Les États-Unis, puissance en déclin

Êtes-vous d'accord ? Qu'en pensez-vous ?

Le crépuscule américain

 

Mario Roy, La Presse, 4 février 2010

Depuis un demi-siècle, on a tant de fois annoncé le déclin de l'empire américain que l'expression n'est plus qu'un cliché vengeur dont le sens véritable s'est perdu. Pourtant, les États-Unis n'ont jamais été aussi proches qu'ils le sont aujourd'hui d'une baisse de régime permanente de leur influence dans le monde, de leur capacité d'innover, de leur économie.

En ce sens, la Lune est un symbole.

Le président Barack Obama a annoncé, cette semaine, qu'il ne verserait pas la modeste allocation de 3,5 milliards US (sur un budget de 3800 milliards!) prévue pour le programme Constellation de vols habités vers la Lune. Chacun a compris. Les Américains renoncent. Ils renoncent à explorer à nouveau l'espace dans un avenir prévisible. Et peut-être cela veut-il dire: à tout jamais, parce que redémarrer une telle aventure ne se fera pas en un jour.

 

Nous verrons quel effet psychologique, scientifique, économique, ça aura aux États-Unis. Pour l'instant, notons que, la nature humaine étant programmée pour explorer, d'autres nations prendront forcément la relève.

Apprenant cette déconfiture, même l'Iran, qui n'a aucune chance d'entrer dans la course, s'est néanmoins vanté, hier, d'avoir lancé des animaux dans l'espace: un rat, deux tortues et des vers de terre! L'Inde, qui fait équipe avec la Russie, compte aller sur la Lune en 2025. Enfin, la Chine a déjà effectué des vols habités et, dans le secret, prépare des expéditions lunaires qui pourraient étonner, peut-être avant 2020.

Or, la Chine est déjà la banque, l'usine et l'entrepreneur «impérial» de la planète... exactement ce qu'étaient, il n'y a peu, les États-Unis. Et lorsqu'elle aura annexé le symbole de la Lune, les cerveaux formés partout dans le monde choisiront de s'exiler, d'inventer et de créer, non plus à Los Angeles, mais à Shanghai - ça a déjà débuté.

Alors, l'empire américain, surtout fondé sur le savoir, la culture et l'invention, aura vécu.

Quelqu'un a dit: les empires ne sont pas assassinés, ils se suicident.

Est-ce exact?

Chose sûre, le dernier empire européen, celui de la Grande-Bretagne, a bel et bien été victime du suicide de l'Europe, commis à l'aide des deux grandes guerres et des divers totalitarismes qu'elle s'est donnés et a gracieusement donnés au monde. Le flambeau a été passé de façon définitive quelque part entre 1942 et 1945 lorsque l'Amérique a pris le contrôle des voies maritimes, auparavant assumé par les Britanniques (le symbole, alors, n'était pas la Lune, mais la mer). Ensuite, le dollar, le transistor, le jazz et le Coca-Cola ont fait le reste.

Bref, la question est: l'empire américain est-il en train de se suicider? En partie, oui. Mais on l'assassine aussi.

Commentaires

L'empire contrarié   Mario

L'empire contrarié

 

Mario Roy, La Presse, 5 février 2010

 

Autrefois, Bobettes en feu aurait été le titre d'un film olé-olé... Aujourd'hui, le sous-vêtement allumé dans un avion volant au-dessus de Detroit fait partie de l'arsenal guerrier utilisé contre les États-Unis. C'est-à-dire un objet porteur de la haine inextinguible dirigée contre la nation qui demeure, pour l'instant, la plus puissante au monde.

 

C'est plus que contrariant.

 

S'il n'a tué personne, l'attentat de décembre coûtera des milliards supplémentaires en sécurité aéroportuaire. Seulement au département de la «Homeland Security», se prémunir plus généralement contre la haine coûtera en 2011 plus de 55 milliards US, à peine moins que les revenus totaux (60 milliards) du gouvernement du Québec! À cela s'ajoutent les pharaoniques dépenses militaires des États-Unis (550 milliards), dont une partie est statutaire ou à usage offensif, mais une autre répond à l'agression.

 

Tout cela contribue évidemment à créer une situation économique sans précédent, premier symptôme du déclin tant de fois annoncé, mais cette fois peut-être réel, de l'empire américain.

 

Ainsi, en 2019-2020, le déficit de l'État fédéral se situera toujours à un niveau insoutenable, plus de 5% du PIB, ce qui gonflera encore une dette déjà gargantuesque. Qu'est-ce que cela signifie? Pas de progrès possible en politique intérieure. Et, en politique extérieure, une interrogation exprimée (dans le New York Times) par le premier conseiller économique de la présidence, Lawrence H. Summers: «Combien de temps le plus gros emprunteur de la planète pourra-t-il demeurer la première puissance mondiale?»

 

Pas beaucoup.

 

Le banquier chinois n'attend-t-il pas la passation des pouvoirs?

 

Est-il exact, donc, que les empires se suicident plutôt que d'être assassinés?

 

Dans ce cas-ci, il y a l'un et l'autre.

 

De fait, on essaie de tuer - y compris littéralement! - les Américains.

 

En même temps, ceux-ci semblent bel et bien répondre à une sorte de pulsion suicidaire. Elle s'est incarnée en une personne, George W. Bush, titulaire de la présidence la plus autodestructrice de l'histoire américaine, dont le pays est incapable de se remettre. Et elle s'est traduite en une quantité de phénomènes tout aussi destructeurs. À partir du retour du prosélytisme religieux jusqu'au triomphe épisodique du capitalisme mafieux. En passant par le déclin du statut du savoir et la dégradation de l'instinct de survie... deux phénomènes qui, il est vrai, sont encore plus accablants ailleurs en Occident.

 

Les États-Unis peuvent-ils éviter un lent déclin qui les relèguera à l'histoire sous la même rubrique que les métropoles européennes déchues, confortablement installées depuis un demi-siècle dans un confort indifférent au sort du monde?

 

Pour l'instant, cet avenir semble leur être promis.

2 articles intéressants : au

2 articles intéressants : au fil de l'histoire les puissants semblent toujours tomber dans la démesure impériale. Les citoyens de ces nations en profitent alors pour 'beurrer épais', et se remplir les poches avec arrogance sûr de leur impunité. La collusion entre ce que sont devenus les États-Unis et le déploiement du capitalisme et du consumérisme à l'échelle planétaire annonce vraisemblablement le déclin de l'Empire américain. Mais même la dernière 'crise' du capital ne semble pas avoir vraiment ébranler la confiance rapace du capital, la boulimie suicidaire de Mamon qui transforme tout en objet de consommation et qui en bout de ligne ne peut que mourir d'indigestion et d'épuisement des ressources.

"Pardonne-leur ... ils ne

"Pardonne-leur ... ils ne savent pas ce qu'ils font" Luc 23.34

 

Un républicain sur quatre estime qu'Obama est l'Antéchrist

 

 

Évidemment,  proposer que les citoyens les plus pauvres puissent avoit accès au système de santé est démoniaque. Comme l'évangile dit qu'il y aura toujours des pauvres et que si on les soigne ils risquent de ne plus l'être, il faut donc ne pas les soigner pour qu'ils le demeurent et que s'accomplisse les écritures. C'est simple... Penser autrement est une marque évidente de corruption. Il est l'Antéchrist ou à tout le moins un de ses sbires...

Antéchrist ne veut il pas

Antéchrist ne veut il pas dire celui qui vient avant le Christ. Jean le baptiste était celui qui venait avant Jésus. Les religieux n'ont ils pas été des Antichrist, la plus part du monde ne croient en rien.

« La disparition des

« La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale risque d’arriver beaucoup plus rapidement que prévu, probablement au cours de la présente décennie », affirme Pierre Picquart, qui est docteur en géopolitique et grand spécialiste de la Chine. 

 

http://martineau.blogue.canoe.ca/2011/06/12/a_20939_a_25949

 

Billet intéressant, mais en désaccord avec lui sur deux points:

 

- la Chine pourra être la première économie du monde, mais ses habitant ne seront pas les plus riches du monde, le PIB per capita demeurant largement inférieur à celui des pays occidentaux;

 

- la Chine ne sera pas la puissance économique la plus verte du monde : on y ouvre une centrale thermique par mois !

Ouais, on verra bien de ce

Ouais, on verra bien de ce qui arrivera après les États unis, peut-être la Chine prendra plus de place, mais l'Inde est aussi un pays qui prendra de plus en plus de place.  On verra bien en temps et lieu.  Il faudra bien s'ajuster.

Espérons qu'avec plus de

Espérons qu'avec plus de place pour l'Inde et la Chine viendra plus de droits pour leurs travailleurs-euses... Ça semble pas parti pour ça.

Etudianteindigne a écrit

Etudianteindigne a écrit :

Espérons qu'avec plus de place pour l'Inde et la Chine viendra plus de droits pour leurs travailleurs-euses... Ça semble pas parti pour ça.

 

Ni plus de droits pour les citoyens !

C'est vrai que l'Inde est un

C'est vrai que l'Inde est un pays à ne pas négliger. Le pays produit plus de diplômés par jour que le Québec en une année. Et ce sont souvent des diplômés dans des secteurs en demande, notamment la technologie, le génie et l'informatique.

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/Inde/1.html

 

L'Inde est l'autre géant qui se réveille.

 

Pour sécuriser son approvisionnement en pétrole du Moyen-Orient, qui passe par l'Océan Indien, la Chine a installé un ensemble de bases navales et aériennes en Birmanie, au Bangladesh, au Sri Lanka, aux Maldives, au Pakistan, ensemble qu'on appelle le "collier de perles". Plusieurs de ces pays sont des ennemis héréditaires de l'Inde. Regardez sur une carte et vous comprendrez pourquoi l'Inde se sent encerclée par la Chine.

 

 

Ajoutons à cela les manoeuvres militaires russes en mer des Caraïbes, à l'invitation du Vénézuela de Chavez, la constitution du groupe de Shanghaï, le fait que la Chine soit le principal créancier des États-Unis (une bonne partie de la dette américaine est entre les mains des Chinois), la montée de l'Inde et l'importante présence chinoise en Afrique, et nous avons un beau monde multipolaire en train de se profiler. 

 

Mais l'Occident n'a pas dit son dernier mot.

Une animation sur les

Une animation sur les tendances démographiques à l'oeuvre dans notre monde:

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/animations/2011/AFP/PopulationFR1808/index1.html

Merci Simon, c'est très

Merci Simon, c'est très intéressant cette animation! Ça résume bien les grandes tendances mondiales.

 

Cela dit, les études démographiques citées dire tenir compte du sida... mais le réchauffement de la planète? La crise du pétrole? (Qui va nécessairement affecter le PIB de populations et donc sûrement l'espérance de vie). La crise de l'eau, des métaux?

 

De ce que je connais des rapports entre sciences nature (études sur le réchauffement planétaire) et sciences humaines (études sur la démographie humaine), j'aurai tendance à penser qu'ils ne combinent pas toujours leurs connaissances, mais je n'en sait pas assez sur le sujet.

Etudianteindigne a écrit

Etudianteindigne a écrit :

Merci Simon, c'est très intéressant cette animation! Ça résume bien les grandes tendances mondiales.

 

Cela dit, les études démographiques citées dire tenir compte du sida... mais le réchauffement de la planète? La crise du pétrole? (Qui va nécessairement affecter le PIB de populations et donc sûrement l'espérance de vie). La crise de l'eau, des métaux?

 

De ce que je connais des rapports entre sciences nature (études sur le réchauffement planétaire) et sciences humaines (études sur la démographie humaine), j'aurai tendance à penser qu'ils ne combinent pas toujours leurs connaissances, mais je n'en sait pas assez sur le sujet.

 

Même les spécialistes en science nature ont du mal à prédire les effets à long terme des changements climatiques sur les différents écosystèmes. Il me semble bien difficile de prévoir ses effets sur la démographie humaine. Quand à la crise du pétrole, elle dépend en parti de facteurs politiques très volatiles, donc leur impact sur la démographie est aussi difficile à prévoir.

Je n'en doute pas. C'est vrai

Je n'en doute pas. C'est vrai qu'on ne sait pas exactement ce qui va se passer avec le réchauffement de la planète, mais ça n'empêche pas d'utiliser des hypothèses.

 

Les sciences de la nature ont quand même des hypothèses étonnantes sur notre avenir: j'écoute présentement un documentaire sur les animaux qui devraient exister sur la Terre dans 5, 100 et 200 millions d'années (c'est 3 disques). Ça me montre à quel point la science a les connaissances qui lui permet au "pire" d'émettre des hypothèses et au "mieux" de prédire (car décrire, expliquer et prédire sont les trois objectifs de toute science).

Les appréhension, c'est

Les appréhension, c'est utile, mais les "prédictions", je m'en méfie.

Ursus a écrit : Les

Ursus a écrit :

Les appréhensions, c'est utile, mais les "prédictions", je m'en méfie.

 

Ça ferait une superbe citation historique ça, Ursus. J'imagine les étudiants apprendre ça par coeur en 2100: Ursus a dit, deux points, ouvrez les guillemets...

 

wink

Simon le Zélote a écrit

Simon le Zélote a écrit :

Ursus a écrit :

Les appréhensions, c'est utile, mais les "prédictions", je m'en méfie.

 

Ça ferait une superbe citation historique ça, Ursus. J'imagine les étudiants apprendre ça par coeur en 2100: Ursus a dit, deux points, ouvrez les guillemets...

 

wink

 

Lol! Pour qu'on me cite, faudrait d'abord que je sois connue et c'est pas vraiment dans mes ambitions... ;)