Qui est Jésus pour vous ?
Fils de Dieu ? Dieu lui-même? Troisième personne de la Trinité ?
La Parole faite chair ?
Un envoyé de Dieu ? Un messager ? Un prophète ?
Un révolutionnaire ? Un égalitariste ? Un socialiste ?
Un ben bon gars ?
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Commentaires
unVeilleur
Affiché le jeu 22/05/2008 - 16:51
Wow Stéphane... c'est toute une question... Il faudrait, il faudra y répondre en plusieurs étapes.
Immédiatement: une référence quotidienne grâce à laquelle j'essaie de vivre mon humanité dans l'ouverture confiante aux autres et au Tout-Autre. à suivre... dans toutes les acceptions du terme!
Revverm
Affiché le jeu 22/05/2008 - 20:13
J'opte pour une vision plus traditionnelle:
Le Fils de Dieu, pleinement humain et pleinement divin.
...
Quoi que j'aime bien un guide pour mener une vie pleine de sens.
Patrick_erb
Affiché le ven 23/05/2008 - 12:03
Salut!
Stéphane je serais porté à dire oui à chacune des questions. À condition de ne pas tomber dans la philosophie puisque pour moi nous connaissons Jésus, que nous appelons Christ, à travers notre rencontre personnelle de sa présence et sa lumière (entre autre chose de compréhension) qu'il infuse en nous.
En un cours message, je ne peux faire le tour de la personne de Jésus pour moi. Je peux dire qu'il est la Parole de Dieu. Nous ne pouvons pas connaître Dieu, Notre Parent, sans la révélation en Jésus. Pour éviter le piège du fondamentalisme, j'ajoute tout de suite que tout discours sur Dieu (théologie) est une entreprise humaine et faillible de mettre par écrit quelque chose de Dieu. Nous devons prier Dieu, de nous envoyer son Esprit et d'espérer qu'à travers nos mots "La Parole de Dieu" puisse être agissante.
La vie de Jésus, je l'articule autour de 3 pôles:
1) Jésus humain: il a été semblable à nous en tout sauf le péché. Par sa vie et son enseignement, il nous montre le chemin pour nous réaliser dans l'amour comme homme ou femme.(ministère de prêtre. de consacré ou saint)
2) Jésus Dieu: il n'a pas cherché la gloire mais il a présenté un Dieu qui souffre (le serviteur souffrant) et accepte de donner sa vie pour l'infuser en nous en abondance. (ministère de roi, de service).
3) Jésus humain et Dieu: il a réconcilié l'humanité avec Dieu, notre parent, en nous offrant le pardon de nos péchés et en parlant d'une manière juste de Dieu (ministère de prophète).
a+
Patrick
Dominique
Affiché le lun 26/05/2008 - 20:28
J'avoue que de répondre à cette question me trouble un peu. C'est que je n'ai pas envie d'employer des définitions souvent répétées à tort ou à raison. Je dirais qu'il est homme Dieu, celui qui a aimé comme son Père nous aime. Encore là j'ai l'impression de faire du copier/ coller de choses tant de fois dites et redites.
Clermont
Affiché le mar 27/05/2008 - 08:40
Et qui est Jésus pour toi, Stéphane? Donne-nous donc ton commentaire!
DOM
Affiché le mer 28/05/2008 - 07:29
Vraiment c'est la question qui décoiffe!!
je dirai spontanément la parole faite homme et puis des tas de réponses se bousculent: Fils de Dieu, témoin, guide , messager etc...
Jésus n'est ni une icône , ni une statue (et encore moins un monument) .Il est présent à chaque pas de nos vies , dans nos doutes comme dans nos peines (même si dans ces moments là, on a l'impression d'etre seul au monde).
Simon le Zélote
Affiché le mar 03/06/2008 - 15:10
Je ne referai pas les débats christologiques des premiers siècles, mais je dirai tout de même comment je vois Jésus et la place qu'il occupe dans ma foi.
Et ça évolue au fur et à mesure que je réfléchis et que j'approfondis ma foi. Ce que j'écris aujourd'hui, je ne le penserai peut-être plus demain, ou du moins, pas dans les mêmes termes !
Qui est Jésus pour moi ? Moins qu'un Dieu, mais plus qu'un homme. Il est le chemin, la vérité et la vie. C'est lui qui nous a montré comme personne qui est Dieu et ce qu'Il veut pour nous. Ses enseignements sont la voie à suivre.
Fils de Dieu ? Oui, Jésus est certainement UN fils de Dieu, comme beaucoup d'autres le sont aussi. Je crois que cette image n'avait pas à être prise au sens littéral, pas plus que ne l'ont été "chemin", "sel", "lumière", "agneau" ou "berger"...
Dieu lui-même? Non, je ne crois pas. Plutôt un homme fait de chair en qui la divinité s'est manifestée pleinement.
Troisième personne de la Trinité ? La Trinité n'est pas un concept qui me parle beaucoup, mais je peux la concevoir comme trois modes (suis-je un modaliste ?) par lesquels Dieu agit: créateur, parole, esprit.
La Parole faite chair ? Oui, Jésus est la Parole incarnée. Dieu est identique à sa Parole, donc Jésus est identique à Dieu.
Un envoyé de Dieu ? Un messager ? Un prophète ? Certainement, mais plus qu'un prophète comme les autres qui ont annoncé sa venue. Il est l'Envoyé de Dieu, son Messager par excellence.
Un révolutionnaire ? En quelque sorte, oui. Mais sa révolution est celle des coeurs, pas une révolution politique. On ne me fera jamais avaler que Jésus était un Che Guevara de l'Antiquité !
Un égalitariste ? Il n'a jamais proposé un système politique ou social égalitariste, mais a plaidé pour que l'on traite également toute personne humaine, incluant la veuve, l'orphelin, les rejetés et exclus. Que l'on reconnaisse la dignité et la valeur de chaque être humain au-delà de son statut social, ses avoirs, ses titres, sa condition physique, etc.
Un socialiste ? Non.
Un ben bon gars ? Trop réducteur, et ça m'énerve un peu quand Jésus n'est que cela pour certaines personnes !
Clermont
Affiché le mer 04/06/2008 - 08:18
Merci, Stéphane, pour ton commentaire, Personnellement, j'apprécie!
J'ose dire aussi que Jésus de Nazareth, dans son expression du visage de Dieu, permet de découvrir que Dieu donne une place "première" à la personne humaine. Il nous invite ainsi à reconnaître la beauté, la grandeur, et la dignité de toute personne, et d'abord de celle dont le visage est brisé dans son humanité... Il nous appelle, sur nos chemins, à un monde plus humain, plus juste, plus fraternel...
Etudianteindigne
Affiché le mar 10/06/2008 - 14:22
LA question... Très bonne idée, Stéphane!
La seule chose qui pour moi est certaine est que Jésus est un être humain. Pour le reste, je n'aime mieux pas me prononcer, parce que tout comme Dieu, je crois qu'on a jamais fini de découvrir qui est Jésus, quel est son message et comment on le perçoit par rapport à Dieu. Alors, si je répondais à un sondage, je dirais à la fois "toutes ces réponses" et "aucune de ces réponses"!
SAUF... pour le "ben bon gars". Je pense que je ne me dirais pas chrétienne si je verrai le message de Jésus comme un simple discours moral. Heureusement, je pense que Jésus est plus que ça :)
Etudianteindigne
Affiché le mar 10/06/2008 - 14:24
Et certainement pas un socialiste.
Dieu sait que j'en ai rencontré des socialistes et je trouve que leur message est tout autre que celui de Jésus!
Hhai
Affiché le jeu 26/06/2008 - 23:19
Woo-oo, mon premier post ici je crois que c'est le sujet idéal pour me lancer!
Les enfants de Dieu ont tous été avec le potentiel d’être parfaits et à l’image de leur Parent. En fait, je crois que Dieu et ses enfants ne font qu’un, qu’il habite notre être et que nous habitons le sien, et que sa voix peut parler directement en nous et à travers nous si on se donne la peine de l’écouter. Je crois que quand Jésus disait que le Père et le Fils ne faisait qu’un, en fait il ne parlait pas seulement de lui mais de l’humanité entière.
Et voilà Jésus fut un être humain qui réalisa pleinement son unité avec Dieu. Son cœur était si pur et il s’abandonna tant à la volonté de Dieu que sa parole ne fit qu’une avec celle du Père, et effectivement il devint son Verbe, sa parole vivante.
Je ne crois pas que Jésus était d’une nature différente de n’importe quel être humain. Il est le modèle de la vie parfaite et un appel à la suivre… si seulement nous avions un peu de foi en notre unité avec le divin nous pourrions accomplir tout ce que Jésus a accompli. Mais malgré tout je crois que Dieu parle à travers nos bouches à nous aussi, à des moments clés dans nos vies.
Patrick_erb
Affiché le ven 27/06/2008 - 06:24
Citation: "Je ne crois pas que Jésus était d’une nature différente de n’importe quel être humain. "
Pour moi, il est important de réaliser que Jésus est vraiment différent de nous.
Tout d'abord, je veux rappeler la conception de l'humain dans la Bible. Pour la Bible, qui n'est pas dualiste, l'être humain ne se compose pas d'un corps mortel et d'une âme (mot qui n'existe pas dans la bible) immortelle. Son être possède plusieurs dimensions (physiques, psychologique, spirituelle, etc.) qui forment un tout. Si l'on enlève un élément... il n'y a plus d'être humain. D'où l'importance accordée à la résurrection de la chair.
En conséquence, la matière n'est pas une chose mauvaise mais bonne. Dieu ne dit-il pas, après chaque étape de sa création, et Dieu vit que cela était bon? Alors pourquoi le mal et la souffrance? Pour faire simple, il y a deux sources au mal:
1) Dès que Dieu se met à créer, des forces lui résistes (les forces du mal). (cf. la Bible et le théologien Karl Barth).
2) Les humains ne peuvent agir sans péché.
Ainsi, le mal est partout présent. Y compris au coeur de l'humain pécheur. Cela est tellement vrai que l'humain ne peut - par ses propres forces - se tourner ou connaître Dieu de lui-même.
Si Jésus était de même nature que nous, totalement pécheur, il n'aurait pas pu nous parler de Dieu. Jésus, Dieu lui-même, est celui qui nous révèle le Père et nous le fait connaître. Par ailleurs, Jésus se devait d'être semblable à nous pour s'adresser efficacement aux humains. C'est pourquoi il était, également, pleinement humain (mais sans péché).
Ainsi, comme le montre Barth dans ses écrits, seul Dieu pouvait parler correctement de Dieu. Et seul Dieu peut permettre une compréhension juste de Dieu. C'est pourquoi Dieu nous accorde l'Esprit Saint en nous qui nous permet de le connaître et le comprendre.
Seul un Dieu trinitaire pouvait se révéler:
- Le Père est celui qui est connu.
- Le Fils est celui qui révèle le Père.
- L'Esprit Saint est celui qui nous permet de comprendre quelque chose de la révélation de Dieu en Jésus Christ.
a+
Patrick
Etudianteindigne
Affiché le ven 27/06/2008 - 12:43
Ma Élyse sur caféchange :) Bienvenue, je suis sûre que tu vas apprécier le forum!
J'ai une "sous-question", répondant un point soulevé par Patrick: pourquoi Jésus serait-il sans péché? Pourquoi ne pourrait-il pas avoir péché, comme tout être humain?
J'ai appris à l'Église Unie, et cela tend à se confirmer par les lectures que je fais, que le mot "péché" veut dire "rater la cible". C'est donc une conotation plus spirituelle plutôt que morale (la conception que j'avais il y a quelques années). Pourquoi est-ce que cela ne s'appliquerait pas à Jésus? Il pourrait avoir raté la cible dans sa quête spirituelle et ça ne rend pas sa quête moins vraire, bien au contraire. Ça aurait pu lui arriver de pécher, bien que je ne crois pas que ce soit rapporté par la Bible, justement parce qu'on voulait donner une image de Jésus comme "sans péché". Mais, comme chrétiens, avons-nous vraiment besoin de croire que Jésus est sans péché?
Je ne dis pas que Jésus que a péché ou qu'il n'a pas péché, en fait, ça ne fait pas de différence. Ce que je me demande, c'est si nécessaire d'affirmer qu'il n'a pas péché. Le fait que Jésus aurait eu d'aveuglement spirituel ne le rend pas moins Fils de Dieu à mon avis, en fait il rend plus humain tout simplement. Et comme tous les Fils et Filles de Dieu, il est possible d'avoir péché et c'est ce qui rend le chemin de l'amour et de la spiritualité plus difficile et, donc, plus vrai.
Je reste quand même incertaine, car je n'ai jamais de "catégorisation finale" de Jésus, de Dieu, du Saint-Esprit et même de l'idée de la Trinité. Pour l'instant, c'est ce que je pense et je pourrai bientôt changer de point de vue! Et tant mieux, parce que ça permet de saisir toutes les richesses de la spiritualité chrétienne!
Simon le Zélote
Affiché le ven 27/06/2008 - 14:58
Claire a écrit: "Pourquoi Jésus serait-il sans péché? Pourquoi ne pourrait-il pas avoir péché, comme tout être humain ?"
Parce que Barth l'a dit.
Si Barth l'a dit, c'est que c'est la vérité, hein Patrick ??? (gros clins d'oeil, je te taquine, je te taquine...).
De la même manière qu'on n'est pas obligés d'être d'accord ou de croire tout ce que nos professeurs de théologie/sciences religieuses nous ont enseigné, ou ce que nous pasteurs nous prêchent, on n'est pas obligés d'accepter en bloc tout ce que nos auteurs préférés ont écrit. J'apprécie Barth et le courant néo-orthodoxe pour avoir ramené le pendule au centre, pour avoir dit non aux excès d'un libéralisme théologique qui menait tout droit à l'athéisme sans pour autant verser dans le fondamentalisme, l'autre extrême.
Mais je ne crois pas en la divinité de Jésus et en la Trinité telles que comprises traditionnellement (la compréhension "orthodoxe"), et ce, peu importe ce que Barth en pense. Ce n'est pas ma foi.
De plus, Barth a une conception très pessismiste de l'être humain (totalement pécheur), une conception qui a été celle des pères du protestantisme (Luther, et surtout Calvin) mais qui n'est pas la mienne et ne semble plus être celle des Églises protestantes historiques d'aujourd'hui, même réformées. Les petites Églises calvinistes de stricte obédience (dont la théologie se résume en l'acronyme T.U.L.I.P. en anglais) et les luthériens ultraconservateurs en sont peut-être encore là, mais pas les grandes Églises luthéro-réformées d'Europe et d'Amérique du Nord. Du moins, ce n'est pas ce que je perçois.
Patrick_erb
Affiché le sam 28/06/2008 - 06:20
Stéphane: "Si Barth l'a dit, c'est que c'est la vérité, hein Patrick ??? (gros clins d'oeil, je te taquine, je te taquine...)."
J'ai peut-être passé trop de temps chez les presbytériens ;-)
Tu as raison de dire que Barth recentre la théologie mais pas à la manière des fondamentalistes. Par exemple, on ne trouve rien concernant le péché originel (non-biblique), il adopte un point de vue qui pratiquement celui de l'universalisme (tous serons sauvés) et, surtout, il ne réduit pas la Bible à l'idolâtrie. Pour lui, l'on peut tenir la Bible dans ses mains et dire: "Ceci n'est pas la Parole de Dieu". Elle est un témoignage de la source, pas la source elle-même (je reprend une image du théologien quaker Barclay).
Quant au pessimisme de Barth, les traditions chrétiennes ont tous insisté sur le fait que l'être humain est pécheur et est responsable de beaucoup de mal. Le courant catholique romain va moins loin en affirmant que l'humain peut connaître Dieu par sa seule raison (théologie naturelle). Le calvinisme affirme, au contraire, que l'humain ne peut pas rien connaître de Dieu par l'utilisation de sa raison totalement perverse. Luther appelle même la raison "la putain du diable". Il ne s'agit pas d'anti-intellectualisme. Ils voulaient seulement signifier que la raison doit être éclairé par la lumière de l'Esprit Saint pour arriver à dire quelque chose de Dieu. La tradition quakers affirme que Dieu offre sa lumière, le Christ, à tous les humains et tous peuvent dire quelques choses - sous l'action de l'Esprit Saint - de sensé de Dieu. À condition de prendre le temps d'écouter, d'où le culte d'attente silencieuse.
a+
Patrick
Patrick_erb
Affiché le sam 28/06/2008 - 06:30
Salut!
Il est juste de dire que le péché signifie "rater la cible". La question suivante est: "Quelle est la cible?". La cible a atteindre c'est la Loi de Dieu que l'on peut résumer dans les 2 commandements principaux:
1) Aimer son prochain comme soi-même. Dans Jean, Jésus va plus loin en disant: "aimez-vous les uns les autres comme je vous aimé".
2) Aimez Dieu de tout son coeur.
Jésus est l'exemple parfait de l'accomplissement de l'amour. En toute chose, il a été amour. C'est la raison pour laquelle il peut se donner en exemple. Sur ce point, je crois que Jésus n'a jamais raté sa cible.
En ce qui concerne l'amour de Dieu, je ne crois pas que Jésus est, à un moment de sa vie, cessé d'aimer Dieu.
Dans les 2 cas, le résultats du péché consiste en la rupture de relation entre Dieu et l'humain pécheur. Rupture qui demande réconciliation. Cette réconciliation ne peut pas être réalisé par un être pécheur (qui n'est pas en union avec Dieu). C'est seulement si Jésus est demeuré, toute sa vie, sans péché qu'il peut remplir le rôle de réconciliateur entre toute l'humanité et Dieu.
Lui, qui est sans péché, a payé le prix de sa vie pour nous réconcilier avec son Père afin qu'il devienne "notre père à tous".
a+
Patrick
"Si Dieu souffre lui-même, en Jésus Christ, le châtiment qui devait frapper notre existence, c'est qu'il a sacrifié son existence pour nous. Nous devons dès lors nous reconnaître comme ceux qu'il s'est acquis et qui lui appartiennent. Si Dieu ne veut pas nous punir parce que le châtiment est accompli, nous pouvons vivre comme des êtres libérés par lui, c'est-à-dire comme ses enfants. Enfin si Dieu, sans cesser d'être Dieu, a connu la tentation en Jésus Christ, si Jésus Christ est descendu aux enfers, et par là a réellement mis en question son unité existentielle de Dieu et d'homme, ne l'a-t-il pas fait pour nous et ne nous en a-t-il pas ainsi dispensés ? Nous ne sommes plus obligés d'aller en enfer."
- Karl Barth
Etudianteindigne
Affiché le sam 28/06/2008 - 09:37
Je suis d'accord avec vous sur ce point, Patrick: l'amour est le plein accomplissement de la loi. Et Jésus aime son prochain et Dieu. Mais est-ce qu'il ne pouvait pas avoir des moments dans sa vie ou son humanité lui aurait momentanément fait manqué la cible de l'amour? C'est la question que je me pose et comme bien des questions spirituelles, celle-ci n'a pas de réponse! Je la dis pour avoir vos réactions et ça a marché! Parce qu'en se posant des questions sur la nature de Jésus comme pécheur, on s'en pose aussi sur l'être humain.
Stéphane et Patrick, je vais me coucher moins niaiseuse, comme on dit, avec ce que vous venez de m'apprendre sur les pères du protestantisme! C'est étonnant qu'ils aient une vision de l'être humain comme un ``pauvre pécheur``, alors que la réalité est toute autre dans la plupart des Églises réformées d'aujourd'hui, dont l'Église Unie. Je viens de réaliser qu'il en est de même pour le concept de prédestination, mais je m'éloigne du sujet ;)
Patrick, j'ai une question pour vous. D'ou vient l'idée que Jésus est allé aux enfers? Il me souvient avoir aussi entendu ça chez les catholiques, mais est-ce que ça vient de la Bible? D'un évangile apocryphe? Autre?
Patrick_erb
Affiché le sam 28/06/2008 - 20:32
Salut!
Citation:
"D'ou vient l'idée que Jésus est allé aux enfers?"
Cette idée provient d'une vieille profession de foi appelé Symbole des Apôtres. Elle est toujours utilisée dans certaines église protestante (dont les presbytériens). Si tu as fréquenté l'Église Catholique Romaine, tu l'as sûrement déjà dite. Elle commence par "Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, etc." Cette profession de foi n'a pas été rejetée par l'Église Unie du Canada même si elle est peut utilisée.
On y retrouve l'idée que Jésus est descendu aux enfers. Il ne s'agit pas de l'enfer mais du lieu où allait les morts selon la tradition juive. Par cette idée, les premiers chrétiens voulaient signifier que la Bonne Nouvelle de la résurrection ne s'adressait pas uniquement aux vivants mais également aux morts.
a+
Patrick
Patrick_erb
Affiché le sam 28/06/2008 - 20:46
Citation: "C'est étonnant qu'ils aient une vision de l'être humain comme un ``pauvre pécheur."
C'est pourtant le coeur de l'Évangile. Nous ne sommes pas à la hauteur du projet de Dieu pour nous. Nous sommes si souvent si peu aimable... une autre manière de dire que nous sommes des pécheurs. Rappelons-nous que Jésus n'est pas venu pour les biens portants mais pour les malades. La maladie dont il parlait c'est le péché qui nous pousse à faire le mal que nous ne voulons pas et à ne pas faire le bien que nous voulons (je reprends les paroles de saint Paul).
Cependant, l'important n'est pas là pour les réformateurs qu'étaient Luther, Calvin, Zwingli et les autres. L'important c'est que Dieu nous aime tel que nous sommes. Dieu nous aime personnellement malgré nos faiblesses et nos limites. Dieu ne tient pas compte de nos fautes ou de nos erreurs. Il nous a pardonné et réconcilié une fois pour toute en Jésus Christ son Fils unique envoyé pour nous montrer comment aimer. Toutes les actions de Jésus étaient compassion et tendresse pour les autres. Seule une personne totalement aimante et sans péché (c'est-à-dire avec un coeur pur) pouvait être capable de se faire le serviteur et le réconciliateur de tous en offrant sa vie gratuitement pour tous les hommes et toutes les femmes. Acte d'amour total qui est total abandon de soi et de tout égo personnel.
a+
Patrick
Etudianteindigne
Affiché le mer 02/07/2008 - 10:27
Bien sûr, en tant qu'humains, nous sommes sujets aux faiblesses et au péché. Cependant, on peut se libérer du péché et je crois que Dieu a envoyé Jésus justement pour nous rendre libres. La Vérité nous délivre de l'esclavage du péché. Car, pour moi, le péché n'est pas une question de bien ou mal, mais de faux ou vrai. Et ce je parle là de vérité spirituelle, car pour moi ce sont les seules vérités. Même si je suis (ou serai? est-ce qu'il faut un diplôme pour se considérér scientifique?) dans le domaine de la science, je vois la science et nos sens comme nous révélant une réalité probable, mais pas "vraie", Les seules vérités pour moi sont spirituelles et la plus grande, c'est l'amour.
Alors, oui, nous sommes sujets au péché, mais pour moi ce n'est pas le coeur de l'Évangile. Pour moi, l'essentiel est de trouvé les vérités spirituelles et une vérité qui est importante à mes yeux est le fait de ne pas juger son frère ou sa soeur, de voir en chaque individu un Enfant de Dieu. Pour moi, malgré son "humanité", chaque individu est divin.
Simon le Zélote
Affiché le mer 02/07/2008 - 18:12
Patrick a écrit: "Quant au pessimisme de Barth, les traditions chrétiennes ont tous insisté sur le fait que l'être humain est pécheur et est responsable de beaucoup de mal."
Je pense que cette conception pessimiste de l'humanité, totalement corrompue, totalement pécheresse, incapable de faire quelque chose de bon toute seule sans la grâce de Dieu, n'est ni au coeur de l'Évangile ni ne constitue une base du christianisme. En fait, elle est celle d'un type de christianisme, celui que nous connaissons mais qui n'est pas le seul: le christianisme occidental.
Et d'où vient cette conception si négative de l'humanité ? D'Augustin. Sa théologie, l'augustinisme, a tellement marqué le christianisme occidental qu'on en parle comme si elle était le christianisme lui-même. L'Église de Rome a été pétrie d'augustinisme. Les Réformateurs ont eu beau réformer le christianisme occidental, ils sont demeurés eux aussi marqués par l'augustinisme, le renforçant même. Barth, en revenant aux bases de la Réforme, est donc revenu du même coup aux thèses d'Augustin.
Le christianisme oriental, lui, n'a pas adhéré comme le christianisme occidental aux thèses d'Augustin, si bien qu'on ne trouve pas cette conception très négative de l'être humain dans ce christianisme. Ni dans le protestantisme "moderne" dont je parlais plus haut et qui a bien évolué depuis Luther, Calvin et cie.
En résumé, selon moi (ce n'est que mon humble compréhension de la question, loin de moi d'affirmer que c'est la vérité), cette conception de l'être humain est augustinienne, occidentale, elle est celle de l'Église romaine tout comme du protestantisme classique, mais n'est pas la seule conception chrétienne de l'humain et n'est pas biblique non plus. J'insiste: selon moi.
Patrick_erb
Affiché le jeu 03/07/2008 - 06:52
Stéphane:
cette conception de l'être humain est augustinienne, occidentale, elle est celle de l'Église romaine tout comme du protestantisme classique
Patrick:
Il ne s'agit pas de la conception de l'Église Catholique Romaine. Pour eux, l'être humain est capable de connaître Dieu par les seules lumières de sa raison parce qu'il n'est pas totalement corrompu. C'est ce qu'on nomme la théologie naturelle (d'où vient également l'idée de loi naturelle... loi morale qui s'impose à l'être humain sans référence aucune à Dieu).
Ajoutons que pour les catholiques romains, ceux et celles qui ont été baptisé ne sont plus corrompus par le péché originel qui effacé lors de ce rituel comme par magie!
a+
Patrick
Etudianteindigne
Affiché le jeu 03/07/2008 - 10:03
Stéphane: "cette conception de l'être humain est augustinienne, occidentale, elle est celle de l'Église romaine tout comme du protestantisme classique, mais n'est pas la seule conception chrétienne de l'humain et n'est pas biblique non plus."
Je suis d'accord avec toi que cette conception de l'être humain a marqué de l'Occident et j'inclus les catholiques, j'expliquerai pourquoi après la citation que je fais de Patrick.
Patrick: "Ajoutons que pour les catholiques romains, ceux et celles qui ont été baptisé ne sont plus corrompus par le péché originel qui effacé lors de ce rituel comme par magie!"
Oui, mais ceux qui ne sont pas baptisés, hérétiques ou qui commetent un péché mortel, eux, sont des "pauvres pécheurs" qui ne pourraient pas avoir accès au salut.
Quant au baptisés, la notion de péché originel est effacée par le baptême, selon les catholiques. Cependant, toujours selon eux, le baptisé reste un humain dont Dieu doit "prendre pitié". C'est pour cela que je crois que les catholiques ont une vision de l'être humain comme "pauvre pécheur", à la merci du péché. C'est vrai qu'il peut avoir accès à Dieu par sa raison, mais après être passé à la confesse pour se purifier du péché.
Bref, le catholicisme a une certaine vision pessimiste de l'être humain comme pécheur, quoiqu'il y a de l'espoir pour ce pécheur s'il est purifié par le baptême et la confession. Ceci est ma compréhension. Corrigez-moi si j'ai mal compris quelque chose.
Pour revenir à la conception Augustinienne, je vais le dire directement: je n'y adhère pas du tout. Si je me souviens bien, en plus d'avoir une vision pessimiste de l'humain comme "pécheur", Augustin a défendu l'idée du dualisme "coprs mauvais" et "esprit bon", qu'on associe à tort à la vision biblique qui au contraire voit l'être humain comme un tout? Je n'achète pas son dualisme, je ne crois pas que le coprs soie complètement mauvais.
D'ailleurs, j'aimerai créer un sujet sur votre vision du corps et de l'esprit, j'y songe...
Patrick_erb
Affiché le jeu 03/07/2008 - 21:55
"Augustin a défendu l'idée du dualisme "coprs mauvais" et "esprit bon""
Au contraire, Augustin a attaqué cette idée lui qui sortait d'une secte manichéenne prônant le dualisme corps et esprit. Pour Augustin, rien n'est moins biblique que cette idée - qu'il a combattu toute sa vie - qu'il existe un corps source du mal et une âme bonne. De même, il rejette l'idée de deux forces égales dans le monde en luttent l'une avec l'autre.
Augustin s'en prenait également aux disciples de Pélage qui affirmaient que l'humain n'avait pas besoin de Dieu pour obtenir le salut qui était accessible par nos actions humaines.
L'idée maîtresse chez cet auteur est la souveraineté de Dieu. On peut le formuler de cette manière: Dieu est celui qui aime en toute liberté. Dieu aime l'humanité toute entière et chacun de nous personnellement. Peu importe les fautes que nous avons commises dans le passé. Qui de nous peut dire qu'il est sans péché aucun?
"Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu" (Romains 3,21)
Cependant, Dieu dans son amour voulait nous libérer du péché et du mal. C'est pourquoi il a envoyé son Fils unique afin de nous obtenir la vie en abondance!
"Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle." (Jean 3:16)
Et, pour moi, c'est le coeur des Écritures toutes entières orientées vers le Christ Sauveur et Maître de nos vies.
"Or, vous le savez, Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a pas en lui de péché." (1 Jean 3:5)
amen
Simon le Zélote
Affiché le sam 05/07/2008 - 09:45
Tout de même, c'est Augustin qui a en quelque sorte "inventé" la notion de péché originel et l'a associé à la sexualité.
Dans le christianisme occidental (incluant le catholicisme romain), depuis le péché originel, nous sommes tous foncièrement pécheurs. À cause de la faute d'Adam, tous les humains sont corrompus, et ce dès leur naissance. Peut-être pas TOTALEMENT comme le précise Patrick, mais corrompus tout de même. Nous avons tous hérité d'une tache, d'une saleté qui se transmet de génération en génération. Comme l'écrit Claire, nous avons besoin du baptême pour nous "laver" de cette souillure et ainsi avoir une chance d'être sauvés.
Ensuite, Augustin a vu dans le péché originel quelque chose en lien avec le désir sexuel, l'élan passionné vers d'autres corps, et y voit non seulement quelque chose de mal, mais aussi LA cause qui amène les êtres humains à pécher. Augustin n'a peut-être pas explicité comme le platonicisme l'exaltation de l'âme et le mépris de la matière (et du corps), mais il est évident qu'il ne voit pas la sexualité d'un bon oeil.
Cette notion de péché originel qui amène à voir la nature humaine corrompue ou totalement corrompue est, rappelons-le, totalement inconnue du judaïsme (pourtant à l'origine du texte de la Genèse) et du christianisme oriental. Je ne la trouve donc ni biblique, ni chrétienne.
Simon le Zélote
Affiché le sam 05/07/2008 - 09:54
J'oubliais: les thèses d'Augustin ont été consacrées pas le Concile de Trente et demeurent jusqu'à nos jours. On n'a qu'à lire le Catéchisme de l'Église catholique pour le constater.
L'adoption officielle des thèses d'Augustin sur le péché originel et la rédemption illustre bien une réalité: en voulant combattre le protestantisme, l'Église catholique de l'époque et le Concile de Trente se sont placés EXACTEMENT sur le même terrain que les Réformateurs. Comme me l'a
dit un ami: "là-dessus, le catholicisme et le protestantisme sont les deux côtés d'une même médaille."
Évidemment, il parlait du protestantisme classique, celui des Réformateurs. Heureusement, le protestantisme a bien évolué depuis. À tout le moins, le protestantisme historique.
Simon le Zélote
Affiché le sam 05/07/2008 - 10:14
Je me rends compte qu'on est rendus loin du sujet du fil, à savoir qui est Jésus pour nous. Tout ça à partir d'une question pour savoir si Jésus avait péché ou non dans sa vie !
Certaines bonnes questions peuvent nous mener loin et nous faire faire beaucoup de millage, comme on dit.
Patrick_erb
Affiché le sam 05/07/2008 - 23:10
Stéphane: "Cette notion de péché originel qui amène à voir la nature humaine corrompue ou totalement corrompue est, rappelons-le, totalement inconnue du judaïsme (pourtant à l'origine du texte de la Genèse) et du christianisme oriental. Je ne la trouve donc ni biblique, ni chrétienne."
Je suis entièrement d'accord.
Etudianteindigne
Affiché le lun 07/07/2008 - 10:16
Effectivement, beaucoup de millage! C'est parce que c'est une excellente question à se poser, très fondamentale.
Par rapport à Augustin, j'apprécie votre nuance, Patrick, parce que je me suis effectivement trompée. Je n'étais pas certaine de ce que j'affirmais et à avoir les références avec moi, je me serai informée. Cependant, en vous lisant et en lisant Stéphane, je réalise que je n'étais pas "dans le champ", comme on dit. Comme vous le dites, Augustin n'était pas platonicien au sens strict, mais il avait un certain mépris d'un élément corporel particulier: la sexualité.
Ça aussi, ça déborde beaucoup du sujet (si c'est ce qui nous convient, on en créera un autre), mais je veux réagir à cette idée en affirmant que, selon la Genèse, la création de Dieu est bonne et je le crois. La sexualité fait partie de la création et, comme tout ce qui a le potentiel d'être une expression de l'amour, ne peut qu'être la Vérité. Car pour moi la Vérité, c'est l'amour. Les faits empiriques sensorielles passent et s'envolent, mais l'amour reste.
Simon le Zélote
Affiché le lun 07/07/2008 - 11:08
À moins que je me trompe, ce fil est maintenant devenu le plus long de l'histoire de Caféchange. Super ! Ça foisonne, ca foisonne !
Je pense que oui, Claire, il faudrait créer un autre fil pour parler de ton excellent sujet. Comment l'intitulerais-tu ? "La Création, bonne ou mauvaise ?" Ou quelque chose de plus précis sur la sexualité ?
Si on s'éloigne trop du sujet du fil, ça pourrait décourager les gens de parler du vrai sujet du fil qui est "Jésus pour nous".
Simon le Zélote
Affiché le lun 07/07/2008 - 17:14
Dans l'éditorial, G. Laverdure affirme ceci de Jésus:
"... semblable à nous en tout sauf le péché, humain pure laine..."
Il convient peut-être de faire la différence entre les péchés et LE péché.
Les péchés, ce sont des gestes qu'on pose et qui vont à l'encontre de la volonté divine.
Le péché, c'est l'état de séparation d'avec Dieu, état dans lequel nous nous trouvons tous:
- Nous n'aimons pas toujours notre prochain comme nous-même
- Nous ne nous aimons pas les uns les autres comme Christ nous a aimés
- Nous ne faisons pas toujours aux autres tout le bien qu'on voudrait qu'on nous fasse
- Nous jugeons parfois les autres
...
Dans le protestantisme, on parle plus souvent DU péché que DES péchés.
Contrairement à la culture ambiante actuelle, dans laquelle toute mention des mots "péché" et "pécheur" est mal reçue parce que vue comme culpabilisante, moi, je n'ai aucun problème à le dire: nous sommes pécheurs, je suis pécheur. Tant qu'on insiste pas outre mesure là-dessus (souvent pour nous faire sentir à quel point nous sommes mauvais !) comme on a pu le faire autrefois et qu'on ne réduise pas l'être humain qu'à cette seule dimension. Oui, nous sommes pécheurs, mais nous sommes aussi autre chose, pas seulement du négatif; entre autres, nous sommes créés à l'image de Dieu et à sa ressemblance.
Bien que pécheurs, Dieu nous aime et nous adopte comme ses enfants.
Pour revenir à Jésus, a-t-il commis DES péchés ? Peut-être; comme être humain, il a dû lui arriver de poser de tels gestes comme tout le monde, mais cela ne me semble pas très important. Une bonne question que je me pose: quand Jésus répond de façon "bête et méchante" à quelqu'un, quand il compare les non-Juifs à des chiens, quand il maudit des villes qui ne se convertissent pas, quand il tue un figuier, quand il utilise la violence pour chasser les vendeurs du temple, on peut se demander s'il ne commet pas des péchés, s'il ne viole pas ses propres enseignements, la nouvelle loi que Dieu l'a envoyé prêcher.
Plus important: était-il lui aussi comme nous tous dans LE péché, dans cet état de séparation d'avec Dieu ? Je ne sais pas. Et même si la réponse était oui, ça changerait quoi ? Son message demeurerait aussi puissant, sa Parole demeurerait vérité. Qu'il ait été pécheur comme nous ou non, qu'il ait été Dieu ou un homme n'enlève rien à ses enseignements et son oeuvre.
Personnellement, moi, je n'ai pas besoin de croire que Jésus ait été divin et sans péché(s) pour adhérer à son message, y reconnaître la Parole de Dieu, ce que Dieu veut pour nous, y trouver le chemin, la vérité et la vie en plénitude.
Patrick_erb
Affiché le lun 07/07/2008 - 20:22
"y reconnaître la Parole de Dieu, ce que Dieu veut pour nous, y trouver le chemin, la vérité et la vie en plénitude."
Très bon résumé!
Clermont
Affiché le mar 08/07/2008 - 08:26
J'aime bien un tel échange sur Jésus, malgré les limites de l'informatique... J'aime beaucoup de propos des uns et des autres, et particulièrement les tiens, Stéphane. On y retrouve une préoccupation, une réflexion, une profondeur de l'être, une ouverture, une expérience de vie...
J'ose ajouter que j'aime bien parler de Jésus le Nazaréen, Jésus le Galiléen. Cela évoque son coin de pays, sa dimension humaine, son questionnement du monde qui était le sien... On le voit aussi, à l'occasion, prier, établir son lien à Dieu qu'il connaît, progressivement, plus intimement... On y retrouve son amour profond, inconditionnel, pour les hommes et les femmes si souvent blessés par le poids de la vie, un amour qui le conduit jusque sur un chemin de la croix, un amour qui lui permet alors de se relever, jusqu'à la résurrection...
Oui, pour moi, il est nécessaire de connaître Jésus pleinement homme et pleinement Dieu, (pourquoi pas?), pour, moi aussi et nous aussi, partager un peu l'intimité d'un Dieu "amour et vie" qui ne peut vouloir que "le meilleur" pour tout être humain.
Jésus a marché sur nos chemins, et il nous invite sûrement à marcher, aujourd'hui, les chemins qui sont les nôtres, avec beaucoup de respect, d'amour, et de dignité pour les uns et les autres.
Un "gros contrat"? Peut-être! Mais un "choix" et un "engagement" que je continue à avoir le goût de faire et qui donne du "sens à la vie"!
Oui, et encore "merci" pour ce que vous portez et ce que vous êtes!
Patrick_erb
Affiché le mar 08/07/2008 - 20:51
Salut!
J'ajouterai qu'il est nécessaire de connaître Jésus personnellement avec son coeur, si non ce n'est que du discours intellectuel qui ne sert pas grand chose.
La vérité ce n'est pas une doctrine ou une idée... c'est Jésus. Il nous appelle à le connaître, à co-naître avec lui à une vie nouvelle.
a+
Patrick
unVeilleur
Affiché le mar 15/07/2008 - 09:59
Augustin, Barth, le symbole des Apôtres, vrai Dieu – vrai homme, réalisé ou divinisé, la dépravité totale ou partielle des humains, l’origine et le péché, la fragilité de la condition humaine, la réconciliation, la descente aux enfers, le dualisme… Ce fil de discussion a en effet pris une ampleur inattendue. Je suis très impressionné par la sophistication théologique de plusieurs interventions. Je me rends compte qu’un tel collage de réflexions, de citations et de commentaires est en lui-même porteur d’une doctrine, i.e. d’une façon de voir et de comprendre ce qui importe pour vivre en disciple.
1. Jésus « en soi » nous échappe toujours. Les mots pour le décrire et pour nommer son apport à l’humanité se sont développés, comme les outils des artisans, au fur et à mesure des circonstances. Tout heureux d’avoir trouvé quelque chose d’utile pour leur situation, nos prédécesseurs les ont précieusement préservés. Dans leur intention la plus noble et bienveillante, on peut dire que c’est l’origine de la théologie, de la formulation des « doctrines et des dogmes », deux mots qui déclenchent une réaction allergique intense chez bien des gens de nos jours.
2. Ma « compréhension » personnelle de Jésus est devenue normative. Ce qui a du sens pour moi est vrai, donc bon, peu importe ultimement ce qu’en pensent les autres, et spécialement les instances qui prétendent détenir la vérité. Il fut un temps où, au nom d’une vision d’ensemble de la réalité dans l’incorporation au collectif de l’Église (le tout étant perçu comme plus grand que la somme des parties qui le compose), l’opinion individuelle était seconde par rapport à la conception antérieure transmise. Même en protestantisme, l’appel à la conscience, au libre examen, se voulait au service de la promotion d’une approche commune dans l’agir comme dans le dire, et dans la succession de la foi dite authentique.
3. Les références à la Bible et, à un moindre titre, à la tradition sont devenues comme des tremplins qui permettent de mieux plonger dans les « eaux relationnelles » de l’expérience de Dieu. Dans le pluralisme des voies et des voix, le discours chrétien trouve sa validation dans son efficacité à promouvoir une expérience spirituelle transformatrice et engagée. Le respect de l’héritage du passé ne nous dispense pas, bien au contraire, de chercher ce qui a du sens pour aujourd’hui, de prendre le risque de sortir des sentiers battus.
Le dernier commentaire de Patrick exprime bien cela selon moi : « J'ajouterai qu'il est nécessaire de connaître Jésus personnellement avec son coeur, si non ce n'est que du discours intellectuel qui ne sert pas grand chose. La vérité ce n'est pas une doctrine ou une idée... c'est Jésus. Il nous appelle à le connaître, à co-naître avec lui à une vie nouvelle. »
Simon le Zélote
Affiché le ven 14/11/2008 - 09:55
Dominique a affiché sur son blogue un texte du pasteur Jean Hoibian tiré du site "Protestants dans la ville". Un texte qui m'a fait réagir.
Je vous laisse lire le texte, après je partagerai avec vous les commentaires qu'il m'a inspirés et que j'ai publiés sur le blogue de Dominique.
Il serait agréable et intéressant, je crois, de partager et discuter sur ce texte qui soulève des questions au coeur même de la foi chrétienne et de l'Évangile de Jésus-Christ.
Croire en Dieu c'est croire en l'homme
Jean Hoibian
Jésus était un homme véritable. Sans doute était-il même l'Homme, car pour avoir essayé de vivre comme lui, j'ai mesuré à quel point je ne lui arrivais pas à la cheville.
Lui, il était juste, honnête, désintéressé et bon. Qui de nous réussit ce score ? Et quand il parlait, pas de bavardage prétentieux, de « baratin », de « langue de bois ». Jésus faisait ce qu'il disait.
Et le courage dans ses engagements ! Être capable de mourir pour ses idées. Cela existe chez les humains, mais c'est rare. Les idées de Jésus concernaient avant tout la vie, la vie des humains sur cette terre.
De tous temps la plupart des décisions politiques, de portée nationale ou internationales ne sont pas prises par générosité, pour le bien commun. Il n'en fut pas ainsi de Jésus : il était la solidarité même !
Il a innové à propos des enfants, des femmes, des étrangers, des exclus, des pauvres, des riches. Des idées pas courantes, contraires même aux habitudes de l'époque et du Temple !
Il voulait un autre monde où la justice régnerait, où personne ne serait méprisé, humilié, aurait faim ou écrasé. Et comme il connaissait bien les hommes, il leur a proposé de « changer de comportement », de recevoir de Dieu le pardon de leurs erreurs, et de se mettre à penser aux autres !
Bien sûr, Jésus a aussi parlé de la mort et de ce qui se passera après...
Mais, avant tout il a essayé de rétablir la confiance entre les humains.
Pour que la vie soit moins triste, moins violente, moins dominée par l'argent.
Si vous croyez en Dieu, il faut aussi croire en l'homme, et que ça se voie. Ne restez pas seul, isolé, et donc muet.
Venez réfléchir le dimanche sur le moyen de servir les hommes vos frères !
Vous rencontrerez des gens ordinaires, mais chez qui le Fils de l'Homme tient une grande place. Avec lui nous savons pourquoi nous vivons et nous regardons les autres avec bienveillance. Pourquoi attendre pour se poser des questions très simples : quel est le but de l'existence ? Comment vivre avec les autres, voire pour les autres ?
Il y a un lien étroit entre Dieu, Jésus, et les humains.
Réussir sa vie, participer à libérer ce vieux monde ankylosé, c'est découvrir ce lien. Car « Dieu aime tant ce monde qu'il a suscité le prophète Jésus de Nazareth, dont la parole et les actes ont ouvert à l'humanité un chemin de libération et d' espérance »
Simon le Zélote
Affiché le ven 14/11/2008 - 12:50
http://leblogdunparpaillot.blogspot.com/
Maintenant, les commentaires que le texte a suscités.
À vous d'ajouter votre grain de sel !
STÉPHANE A ÉCRIT: Je suis plus ou moins d'accord avec ce genre de vision théologique qui tend à gommer tout le divin qui animait Jésus pour en faire un homme proche de nous, ou pire, le premier socialiste de l'histoire. Tout comme je suis mal à l'aise avec les visions qui divinisent Jésus au point de lui faire perdre toute humanité, ce qui a pu amener certains à dire avec raison que Jésus était "un homme sous-estimé".
Remarquez que nulle part dans le texte on ne lit "Jésus-Christ". C'est simplement Jésus, ou Jésus de Nazareth, mais jamais Jésus-Christ ou le Christ.
Et à la fin, cette reformulation de Jean 3,14: le Fils devient le "prophète" Jésus de Nazareth, et la vie éternelle, même comprise au sens de "vie en plénitude" ou "en abondance", devient un simplement "chemin de libération et d'espérance."
Ici et là, on perçoit dans le texte des relents d'idéologie de gauche. Quand je vais à l'église le dimanche, ce n'est pas pour réfléchir au commerce équitable ou à la crise financière. Certes, dans le credo de l'Église Unie que nous récitons, nous disons que nous sommes appelés à constituer l'Église "pour aimer et servir les autres". Entre autres. Mais cela ne doit pas être interprété comme une invitation à appuyer une idéologie ou une autre.
Nous, chrétiens progressistes, devons nous garder de faire comme les conservateurs et mettre la main sur Dieu, se l'approprier, dire qu'il est "de notre bord." Bien que je sois d'accord avec le fait que le message de Jésus-Christ concerne la vie ici et maintenant davantage que celle dans l'au-delà, ne sécularisons pas la foi chrétienne, ne la confondons pas avec de l'activisme social, ne faisons pas de Jésus un Che Guevara de l'Antiquité.
Croire en Dieu c'est croire en l'homme ? Peut-être, mais ce n'est pas que ça. Dieu n'est pas seulement immanent, il est aussi transcendant, Tout Autre, d'une transcendance dont les êtres humains manquent cruellement. Trouver le visage de Dieu dans le visage de nos semblables est souvent bien difficile, malheureusement.
Jésus était plus qu'un prophète comme il y en a tant eu avant lui, plus qu'un simple modèle de moralité, plus qu'un révolutionnaire égalitariste, plus qu'un "ben bon gars". Il est la Parole de Dieu faite chair. Ce n'est pas rien.
Autant il y a un risque de tomber dans un mysticisme stérile (un arbre sans fruits) si on divinise trop Jésus de Nazareth et met trop l'accent sur l'au-delà et la transcendance de Dieu, autant il y a un risque de désacralisation et de sécularisation si on néglige tout ce que Jésus le Christ avait de divin, si on met trop l'accent sur l'immanence de Dieu, si on mêle trop Dieu à nos combats terrestres et ne concevons Sa présence que dans ce bas monde avec nous.
La vérité, et j'en ai l'intime conviction, est probablement entre les deux. Dieu dans le monde, mais aussi à l'extérieur du monde. Dieu avec nous, mais qui existe aussi sans nous (Dieu n'a pas besoin de nous pour exister).
De grâce, gardons un peu de mystère et de sacré quand nous parlons de Dieu, et un peu de divin quand nous parlons de Jésus-Christ.
Ouf, c'est presque un credo personnel que je viens de pondre là...
PARPAILLOT A ÉCRIT: En tout cas, ce texte a le mérite de faire réfléchir chacun sur la façon dont il voit Jésus dans sa vie et à preuve ton commentaire très pertinent. Croire en Dieu c'est croire en l'homme! Quelques fois ça demande une foi immense et se n'est pas toujours évident. En même temps, j'y crois quand même. J'ai souvent l'impression qu'il m'est plus facile de croire en Dieu qu'en l'homme...mais ça c'est sans doute une autre histoire!
STÉPHANE A ÉCRIT: En effet, croire en Dieu semble plus facile et plus logique que croire en l'homme quand on voit comment se comporte l'humanité. Et encore là, le danger qui me guette quand je pense ainsi, c'est une espèce de fuite des êtres humains, une fuite vers Dieu. En d'autres mots, se réfugier auprès de Dieu par dépit des êtres humains et de leur comportement.
J'ai tendance à le faire. J'en suis conscient, c'est déjà un bon début. Je suis un être humain moi aussi, pécheur aussi, je ne dois pas m'ériger en juges de mes frères et soeurs. Il est écrit dans la première épître de Jean que celui qui n'aime pas les êtres humains n'aime pas Dieu. Que si nous n'aimons pas nos semblables qu'on voit, nous ne pouvons pas aimer Dieu qu'on ne voit pas.
Oui, le texte est bon en ce qu'il nous fait réagir. le fait de ne pas être d,accord sur tout ce que le texte affirme n'en fait pas pour autant un mauvais texte.
STÉPHANE A ÉCRIT: D'un autre côté, des événements comme la victoire de Barack Obama dans un pays qu'on dit raciste me donnent espoir et me font croire à nouveau en l'humanité.
Vraiment, l'humanité est capable du meilleur comme du pire.
Simon le Zélote
Ces temps-ci, suite à une
Affiché le jeu 07/05/2009 - 10:35
Ces temps-ci, suite à une série d'ateliers de lecture à ma paroisse sur le livre de Marguerat L'homme qui venait de Nazareth, je lis beaucoup sur Jésus et sur les premiers temps du christianisme. Je veux savoir quand et comment Jésus de Nazareth est devenu le Messie, le Fils de Dieu, voire Dieu lui-même, le Fils, deuxième personne de la Trinité, aux yeux de ses disciples et de ceux qui ont eu foi en lui au cours des premiers siècles de notre ère.
Parmi les livres que je lis, certaines lectures croyantes et d'autres, non-croyantes:
- Jésus sans Jésus. La christianisation de l'Empire romain des controversés Prieur et Mordillat.
- À l'aube du christianisme. Avant la naissance des dogmes de M.-E. Boismard, exégète catholique renommé de l'École biblique de Jérusalem.
- Le best-seller Le Christ philosophe de Frédéric Lenoir.
- Qui était Jésus ? de Marcus Borg.
- Jésus, Fils de l'Homme de Khalil Gibran.
- Jésus-Christ de J. R. Porter dans la collection Histoire universelle de Taschen.
Et bien sûr, la Bible. Je compte aussi mettre la main sur le livre Un inconnu nommé Jésus de Donald Spoto.
Ces lectures me font réfléchir. Les auteurs présentent des positions parfois contradictoires. J'en prends et j'en laisse, je me fais ma propre idée.
Une des conclusions auxquelles j'arrive est que seul Jean (ou devrait-on plutôt dire l'école johannique) confesse explicitement que Jésus est Dieu. Dans les Évangiles synoptiques, Jésus est le Fils de Dieu , le Messie, le Christ, le Seigneur, mais jamais il n'y est dit que Jésus est Dieu. Quand on sait que l'Évangile de Jean est le plus tardif (années 90-100) et le moins historiquement exact des quatre Évangiles, cela m'amène à croire que l'idée selon laquelle Jésus est Dieu incarné est une croyance tardive (deuxième moitié du 1er siècle) que ne partageaient pas les Apôtres.
Pour ce qui est de Paul, je ne suis pas encore convaincu. Sa christologie n'est pas claire pour moi (par exemple, dans l'hymne de Philippiens 2, c'est plutôt obscur). Mon jugement n'est pas encore arrêté pour ce qui est de savoir si Paul croyait que le Christ était Dieu ou pas.
Si vous voulez ajouter votre grain de sel à ma réflexion, celui-ci sera le bienvenu ! De même que si vous avez d'autres lectures à recommander sur ce thème.
Plume
Stéphane, je réponds à ta
Affiché le ven 08/05/2009 - 21:07
Stéphane, je réponds à ta question tout simplement. Je n'ai pas lu la longue liste de réponses et commentaires, je ne peux donc pas les commenter ou y répondre moi-même...
Mais je crois que ta question me permet un peu de me vider le coeur, si tu permets. Je ne suis pas certaine qu'elle apportera bien de l'eau à ton moulin...
Il y a une couple d'année, j'aurais répondu que Jésus est fils de Dieu, faisant parti de cette trinité mystérieuse et aimante. J'étais catholique. Très impliquée. J'ai vécu des choses difficiles dont je fais grâce ici des détails. Mais aujourd'hui en cette date, je l'avoue et j'en souffre, je ne sais plus que répondre.
Jésus, qui est-ce? Dieu? Je ne suis même plus certaine de son existence. Un bon gars? Je crois que c'est trop peu dire. Un grand homme, certainement, un sage. Qui a compris la valeur de la personne, la liberté qu'accorde la vérité, le pardon. Qui savait ce que signifie le mot "accueil".
Voilà, Stéphane, c'est tout ce que je puis en dire maintenant...Tu peux toujours mettre cela dans tes archives....
Clermont
C'est dans la foi que nous
Affiché le sam 09/05/2009 - 06:09
C'est dans la foi que nous pouvons reconnaître Jésus comme "Fils de Dieu". La foi chrétienne ne peut être pensable sans ce "lien nécessaire" à Jésus le Christ.
Lui-même, Jésus, selon les Évangiles, ne se dit pas le "Fils de Dieu", mais il parle de Dieu comme "un Père". Il exprime, disons, une "relation d'intimité" et d'amour avec un Dieu "amour et vie".
Et c'est, je crois bien, une réflexion et une approche plus tardive de l'apôtre Jean et de ses disciples qui permettent de dire de Jésus qu'il est "Fils de Dieu". C'est donc ainsi, qu'au fil des siècles et de l'histoire, une communauté chrétienne et une théologie se sont développées et ont grandies.
Et la réflexion, et cette approche, continuent, aujourd'hui encore, avec les connaissances nouvelles, dans les domaines scientifique, sociologique, psychologique, humanitaire, et d'autres, qui sont les connaissances de notre monde. Et je crois bien encore, et malgré tout, qu'il s'agira toujours d'une "question de foi", quand nous parlerons de Jésus comme "Fils de Dieu".
Toute cette réflexion, cette approche, et cette foi, ont tout de même marqué et imprégner 2000 ans de l'humanité en devenir...
Patrick_erb
Stéphane, tu soulève
Affiché le sam 09/05/2009 - 23:47
Stéphane,
tu soulève plusieurs questions importantes. Tout d'abord, nous devons faire la différence entre l'étude des textes bibliques et le discours théologique. L'étude des textes bibliques est une discipline scientifique. Cependant, il faut reconnaître qu'il est difficile d'être objectif. Les sources de Mordillat et Prieur sont corrects et le livre de Marcus Borg est intéressant. Voici quelques suggestions, provenant de mes profs de théologie mais accessibles au grand publique:
- De Jésus aux christs, Paula Fredricksen.
- Historical Jesus: The Life of a Mediterranean Jewish Peasant: The Life of a Mediterranean Jewish Peasant par John Dominic Crossan.
- La source des paroles de Jésus (Q) : Aux origines du christianime par Andreas Dettwiller et Daniel Marguerat
L'étude de la source Q est particulièrement intéressante pour re-construire le Jésus historique. En effet, la source Q ignore la résurrection, la mort sur la croix, le titre de "christ", etc. Cette communauté de croyant voit en Jésus quelqu'un de radicalement différent à la communauté Paulinienne.
Patrick.
Patrick_erb
Une autre remarque.
Affiché le dim 10/05/2009 - 00:00
Une autre remarque. N'oublions pas que "Fils de Dieu" (expression biblique) et "Dieu le Fils" (expression non-biblique) ne sont pas des équivalents.
Le titre de "Fils de Dieu" est attribué à plusieurs personnages bibliques: les rois, les prophètes, les anges et même au païen Cyrus qui a mis fin à l'exil. Le titre désigne les personnes qui ont été reconnu comme "inspiré par Dieu".
Un titre que nous ne devons pas confondre avec "Dieu le fils". En effet, nul part la Bible affirme que Jésus est Dieu. C'est simple, les auteurs bibliques sont issus de la tradition juive qui ne peut concevoir l'idée même d'incarnation. Pas étonnant que le concept est apparu lorsque le christianisme est entrée en relation avec la philosophie grecque.
Nous savons que les premières communautés chrétiennes autour de la source Q ne croyaient pas en la divinité de Jésus. Communautés qui ont survécus jusqu'à l'arrivé de l'Islam. En occident, les judéo-nazaréens ont été mis à ma mort par le pouvoir. D'ailleurs, les enseignements du Prophète concernant Jésus ont été puisé dans les communautés chrétiennes issus des judéo-nazaréens (dont la première épouse du Prophète faisait partie). Par la suite, les judéo-nazaréens sont devenus musulmans parce que leur foi était très proche de celle de Muhammad.
Patrick_erb
Autre difficulté. Lorsque
Affiché le dim 10/05/2009 - 00:06
Autre difficulté. Lorsque l'on aborde la question du Jésus historique, les gens posent instinctivement cette question:
Cela veut dire que ça fait 2000 ans qu'on nous raconte des mensonges!
En fait, les auteurs bibliques étaient conscients qu'ils inventaient des histoires. À cette époque la notion d'historicité n'existe pas. On ne cherche pas à dire qu'est-ce qui est arrivé mais à donner un sens (l'historialité dirait Heidegger). Et l'on hésite pas à recourrir à l'imaginaire pascal (cf. Le texte de la rencontre, Sandra Schneiders) pour fabriquer des récits qui donnent sens aux croyants.
A +
Patrick_erb
Stéphane: "Pour ce qui est de
Affiché le dim 10/05/2009 - 00:13
Stéphane: "Pour ce qui est de Paul, je ne suis pas encore convaincu"
Je te conseille un détour par ses auteurs: E.P. Sanders, James D.G. Dunn, N.T. Wright. Leurs travaux consistent à lire Paul à partir d'une meilleur compréhension de l'histoire des premières communautés.
Cependant, Paul ne nous aide pas à connaître le "Jésus historique" puisqu'il n'en parle tout simplement pas. Paul se concentre uniquement sur le Christ. À tel point que certains auteurs affirment que la crucifiction du Christ - pour Paul - n'a pas eu lieu sur terre mais au ciel...
unVeilleur
En autant que je puisse en
Affiché le dim 10/05/2009 - 07:49
En autant que je puisse en juger l'article "Quêtes du Jésus historique" de Wikipedia présente une synthèse chronologique instructive sur cette démarche.
La finale de l'article d'Eliane Cuvillier dans la revue Évangile et Liberté exprime bien là où nous sommes invités à aller après toutes ces tentatives et considérations intelligentes.
8. "Il est ressuscité". Autant les traditions sur sa mort sont cohérentes, autant les récits de résurrection sont pluriels et divers. L'historien ne peut se prononcer sur le fait historique de la résurrection. Elle ne relève pas du fait constatable par un témoin non concerné et neutre. Elle est une conviction qui relève de la foi. Dire Jésus est ressuscité c'est affirmer que Dieu est solidaire du crucifié. Qu'il était avec lui dans la mort et qu'il est Seigneur désormais. L'événement de la Résurrection, c'est l'expérience de la foi. Ici le travail de l'historien s'arrête. Le croyant prend le relais. L'historien peut par contre, constater les effets historiques de la proclamation du ressuscité. Le croyant lui, peut se dire que la seule explication totalement satisfaisante de ces éléments épars qu'il aura rassemblé est celle que donnent les évangélistes. Il confesse alors que le témoignage des évangiles est ce qui constitue, pour lui, l'accès principal sinon unique à Jésus le Christ. Martin Luther ne disait-il pas déjà : "Il vaut beaucoup mieux pour toi que le Christ vienne par l'Evangile. S'il entrait maintenant par la porte, il se trouverait chez toi, et tu ne le reconnaîtrais pas !"
Et comme vous le suggériez vous-même Patrick il y a presque un an:
Affiché le mar 08/07/2008 - 21:51
J'ajouterai qu'il est nécessaire de connaître Jésus personnellement avec son coeur, si non ce n'est que du discours intellectuel qui ne sert pas grand chose.
La vérité ce n'est pas une doctrine ou une idée... c'est Jésus. Il nous appelle à le connaître, à co-naître avec lui à une vie nouvelle.
a+
Patrick
Patrick_erb
Salut Veilleur! Merci de me
Affiché le lun 11/05/2009 - 00:14
Salut Veilleur!
Merci de me rappeler mes propres paroles. Il m'arrive d'avoir des discours intellectuels qui ne servent pas à grand chose... pour la foi. La quête du Jésus historique est utile pour nous aider à comprendre qu'il n'existait pas une communauté chrétienne mais une pluralité de communautés ayant chacune une vision différente de Jésus. Donc, cela peut nous aider à être plus tolérant.
Si je reviens à la perspective croyante sur Jésus, j'adopte la position de Karl Barth. Nous devons lire les Évangiles en nous demandant comment le texte peut nous changer et non nous poser des questions sur l'historicité (qui n'étaient même pas une préoccupation pour leurs auteurs). Est-ce réellement utile de se demander si Jésus à dit:" Pardonnes-nous nos péchés comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". Non. Par contre, le message d'amour est réellement interpellant.
a+
franco92
je pense que Jésus = Dieu ,
Affiché le mar 12/05/2009 - 19:40
je pense que Jésus = Dieu , une croyance, a quoi l'on pense fort en nous meme , quand on en sent le besoin. Lorsque l'on prie , on pense a lui , mais on prie pour nous en meme temps.On lui dit tout, donc on est tres intime avec lui. Quand les gens sont malades ou en difficulté , ces gens ont tendances a lui demander de l'aide, a croire en lui encore + , mais je de la misere a l'expliquer...
Simon le Zélote
PLUME A ÉCRIT: Dieu? Je ne
Affiché le mer 13/05/2009 - 11:44
PLUME A ÉCRIT: Dieu? Je ne suis même plus certaine de son existence.
Bonjour Plume et merci pour la réponse. Oui, toutes les contributions à ce fil de discussion me font réfléchir et apportent de l'eau à mon moulin !
Par rapport à ce que vous avez écrit et que j'ai reproduit plus haut, je voulais vous dire de ne pas trop vous en faire avec cela et de ne surtout pas en souffrir. Le doute fait partie de la foi. Or, on a trop souvent présenté la foi comme une conviction solide, inébranlable, une croyance sans faille en l'existence de Dieu et une confiance béate en sa providence. Des images mièvres me viennent en tête en décrivant ce type de foi... Peu de gens peuvent se targuer d'une telle foi, à mon avis. Au contraire, je pense plutôt que la foi n'exclut pas le doute. Plusieurs saints ont vécu toute leur vie dans les ténèbres. Mère Teresa affirmait la même chose dans des propos qui ont été publiés après son décès.
Un saint de l'Antiquité ou du haut Moyen Âge dont j'ai oublié le nom priait ainsi: Seigneur, j'ai de la difficulté à croire. Aide-moi à croire.
Moi-même je me pose bien des questions et je doute souvent...
La foi, ce n'est pas croire. La foi, selon moi, c'est VOULOIR croire, malgré le doute. Malgré tout.
J'espère que ceci vous aidera un peu, chère Plume ! Je ne prétends pas détenir la vérité, ce ne sont que des réflexions personnelles qui ne valent pas grand-chose, mais j'aime les partager avec quelqu'un qui passe par les mêmes questionnements que moi, si ça peut lui faire du bien !
Simon le Zélote
CLERMONT A ÉCRIT: Et c'est,
Affiché le mer 13/05/2009 - 11:40
CLERMONT A ÉCRIT: Et c'est, je crois bien, une réflexion et une approche plus tardive de l'apôtre Jean et de ses disciples qui permettent de dire de Jésus qu'il est "Fils de Dieu".
En fait, non, l'Évangile de Marc qui est le premier à avoir été écrit (vers 65-70) présente Jésus comme Fils de Dieu, et ce dès le premeir verset. Ce n'est pas propre à Jean, on retrouve ça dans les synoptiques.
Ce qui est propre à Jean, c'est plutôt l'idée de l'incarnation. On peut lire dans le prologue de Jean que la Parole est Dieu, que la Parole s'est faite chair. Donc, Dieu s'est incarné. Jésus-Christ n'est pas seulement Fils de Dieu, il est Dieu Fils unique (1,18).
Ce qui m'apparaît un développement tardif, c'est ce passage de la notion Jésus-Christ, Fils de Dieu, présente dans tous les Évangiles synoptiques, à celle de Jésus-Christ = Dieu, présente dans le seul Évangile de Jean.
Simon le Zélote
Salut Patrick ! Ça faisait
Affiché le mer 13/05/2009 - 12:00
Salut Patrick ! Ça faisait longtemps. Bien content de pouvoir à nouveau échanger avec toi.
PATRICK A ÉCRIT: Cependant, il faut reconnaître qu'il est difficile d'être objectif.
En effet, ceux qui croient en la divinité de Jésus vont trouver dans la Bible tous les passages qui, selon eux, semblent confirmer cela. Et ceux qui n'y croient pas vont faire de même et essayer de montrer que ces passages, en fait, ne parlent pas de la divinité de Jésus, mais d'autre chose. Comme l'écrit le Père Boismard en introduction à son livre cité plus haut:
Plus ou moins consciemment, on a souvent voulu trouver dans le Nouveau Testament le plus de textes possible qui, pensait-on, pouvaient confirmer la foi actuelle de l'Église. Ou, pour présenter le danger sous un autre point de vue, on a souvent interprété les textes du Nouveau Testament en supposant, a priori, que leurs auteurs partageaient notre foi actuelle. (p. 8)
Merci pour les références bibliographiques. Crossan et Marguerat sont des incontournables. Le livre sur la source Q m'a l'air pas mal intéressant.
PATRICK A ÉCRIT: Une autre remarque. N'oublions pas que "Fils de Dieu" (expression biblique) et "Dieu le Fils" (expression non-biblique) ne sont pas des équivalents.
Absolument. Et j'ajouterais que Fils de Dieu peut avoir le sens de fils adoptif plutôt que de fils biologique et naturel, né d'une vierge, sans géniteur humain. Personnellement, je n'ai pas besoin de croire que Jésus est le fils biologique de Dieu pour croire qu'il est la Vérité, le Christ, qu'il avait quelque chose de divin, et sentir la puissance de vie qui émane de sa Bonne Nouvelle.
PATRICK A ÉCRIT: nulle part la Bible affirme que Jésus est Dieu. C'est simple, les auteurs bibliques sont issus de la tradition juive qui ne peut concevoir l'idée même d'incarnation. Pas étonnant que le concept est apparu lorsque le christianisme est entrée en relation avec la philosophie grecque.
PATRICK A ÉCRIT: En fait, les auteurs bibliques étaient conscients qu'ils inventaient des histoires. À cette époque la notion d'historicité n'existe pas.
Tout à fait, et il faudrait que les littéralistes se mettent ça dans la tête une fois pour toutes.