"Se sentir différent...
Le droit d'être soi...
Homo au quotidien..."
Une manière ^d'être, une orientation qu'on ne choisit pas, et qui touche toutes les dimensions de sa personne...
Ainsi, vivre son orientation sexuelle, savoir être bien avec soi-même, et aimer et être aimé, avec son coeur et toute la profondeur de son être...
Et, je crois qu'il est bon de l'ajouter, pour celui ou celle qui est croyant et qui partage la foi chrétienne, notre Dieu, dans sa miséricorde et sa bonté, sait sûrement s'arranger avec le reste...
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Commentaires
Simon le Zélote
Affiché le mar 05/08/2008 - 11:22
Un beau message tout simple qui fait du bien...
Merci Clermont !
Est-ce que le début du message est une citation ?
Clermont
Affiché le mar 05/08/2008 - 12:17
Oui, Stéphane. D'abord, merci pour ton petit commentaire si juste! Ces 3 expressions que j'aime beaucoup viennent d'un blog français:"Mag jeunes" et je ne sais plus quoi...
Je trouve qu'elles permettent de bien situer le sujet et de pouvoir faire un échange serein sur toute cette question si souvent mal perçue et condamnée par les Églises... Alors, encore une fois, que l'Évangile invite à un regard différent!
Je me demande si je ne devrais pas le faire paraître sur "sujets brûlants". Peut-être que je rejoindrais plus de personnes!!
Administrateur
Affiché le mar 05/08/2008 - 12:21
Clermont: "Je me demande si je ne devrais pas le faire paraître sur "sujets brûlants". Peut-être que je rejoindrais plus de personnes!!"
Voilà qui est fait.
Etudianteindigne
Affiché le mar 05/08/2008 - 13:59
Merci, Clermont et Admin!
Heureusement, grâce à l'Internet, nous pouvons transmettre un message qui me tient à coeur aussi: l'amour de Dieu est pour tous et empreint d'aucun jugement. C'est d'ailleurs parce que je cherchais une Église qui reconnaissait cet amour que je suis allé vers l'Église Unie.
J'aime particulièrement la phrase suivante, Clermont: "une orientation (...) qui touche toutes les dimensions de sa personne". Je suis d'accord avec vous et pour moi c'est important de le dire: l'orientation sexuell (ici je parle de toutes les orientations sexuelles), est une partie intégrante de la personnalité de tout individu. Je reconnais cependant qu'il y a des gens pour qui cette facette de leur personnalité a plus d'importance que d'autres, Malgré cela, l'orientation sexuelle, je crois, fait partie de notre être et de notre façon d'aimer. C'est une richesse de la Création qu'il faut célébrer!
Dominique
Affiché le mar 05/08/2008 - 15:32
Ton message me touche dans une période pas évidente parce que je dois composer avec des allusions et quelques fois des propos méprisants dans mon milieu de travail parce que je suis gay. Pour l'instant tout semble entrer dans l'ordre tranquillement et je vis avec ça, pas si bien en fin de compte mais je vis avec ça quand même. C’est ma foi qui me permet de calmer cette colère qui s’insinue dans mes tripes. Sans elle je deviendrais méprisant et j'entretiendrais
mon ressentiment.
Les gens sont plus tolérants de nos jours mais tolérance ne veut pas dire acceptation pour autant. Être gay et chrétien nous expose à une double exclusion. Celle qui vient souvent de la communauté LGBT pour qui la foi et l'Église représentent l'obscurantisme et une spiritualité dogmatique d’une époque révolue. De l’autre côté, l’exclusion provient de certains secteurs de la société et des rigoristes des diverses religions ou églises chrétiennes qui nous condamnent à l’enfer parce que nous vivons notre vie affective en lien avec une orientation sexuelle que nous n’avons ma choisie.
Pour ma part, lorsque je suis revenu dans l’Église après 25 ans d’absence, de tourment et de révolte, c’est la question de la «justification par la foi» si chère au protestantisme qui a été une grande révélation dans ma spiritualité et qui m’a permis de reprendre la place que Dieu m’avait fait dans son Église à mon baptême. Lorsque j’emploie le mot «Église», je parle du christianisme sans égard à une appartenance ecclésiale particulière.
Merci encore!
Clermont
Affiché le mar 05/08/2008 - 22:32
Je dirai d'abord merci à l'Adm. d'avoir placé mon sujet sur "sujets brûlants". Je ne savais comment faire!!!
Je suis super content des commentaires suscités par ce sujet trop souvent controversé et pour lequel trop de gens ne comprennent pas... Compte tenu d'un regard que la société nous a "obligés" à avoir au cours de l'histoire et un peu partout à travers le monde, y compris par les religions et les Églises, il importe que notre société contemporaine fasse des pas et des pas de géants. Oui, il y a eu du chemin de fait sur cette question, au Québec et en Occident, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire... Il est si important de mettre de côté les préjugés, de nous donner un regard vrai, beau, respectueux de toutes les personnes humaines, surtout de celles que l'on marginalise, que l'on rejette, dont on se moque ou que l'on ridiculise... Et les personnes homosexuelles ou gaies sont souvent de celles-là...
Tout ce qui importe, et l'Évangile de Jésus le Galiléen nous le rappelle bien: aimer et être aimé! C'est tout! Et c'est beaucoup!
Au-delà d'une parole parfois "anti-évangélique" d'une certaine hiérarchie, il est si bon de "relire" quelques passages évangéliques en fonction de notre société et de ce que nous vivons aujourd'hui. C'est là le chemin qui peut être le nôtre et sur lequel nous pouvons donner un "sens" à la vie...
Ouf!! J'ai encore plein de chose que j'ai le goût de dire! Je pourrai peut-être revenir un peu au fil de la lecture de commentaires... Gros merci encore! J'apprécie!
Etudianteindigne
Affiché le mer 06/08/2008 - 10:05
Dominique, je souhaite que ta foi continue de te guider dans ton milieu de travail. Moi j'ai la chance d'être dans un milieu très accueillant et ouvert, je travaille au Ministère du Revenu, je suis tout à fait "out" et je peux parler de ma blonde que j'aime sans subir de préjugés ou discrimination. J'espère qu'un jour il en sera ainsi pour encore plus de milieux de travail et je te souhaite, Dominique, que ça soie ton cas.
Oui, Clermont, je crois aussi qu'il faut lire la Bible en trouvant un message qui a du sens pour notre vie actuellement. Sinon, on court le risque de réduire son message à une époque figée et qui ne s'adresse plus à nous.
Simon le Zélote
Affiché le mer 06/08/2008 - 12:03
Bon courage Dominique. Que ta sensibilité soit force plutôt que vulnérabilité. Ne te laisse pas atteindre par ces propos et attitudes d'une autre époque, sois plus intelligent que celui qui te harcèle. Tant mieux si tu dis que les choses rentrent dans l'ordre.
Tes commentaires sur la double exclusion: très juste ! On parlait dans le fil "Jugé-e parce que vous êtes chrétiens-nes" de la difficulté de se dire croyant dans une société si méfiante voire hostile face à la religion et aux Églises. C'est encore pire dans le milieu gai ! On rencontre une telle incompréhension que c'en est parfois décourageant.
Claire a écrit: "Sinon, on court le risque de réduire son message à une époque figée et qui ne s'adresse plus à nous."
Que c'est bien dit !
Etudianteindigne
Affiché le mer 06/08/2008 - 13:57
Merci Stéphane :)
Très vrai pour la double exclusion. Autant que les Églises sont hostiles aux allosexuels, le milieu allosexuel a une grande méfiance à l'égard des Églises! Je vis surtout la deuxième exclusion, parce que j'ai quitté la première en disant bye bye aux Églises catholiques et pentecôtistes, que je fréquentais autrefois (ça me semble si loin!).
Clermont
Affiché le mer 06/08/2008 - 21:24
Dominique, je partage les propos de Marthe_Claire et de Stéphane face aux grandes difficultés qui sont les tiennes dans ton milieu de travail. C'est certain que ce ne doit pas être facile au quotidien. Sois fort! Oui, ta foi est certainement un support important! Il importe tellement d'être vrai avec soi-même, et d'aimer et d'être aimé. C'est certainement ce qui peut te permettre de surmonter ces moments difficiles.
Je me rappelle aussi un mot d'Ingrid Bétancourt, le 2 juillet dernier, à sa libération de ses 6 annnées de captivité dans la jungle guatémaltèque: "Je veux être libre de tout, jusqu'à ne pas haïr, jusqu'à dire non à la haine."
Quelle femme merveilleuse! C'est comme une belle invitation à marcher un peu à sa manière, sur nos propres chemins.
Et Nelson Mandéla a dit quelque chose de semblable après ses 27 années de prison sous le régime de l'Apartheid: "J'ai lutté toute ma vie pour la liberté. J'ai pu faire des faux pas... Mais j'ai découvert ce secret: après avoir gravi une haute colline, je sais qu'il reste encore d'autres collines à gravir... Je ne peux me reposer. Je dois continuer mon chemin vers la liberté..."
Quel homme fantastique qu'il ne nous faut pas oublier...
Alors, Dominique, oui et oui, ta foi et ton amour sont là pour te permettre de continuer à marcher sur ton chemin.
Le meilleur pour toi avec le support de gens qui sont proches de toi.
Clermont
Affiché le ven 08/08/2008 - 15:32
Je disais plus haut que j'avais le goût de revenir. Me re-voici!!!
C'est Dominique Fernandez, dans "L'amour qui ose dire son nom", qui exprime ceci: "Être homosexuel, ce n'est pas uniquement préférer les personnes de son sexe, mais aussi se tenir en marge de la masse, penser et agir différemment, apporter un ferment de critique dans le consensus environnant..."
J'aime bien!
"Être homo, être gay", personne qui vit cette réalité ne peut l'ignorer. En fait, "je suis ce que je suis". Pour un hétéro comme pour un homo, les sensibilités, les émotions, les sentiments qui m'habitent, traversent tout mon être et donnent une couleur à mon quotidien, à mon engagement, à ma vie.
Et ainsi, se reconnaître comme une femme ou un homme "différent" amène à penser autrement, à voir différemment.
Oui, pour la personne homosexuelle, besoin et désir, toujours grands, de douceur et de tendresse...
Et alors, seul un amour qui vient de tout son être, seul un amour ouvert à l'autre et aux autres, peut donner la vie et la vie la meilleure!
Et encore, et je le crois bien, si Dieu est Dieu, il sait sûrement s'arranger avec le reste! Les chemins qui sont les nôtres sont toujours les chemins de notre Dieu.
Dominique
Affiché le ven 08/08/2008 - 18:14
En premier, merci à vous pour votre soutien!
En effet, il y a des gens comme Clermont le souligne qui sont des exemples de ce que j’appelle des «symboles pour la liberté». Pour moi, au moment où j’ai vécu cette situation, je terminais la lecture de l’autobiographie de Martin Luther-King qui appliquait dans sa vie et son action sociale les principes si chers à Gandhi sur la non-violence. Quelques versets des épitres de Jean et de Paul aux Éphésiens sur la colère m’ont permis de prier, de méditer et de comprendre la source du mal et de la violence qui s’insinuait en moi face à l’attitude homophobe à laquelle j’étais confrontée.
Ce sont souvent les souvenirs passés même s’ils sont très éloignés dans le temps qui conditionnent nos réactions face aux attitudes de gens. Lorsque j’ai eu à faire face à l’attitude de mon confrère de travail, ce sont tous les sentiments liés au passé qui ont refait surface d’un seul coup conjugué à mon intention de ne pas être victime et de prendre ma place peut importe le moyen. En quelques secondes, l’homme habituellement pacifique que je suis devenait comme un autocuiseur sur le point d’exploser.
Ma marmite était trop pleine de mes vieilles colères envers les frères éducateurs qui dans ma jeunesse laissaient les gars de ma classe me tabasser parce que ça ferait de moi un homme. Colère contre un directeur spirituel qui en pleine soirée de prière avait dit que Dieu lui avait révélé qui d’entre nous seraient sauvés et qui seraient damnés tout en me regardant. Colère contre Dieu parce qu’à 15 ans, conscient de mon orientation sexuelle, j’étais allé prier à l’oratoire St-Joseph pour demander à Dieu de m’aider à ne pas être ce que je suis et qu’au sortir de l’endroit je me suis fait agressé sexuellement par un pédophile . Colère contre moi d’avoir gardé ce lourd secret quinze autres années, sans même en parler à ma mère, très catholique, qui m’avait fait clairement comprendre que les homosexuels étaient tous des agresseurs d’enfant. Colère contre moi d’avoir été paralysé par la peur sans être capable de me défendre, de ne pas avoir été capable de dire non et d’avoir vécu avec la honte de ce qui c’était passé et avec la honte de ce que j’étais. Voilà tout ce qui a refait surface en quelques secondes lorsque j’ai voulu mettre mon poing à la figure de mon interlocuteur pour lui faire comprendre que c’en est assez…
Je ne l’ai pas frappé. J’ai préféré prier et méditer pour apaiser ma colère et me réconcilier avec ce passé que j’ai trop souvent mis derrière moi en évitant de le regarder pour ce qu’il était, une somme d’évènements certes malheureux de mon existence mais qui ne devraient plus avoir de pouvoir sur moi. C’est une façon d’apprivoiser mon ombre au lieu de laisser l’ombre m’envahir et devenir ténèbres. C’est une route vers le pardon et c’est celle sur laquelle je veux marcher.
La nuit dernière, j’ai lu ces quelques phrases dans un bouquin.
«Si tu ne prends pas la responsabilité d’apporter de l’amour à tes propres blessures, tu ne pourras pas sortir du cycle vicieux attaque/défense, culpabilité et blâme. Tes sentiments de rage, de blessure et de trahison, qui semblent tous justifiés, vont juste jeter de l’huile sur le feu du conflit interpersonnel et continuer à renforcer ta croyance inconsciente qu’on ne peut pas t’aimer et que tu es incapable d’aimer.
Faire le mal, c’est enseigner la culpabilité et perpétuer la croyance que la douleur et la souffrance sont nécessaire. Faire le bien, c’est enseigner l’amour et manifester son pouvoir à surmonter toute souffrance.
L’amour est la seule réponse qui démantèle la peur…
…la peur est absence d’amour».
Merci encore Clermont d’avoir initié ce sujet. Il me permet de me remettre en route. Il m’a permis aussi d’exprimer des émotions (parfois intimes) que j’avais besoin de partager.
Le fait que tu sois prêtre est très signifiant pour moi et ça revêt une grande importance dans mon cheminement de réconciliation en lien avec mon passé catholique.
Clermont
Affiché le ven 08/08/2008 - 20:12
Dominique,
je suis vraiment très touché par tes propos.
Merci d'avoir la capacité et la force de nous faire part de tes blessures et du chemin qui est le tien, en sachant, aujourd'hui plus que jamais, mettre ta confiance en un Dieu de réconfort et de paix. Oui, il est là, près de nous, malgré parfois les apparences, comme soutien. Il marche avec nous quelles que soient nos souffrances... Il est là, comme pour Jésus, pour nous aider à nous relever jusqu'en "résurrection".
Je ne veux pas être quétaine ou moralisateur. Non jamais. Je veux simplement essayer d'avoir un regard évangélique sur notre vécu et notre monde aujourd'hui...
Merci encore, Dominique, pour les bons mots que tu as pour moi. On ne se connaît pas vraiment, mais il y a quelque chose de beau et de bon qui naît à travers les échanges que ce blog de l'Église unie de Québec parmet.
J'ose te dire à nouveau: malgré tout,sois fort, sois capable de douceur et de bonté,et, au fil des jours, sois pleinement "humain", de cette "humanité" qui nous fait grandir et aller de l'avant, et qui est, j'en suis sûr, une expression de l'amour et de la "gloire de notre Dieu".
Merci, Dominique, pour ce que tu es.
Etudianteindigne
Affiché le mar 12/08/2008 - 10:29
Vos propos sont très touchants, merci beaucoup à vous deux, Dominique et Clermont de partager vos expériences!
Clermont
Affiché le mar 12/08/2008 - 22:08
Les propos et l'expérience de vie de chacune et de chacun me semblent toujours importants. Ils sont une belle expression de la Parole de Dieu aujourd'hui. Même s'il n'est pas toujours facile de prendre la parole, il est bon d'en arriver à le faire. Et il y a alors un enrichissement et une interpellation mutuelles. Il faut briser l'isolement... Prendre la parole, prendre "sa parole", c'est comme un bon moyen d'être un homme ou une femme "libre"! L'Évangile, encore une fois, nous y invite certainement!!!
Clermont
Affiché le dim 14/09/2008 - 09:42
On est plusieurs, et aussi, je crois bien, de l'extérieur de la ville de Québec, à participer régulièrement au blog de Caféchange, et sur différents sujets qui nous intéressent...
Je ne sais pas si c'est la place aujourd'hui, mais j'ose dire qu'il pourrait être bon et intéressant de nous provoquer "une rencontre", quelque part, à l'Église unie de la rue Ste-Ursule ou ailleurs, pour nous connaître davantage, et placotter un peu ensemble autour d'un café. À un moment ou l'autre de l'automne, un vendredi soir ou un samedi... Je trouverais "le fun" que quelqu'un de Québec nous convoque pour une telle rencontre des participants à Caféchange! Merci à l'avance!
Clermont
Affiché le dim 14/09/2008 - 09:44
J'ai oublié de vous demander si ça peut aussi vous intéresser les uns et les autres????
Administrateur
Affiché le lun 15/09/2008 - 18:09
Votre suggestion est intéressante.
Il faut toutefois comprendre que le Caféchange n'est pas régional ni une initiative en provenance de la Vieille Capitale. Les participants réguliers de vos derniers échanges ne sont pas nécessairement des résidents de Québec.
De plus, votre proposition est présentement 'cachée' à l'intérieur du fil de discussion "Une manière d'être...", ce qui en limite possiblement le rayonnement auprès des usagers du Caféchange.
Pourquoi ne pas en faire un thème de discussion distinct, pour qu'un plus grand nombre en prenne connaissance et se prononce? Selon les réponses quelqu'un pourrait s'offrir à initier une rencontre ... à Québec ou ailleurs.
Clermont
Affiché le lun 15/09/2008 - 22:19
Merci Adm.
J'ai refait l'invitation et je l'ai placée sur "Relations". Paar ailleurs, je ne sais quoi faire pour la placer sur "Sujets brûlants" Pauvre moi!!!!!
Merci encore!
Administrateur
Affiché le mar 16/09/2008 - 08:39
La sélection d'un thème de discussion comme 'Sujets brûlant' relève de l'administration du Caféchange. Vous ne pouvez donc l'attribuer vous-mêmes à votre affichage.
Clermont
Affiché le jeu 25/09/2008 - 08:19
Alors, je vais finir par tout comprendre, ...ou presque! Woah!!
Simon le Zélote
Est-ce qu'on choisit d'être
Affiché le sam 06/02/2010 - 12:30
Est-ce qu'on choisit d'être homosexuel ? Certains disent oui, d'autres non.
Parmi ceux qui disent avoir fait le choix d'être homosexuel figurent l'écrivain Michel Tremblay, qui ne peut se résoudre à ce que l'homosexualité puisse être quelque chose de génétique. Si c'est le cas, pense-t-il, on pourrait jouer dans les gènes des individus pour changer leur orientation sexuelle, une idée qui l'horrifie. Donc, pour lui, il faut que ce soit un choix.
Cet article du journal Le Monde n'aura pas l'heur de lui plaire:
L'homosexualité, innée ou acquise ? Un chercheur relance le débat.
J'aime beaucoup cette citation du chercheur dans l'article: Il était temps de rééquilibrer la balance. En dépassant le conflit stupide inné/acquis ou nature/environnement. Car tout est interaction entre les deux.
Cela nous rappelle que sur cette question, on doit se garder d'affirmations péremptoires selon lesquelles l'homosexualité serait tout un ou tout l'autre (100% inné ou 100% acquis), même si ça ébranle nos convictions et apporte une réponse différente, et un peu inconfortable, de la réponse qu'on aimerait avoir à cette question, celle qui ferait le plus notre affaire, celle qui nous conforte.
Etudianteindigne
Malheureusement, on confond
Affiché le dim 07/02/2010 - 22:01
Malheureusement, on confond trop souvent "acquis" et "choix". Si l'orientation sexuelle serait acquise, cela ne signifie pas que c'est un choix. Cet article, ainsi que Michel Tremblay commettent une grave erreur scientifique et logique en liant ces deux concepts. Je prépare ma réponse pour vous l'expliquer. En attendant, je vous laisse avec un texte sur le débat sur les causes de l'orientation sexuelle très bien expliqué (langage accessible) et surtout beaucoup mieux informé que Le Monde en matière de science... C'est un article du chercheur Michel Dorais de l'Université Laval:
http://www.europrofem.org/contri/2_07_fr/livr_dwl/peur/dwlpeur2.htm
Je vous suggère la section: "LA SOCIOBIOLOGIE ou Quand les gènes se mettent à réfléchir..." qui touche le sujet abordé dans l'article du Monde.
Simon le Zélote
Bien sûr, ce n'est pas parce
Affiché le dim 07/02/2010 - 22:47
Bien sûr, ce n'est pas parce que quelque chose est acquis de l'environnement que ça en fait un choix.
L'article ne fait pas d'erreur, il fait mention de ceux qui affirment que c'est un choix et des efforts de ce chercheur pour combattre leurs arguments. Si c'était 100% acquis, ce ne serait pas nécessairement un choix, mais ces recherches qui montrent qu'il y a une part de biologique dans tout ça font en sorte qu'il y a encore moins de chances que ce soit un choix.
Michel Tremblay, lui, se trompe en se disant que si ce n'est pas inné, c'est qu'il a choisi d'être ce qu'il est, à un moment donné de sa vie.
Simon le Zélote
Claire_Marthe a écrit :et
Affiché le dim 07/02/2010 - 22:58
Le Monde n'est certes pas un périodique scientifique, mais il n'a pas à être dédaigné pour autant. Surtout que dans ce cas-ci, il ne fait que rapporter les travaux du professeur Balthazart qui, lui, est un scientifique.
Le Monde est selon l'avis de plusieurs le meilleur quotidien français, très respecté, LE quotidien de référence en France. Tout le monde n'a pas à puiser son information dans des revues scientifiques.
Etudianteindigne
En fait, ce n'est pas tant à
Affiché le lun 08/02/2010 - 09:56
En fait, ce n'est pas tant à Le Monde que je m'en prenais, mais à tout ce phénomène médiatique et scientifique qui se plaît à croire si l'orientation sexuelle est innée, c'est que tout est réglé et que l'homophobie va finir par disparaître... Comme le dit Balthazart dans l'article du Monde :
Si l'homosexualité n'est pas un vice ou une perversion, affirme-t-il, et quelque part même pas un choix, il n'y a aucune raison de persécuter les homosexuels".
À cela, Michel Dorais lui répondrait sûrement:
"chacun sait que la couleur de la peau est transmise génétiquement sans que cela n'ait jamais eu d'impact sur le racisme. On ne voit pas pourquoi il en serait autrement advenant la découverte des racines soi-disant génétiques de l'homosexualité. À l'inverse, reconnaître que les désirs et les comportements sexuels puissent être appris ou construits, d'une façon ou d'une autre, ne signifie pas que l'individu participe de façon active, volontaire et rationelle à cet apprentissage, et encore moins qu'il doive en être blâmer — à moins, bien sûr, qu'on nourrisse a priori des préjugés à l'endroit de ces désirs et comportements..."
Je ne critiquais donc pas tant Le Monde que tous ceux, journalistes ou scientifques, qui utilisent la science pour en faire des certitudes sur des questions complexes que de l'utiliser pour alimenter les discussions sur les connaissances et, surtout, pour intervenir... Pourquoi les journaux, et ici j'inclus les revues scientifiques, prennent plus de temps et d'argent à se demander quelle est la cause de l'homosexualité ou de la bisexualité (et évidemment sans se poser la même question pour l'hétérosexualité...) plutôt qu'à travailler pour la prévention de l'homophobie?
Peu de journalistes, aussi respectés soient-ils, sont conscients de cet impact. Les scientifiques sont loin de faire exception à la règle, car ils sont eux aussi susceptibles de tomber dans les pièges des biais idéologiques, et ce, sans reconnaître les limites inhérantes à toute recherche scientifique.
Je déplore le fait qu'autant dans les médias que dans les sciences, on ait oublié que la science n'est pas une affaire de certitude, mais de probabilité. Le but premier de la science était de s'opposer au dogmatisme... Sur bien des points, la science d'aujourd'hui est très dogmatique et à la recherche de certitudes.
Simon le Zélote
Intéressant ! Je n'avais
Affiché le lun 08/02/2010 - 11:08
Intéressant !
Je n'avais pas vu les choses sous cet angle.
L'exemple de la couleur de la peau est bon. L'homophobie ne disparaîtra pas comme par magie avec la découverte que l'homosexualité a une part d'inné. L'homophobe hait l'homosexualité, innée ou acquise ! Le fait qu'il n'y ait aucune raison pour persécuter ne fait pas cesser la persécution.
Tout de même, je crois que ces questions ne sont pas inutiles, que ça apporte néanmoins de l'eau au moulin de ceux qui combattent l'homophobie, que ça peut apporter des arguments supplémentaires contre ceux qui disent des âneries comme "vous avez juste à cesser d'être homosexuel-le-s". La science neutre, ça n'existe pas. Tôt ou tard les conclusions des travaux scientifiques seront récupérés par un côté ou l'autre pour faire avancer leur cause.
Je pense que tout le monde est responsable de la situation que tu décris. En effet, quand quelque chose jouit du label "scientifique", on prend ça comme un gage de sérieux, voire la vérité même. Les gens veulent des certitudes, dans leur esprit la science leur en donne, donc les journalistes et les scientifiques sautent là-dedans às pieds joints. On donne aux gens ce qu'ils veulent. Si la science n'avait pas ce statut dans l'esprit des gens, on n'assisterait pas à cela.
Toutes les armes sont bonnes pour combattre l'homophobie, y compris les données scientifiques. Dans notre monde d'aujourd'hui, on ne peut s'en passer. Bien sûr qu'on devrait passer plus de temps à combattre l'homophobie qu'à chercher les causes de l'homosexualité, mais le problème est que le commun des mortels ne verra pas pourquoi on devrait combattre l'homophobie si on ne le convainc pas d'abord (et si c'est avec des "preuves" scientifiques, c'est encore plus solide) que l'homosexualité n'est pas choisie !
Patrick_erb
Stéphane: Le problème est que
Affiché le lun 08/02/2010 - 17:57
Stéphane:
Le problème est que le commun des mortels ne verra pas pourquoi on devrait combattre l'homophobie si on ne le convainc pas d'abord (et si c'est avec des "preuves" scientifiques, c'est encore plus solide) que l'homosexualité n'est pas choisie !
Et même si l'homosexualité était choisie, pour moi, cela ne rendrait pas acceptable l'homophobie.
Tout le débat scientifique et psychologique sur acquis / inné est intéressant mais n'est pas le plus important. Dans tous les cas, nous devons lutter contre la violence envers une personne parce qu'elle appartient à une minorité.
À quand une loi interdisant le discours haineux de certaines organisations religieuses?