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Simon le Zélote

Simon le Zélote

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WOW !   Quelle liberté de

WOW !

 

Quelle liberté de parole, quelle franchise, et quelle justesse !

 

Küng met le doigt sur les bobos et n'a pas peur de nommer les choses par leur nom.

 

Quelques extraits décapants: 

 

  • Manqué l'accord durable avec les juifs : le pape a réintroduit une prière préconciliaire pour "que Dieu illumine le cœur des juifs et qu'ils connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes" ; il a réintégré dans l'Eglise des prélats schismatiques notoirement antisémites ; il pousse à la béatification de Pie XII et traite le judaïsme en simple racine du christianisme et non comme une communauté de croyance à part entière, qui suit sa propre voie vers le salut. Les juifs du monde ont, récemment encore, été scandalisés par les propos du prédicateur de la Maison pontificale, qui a comparé la critique envers le pape aux aspects les plus honteux de l'antisémitisme.
  • Manqué le dialogue ouvert avec les musulmans : symptomatique a été le discours de Ratisbonne, dans lequel, mal conseillé, le pape a caricaturé l'islam en religion violente et inhumaine et a, par là, suscité une défiance nourrie de leur part.
  • Manquée l'opportunité de venir en aide aux peuples africains dans leur lutte contre la surpopulation par la contraception et par l'autorisation des préservatifs pour lutter contre le sida.

 

Ce pape-là ne cesse de relativiser la portée des documents du concile et les interprète, dans un sens rétrograde opposé à l'inspiration de ses initiateurs. Il agit même ouvertement contre le concile œcuménique, lequel, selon le droit canon, constitue la plus haute autorité de l'Eglise catholique, ainsi :

 

  • Il a réintégré sans conditions dans l'Eglise des évêques intégristes de la Fraternité Saint Pie X ordonnés illégalement, alors que ceux-ci rejettent le concile sur des points essentiels.
  • Il encourage par tous les moyens le retour à la messe tridentine et célèbre à l'occasion lui-même l'eucharistie en latin, le dos tourné à l'assemblée.
  • Il ne met pas en œuvre les recommandations officielles de l'Anglican Roman Catholic International Commission, qui dessinent le cadre du rapprochement avec l'Eglise d'Angleterre. En revanche, il cherche à débaucher le clergé anglican, quitte à renoncer à l'obligation du célibat pour attirer celui-ci dans le giron de l'Eglise catholique.
  • En nommant à la tête de son administration des adversaires du concile (le secrétaire d'Etat, la Congrégation pour le culte divin) et des évêques réactionnaires dans le monde entier, il a renforcé la tendance anticonciliaire à l'intérieur même de l'Eglise.

 

Le pape Benoît XVI semble de plus en plus isolé de la grande majorité du peuple chrétien, qui, de son côté, se préoccupe de moins en moins de Rome et, dans le meilleur des cas, s'identifie aux communautés et aux évêques locaux.

 

Via un nouvel étalage de manifestations médiatiques et baroques, on tente de démontrer qu'il existe encore à Rome une Eglise puissante gouvernée par un " vicaire du Christ " absolu qui a en mains tous les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La politique de restauration de Benoît XVI n'en est pas moins un échec. Toutes les mises en scène, les voyages et les documents produits par lui et ses prédécesseurs se sont révélés incapables d'orienter, dans le sens que voulait Rome, l'opinion de la plus grande partie des fidèles sur les questions controversées, en particulier sur celle de la morale sexuelle.

 

Il est impossible de taire le fait que le système de camouflage mondialisé des cas de déviance sexuelle dus à des membres du clergé a été piloté par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, où ceux-ci étaient centralisés dans le plus grand secret, autrement dit par le cardinal Ratzinger (qui l'a dirigée de 1981 à 2005), et déjà sous Jean Paul II. Aussi tard que le 18 mai 2001, Ratzinger adressa solennellement une lettre aux évêques du monde sur les "délits les plus graves" (Epistula de delictis gravioribus). Les cas d'abus sexuel devaient être couverts par le Secretum pontificum, protégé par un arsenal de peines ecclésiastiques prévus en cas d'infraction.

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Aller de l'avant collégialement : le concile, après de vifs débats et en dépit de l'opposition constante de la Curie, a décrété la collégialité du pape et des évêques, décision qui allait dans le sens de l'histoire apostolique, où Pierre ne faisait rien sans consulter le Collège des apôtres. Mais les papes et la Curie ont, dans la période post-conciliaire, fait fi cette décision essentielle du concile. Depuis que Paul VI, deux ans à peine après Vaticant II, et sans consultation de l'épiscopat, a publié une encyclique en faveur de la règle controversée du célibat, l'administration et la politique pontificale se sont remises à fonctionner sur le mode le moins collégial qui soit. Jusqu'à présent, en matière de liturgie, le pape agit en monarque absolu, et les évêques dont il aime à s'entourer sont comme des figurants, sans droit ni voix.

 

La soumission totale n'est due qu'à Dieu seul : lors de leur intronisation, les évêques font vœu d'obéissance absolue au pape. Mais une obéissance totale n'est jamais due à une autorité humaine, mais à Dieu seul. Ces vœux ne doivent donc pas interdire de dire la vérité sur la crise que traverse l'Eglise, les diocèses, les territoires. Les évêques ne feront que suivre l'exemple de l'apôtre Paul qui résista à Pierre "en face, parce qu'il s'était donné tort" (Galates 2, 11) ! Une pression sur la hiérarchie romaine exercée dans un esprit fraternel et chrétien peut s'avérer légitime, dès lors que cette hiérarchie s'écarte de l'esprit évangélique et de sa mission.

 

Le concile de Constance, un siècle avant la Réforme, s'était prononcé pour une convocation quinquennale des conciles, ce que la Curie romaine s'est empressé de mettre sous le boisseau. Nul doute que celle-ci fera aujourd'hui encore tout son possible pour empêcher un nouveau concile qui pourrait avoir pour effet de limiter son pouvoir.

Patrick_qc

Patrick_qc

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Hans Kung n'a rien à

Hans Kung n'a rien à perdre... il est déjà déclaré hérétique et interdit d'enseignement :-)) 

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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Les évêques qui approchent 75

Les évêques qui approchent 75 ans n'ont rien à perdre non plus...

 

Mais cette lettre donnera-t-elle quelque chose ?

 

J'ai plutôt l'impression que la plupart des évêques vont rester dociles.

Clermont

Clermont

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Je me reconnais dans la

Je me reconnais dans la réflexion et le commentaire de Stéphane en date du 19 avril. L'orientation de l'Église de Benoît XVI questionne profondément... Oui, elle semble si souvent s'écarter de l'esprit évangélique et de la mission pour se tourner vers un "passé moyen-âgeux", loin des réalités contemporaines ...

Par ailleurs, la lettre de Hans Kung aux évêques du monde est particulièrement intéressante. Elle a au moins une valeur symbolique qui ne peut laisser indifférent.

Pour moi, Benoît XVI et Hans Kung, anciens collègues de travail en théologie et au Concile Vatican II,  peuvent être, aujourd'hui, deux figures d'une Église qui se cherche... Autour des années 70,  Joseph Ratzinger s'est vraiment distancé de Vatican II et s'est tourné vers "la Tradition". Ses interventions, comme théologien et à la Curie romaine, se tournent ainsi vers le passé en étant vraiment conservatrice...

Hans Kung, pour sa part, poursuit sa réflexion théologique en fonction de la réalité sociale contemporaine. Il regarde les grandes questions et préoccupations du monde actuel...  Il en arrive à donner un "visage oecuménique" au christianisme et à l'Église. Malgré les condamnations romaines qu'il connaît, il demeure profondément "fidèle" à l'esprit de l'Évangile et à la mission de l'Église. En regard de Vatican II,  les deux livres de ses "Mémoires" sont ainsi un document-synthèse sur sa pensée et sa réflexion qui est particulièrement intéressant.

Il est donc heureux qu'un théologien et prêtre comme Hans Kung prenne toujours sa parole, une "libre parole", sur les questions de l'Église contemporaine et les enjeux de notre société. 

Dominique

Dominique

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Intéressante et réaliste

Intéressante et réaliste cette lettre du mouton noir du Vatican! Ça me porte à réfléchir sur l'unité du catholicisme romain.  On reproche souvent au protestantisme d'être fractionné en plusieurs dénominations. Le catholicisme  est-il si uni que le pape veut bien nous le faire croire? Je crois que non et le fait de faire taire les dissidents en les traitant d'hérétique le prouve bien. Il y a plusieurs courants théologiques (plusieurs d'une grande richesse) dans cette Église et ça dérange comme ça a toujours dérangeé son autorité? En regardant plus largement, ne pourrait-on pas voir au niveau de la diversité des ordres et des communautés religieuses une diversité de visions et de conception de la vie chrétienne? Et en balayant encore plus largement en dehors de l'Église romaine, n'y a-t-il pas une diversité de catholiques non romains qui se sont séparés au cours des siècles mais qui on contribué à garder vivante certaines traditions de l'Église romaine? Je pense en particulier à l'Église Vieille Catholique ou encore à la branche plus catho que protestante dans l'Église anglicane. On peut aussi penser sur un plan historique à Martin Luther qui désirait réformer le catholicisme de l'intérieur. Il a en quelque sorte fonder le protestantisme qu'après avoir été excommunié par le pape à cause de ses positions théologiques. 

Si uni que ça le catholicisme? Je n'en suis pas certain pour ce qui est de tous les catholiques.  Plusieurs se sentent plus près du protestantisme libéral dans leurs réflexions même s'ils demeurent fervents et attachés à l'Église romaine. Malheureusement, ils doivent dans bien des cas demeurer silencieux. Curieux tout de même que ce qu'on appelait autrefois l'Église du silence concerne de moins en moins les fidèles à l''Église catholique et au pape persécutés par les ennemis de la foi!

Dernièrement, j'ai lu un article sur le net que j'ai trouvé intéressant sur la crise qui secoue l'Église catholique depuis la venue de Benoît XVI. Faut-il y voir tout ce que l'auteur dit comme une possibilité? Je ne le sais pas et comme lui-même l'affirme, il est trop tôt pour le conclure. 

Et si la crise papale relevait de la géopolitique ?
Roland Hureaux - Chroniqueur associé
Lu sur
http://www.marianne2.fr/Et-si-la-crise-papale-relevait-de-la-geopolitique_a191751.html?com

Le bruit médiatique considérable qui a touché l’Eglise catholique au cours des mois passés, a été l’occasion d’un reclassement, passé relativement inaperçu, dont les conséquences géopolitiques pourraient être considérables.
On se souvient que dans La guerre des civilisations (1996), Samuel Huntington opposait la civilisation dite « occidentale », Amérique du Nord et Europe de l’Ouest, tant catholique que protestante, à la civilisation « orthodoxe », Russie, Grèce, Serbie, etc., alors même que les différences théologiques entre catholiques et orthodoxes sont infiniment plus ténues que celles qui séparent Rome des différentes « dénominations » protestantes.
C’est cette césure qui pourrait aujourd’hui être remise en cause.
 
Le soutien de la Russie à l'église catholique
 
Qui n’a remarqué en effet, dans les tourmentes successives qui ont secoué la papauté : discours de Ratisbonne, levée de l’excommunication des lefévristes, prévention du SIDA en Afrique, mémoire de Pie XII, et qui ont culminé, ces dernières semaines, avec la question des abus sexuels de mineurs ( une expression que nous préférons à celle de « pédophilie », ce dont il s’agit étant à l’évidence de l’ordre de l’eros et non de la philia) imputés au clergé, l’appui sans faille de la Russie à la papauté ? Tant celui du patriarcat de Moscou que du gouvernement russe.
Qui l’eut cru? La Pravda, elle-même, jadis organe du parti communiste, dénonce les « attaques déloyales » contre Benoît XVI.
Les faveurs dont son prédécesseur polonais n’avait jamais bénéficié, n’ont pas été marchandées au pape allemand.
L’étonnant « pèlerinage » du chef de l’Etat russe à Notre-Dame de Paris, pour vénérer la couronne d’épines que Saint Louis y aurait ramenée, s’inscrit dans la même volonté d’ouverture au monde catholique.
On dira que tout cela est politique. Bien entendu. Mais les grands événements de l’histoire religieuse, de la conversion de Constantin et de Clovis, au schisme de 1054 entre Rome et Constantinople, du ralliement des princes allemands à Luther au Concordat de 1801, ne furent-ils pas tous politiques?

Le monde anglo-saxon , épicentre des attaques contre le pape
 
A l’inverse, qui n’a aperçu que les attaques les plus virulentes contre le pape sont parties du monde anglo-saxon ? Le New York Times s’est trouvé à cet égard particulièrement en flèche? Des scientifiques anglais et américains voudraient même déférer Benoît XVI devant la Cour pénale internationale ! Au cœur de l’affaire Williamson on trouvait déjà le Spiegel, reflet d’une Allemagne protestante qui, quoique sécularisée, demeure anticatholique.
Il faut bien le dire : la France, dont l’anticléricalisme fut longtemps proverbial, s’est trouvée dans la plupart de ces affaires, en position de suivisme, les organes de presse les plus remontés contre le pape étant ceux dont la ligne pro-atlantique est la plus affirmée, les mêmes qui, par exemple, criaient le plus fort haro sur les Serbes il y a dix ans.
Sans doute les Etats-Unis sont-ils loin d’être unanimes sur la question religieuse. Deux blocs s’y affrontent avec une rare violence, principalement sur la question de l’avortement. Mais New York demeure l’épicentre du milieu WASP (white anglo-saxon protestant), qui domine la sphère occidentale depuis au moins un siècle et où l’on nourrit depuis le XVIIe siècle une solide animosité à l’égard de l’Eglise romaine.
Tout au long de la guerre froide, cette hostilité avait été rentrée, l’Eglise catholique apparaissant à partir de 1945 comme un allié objectif contre le communisme. Dans les quinze années qui ont suivi la chute du rideau de fer, Jean Paul II , polonais élu en 1978 a encore bénéficié de cette bienveillance. C’est peut-être la raison pour laquelle, il fut si timide dans la condamnation de la guerre de Yougoslavie.

Vers un nouveau paradigme

Par rapport à ce schéma, il est clair aujourd’hui que les temps ont changé.
De même que les Etats-Unis supportaient de moins en moins la « différence » française et ont trouvé en Nicolas Sarkozy un agent efficace de normalisation -, tout se passe comme si une partie du monde anglo-saxon supportait de moins en moins la « différence » catholique.
Au sein de l’Eglise catholique elle-même, certains se demandent si elle a, la menace communiste passée, encore beaucoup à gagner à demeurer intégrée à une sphère occidentale où elle se trouve de plus en plus marginalisée. Dès lors que l’Europe commence à basculer, au XVIIIe siècle d’abord, puis, de manière définitive, à partir de 1815, vers une prééminence culturelle anglo-américaine, et que, de manière souvent inconsciente, les Européens ont intégré que la modernité sous toutes ses formes vient du Nord-Est , les pays de tradition catholique ne sont-ils pas devenus les « cousins de province » ?
Une marginalisation non seulement géographique mais historique : dans le même imaginaire, l’histoire moderne se réduit à une cascade d’ émancipations, qui commence avec la réforme protestante, se poursuit avec les Lumières ( françaises mais déjà très anglophiles) et s’accomplit dans l’univers libéral-libertaire , la tradition catholique n’apparaissant dans un tel schéma, que comme une survivance.
A l’évidence les signaux forts que Moscou a envoyés à Rome ne resteront pas sans effet. Les réponses du Vatican sont certes moins visibles que les avances du Kremlin mais qui ignore que le rapprochement si controversé avec les lefévristes, inséparable du souci de restaurer la liturgie, a pour arrière-plan la volonté de se rapprocher de l’orthodoxie, attachée à des rites encore plus anciens ? Si, comme beaucoup le pensent, la différence entre Rome et Moscou est plus politique que théologique, un grand pas aura été accompli ces derniers jours dans cette direction.
Le déchaînement croissant du monde libéral à l’égard de l’Eglise catholique est-il la cause ou la conséquence de cette évolution ? La crise actuelle est- elle le prélude à une remise en cause du schéma huntingtonien qui avait, jusqu’ici, structuré notre conception du monde , le début d’ une « dérive des continents » débouchant sur une nouvelle géographie des civilisations ? Il est à l’évidence trop tôt pour le dire.

 

Clermont

Clermont

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Un petit mot que je me

Un petit mot que je me permets d'ajouter pour dire qu'il existe dans le catholicisme comme dans le protestantisme, différents courants de pensée et d'appartenance. Ça me semble très normal! Tout le monde ne peut penser pareil et dire pareil... Ce qui importe et ce vers quoi peut tendre l'unité de l'Église, c'est "ce en quoi nous croyons vraiment". Et là, la recherche spirituelle et la recherche de vérité, pour un croyant, doit, à mon avis, passer par l'Évangile de Jésus de Nazareth. La foi au Christ ressuscité et au Dieu de la vie est sûrement plus importante que la foi en un tel ou en une telle, y compris le pape. Que des dissidents aient pris leur distance ou se soient séparés pour une raison ou une autre, il y en a toujours eu au fil de l'histoire de l'Église. Encore une fois, en qui et en quoi croyons-nous et qui donne du "sens à la vie" ?

Dominique

Dominique

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Merci Clermont pour cet ajout

Merci Clermont pour cet ajout éclairant. Je ne peux qu'être d'accord.

Gerard44

Gerard44

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Comme catholique pratiquant

Comme catholique pratiquant impliqué dans la pastorale de la paroisse St-Pierre-Apôtre de Montréal, je peux dire qu'il y a beaucoup de «dissidence et résistance» dans mon Église face aux abus de pouvoir romains. Avec plusieurs, nous pensons qu'il y a eu un «coup d'état» dans l'Église, un accaparement injustifié du pouvoir au détriment de la collégialité et des orientations du Concile Vatican II. D'ailleurs, la théologienne brésilienne Yvone Gebara considère que le Vaticah est hérétique par rapport à l'Église Peuple de Dieu. Dans l'Église, nous sommes assez nombreux à travailler, dans divers réseaux et sur les tribunes qui se présentent, à promouvoir la liberté de pensée et de parole. Nous allons notre chemin selon notre conscience, selon la Parole de Jésus «Jugez donc de tout par vous-mêmes!» (Lc 12, 57)

Depuis quelques temps je suis à lire les mémoires de Hans Küng, tome 1. Très éclairant sur la période du Concile, avant et pendant. Et bien sûr les magouilles de la Curie romaine pour barrer la route aux réformes et garder le contrôle total sur l'Église et... sur Dieu. Ces mémoires de Küng nous font découvrir de grands théologiens protestants comme Barth et Von Balthazar. Passionné d'oecuménisme et de liberté (dailleurs le sous-titre est «mon combat pour la liberté» il nous transmet le goût de connaître les points de vue des autres chrétiens dans un esprit de fraternité et d'égalité. J'ai bien hâte de plonger dans le 2e tôme sur l'après-concile mais là je goûte lentement le premier. Génial ce Küng. Stimulant pour la liberté et l'intégrité.

Gérard Laverdure

Agar

Agar

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Il m'apparait que Hans Küng

Il m'apparait que Hans Küng manque de discernement.

C'est vrai que Ratzinger était plus ouvert au concile. Mais le fait de devenir archevêque de Munich lui a (je crois) ouvert les yeux. Il a vu le danger du relativisme religieux qui est somme toute contre la foi et la raison.

Agar

Agar

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Il m'apparait que Hans Küng

Il m'apparait que Hans Küng manque de discernement.

C'est vrai que Ratzinger était plus ouvert au concile. Mais le fait de devenir archevêque de Munich lui a (je crois) ouvert les yeux. Il a vu le danger du relativisme religieux qui est somme toute contre la foi et la raison.

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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C'est surtout mai 1968 qui

C'est surtout mai 1968 qui lui a fait peur.

 

Tout ce que Ratzinger fait, dit, décide transpire la peur.

 

Peur du monde moderne, de la liberté, de la diversité.

 

La peur.

Agar

Agar

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 Moi je crois qu'il est

 Moi je crois qu'il est plutôt sensible et surtout conscient du poid de cette grande responsabilité en Église.

Se sachant d'être garant du Dépot Sacré de la foi, il sait qu'il aura des comptes à rendre. Mais je peux comprendre qu'aux yeux de certains cela puisse passer pour de la peur. Mais ce n'est pas de la peur. Pas du tout.

 

Perplexe

Perplexe

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Agar a écrit :  Moi je crois

Agar a écrit :

 Moi je crois qu'il est plutôt sensible et surtout conscient du poid de cette grande responsabilité en Église.

Se sachant d'être garant du Dépot Sacré de la foi, il sait qu'il aura des comptes à rendre. Mais je peux comprendre qu'aux yeux de certains cela puisse passer pour de la peur. Mais ce n'est pas de la peur. Pas du tout.

 

 

Évidemment éléver cette job de coordination à un degré quasi divin prévient toute critique. C'est comme ça parce que Dieu l'a voulu. L'évolution du concept de papauté est tout de même très sinueuse et pose des questions qu'on ne peut évacuer en spiritualisant la chose.

 

 

Agar

Agar

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"Évidemment éléver cette job

"Évidemment éléver cette job de coordination à un degré quasi divin prévient toute critique. C'est comme ça parce que Dieu l'a voulu. L'évolution du concept de papauté est tout de même très sinueuse et pose des questions qu'on ne peut évacuer en spiritualisant la chose."

L'Autorité détenue par Pierre est nécessaire pour conserver l'Église dans l'unité, pour la préserver des divisions et des erreurs doctrinales. Croire en cela n'est pas un absence d'esprit critique mais le plus noble usage de la raison.

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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Certes, Pierre est un symbole

Certes, Pierre est un symbole historique puissant et pour moi c'est un exemple de personnage qui, dans toute son humanité, est profondémmment aimé de Jésus.

 

Mais qu'est-ce que la raison?

 

Bien sûr, je connais le sens du mot, mais comment le comprennez-vous dans le contexte religieux?

Agar

Agar

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Selon Aristote, la raison est

Selon Aristote, la raison est cette capcité intellectuelle qui nous permet de fixer des critères de vérité et d'ereur, de bien et de mal.

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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Je suis d'accord avec votre

Je suis d'accord avec votre définition. Mais comment ça a changé 2500 ans plus tard? Et comment Aristote, polythéiste ou athée (je ne saurai dire lequel, je ne connais pas tout d'Aristote), peut-il nous éclairer dans la foi? C'est vrai que St-Augustin a repris la vision Aristotélicienne, toujours avec l'idée d'une raison séparée des émotions (passion) et de la foi.

 

Or, la psychologie contemporaine indique plutôt que la "raison" (souvent appellée cognition) est en constante interaction avec les "émotions" (ou affect). Alors comment distinguer les deux? Mais encore là, la psychologie ne nous éclaire pas non plus sur la foi (bien au contraire). Alors, comment comprendre la raison en "interaction" avec nos pas les émotions, mais avec la foi (ou toute autre dimension spirituelle)?

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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Je ne dis pas que la

Je ne dis pas que la raison/cognition/etc. est mauvaise, je me questionne sur son rôle par rapport à la foi/spiritualité/religion.

Agar

Agar

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Bonjour Étudianteindigne, Le

Bonjour Étudianteindigne,

Le rôle de la raison me semble quand même quelque chose de primordial. Le fondement de la religion est tout à fait rationnel. C'est pas quelque chose d'émotionnel comme le charismatisme qui prend l'impression ou les sentiments pour de la réalité.

Nous devrions être en mesure (grâce à notre raison), de savoir si ce que l'on nous enseigne en matière de foi c'est du vrai ou non.

L'existentialiste, (l'expérience humaine), ou la phénoménologie nous renseigne sur notre vécu certes, mais la réalité, elle, qui m'entoure, qui est objective et indépendante du moi fait son bonhomme de chemin. Le réaliste thomiste est accessible à l'intelligence humaine afin d'accéder à la connaissance de la vérité objective.

 

 

Ursus

Ursus

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Agar a écrit : Bonjour

Agar a écrit :

Bonjour Étudianteindigne,

Le rôle de la raison me semble quand même quelque chose de primordial. Le fondement de la religion est tout à fait rationnel. C'est pas quelque chose d'émotionnel comme le charismatisme qui prend l'impression ou les sentiments pour de la réalité.

Nous devrions être en mesure (grâce à notre raison), de savoir si ce que l'on nous enseigne en matière de foi c'est du vrai ou non.

L'existentialiste, (l'expérience humaine), ou la phénoménologie nous renseigne sur notre vécu certes, mais la réalité, elle, qui m'entoure, qui est objective et indépendante du moi fait son bonhomme de chemin. Le réaliste thomiste est accessible à l'intelligence humaine afin d'accéder à la connaissance de la vérité objective.

 

 

 

Si la foi est basée sur la raison, comment expliquer que tant de gens de raison dans nos universités aient un parti pris très affiché pour l'agnosticisme ou l'athéisme?

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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Agar a écrit

Agar a écrit :

la

réalité,

elle, qui m'entoure,

qui est objective et indépendante du moi

fait son bonhomme de chemin. Le réaliste thomiste est accessible à l'intelligence humaine afin d'accéder à la connaissance de la vérité objective.

 

Rebonjour Agar!

 

Selon mes connaissances certes limitées, cette définition semble plus correspondre à l'empiricisme qu'au rationalisme. On parle de deux positions épistémologiques opposées. Et l'objectivisme n'est pas opposé à l'idée d'interaction entre "raison" (cognition) et émotion.

 

Quand aux Universités, pour répondre à Ursus, selon moi ce ne sont pas plus des "gens de raison" que n'importe qui (quoi que plus que la moyenne, il faut le reconnaître). Ce sont des gens qui font partie d'un culture globale (québécoise/canadienne) et d'un sous-culture (universitaire) majoritairement athée ou agnostique.

Agar

Agar

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Merci Étudianteindigne. Moi

Merci Étudianteindigne.

Moi je parlais pas du rationalisme qui n'est que le fruit que de la raison pure. Kant malgré sa popularité prenait les désirs pour la réalité. Comme disait Mgr Williamson (que tout le monde conteste présentement), je peux désirer 1,000,000.00$ de dollars, cela fait pas que je les ai pour autant. Je peux croire au Père Noël. Cela ne fais pas qu'il existe.

Je voulais dire que la raison et la foi sont complémentaires entre elles. Comme l'affirmait JP2, ce sont deux ailes. L'intelligence n'est qu'un instrument. Elle n'existe pas pour elle-même. (Comme la pholosophie ne doit pas existée pour elle même mais être l'antichambre de la théologie. On étudie pas la Philo pour savoir ce qu'ont pensés les hommes mais pour découvrir au bout de tout la clé de l'énigme, ce à quoi nous somme destinés, etc..

Ceux qui l'utilisent l'intelligence pour elle-même tombe dans l'erreur du rationalisme. Saint Anselme ou Newman sont allés loin dans la réflexion sans toutefois tomber dans le piège du rationalisme. Nous devons comprendre ce à quoi nous croyons et croire ce que nous comprenons disait saint Anselme. À un moment donné l'intellect doit frappé le mur pour aboutir sur la foi c'est certain là dessus vous avez absolument raison.

                                                       

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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J'aime beaucoup l'image de

J'aime beaucoup l'image de feu Jean-Paul 2 des deux ailes. On voit donc là l'interaction. Rendre raison synonyme d'intelligence et de raisonnement est tout à fait sensé. Je m'oppose en fait à l'idée de raison au sens moral, mais je ne peux constester sa présence au sens de "l'intelligence".