B P

B P

image

Comment vous prier

Comment vous prier vous parler à Dieu. A Jésus

Comme une personne

Commentaires

Hum! votre question semble

Hum! votre question semble susciter un certain recul... personne n'a encore risqué d'y répondre. Je me lance.
 
Je prie en empruntant les mots des autres - des textes bibliques, les psaumes particulièrement, où des beaux textes des traditions religieuses, principalement chrétiennes mais pas exclusivement; j'essaie de me rendre réceptif et apaisé pour être en présence de Dieu. Selon les moments de ma vie, ma prière s'adresse à une des personnes de la Trinité : Dieu Père/Mère en qui je me repose; Jésus, Christ, Dieu pleinement humain particulièrement au coeur de mes engagements, conflits, et de mes souffrances et espoirs;  l'Esprit dans les moments d'exaltation, d'indicible, de contemplation. Et parfois seulement le silence, la présence à la Présence recherchée mas souvent pas ressentie.  J'ai appris la prière spontanée, personnelle, comme un dialogue. avec des chrétiens évangéliques: c'est un bel héritage que j'apprécie beaucoup même si, comme toute chose, on peut en faire un mauvais usage. À propos de l'usage de la prière, voici une citation de Martin Luther King Jr qui nous était proposée au culte aujourd'hui:
 
"L'idée que l'homme attend que Dieu seul agisse conduit inévitablement à une déformation tenace de la prière. Car si Dieu fait toutes choses, l'homme s'adresse à lui pour tout et Dieu est réduit à la fonction de "serveur cosmique" qu'on appelle pour le motif le plus futile. Ou bien Dieu est regardé comme si puissant et l'homme comme si impuissant que la prière remplace le travail et l'intelligence. Dieu, qui nous a donné des intelligences pour penser et des corps pour travailler, irait à l'encontre de ses propres desseins s'il nous permettait d'obtenir par la prière ce qui peut nous venir par le travail et l'intelligence. La prière est un supplément merveilleux et nécessaire à nos faibles efforts, mais c'est un substitut dangereux. Lorsque Moïse entreprit de conduire les Israélites vers la Terre promise, Dieu montra clairement qu'il ne ferait pas pour eux ce qu'ils pourraient faire par eux-mêmes. L'Éternel dit à Moïse: "Pourquoi ces cris vers moi ? Parle aux enfants d'Israël; et qu'ils marchent" (Ex 14, 15)."
 
Voilà pour l'instant.

 

 

 La prière a été longtemps

 La prière a été longtemps pour moi quelque chose de très mystérieux. Quand j'étais toute petite, j'enviais mon cousin parce que ma tante lui avais appris à prier alors qu'il n'avait que trois ans.

À l'école primaire, j'ai appris le Notre Père et le Je vous salue Marie. À l'adolescence, je récitais par coeur des prières provenant d'un livre de catéchèse.

 

En fréquentant des Chrétiens de plusieurs dénominations, j'ai fini par constater qu'il y avait une infinie variété dans les façons de prier. J'utilise encore le Notre Père, mais j'ai plutôt laissé tomber les prières toutes faites, parce que j'ai la fâcheuse tendance à tomber rapidement dans la lune quand le lis ou je récite quelque chose, alors je ne suis pas vraiment présente. Je pris de toute sorte de manières. Des fois par des hymnes ou des chants de Taizé. Très souvent par une discrète prière personnelle et silencieuse.

 

Un collègue de travail m'a récemment demandé si je priais le matin en me levant ou le soir en me couchant. Je lui ai répondu "Les deux!". Il était stupéfait et m'a demandé combien de fois par jour je priais. Je lui ai répondu: "Aucune idée! Pour moi, Dieu est comme quelqu'un qui m'accompagne toute la journée. Si tu passais toute la journée avec quelqu'un et que tu ne lui parlait qu'une seule fois dans la journée, tu ne penses pas qu'il trouverait que tu as l'air bête?" Je crois que je dois prier au moins 5 fois par jour, ne serait-ce que pour dédier ma journée à Dieu le matin, le remercier pour mes trois repas de la journée et ma prière du soir... Cette dernière est généralement beaucoup plus longue que les autres. J'en profite pour faire un petit bilan de ma journée: remercier Dieu pour un paquet de bonnes choses qu'Il a faites pour moi, examiner ma conscience et demander pardon pour ces petits moments où mon comportement ne reflète pas vraiment ma foi en l'Évangile... C'est généralement durant ma prière du soir que je fais une prière d'intercession et que je récite le Notre Père. Si je prie à d'autres moments de la journée, ça dépend des circonstances. Je prie à n'importe quel moment où je ressens le besoin de parler à Dieu.

 

Même si mes collègues de travail n'ont jamais remarqué que je priais parfois en travaillant, quand j'ai répondu à la question de mon assistant, les autres mécanos ont rit de moi et disaient que je devais "parler toute seule". Quand j'étais toute petite, j'avais l'impression que tout le monde croyait en Dieu et que tout le monde était baptisé. Maintenant, j'ai l'impression que les croyants sont rares en constatant à quel point parler de prière peut être tabou... Mais si on en croit Statistique Canada, les croyants sont encore largement majoritaires... J'en conclue donc qu'ils se cachent! Peut-être même que certains d'entre eux se font passer pour des athées cyniques pour ne pas être découverts et perçus comme des "Jesus Freaks".

B P

B P

image

Merci pour les réponses. Dieu

Merci pour les réponses. Dieu parle pas à moi je parle à personne. Au travail j'aime pas au travail. Dans ma chambre il a quelque chose oui.

J'aime les Eglises. Seul il a quelque chose. Dans le gazon je regared après il a quelque chose aussi.

Ou est Dieu. Dans les fenètres

Ursus a écrit : Pour moi,

Ursus a écrit :

Pour moi, Dieu est comme quelqu'un qui m'accompagne toute la journée. Si tu passais toute la journée avec quelqu'un et que tu ne lui parlait qu'une seule fois dans la journée, tu ne penses pas qu'il trouverait que tu as l'air bête?" Je crois que je dois prier au moins 5 fois par jour, ne serait-ce que pour dédier ma journée à Dieu le matin, le remercier pour mes trois repas de la journée et ma prière du soir... 

Wow!  Ursus, penser que Dieu m'accompagne toute la journée personnellement m'aide beaucoup à me rappeller sa présence et surtout à prendre le temps de me rappeller l'essentiel.  Ton message m'a rappellé ma "résolution" de prier avant chaque repas.  Parce que je dois dire qu'à ce stade-ci de ma vie, je dois réapprendre à prier, car j'ai tendance à confondre prier et penser (je suis quelqu'une qui pense trop).  Ça ne fait pas longtemps que je me suis mise à le faire régulièrement et ça m'apporte beaucoup!  C'est si simple et si grand!  Ça me rappelle que chaque moment est un cadeau de Dieu et me permet justement de le remercier pour son accompagnement tout au long de la journée. 

B P

B P

image

Ma mére dit il a tro;p de

Ma mére dit il a tro;p de Saints il faut priez Dieu pas les saints mais Sainte Claire est vrai

Marthe est l'aimi de Jesus

Saint Francois est vrai

B P a écrit : Ma mére dit il

B P a écrit :

Ma mére dit il a tro;p de Saints il faut priez Dieu pas les saints mais Sainte Claire est vrai

Marthe est l'aimi de Jesus

Saint Francois est vrai

Sont vraies tous et toutes les saints/Dieu-e-x/divinités en lesquelles on croit.  Car pour moi l'important n'est pas quelque chose soit vrai au sens du monde, mais surtout qu'il soit vrai au sens du coeur. 

Claire_Marthe a écrit : Sont

Claire_Marthe a écrit :

Sont vraies tous et toutes les saints/Dieu-e-x/divinités en lesquelles on croit.  Car pour moi l'important n'est pas quelque chose soit vrai au sens du monde, mais surtout qu'il soit vrai au sens du coeur. 

Vos propos Claire_Marthe m'étonnent et me laissent perplexe. Le respect des croyances et des pratiques est certainement de mise. On peut comprendre que tout mouvement spirituel se solde par une élévation de conscience et, de manière intangible mais crue comme "efficiente", par une influence bénéfique pour le monde créé et le déploiement du dessein de Dieu.  Me vient à l'esprit sous ce rapport, le concept de Noosphère rattaché au jésuite paléontologue Pierre Teilhard de Chardin, particulièrement dans son ouvrage Le milieu divin [disponible pour téléchargement en format Word].

 

Cela dit la distinction que vous proposez entre "vrai au sens du monde" et "vrai au sens du cœur", si je comprends bien ce que vous exprimez, débouche sur un subjectivisme total qui, à mon avis, invalide le fondement même de l'expérience spirituelle et aboutit à une dissolution du réel. Peu importe ce que je crois, en qui je crois, ce qui importe c'est que "je" y trouve son compte, de façon indéterminée.

 

Une telle approche du spirituel est, à ce qu'il me semble, aux antipodes du témoignage de l'Évangile qui constamment se réfère à l'histoire, certes interprétée et continuellement interprétable, mais reposant néanmoins sur une assise historique repérable et évaluable dans l'espace temps.

 

 

unVeilleur a écrit : Une

unVeilleur a écrit :

Une telle approche du spirituel est, à ce qu'il me semble, aux antipodes du témoignage de l'Évangile qui constamment se réfère à l'histoire, certes interprétée et continuellement interprétable, mais reposant néanmoins sur une assise historique repérable et évaluable dans l'espace temps.

 

Oui, absolument!  Et qui a dit que je croyais que la Parole de Dieu doit être en tous points égale à l'Évangile? 

Claire_Marthe a écrit : Oui,

Claire_Marthe a écrit :

Oui, absolument!  Et qui a dit que je croyais que la Parole de Dieu doit être en tous points égale à l'Évangile? 

 

En effet, vous ne l'avez pas affirmé,  moi non plus d'ailleurs. J'ai présupposé que la référence à l'Évangile (comprendre ici l'annonce en paroles et en actes par Jésus de Nazareth d'une ouverture radicale au monde, aux autres et à Dieu - le Royaume) était le contexte de ces échanges : c'était limitatif. Une précision que j'aurais dû toutefois faire: l'Évangile, la pratique libératrice de Jésus reconnu comme Christ, ne se réduit pas au "texte" des évangiles qui en témoignent. Cela dit, demeure mon interrogation initiale sur le subjectivisme.

 

J'ai écrit mon premier

J'ai écrit mon premier message de façon spontanée.  Je vais donc tenter de le clarifier le plus simplement possible.

Ce que je veux dire, c'est que je trouve qu'il est n'est pas pertinent de dire "tel Dieu est vrai", "tel saint est vrai".  Parce que cette vérité va nécessairement varier d'une personne à l'autre!  Pour moi, elle est donc oui, en partie subjective!  

Oui, c'est important que l'Évangile aie une historicité, car elle rassemble les communautés de foi autour d'un même message.  Mais pour moi, ce n'est pas suffisant.  L'important est d'y croire dans son coeur.  C'est tout ce que je voulais dire.

En passant, dans ma compréhension de la "foi", j'exclus donc toutes les personnes qui disent "croire" en quelque chose sans se poser de question.  Que ce soit à un Dieu, à un Saint ou à une vedette de télévision, etc. croire sans se poser de question est à mon sens différent de la "foi".  En fait, croire aveuglément, c'est ma définition de l'idôlatrie.  Donc quand je dis,
 

Claire_Marthe a écrit :

Sont vraies tous et toutes les saints/Dieu-e-x/divinités en lesquelles on croit. 

 

Je veux dire croire dans le sens d'une foi réfléchie et non aveugle.

Merci je crois  mieux saisir

Merci je crois  mieux saisir votre propos. Ça me rappelle St-Exupéry - qui n'a pas été canonisé malgré son nom - qui, ultimement, ramène tous ces échanges à ce qu'il y a de fondamental :

 

 

Je remarque que beaucoup de

Je remarque que beaucoup de protestants "classiques" ne semblent plus croire en la prière, en un Dieu personnel qui dialoguerait avec nous, qui serait à l'écoute de nos prières. Un Dieu PRÉSENT dans nos vies, qui soit autre chose que celui dont on parle dans la Bible ou qu'un vague concept abstrait auquel on croit parce qu'il faut bien que le monde et la vie aient une explication logique. 

 

Moi-même, j'étais comme ça il y a peu, et il m'arrive encore d'avoir des rechutes dans ma foi en la prière et en ce type de Dieu auquel on parle quand on prie.

 

Mais je crois que la prière est une pratique, quelque chose qui vient avec l'entraînement et avec le temps. Qu'on s'ouvre tant soit peu dans notre scepticisme et oui, on finit par y croire et à ne plus vouloir s'en priver. Même si on ne sent rien, même s'il ne se passe rien, il faut continuer à prier et rester ouvert. Ça viendra.

B P

B P

image

CA va venir. Merci Si on

CA va venir. Merci

Si on croit avec le coeur on est OK. Tout le monde est OK

Mais les pilottes qui ont frapprez les tours croyait avec leur coeur

Juste croire veux pas dire que c'est OK croire veux pas dire que c'est vrai. Mais c'est OK Si c'est vrai pas besoin de coire ca va venir

Comment vous prier , bien moi

Comment vous prier , bien moi je prie comme jesus a dit de le faire dans matthieu 6: 6,13 et jean 14: 6 et actes 8: 22,23

Un article du journal La

Un article du journal La Croix qui présente exceptionnellement bien le thème. 12/11/2010 15:00

 

Dix conseils pour progresser dans la prière

 

La prière est un chemin vers Dieu, parfois semé d’embûches. à la lumière de leur expérience, prêtres, religieuses ou laïcs donnent des repères pour construire une vie de prière
 

Jeune femme priant en l'église Saint-Eustache à Paris (Photo : Virginia CASTRO/CIRIC).

 

 

1. Quand prier ? Où ? Combien de temps ?

« Des amis, rappelle le P. Jean-Marie Gueullette , professeur de théologie à l’université catholique de Lyon, directeur du centre interdisciplinaire d’éthique de l’université, s’ils veulent se rencontrer, doivent faire des choix et décider des priorités dans leur agenda. S’ils en restent au stade du désir, ils ne se verront jamais. Avec la prière, c’est la même chose. Si vous priez quand vous en avez envie, vous ne prierez pas souvent.

 

En ce qui concerne le lieu, l’essentiel est de trouver l’endroit qui favorise pour soi la prière, le recueillement. Mais on ne prie pas seulement dans les chapelles ou dans la chaleur des lieux aménagés. Dieu est avec nous en tout lieu, puisqu’il réside en nous. Si nos journées comportent un temps de prière, même court, il devient peu à peu possible de reprendre conscience de la présence de Dieu, au supermarché ou dans l’ascenseur. »

Un conseil.

Se fixer une durée réaliste et s’y tenir. Ne pas se poser la question de savoir si on a envie ou pas, ce qui change tout car on ne part pas de soi et de ses états d’âme, mais de Dieu, en présence de qui on se tient.

À lire.

Deux ouvrages de Jean-Marie Gueullette :

Prier au quotidien (Presses de la Renaissance) et

Laisse Dieu être avec toi (Cerf).

2. Le corps participe-t-il à la prière ?

« On est allé trop loin dans la rupture entre l’esprit et le corps, et nous sommes encore des êtres coincés, déplore sans détours sœur Catherine Aubin, dominicaine, licenciée en psychologie et docteur en théologie spirituelle. Le corps est le moyen de notre relation au monde et aux autres.

 

Quand j’aime quelqu’un, je lui tends la main, je lui souris et l’embrasse. La prière est du même ordre, car elle est relation. Une relation tout intérieure avec Dieu. Le corps, loin de gêner, aide à prier, à mettre mon cœur en mouvement.

 

Si j’embrasse l’Évangile avant de commencer à prier, cela met mon corps en disposition. Chacun peut laisser venir de l’intérieur de lui-même les gestes intimes qui mettent en mouvement son cœur. Parfois, il n’est plus besoin de parler. Le corps est prière. »

Un conseil.

Commencer par retrouver le sens de la respiration. En inspirant, j’accueille le don que Dieu me fait de la vie. En expirant, je rends à Dieu ce qu’il m’a donné : le souffle de la vie. Chaque matin au lever et chaque soir au coucher, faire un exercice de respiration profonde, afin d’être au contact de soi, des autres et de Dieu.

À lire.

Deux ouvrages de sœur Catherine Aubin :

Prier avec son corps : à la manière de Saint- Dominique et

Les Fenêtres de l’âme : aimer et prier avec ses cinq sens

(Cerf).

3. Comment entrer en prière ?

« La prière, rappelle frère Jean Marie, depuis trente ans à Taizé, est un espace où on se laisse conduire, attiré par Dieu. À Taizé, les jeunes ont cette possibilité de s’arrêter, de se laisser conduire. La musique est belle, les chants simples. Mais le vocabulaire est celui des psaumes. Un verset résonne en nous. Peut-être nous parle-t-il. Le chant nous décentre en douceur, ouvre un accès à la Parole de Dieu. Ensuite, les lectures s’éclairent souvent d’une autre manière, et dans le temps de silence, nous nous laissons rejoindre dans les recoins les plus cachés de notre cœur par la Parole de Dieu. »

Un conseil.

Privilégier la simplicité des moyens et des gestes. Une icône. Une croix. Une Bible ouverte. Commencer avec un beau signe de croix. Chacun porte aussi en lui des paroles, comme « Me voici Seigneur, je suis là ».

Un site. www.taize.fr

 

4. Faut-il parler pour prier ?

« Laisser la prière devenir oraison, explique le P. Dominique Sterckx, carme, animateur des Amitiés carmélitaines à l’Institut catholique de Paris, c’est accepter de se taire, laisser le silence s’établir en nous dans l’oubli de nous-mêmes pour nous concentrer sur les paroles de Jésus et laisser l’Esprit les graver dans nos cœurs jusqu’à ce qu’elles y portent des fruits de foi, d’espérance et de charité.

 

Ensuite peut-être parler en des mots brefs et simples, en serviteur et en ami, pour dire “Que veux-tu que je fasse ?” L’oraison, comme toute rencontre d’amitié, prend des tonalités différentes selon les jours.

 

Parfois, un verset de l’Écriture m’imprègne, et me donne de goûter la présence de Dieu. Parfois, il me suffit de prononcer le seul nom de Jésus pour qu’il soit présent. Je me contente alors de le regarder et de me laisser regarder par lui. Mais parfois aussi, il me semble qu’Il n’existe plus pour moi. Croire malgré tout à sa présence en moi est un acte de foi en sa parole. Le Seigneur ne prend pas de gyrophare pour se faire entendre ! »

Un conseil.

« Le silence, c’est comme brancher l’ADSL sur son ordinateur, explique le P. Antoine d’Augustin, prêtre de l’institut Notre-Dame de vie et formateur au séminaire de Paris, accompagnateur d’écoles d’oraison à Paris. Il ouvre la capacité à recevoir Dieu, en commençant par abandonner entre ses mains ce que nous sommes, avec nos faiblesses, nos névroses. »

À lire. L’Oraison des débutants , par le P. Marie Eugène de l’Enfant Jésus (Éd. du Carmel).

L’Oraison, une école d’amour, par Antoine d’Augustin (Parole et Silence).

Un site. www.carmel.asso.fr

 

5. Comment nourrir sa prière ?

Le recours régulier à l’Écriture est indispensable pour apprendre à connaître celui à la rencontre de qui l’on va, et chercher à donner corps à sa Parole. À la suite des Pères du désert, les moines pratiquent dans la solitude une lecture priante de la Bible (lectio divina) qui est le pendant de la prière des heures, prière communautaire qui rythme la journée. Cette pratique peut être reprise par tous les chrétiens, en l’adaptant.

 

« La parole de Dieu est une boussole qui oriente tout le reste, explique le P. David, père abbé d’En-Calcat. Depuis vingt ans, je lis l’Écriture crayon à la main. Dieu s’est fait à l’image de l’homme. Il nous confie, nous délègue par son Esprit la compréhension de l’Écriture. Je m’efforce de comprendre, avec les connaissances qui sont les miennes. Puis je copie le mot, le verset qui me touche, je le laisse se déployer, au-delà de la pensée. Copier, c’est lire sept fois, dit-on. Dans le silence, j’écoute ce que Dieu, au travers de ce verset, a à me dire, comment il me rejoint dans ma personnalité, ma vie, mes épreuves. Cela m’imprègne, m’accompagne pour la journée, me permet peut-être de reconnaître dans la parole d’un frère, d’un hôte, d’un ami, comment l’Esprit est à l’œuvre. »

Un conseil.

L’Écriture est une petite goutte qui perce la pierre. Lire un passage biblique, sans chercher trop à l’analyser. Choisir un mot, celui qui interpelle, l’écouter, le réécouter pour laisser résonner la parole de Dieu. Même un quart d’heure chaque jour…

À lire. Quand la parole prend feu. Propos sur la lectio divina, de François Cassingena-Treverdy (Éd. Bellefontaine).

6. Existe-t-il des méthodes pour guider la prière ?

Apprendre à prier, c’est apprendre à exprimer son désir de Dieu en présence de Dieu. La liturgie commune est le lieu fondamental de cet apprentissage. Elle s’articule avec la prière solitaire, personnelle, dans laquelle le chrétien se tient en présence du Père « qui est là dans le secret » (Mt 6,6).

 

« Des écoles spirituelles, des méthodes, se sont développées au cours des siècles pour encourager, guider, évangéliser cette prière, constate Pascale Paté, engagée au Chemin-Neuf avec son mari depuis 1992, responsable de la revue de la Communauté et animatrice de retraites. Chacune correspond à l’expérience d’un homme ou d’une femme.

 

Ignace de Loyola, par exemple, propose une pédagogie de la prière, fruit de l’expérience qui l’a conduit à discerner l’action de l’Esprit de Dieu en lui, qu’il a transmise dans ses Exercices spirituels. Ces écoles peuvent être nécessaires pour se mettre en chemin, aller plus loin, persévérer, apprendre à se laisser transformer. »

Un conseil.

C’est à chacun de trouver sa voie, celle qui lui convient. Commencer par regarder ce qui est proposé près de chez soi, dans sa vie de tous les jours, écouter les conseils de ses proches, aller voir, expérimenter.

À lire.

« Dix méthodes pour prier », hors-série du mensuel Prier (84 p., 9,50 €).

7. Réciter une prière, est-ce prier ?

Jésus a condamné le rabâchage, mais il a aussi donné en exemple la veuve qui ne craint pas de venir importuner le juge avec la même demande (Lc 18,1-8). La tradition chrétienne offre de nombreuses prières. Le Notre Père, enseigné par Jésus à ses disciples, tient une place privilégiée. D’autres possèdent une référence évangélique, comme le Je vous salue Marie ou le Magnificat, ou tiennent une place importante dans la tradition de l’Église comme le Symbole des apôtres ou le Gloire à Dieu. On peut aussi méditer les mystères du rosaire, ou reprendre la Prière du cœur « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur ».

 

« Le risque, explique le P. Patrice Gourrier, prêtre à Poitiers et animateur de l’association Talitha Koum, c’est de réciter machinalement, du bout des lèvres, sans être animé par le désir d’être uni au Christ. La prière du cœur a par exemple été mise au point par les Pères orientaux pour éloigner le flot des pensées, faire le vide et libérer un espace de silence intérieur afin que le Christ habite toujours plus notre personnalité. »

Un conseil.

Pratiquer l’une ou l’autre de ces prières avec un groupe de priants évite une récitation mécanique. La prière en groupe est un soutien et une expérience de communion.

8. Qui prier : le Père, le Fils, l’Esprit Saint ?

« Les premiers disciples priaient le Dieu de leurs Pères, rappelle le P. Michel Rondet, jésuite, mais il est devenu pour eux le Père de Jésus, Celui que Jésus a aimé et fait connaître comme son Père et notre Père. C’est à Lui que l’on rend grâces en particulier pour le don qu’Il nous a fait en son Fils. En laissant l’Esprit prier en nous, nous communions à l’amour de Jésus pour le Père. C’est pourquoi la prière chrétienne s’adresse au Père, par le Fils, dans l’Esprit.

 

Notre prière peut partir du Fils, de la méditation de ses paroles, de la contemplation de ses gestes, elle nous conduit nécessairement au Père. Réciproquement, nous ne pouvons pas prier le Père sans revêtir les sentiments qui furent ceux de Jésus et vivre de son Esprit. La prière nous introduit dans le mouvement qui lie le Père, le fils et l’Esprit, dans leur communion. Nous ne prions pas Marie ou les saints comme nous prions le Père. Nous leur demandons : Priez pour nous, et non pas : Exauce-nous. »

Un conseil.

Dans la communion des saints, nous rejoignons la prière de Marie pour les hommes dont elle est devenue mère au pied de la croix. Nous lui faisons confiance car elle est dans notre humanité celle qui est associée d’une manière unique à l’œuvre de la Trinité. Et nous associons les saints à notre prière parce que nous croyons qu’ils participent avec nous aux soucis du Royaume.

À lire. Petit Guide de la prière, de Michel Rondet (DDB).

9. Faut-il être accompagné spirituellement ?

Toutes les familles spirituelles, s’appuyant sur le récit des Évangiles où Jésus fut poussé au désert pour y être tenté (Mt 4,1), le disent : celui qui prie est forcément confronté à ses démons. Au IVe siècle, Jean Cassien, dans ses conférences aux moines sur la prière, comparait notre esprit à un moulin dont les ailes sont mues par le vent. Il ne nous appartient pas de les empêcher de tourner, disait-il, mais nous pouvons leur donner à moudre du froment ou de l’ivraie.

 

« À certains moments, reconnaît sœur Véronique Fabre, supérieure de la communauté du Cénacle animant le centre spirituel de Versailles, l’accompagnement spirituel peut être nécessaire pour vérifier que nous ne faisons pas fausse route, pour déjouer les pièges de l’illusion et de la toute puissance.

 

Par exemple, lorsque nous n’entendons que ce que nous avons envie d’entendre, en laissant de côté certains passages de l’Écriture sous le prétexte que nous ne les comprenons pas. L’accompagnement peut également aider à ne pas juger notre prière à l’aune de la seule émotion. »

Un conseil.

L’accompagnement n’est pas le seul moyen d’être aidé à cheminer dans la prière. Le plus important est de ne pas rester seul. Il peut suffire de rejoindre un groupe pour se nourrir de la parole de Dieu, en acceptant d’être interrogée par cette Parole.

10. Que faire lorsque disparaît le goût de la prière ?

« Cette sécheresse n’a rien d’inouï, explique Maurice Bellet , prêtre, philosophe et psychanalyste, auteur de Minuscule traité acide de philosophie (Bayard). Elle est même quasiment normale. Les vieux auteurs la jugeaient utile et féconde. Purifier la prière, c’est purifier le désir, jusqu’à ce qu’il rejoigne la volonté de Dieu.

 

À l’époque moderne, l’ennui, le dégoût viennent souvent du côté réglementaire et obligatoire de la prière, d’un sentimentalisme ambigu, d’un dogmatisme devenu stérilisant. Certains continuent coûte que coûte. C’est peut-être la prière la plus pure, car c’est l’acceptation que la relation soit nue, sans rien qui satisfasse.

 

Mais ce vouloir croire ne doit pas devenir une obstination vide de sens. Prier, c’est être avec Dieu dans une relation vivante où Dieu est Dieu. Où Dieu est Don et aime vraiment l’homme. François de Sales invitait Jeanne de Chantal à “quitter Dieu pour Dieu”. La contemplation, disait-il aussi, doit se faire “avec plaisir”.

 

Alors, puisqu’il s’agit d’être avec Dieu, je peux me demander quelle prière me ferait plaisir : lire le commentaire d’un texte biblique avec un désir fort de vérité ? écouter La Passion de Jean Sébastien Bach ? En tout, je peux me tourner vers celui qui m’est insaisissable. »

Un conseil.

Quand vous ne savez plus prier, faites ce qui vous convient… sans juger le chemin choisi par d’autres. En n’oubliant pas quelque chose de très concret, ce qu’annonce Jean en sa première épître (4-12). Dieu est cet Inconnu, par-dessus le gouffre de l’absence, qui s’éveille en nos cœurs et nos mains lorsque nous nous faisons proches du prochain.

Martine de SAUTO

Merci Veilleur!  Pour ma

Merci Veilleur!  Pour ma part, je fais quelquefois des prières de demande qui se terminent en lui demandant de faire sa volonté (je parle à Dieu).  Souvent de médite un passage de la Bible.  Mais l'important, c'est qu'il y ait une prière du coeur, un face à face avec Dieu dans le silence et l'amour.  C'est ma façon de prier. wink