Marie, ce qu'en disent des théologiennes

Un article du journal La Croix en date du 14 août 2010.

 

 

 
 
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Marie, ce qu'en disent des théologiennes

La figure de Marie traverse les différentes traditions chrétiennes avec la même acuité, bien que son rôle diffère d’une confession à l’autre. Regards croisés catholique, protestants et orthodoxe

Certains croyants voient d’un mauvais œil la piété mariale : elle serait vieillotte, entachée de mièvrerie, voire de superstition… Or, l’attachement que Sœur Véronique Margron voue à Marie est d’un tout autre ordre : « Pour moi, Marie est d’abord l’audacieuse, celle qui a dit oui à l’ange, qui a gardé l’enfant qu’elle portait et affronté le regard des autres, celle qui va rester fidèle à Jésus jusqu’à la fin… C’est un très beau visage humain de persévérance, de constance », explique la doyenne de la faculté de théologie de l’Université catholique de l’Ouest, à Angers (1).

À une époque où l’Évangile est moins familier, Marie est aussi « celle qui fait passer vers le Christ, qui emmène vers lui et le fait aimer », ajoute la dominicaine, qui constate que la spiritualité mariale est souvent plus accessible à « ceux qui doutent ou qui sont loin ».

La vision orthodoxe

De la même façon, la théologie orthodoxe considère que « la Mère de Dieu conduit toujours au Christ », ce que confirme Françoise Jeanlin, enseignante en mariologie à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge (Paris). L’orthodoxie, précise-t-elle, n’honore pas « la mère indépendamment du Fils » et toute sa piété mariale « découle de sa foi en le Christ et sa victoire sur la mort », car Jésus reste « le seul sauveur et médiateur du salut ».

Autrement dit, que ce soit chez les catholiques ou les orthodoxes, prier la Vierge ne signifie pas d’abord « méditer la figure de Marie, mais l’Évangile du Christ », résume Véronique Margron.

La vision protestante

Pourtant, des réticences subsistent parmi les Églises issues de la Réforme, et ce malgré les avancées du mouvement œcuménique. D’une manière générale, les protestants ne comprennent pas le dogme de l’Immaculée Conception. Ainsi, Marie-Christine Michau, théologienne luthérienne, ne cache pas ses distances avec la vision catholique de Marie : « Ce qui me peine le plus, c’est le rôle qu’on lui a fait jouer au cours des siècles pour soumettre les femmes. On a longtemps valorisé de façon parfois paradoxale la virginité et la maternité, comme si, pour être sauvée, la femme devait être soit vierge, soit mère, ce qu’on ne demande jamais à un homme ! », dit-elle, regrettant ce qu’elle considère être une « répression de la sexualité féminine » encore « très présente » dans les cultes mariaux.

Si le personnage de Marie a longtemps été occulté, c’est aussi, rappelle de son côté Élisabeth Parmentier, pasteure et professeur de théologie pratique à Strasbourg, parce que la piété mariale a été utilisée comme un moyen de s’assurer de la conversion des protestants au catholicisme au moment de la Contre-Réforme. « De peur que Marie ne remplace le rôle de Jésus, on l’a donc retirée de notre spiritualité, ce qui ne correspondait par forcément à la volonté des réformateurs », reconnaît-elle.

Le rôle de Marie revalorisé

Mais, depuis une vingtaine d’années, le rôle de Marie a été nettement revalorisé dans le protestantisme, notamment à la suite des travaux du Groupe des Dombes et de ceux de théologiennes comme France Quéré.

La prière du Magnificat, par exemple, a été considérablement réinvestie : « Ce texte nous présente une Marie quasi prophétique, presque révolutionnaire, loin de l’image doucereuse et éthérée qu’on voit souvent dans les églises.

Elle affirme le triomphe des petits, elle montre comment Dieu vient vers l’humanité en “passant par le bas”. C’est pour nous une très belle théologie de l’incarnation », affirme Élisabeth Parmentier.

Une proximité qui explique sans doute l’universalité de la piété mariale, par-delà les cultures et les sensibilités, et même au-delà du cercle des croyants, comme le suggère Véronique Margron : « Marie est une femme forte, une mère qui a partagé le même sort et les mêmes difficultés que des milliers d’autres parents d’aujourd’hui, du Nordeste brésilien aux banlieues françaises, en passant par l’Afrique. »

FRANÇOIS-XAVIER MAIGRE

(1) Lire notamment Le Rosaire de lumière (avec Mgr Claude Dagens), Cerf, 2003.

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Commentaires

Je n'aime pas trop cet

Je n'aime pas trop cet article.

 

Après avoir démontré que catholiques et orthodoxes sont sur la même longueur d'ondes quant à Marie (ce qui est totalement faux), on passe aux protestants qu'on fait passer pour les méchants "qui ne comprennent pas le dogme de l'Immaculée Conception", et cela, tenez-vous bien, "malgré les avancées du mouvement œcuménique" !!! Euh... Les orthodoxes aussi trouvent absurde l'Immaculée Conception, qui remet en question la pleine humanité de Jésus. S'il est né d'une femme qui aurait été mise à part du reste de l'humanité, conçue hors du péché originel, alors Jésus n'a pas assumé pleinement notre condition humaine.

 

Et l'oecuménisme, c'est que les protestants comprennent finalement les dogmes romains ?

 J'ai lu un peu sur la

 J'ai lu un peu sur la représentation de Jésus dans l'Islam et il y a quelque chose que je ne comprends pas... On n'y reconnaît pas Jésus comme le fils de Dieu, mais on y reconnaît l'immaculée conception. Un ange aurait soufflé sous la robe de Marie et c'est comme ça qu'elle serait tombée enceinte. J'ai lu ça dans un vieux livre jauni trouvé par hasard à la Bibliothèque Nationale, je ne sais pas à quel point ma source est fiable.

 

J'ai beaucoup d'amis catholiques (croyants et non-croyants s'indentifiant culturellement au catholicisme) et je me suis souvent fait poser la question concernant la position théologique de l'Église Unie par rapport à Marie et à l'immaculée conception. Je dois admettre que je n'en n'ai pas la moindre idée. Le personnage de Marie n'étant pas très important dans ma foi, je n'ai jamais posé la question à mon Pasteur.

 

Qu'en est-il? Quelqu'un peut-il me répondre?

 Ursus, vous confondez

 Ursus, vous confondez l'Immaculée Conception (dogme qui parle de comment MARIE a été conçue) avec la naissance virginale de Jésus (qui traite plutôt de la façon dont JÉSUS a été conçu).

 

Selon le dogme de l'Immaculée Conception, Marie a été conçue hors du péché originel, contrairement à tout le reste de l'humanité depuis Adam. Pourquoi a-t-elle ainsi étémise à part de l'humanité ? Il fallait que le réceptacle (= Marie) du Dieu incarné (= Jésus) soit pur de toute souillure. En gros.

 

L'Église Unie, comme la plupart des Églises protestantes, voit Marie comme un modèle de foi et d'obéissance à la volonté de Dieu. Les protestants évangéliques croient la plupart du temps en sa virginité. Dans l'Église Unie, les gens croient ce qu'ils veulent là-dessus (virginité réelle, image ou récit symbolique...), ce n'est pas très important. 

Distinction importante

Distinction importante Stéphane à une confusion fréquente. Les déclarations comme dogmes de l'Immaculée Conception [décembre 1854, Pie IX, par la bulle Ineffabilis Deus] puis de l'Assomption de Marie [novembre 1950, Pie XII, par la constitution apostolique Munificentissimus Deus] se consolident mutuellement et participent d'une théologie très fixe et idéaliste contrôlée par la Magistère romain qui considère avoir le "pouvoir" de décréter des affirmations de foi. Ultimement il s'agit d'une déclaration à l'interne de l'Église romaine, qui ne lie que ses membres.

 

Vous demandez : "Et l'oecuménisme, c'est que les protestants comprennent finalement les dogmes romains ?". Le groupe des Dombes, une équipe œcuménique de dialogue théologique, a essayé de définir des attitudes mutuellement acceptables et utiles pour un rapprochement sur cette question. Le document "Pour la conversion des Églises" tente de baliser la route. Alors comprendre l'intention, idéalement oui; y souscrire, pas nécessairement; accepter que cela soit significatif pour certains et in-signifiant [au sens propre du terme] pour d'autres, idéalement.

 

Pour une présentation critique du déploiement de la piété mariale dans l'histoire du christianisme, l'article Le culte de la vierge Marie : pourquoi ? d'Alain Houziaux sur le site Protestants dans la ville.

 

 Wow! Je n'avais jamais

 Wow! Je n'avais jamais entendu dire que c'était ça que ça voulait dire "l'immaculée conception". Ça ne me semble avoir aucun fondement biblique et être une idée plutôt farfelue.

 

La théologie... Tout un monde à découvrir!

Je vais en surprendre sans

Je vais en surprendre sans doute plusieurs mais pour moi la question de «Marie» est loin d'être clair comme protestant issu du catholicsme, même avec la Bible comme seule autorité et un culte que l'on doit rendre à Dieu seul. À ce niveau je ne suis pas tout à fait protestant et pas du tout catholique. Cherchez le problème Lol!

Je ne lui porte pas de culte mais en même temps qu'elle soit placée au coeur des pratiques catholiques et orthodoxes est loin de me déranger et je ne parle pas ici de tout ce qui me tape en lien avec les dogmes catholiques ou les pratiques qui frôlent parfois la superstition. Je parle de Marie qui en inspire plus d'un dans sa vie, dans sa foi ou d'en l'art. 

Je me souviens d'avoir discuté avec  une convertie au Pentecôtisme qui attendait d'entrer à la Basilique du Cap-de-la-Madeleine. C'était vers 1977. Je lui avais demandé ce qu'une protestante faisait ici à attendre pour  la célébration de l'Assomption. Elle m'a répondu que Marie avait marqué sa vie et que ça ne changeait rien au fait qu'elle n'était plus catholique.