière chez moi. Je trouvais que j'avais beaucoup de difficulté à prier, à lire la Bible chez moi dans le train-train du quotidien, et il m'est apparu que d'aménager un tel espace (avec une table basse, une bible ouverte sur un lutrin d'autel, un cierge, une reproduction d'une icône éthiopienne faite quand je peignais, une petite croix celtique, un coussin pour s'asseoir par terre) allait m'aider. Et en effet, c'est le jour et la nuit ! Je pratique la Lectio Divina presque tous les jours ou un jour sur deux depuis.

 

Quel mauvais protestant je suis !

Pour le remplacement des

Pour le remplacement des crucifix par des croix vides, c'est aussi que les réformés croient que la croix doit être vide, Jésus est ressuscité.

 

Encore là, je pense que les luthériens ont peut-être gardé les crucifix, je n'en suis pas sûr.

Stéphane, à mon avis loin

Stéphane, à mon avis loin d'être un "mauvais" protestant vous êtes un protestant libre, qui recherche justement dans cette liberté ce qui édifie et contribue à une expression vivante de l'Évangile. Un des principes de la Réforme chez les luthériens était d'enlever de la pratique comme de la dogmatique tout ce qui voilait la centralité de la grâce et l'inconditionnel de l'amour de Dieu: le texte intéressant que vous nous présentez à propos de Marie explique fort bien cette majeure qui est le pivot de tout. Les luthériens - sans l'obliger - ont fréquemment gardé les crucifix et autres objets d'art en comprenant qu'ils exprimaient des réalités spirituelles (la statue ou la peinture n'est pas en elle-même transcendante). D'autres courants protestants ont été plus radicaux pour des raisons compréhensibles historiquement mais qui avec du recul n'ont pas nécessairement toujours raison d'être. Mais là aussi une nouvelle tradition s'est constituée, inévitablment.

 

Faire le signe de la croix ou se mettre à genoux, sont des gestes légitimes d'une personne qui prie avec tout son être, donc aussi son corps. Selon moi, les gestes et rituels deviennent trompeurs voire dangeureux s'ils sont faits pour la galerie ou si on y voit une garantie automatique de spiritualité du simple fait du geste. De moyens pédagogiques, d'expressions esthétiques, on débouche alors dans l'univers du magique et du superstitieux. Peut être est-ce pour cela que certains courants protestants n'ont pas voulu se les réapproprier. En contre partie aujourd'hui  on voit des chrétiens de groupes protestants libéraux aller cherche ailleurs (traditions orientales, nouvel âge, etc.) ce qui se trouve déjà dans la tradition chrétienne, trop souvent ignorée. On a parfois l'impression chez les protestants que le christianisme débute après la résurrection avec la Réforme! Il faudrait en reparler dans le fil de discussion sur le monachisme que vous avez initié.

 

Quant au texte sur Marie que vous nous proposiez avant, il est très intéressant. Toutefois, l'auteure lorsqu'elle parle de "mariologie" semble insinuer qu'il y a quelque chose d'analogue chez les protestants.  À ce que je sache, il me semble que le protestantisme n'a pas développé une réflexion théologique élaborée sur Marie. Le commentaire de Luther est justement un commentaire homélitique comme tout prédicateur en fait à partir de figures bibliques importantes. La centralité du Christ, unique médiateur, relègue donc les "dévotions" particulières aux saints au grenier des pratiques chrétiennes pour les protestants (ce que l'auteure explique fort bien). Cela ne signifie évidemment pas que toute référence aux figures principales de l'histoire de la foi soit interdite, bien au contraire. Mais ce sera toujours la dimension exemplaire, incitative, à être immitée qui est mise en relief, et non l'intercession en notre faveur pour que nous développions les mêmes qualités. J'ai personnellement entendu, en milieu monastique principalement, des prières qui évoquent la mémoire d'un 'saint' mais qui sont dirigées vers Dieu et qui ne suggèrent aucunement l'intercession de l'individu mais s'en remettent totalement à la miséricorde divine. Je pouvais les faire miennes sans réserve.

Claire_Marthe a écrit

Claire_Marthe a écrit :

citation

Stéphane a écrit:

Tout le monde ne sera pas d'accord avec ce que je vais écrire, mais cette perte est, selon moi, à classer avec les autres bêtises du protestantisme décidées en grande partie pour se démarquer du catholicisme, avec l'abandon du signe de croix et de la génuflexion.

Génuflexquoi??  Je suppose que c'est se mettre à genoux?  Personnellement, je trouve que c'est une bonne idée, parce qu'il y a des gens pour qui ce n'est pas recommandé de le faire question de santé.

Pour ce qui en est du signe de la croix, je suis tout à fait d'accord avec Stéphane qu'il s'agit de "se distinguer pour se distinguer"...  Ce qui a été justifié de la part du protestantisme est d'enlever les croix que je trouve trop souvent intimidantes de Jésus plein de blessures.  En partie parce qu'il est difficile émotivement pour moi de constater que Jésus a tant souffert et qu'en ce sens je me ferme un peu les yeux.  Mais en partie aussi parce que je trouve que c'est pour se distinguer de la doctrine catholique qui voit la mort de Jésus comme un sacrifice.  C'est que ce je considère comme une distinction justifiée, contrairement à celle du signe de croix.

D'après ce que je sais, ce n'est pas uniquement la doctrine catholique qui voit dans la mort de Jésus un sacrifice, Claire_Marthe, mais historiquement l'ensemble des Églises chrétiennes. Les théologies contemporaines ont souligné, à juste titre très souvent, les impasses créées par l'utilisation exclusive de ce thème bien attesté, il faut le dire, dans la tradition biblique, au détriement des autres expressions du sens de la croix. C'est tout le christianisme qui est invité à valoriser la pluralité des significations de la mort de Jésus. À nous aussi de demeurer critique et vigilant même à l'égard de nos convictions les plus fermes, puisque enfants de notre époque et de notre situation propre nous sommes spontanément plus réceptifs à un volet et distant d'un autre. Selon moi, notre responsabilité chrétienne c'est d'être dans la succession des croyants et donc aussi de demeurer attentif aux interpellations - et aux intentions - qui nous viennent de la longue histoire de foi. Il faut savoir dénoncer et rompre avec ce qui est mortifère, certes, il faut aussi faire l'effort de comprendre et de s'approprier ce qui, sans être familier ou spontanément attirant, n'est pas pour autant dépourvu de valeur et de sagesse.

Stéphane, Tu a mentionné à

Stéphane,

Tu a mentionné à quelques reprises dans ce forum que tu pratiquais la Lectio Divina... je serais curieuse de savoir en quoi ça consiste, du moins pour toi!

 

Moi aussi j'ai mon coin de méditation, mais je n'y passe passe autant de temps que je voudrais. J'y ai mis les principaux textes sacrés du monde, , de l'encens et cette photo de Jésus que je trouve très belle: http://www.gosai.com/krishna-talk/graphics/jesus-yoga.jpg . Tout cela éclairé de deux cierges qui pour moi représentent les deux traditions qui éclairent ma vie: le christianisme et l'hindouisme.

Merci Veilleur pour tous ces

Merci Veilleur pour tous ces éclaircissements.

 

Hhai a écrit :
Stéphane,

Tu as mentionné à quelques reprises dans ce forum que tu pratiquais la Lectio Divina... je serais curieuse de savoir en quoi ça consiste, du moins pour toi!

Si tu as le temps, va à la Grande Bibliothèque. Au troisième étage (?) se trouvent les périodiques des années antérieures, classés en ordre alphabétique. Va dans les V et trouve La Vie chrétienne, l'excellente revue presbytérienne francophone. Au numéro d'été 2007, page 8, tu peux lire le court article qui m'a donné la piqûre de la Lectio divina, un article de l'ami Richard Bonetto.

 

Si c'est impossible pour toi, dis-le moi et j'essaierai de t'en faire une photocopie.

 

Hhai a écrit :
Moi aussi j'ai mon coin de méditation, mais je n'y passe passe autant de temps que je voudrais.

On est tous dans le même bateau !

 

Hhai a écrit :
J'y ai mis les principaux textes sacrés du monde, de l'encens et cette photo de Jésus que je trouve très belle: http://www.gosai.com/krishna-talk/graphics/jesus-yoga.jpg . Tout cela éclairé de deux cierges qui pour moi représentent les deux traditions qui éclairent ma vie: le christianisme et l'hindouisme.

Tu es chanceuse d'avoir réussi à faire entrer tous ces textes dans un seul et même espace !

 

L'image de Jésus en yogi est en effet très belle et originale, même si ce n'est pas comme ça que je m'imagine Jésus.

 

Cette image et la soirée de chants hindous à teneur chrétienne à laquelle tu m'as si gentiment invité dimanche passé me donnent envie d'en savoir plus sur la vision hindouiste de Jésus, comment l'hindouisme a réussi à intégrer le Christ comme il l'a toujours fait avec plein de croyances à travers les âges. L'hindouisme est une véritable éponge polymorphe, il absorbe tout !

 

J'apprécie ta façon originale et toute personnelle de vivre ta foi et j'admire l'équilibre que tu as réussi à créer entre tes diverses sources de croyances.

Stéphane a écrit

Stéphane a écrit :

Cette image et la soirée de chants hindous à teneur chrétienne à laquelle tu m'as si gentiment invité dimanche passé me donnent envie d'en savoir plus sur la vision hindouiste de Jésus, comment l'hindouisme a réussi à intégrer le Christ comme il l'a toujours fait avec plein de croyances à travers les âges. L'hindouisme est une véritable éponge polymorphe, il absorbe tout !

L'intérêt de l'hindouisme pour Jésus est quelque chose d'assez récent. Ça a surtout commencé aavec le plus grand maître indien du 19e siècle, Ramakrishna, qui a vécu une expérience mystique où il a senti la présence de Jésus. Pour Ramakrishna et ses disciples, Jésus est une incarnation divine tout comme Krishna ou Rama. Ce n'est pas une idée saugrenue pour un hindou, car pour eux Dieu s'est incarné sous des milliers de formes afin de guider l'humanité pour la ramener dans le bon dharma (le bon chemin!). C'est tout l'inverse du christianisme où Dieu ne s'est incarné qu'une fois. Disons que pour cet aspect je penche totalement vers la vision hindoue.

Alors voilà, puisque Ramakrishna est l'homme qui a le plus influencé l'hindouisme moderne, et puique son successeur Vivekananda a voyagé partout dans le monde pour créer des ponts entre chrétiens et hindous, Jésus est devenu une figure très respectée en Inde. Par contre ce n'est qu'une minorité d'hindous qui croient que Jésus est une incarnation de Dieu. Pour la plupart d'entre eux, il est un grand yogi ou un boddhisattva, c'est à dire une âme illuminée qui a choisi de rester dans le monde afin d'aider ses frères et soeurs. Et puisque les hindous raffollent des festivals et fêtes religieuses, Noël est célébré même en Inde!

D'ailleurs, ça a pris un livre écrit par un hindou pour que je puisse comprendre l'Évangile de Jean! Le livre s'appelle "Le Yoga du Christ" et a été écrit par Ravi Ravindra (il est à la Grand Bibliothèque). C'est un livre simple et très respectueux de la tradition chrétienne, qui vient apporter quelques éclairages différents sur cet évangile très mystique. Je le suggère fortement.

Mmmm, ça me donne le goût de partir un sujet sur le forum ou je pourrais expliquer un peu c'est quoi l'hindouisme. Ça pourrait être très instructif... Peut-être durant mes vacances des fêtes!
 

Hhai a écrit :Mmmm, ça me

Hhai a écrit :
Mmmm, ça me donne le goût de partir un sujet sur le forum ou je pourrais expliquer un peu c'est quoi l'hindouisme. Ça pourrait être très instructif... Peut-être durant mes vacances des fêtes!

OUI OUI OUI OUI !

 

Que de choses intéressantes on pourrait apprendre !

Belle image vraiment

Belle image vraiment différente de Jésus méditant, Hhai. Dans les années 1950 et 60 plusieurs moines chrétiens ont été fascinés par l'ouverture de l'hindouisme sur la diversité des expressions religieuses tout autant que par la richesse de sa théologie et la quête spirituelle qui s'y retrouve. Abhishiktananda HenriLe Saux, et Bede Griffiths, deux bénédictins, sont les figures de proue de ce mouvement qui leur survit.

 

Quant à la lectio divina plusieurs sites et pages du Web lui sont dédiée. Cette pratique de lecture biblique méditée, transmise principalement par le catholicisme monastique, connaît présentement une recrudescence d'intérêt. Un outil conjoint Église catholique romaine et Société biblique universelle est disponible gratuitement sur le Web et propose un cadre pour la lecture de l'Évangile du dimanche en suivant le lectionnaire de l'année liturgique.

 

Enfin, Enzo Bianchi, moine italien, est le fondateur et le prieur de la communauté de Bose (Italie du Nord). Communauté mixte et œcuménique, parfois comparée à celle de Taizé, elle est très centrée sur la lecture de la Bible (Lectio divina). Catholique ouvert aux questions contemporaines, voici une vidéo enregistrée récemment à l'occasion de la parution de son livre "La différence chrétienne."  Bien des choses dans ses propos concernent tous le chrétiens, donc les protestants aussi.

 

 

croireTV : Frère Enzo Bianchi - Croire

Evelyne Montigny, journaliste à croire.com, a rencontré le Frère Enzo Bianchi à l'occasion de son livre "La différence chrétienne" :

Votre ouvrage s’intitule "La différence chrétienne" Pourquoi et en quoi les chrétiens sont-ils différents ?

Qu’est ce qui menace le plus le christianisme dans notre société aujourd’hui ?

Vous dites : "chaque croyant est appelé à devenir un serviteur de la Parole" Le retour à l’Evangile, est–ce une piste pour redéfinir un nouveau christianisme ?

 

Benoît XVI a proclamé l’année sacerdotale. Pouvez-vous nous, dire qu’est ce qu’un prêtre pour vous? Quelle est sa fonction ?

Comment voyez-vous l’Eglise dans 10 ans : plus de vocations, de moins en moins de pratiquants…

Le dialogue avec les non-croyants , en quoi est–ce un point d’espérance ?

Le pape Benoît XVI n’est pas apparu comme un pape d’ouverture à son élection. Aujourd’hui qu’en est-il ?

Pensez-vous que l’Eglise doit être plus miséricordieuse à l’égard des divorcés-remariés ?

 

-- Une production de croire.com

Hhai,   L'outil conjoint

Hhai,

 

L'outil conjoint Église catholique / Société biblique dont parle Veilleur propose un document intéressant:

http://www.wordforliving.org/files/frldc01.pdf

 

La page 3 décrit bien les 4 étapes de la Lectio (lecture, méditation, prière, contemplation), mais l'article de Bonetto dans La Vie chrétienne est encore mieux, selon moi.

Hhai, tes vacances

Hhai, tes vacances achèvent... Où est ton fil sur l'hindouisme ?

de moins en moins de

de moins en moins de pasteurs... de moins en moins de pratiquants...

Merci pour l'interview avec le frère Enzo Bianchi, il est tellement inspirant!

Moi, je rencontre de plus en plus de chrétiens très fervents et non pratiquants... je me dis même que l'Église, la Vraie, est descendue dans le coeur du monde.

Posez la question au monde s'ils aiment Jésus... ils vous diront oui! Ils sont des disciples... mais ils refusent la médiation des Églises.

Comment alors "réformer" l'esprit du christianisme?

Comme il dit le frère Enzo dans le petit video : "les religions sont une présence minoritaire par rapport aux non-croyants. Il faut trouver des chemins d'humanisation. Autrement on arrive à un choc. Il faut écouter les autres, les non-croyants." Mais dans notre culture imprégnée du christianisme... sont-ils autant non-croyants qu'ils le disent???

Nancy

Stéphane a écrit

Stéphane a écrit :

Hhai, tes vacances achèvent... Où est ton fil sur l'hindouisme ?

Tadam! :)

http://cafechange.wondercafe.ca/blogues/hhai/une-chr%C3%A9tienne-parle-d...

@un veilleur, il est vrai de

@un veilleur, il est vrai de dire que la valeur de sacrifice de la mort de Jésus sur la croix fait partie intégrante des Écritures. La différence entre protestant et catholique est dans la messe (ou la cène). Pour les catholiques, il s'agit de répèter le sacrifice de la croix d'une manière non-sanglante (sic).

Pour les protestants, Jésus est mort sur la croix - une seule fois pour toujours - afin de nous procurer le pardon de nos péchés. Le sacrifice n'a pas besoin d'être répété. Nous n'avons rien à d'autres à faire pour obtenir le pardon: rites, rituels, prière par coeur, etc. Tout ça n'est pas efficace. Au contraire, Dieu veut que nous ayant une relation personnelle avec Lui comme avec un ami. 

Quand je parlais de la

Quand je parlais de la génuflexion, je ne parlais pas de la génuflexion pendant le culte. Ça, je suis d'accord, ça n'a pas sa place. Je faisais plutôt allusion à se mettre à genoux pour sa prière personnelle, tout seul. Je ne vois pas de mal à ça, même que "ça prie mieux", me semble....

En relisant ce fil, je suis

En relisant ce fil, je suis retombé sur

Patrick_mtl a écrit :
Parfois les belles liturgies me manquent... je vais faire un tour à la communauté de Jérusalem (sur le Plateau)

,ce qui m'a donné le goût d'aller voir.

 

Et ce court texte explicatif de leur liturgie me donne encore plus le goût d'aller voir de quoi ç'a l'air:

http://www.sdssm.org/liturgie.html

 

Je connais vaguement la Fraternité monastique de Jérusalem, mais je ne me souviens pas d'avoir jamais assisté à l'un de leurs services.

 

J'irai donc faire un tour, et s'il y a quelque chose à dire, je vous en reparlerai.

 

Comme moi la gang qui ont été

Comme moi la gang qui ont été enrégimenter dans le Catholicisme(chats-tes échaudés-ées craingnent  l'eau froide) les défroqués-ées.    

À la question ''Qu'est-ce qui

À la question ''Qu'est-ce qui manque au protestantisme ?" Je répondrais L'UNITÉ.

Ce à quoi Jésus a souffert terriblement au Jardin des Oliviers (JN 17).

La multitude d'églises passent trop souvent pour de l'émancipation de sensibilités différentes. Cela vous discrédite.

Luther, (l'arroseur arrosé), déjà dans son temps (en 1525), affirmait qu'il y avait autant de doctrines que de têtes d'habitants au nom des Saintes Écritures! Je crois que l'unité de doctrine exige quand même un arbitre définitif dont les décisions claires et fermes règlent les contreverses capables de ruiner l'unité de foi et d'enseignement.

L'Église-Unie a été fondée en juin 1925 par l'unions de dissidents Méthodistes, Presbytériens et Congrégationalistes. Mais ces unions deviennent porteurs de germes tellement libéraux en matière de dogme que le seule dogme qui reste aujourd'hui c'est le social !

 Les bonnes oeuvres, il y en

 Les bonnes oeuvres, il y en a!

 

Venez faire une tour à la Mission de l'Église Unie du Sud-Ouest, et vous verrez!

Tétraèdre a

Tétraèdre a écrit :
Assurément tous les protestants ne sont pas des égoîsmes mais c'est Luther qui disait la foi suffit alors vous pouvez voler mentir et tuer car la foi suffit pour être sauvé, et pire Dieu sauve de force car la liberté humaine de choisir soit le bien soi le mal alors n'existe pas, car la foi gratuite suffit Aussi ce qui manque aux protestants c'est l'accès à l'Arbre de Vie que Jésus Christ nous a redonné = l'Eucharistie par la Transubstantiation par le Saint Esprit .

 

Ouf,Tétraèdre... J'ai le souffle coupé. Qu'en 2011 vous repreniez à votre compte une aplogétique polémique caricaturale de façon aussi catégorique me fait frissonner. Le protestantisme a un catalogue analogue de clichés à l'égard du 'papisme'. Svp Allons au-delà des invectives déformées.
 
Il y a un présupposé à vos déclarations. C'est que le Saint-Esprit n'agit pas dans les moyens de grâce au sein des Églises protestantes et que la formulation théorique sur le comment de son opération [par exemple la transubstantiation] contraint Dieu. Une Église placebo? L'existence précède la définition, heureusement... et Dieu est plus grand que nos boîtes intellectuelles. Peut-être  ne savez-vous pas qu'il y a eu une entente historique sur le sujet de la justification.
 
Je vous invite à la lecture de cette
 
 
qui se trouve sur le site Internet du Vatican.

C'est ici que je constate à

C'est ici que je constate à quel point quelqu'un comme Agar est un interlocuteur intelligent et nuancé, qui énonce sans gêne ses points de discorde avec le protestantisme mais de façon respectueuse et ouverte à discussion.

Quant à moi un personnage comme Tétraèdre c'est du poison dans un forum de discutions religieuse. On a ici affaire à ce qu'on appelle en jargon internet un "troll", ou pourrais-je dire un incendiaire. Ces gens là ne sont pas là pour discuter. Et ayant participé à plusieurs forums de discussion dans ma vie, ceux qui ne prenaient pas de mesures solides et rapides contre de tels individus sont rapidement devenus peu accueillants.

 

La justification par la foi,

La justification par la foi, reconnue par l'Église catholique et les luthériens ne signifie pas pour moi que tout est permis.  Je crois qu'elle nous responsabilise dans nos agirs, dans notre façon de vivre l'évangile et  de grandir dans la foi.

Pour ce qui est de l'Eucharitie, c'est loin d'être une communion à l'arbre de Vie comme l'affirmeTétraèdre. Le principe même de l'eucharistie est le renouvellement du sacrifice de Jésus pour sauver du péché les croyants d'aujourd'hui.Christ est pourtant mort pour l'humanité une seule fois.

L'Eucharistie ( du moins chez les catholiques) est trop souvent un sacrement d'exclusion. Il insiste sur le fait que le chrétien doit être pur pour communier, sans péché, en état de grâce sinon il risque de condamnation de la part de Diur. La prière du prêtre qui précède la communion le dit bien: «Seigneur Jésus Christ, que cette communion à ton corps et à ton sang n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation; mais qu’elle soutienne mon esprit et mon corps et me donne la guérison» . Comment communier à l'arbre de Vie peut-il mener à une condamnation? Heureusement que beaucoup de catholiques de nos jours ne voient pas nécessairement les choses comme ça.

La question de la présence réelle dans l'Eucharistie a fait son apparition au moyen-âge. Au 11e siècle Béranger de Tour sous l'influence de St-Augustin parle d'une présence intellectuelle de Jésus dans le pain et le vin tandis que d'autres théologiens parleront de présence réelle. Le mot transsubstantiation n'apparaîtra qu'au 4e Concile du Latran en 1215.

Le dogme de la transsubstantation n'apparait officiellement qu'au moment de la Contre Réforme catholique  au en réaction à la Réforme protestante.

Alors beaucoup de blabla pendant des siècles, du blabla humain pour essayer de comprendre Dieu, le salut et se réjouir de la damnation des gens qui ne pensent pas comme nous. Pour moi, tout ça n'a rien à voir avec l'Esprit de Dieu qui souffle où il veut.

Tétraède ne fait que reprenndre les prétentions de Benoît XVI qui affirme que les protestants ne forment pas une véritable église.

Les théologiens essaient de définir de comprendre Dieu depuis des siècles. Des choses sérieuses, des imbécilités et des écrits très inspirés sont nés de leurs réflections. La pire des tendances a été de trop sacraliser tout ce qui se passe dans les intistutions. Certains dogmes ont malheureusement des apparences de rituel magique et n'ont rien de commun avec les églises que nous connaissons dans les Actes, les lettres de Paul, Pierre, Jean, Jacques et Jude.

Ce qui manque au protestantisme réformé? Je le trouve trop dépouillé dans ces rituels. Je pourrais ajouter que ce qui manque au catholicisme (officiel), c'est l'humilité. Ça n'empêche pas l'Esprit d'agir à travers les chrétiens de toutes institutions ecclésiales.

Concernant la déclaration

Concernant la déclaration conjointe sur la justification il est clair que se sont les catholiques ont fait le plus de concessions.

 En venir à invoquer des erreurs comme point de similitude, c'est que l'Église est vraiment au acculée au mur. 

Cette doctrine fut formellement condamnée par Saint Thomas d'Aquin 225 ans avant la naissance de Luther. Donc, c'est pas Luther qui l'a pondu, elle lui servi simplement de prétexte pour réformer l'Église. Luther a refusé le débat académique proposé par Tetzel qui refuta une à une ses 95 thèses..Il préféra en appeler au peuple..Sentiment national,etc, nous connaissons la suite..

Mais je reconnais qu'aujourd'hui cette doctrine de justification est très populaire à l'intérieure même de l'Église catholique.

Et pourtant la doctrine elle des indulgences dénoncée par Luther au tout début, à cause des abus certes, demeure une doctrine dépourvue d'erreur qui est refutées dans tous les recoins de l'Église aujourd'hui !

Ce forum serait-il infiltré

Ce forum serait-il infiltré par des catholiques traditionnalistes? Ce que j'y lis n'est pas du tout ce que reflètent les autres intervenants catholiques qui ont déjà participé à nos forums. Ce  n'est pas de la discussion ouverte, c'est du prosélytisme pur et simple. Comme je suis contre l'exclusion, je m'en tiendrai à ne plus participer à ces discussion vides et stériles.

Bonjour Dominique. Ne partez 

Bonjour Dominique. Ne partez  surtout pas.

Si je suis sur votre forum c'est que j'en ai reçu encore dernièrement l'invitation,(et ce, depuis longtemps) par une personne de l'Église-Unie qui m'invitait tout simplement.

Mais je croyais pas qu'il me fallu pour autant affirmer absolument les même idées que vous. Je pensais que je pouvais m'exprimer franchement et amicalement.

Il se trouve pourtant d'autres catholiques sur votre forum. Ils sont progressistes. Est-ce que vous vous dites que les catholiques progressistes sont infiltrés pour autant ? Non !

Si vous êtes pas capable de débattre c'est que "les dés pipés".

Il y des débats que je ne

Il y des débats que je ne veux plus faire.Des catholiques conservateurs ont brisé une part de moi-même il il a trente ans.

Les dés ne seront pas pipés comme vous le dites si je ne participe pas à ces débats. Je ne veux  pas réouvrir de vieilles blessures qui m'amènerait de nouveau à des colères inutiles et du ressentiment envers mon prochain. Alors par respect, je me retire pour demeurer fidèle à l'Amour que Dieu nous donne, à vous, comme à moi. Vous pourrez peut-être y voir une forme de fuite, je vous dis que j'écoute tout simplement mon coeur. Soyez béni Agar!

Agar a écrit

Agar a écrit :

Bonjour Dominique. Ne partez  surtout pas.

Si je suis sur votre forum c'est que j'en ai reçu encore dernièrement l'invitation,(et ce, depuis longtemps) par une personne de l'Église-Unie qui m'invitait tout simplement.

Mais je croyais pas qu'il me fallu pour autant affirmer absolument les même idées que vous. Je pensais que je pouvais m'exprimer franchement et amicalement.

Il se trouve pourtant d'autres catholiques sur votre forum. Ils sont progressistes. Est-ce que vous vous dites que les catholiques progressistes sont infiltrés pour autant ? Non !

Si vous êtes pas capable de débattre c'est que "les dés pipés".

 

Je me reconnais davantage dans les propos de Catholiques progressistes et je les sens plus ouverts à la discussion. Je dois avouer me sentir agressée par les propos d'Agar  et de Tétraèdre ces derniers jours. Ce n'est pas seulement parce que ce qu'ils disent est à contre-courant de ce qui se dit généralement sur ce forum... C'est plutôt une question de ton. Ils semblent convaincu qu'ils possèdent LA vérité et que tout ce qui n'est pas catholique est mauvais. Quand nous refusons de nous engager dans des débats théologiques pointus et stériles, nous nous faisons accuser de ne pas vouloir entendre d'autres opinions que les nôtres et quand nous appuyons nos idées de suggestions de lectures (je pense ici à une intervention de unVeilleur), nous nous faisons accuser de nous cacher derrière les écrits plutôt que de parler de nous-même.

 

Agar, Tétraèdre, cherchez-vous à discuter ou a convertir? Je vous appelle au respect des personnes, des sensibilités et de notre foi chrétienne réformée.

Moi je cherche pas à

Moi je cherche pas à convertir mais à rétablir les faits. Si vous le faites je peux le faire.

Moi aussi je pourrais pleurer et dire vous m'avez blessé par des propos anticléricaux et mensongers que je ne peux endossés etc. etc..Nous avons tous nos blessures.

Il demeure que je me pensais quand même sur un forum de discussions !?

Le Dr Reynold's de l'Église-Unie et le jésuite Louis Leahy dans leurs discussions doctrinales ont apportés de belles choses oecuméniquement parlant. 

Mais si vous voulez pas être dérangés dans vos certitudes et qu'échanger entre vous je peux quitter.

 

 Vous n'êtes pas venu pour

 Vous n'êtes pas venu pour discuter, vous êtes manifestement venu pour provoquer.

 

Il n'y a aucune discussion possible avec quelqu'un qui affirme avoir la Vérité de son côté, dans son Église.

 

Il n'y a aucune discussion possible avec quelqu'un qui a le culot de venir dire sur le forum d'une Église protestante que ce qui manque au protestantisme, c'est "la vraie foi catholique". Qui vient nous traiter d'hérétiques et parle de pourriture de l'esprit pour qualifier nos croyances.

 

Pour discuter et échanger, il faut être ouvert. Vos certitudes prennent tellement de place qu'il n'y en a pas pour la discussion réelle.

 

Puisque vous avez  la Vérité de votre bord, gardez-la. Je préfère continuer à discuter avec des chercheurs de vérité comme moi qu'avec ceux qui s'en prétendent détenteurs.

 

"Vérité catholique", mon oeil ! À vous lire, que je suis bien content de ne plus être catholique. 

Agar, je suis prête à

Agar, je suis prête à accepter que vous êtes ici pour discuter, contrairement à Tétraèdre qui est une troll qui devrait être banni sur le champ. Vous dissociez vous de sa démarche et ses propos?

Personne ici n'a de certitudes. En fait c'est une chose que j'admire de l'Église Unie, qui par prudence face au Mystère se retient de promouvoir quelque dogme que ce soit, et laisse ses membres réfléchir et discuter sur leur conception du Divin.

En fait, un seul dogme me semble vraiment ressortir de la pensée de l'Église Unie, c'est que Dieu se révèle dans la diversité. C'est l'esprit de ce forum de discussion. Si vous croyez à l'expression de Dieu à travers toute la variété des traditions chrétiennes, leurs rites, leurs conceptions... alors vous êtes à la bonne place et il y a moyen de discuter de façon respectueuse de nos différences.

Si par contre en votre coeur vous avez la certitude que la seule véritable Église et la seule véritable foi sont catholiques, alors vous vous êtes trompés d'endroit.

Tétraèdre a

Tétraèdre a écrit :
Je vous dit ce que dit l'apologétique catholique et le sujet est justement cela de dire ce qui différencie le catholicisme du protestantisme . Je ne force personne à devenir catholique À vous de considérer si ce que je dis est vrai ou faux Moi je sais que ce que je dis est vrai et exactement contraire et irréconciliable avec l'anarchie divisionnniste du protestantisme . La réalité est la réalité et je refuse de mentir pour vous plaire.

On a compris le message. Maintenant, partez!

Je suis parfois bien

Je suis parfois bien malhabile vous savez. Le terme pourriture de l'esprit n'était pas péjoratif dans mon esprit. C'est un terme général qui signifie l'incapacité de l'homme moderne de saisir la réalité objective d'une situation donnée..Quand l'on sait que la moitié de la population est sur la drogue, la réalité est bien loin..

Vous me me permettez de continuer les discussions, vous tenez quand même Stéphane des propos assez contradictoires. C'est très objectif.  Indépendamment de nous deux. Voyez ce que vous dites.

Vous dites:  "Je préfère continuer à discuter avec des chercheurs de vérité comme moi qu'avec ceux qui s'en prétendent détenteurs."

Pour pouvoir faire une telle affirmation, il faut logiquement accepté le fait que la notion de "vérité objective" existe, sinon pourquoi vouloir discuter avec des chercheurs si c'est pas pour la trouver éventuellement un jour cette vérité ?

Et si elle n'existe pas cette vérité pourquoi vouloir discuter avec des chercheurs comme vous (!) (comme vous le dites) ?

Pour pouvoir aussi affirmer que je m'en prétends détenteur (de cette vérité),  c'est que vous avez déjà vos certitudes sur le sujet ! 

Je le répète. J'ai reçu l'invitation d'amis protestants eux-mêmes pour accéder à ce forum de discussions. J'ai fais des dons à L'Église-Unie $$. Je vous  préviens que mon don de carême sera pas pour vous cette année.

 

 

Tétraèdre a

Tétraèdre a écrit :
Et des différences FONDAMENTALES irréconciliables il en existe des dizaine d'autres . si vous voulez vraiment discuter je vous en ferai part. Mais je doute que la vérité vous interresse ????

Qui êtes-vous pour croire que vous détenez la vérité? Que Dieu vous guérisse de vos vaines illusions.