Je lis dans Le Devoir ce matin (mardi) que, selon un sondage CROP, 55% de la population québécoise est satisfaite du gouvernement conservateur à Ottawa ! Je suis littéralement abasourdi ! Les torts et les gestes inconséquents de ce gouvernement sont en nombre effarant : dynamitage de l’Accord de Kyoto et de la protection de l’environnement au profit de l’industrie pétrolière de l’Alberta et particulièrement l’exploitation catastrophique des sables bitumineux, l’entêtement sans borne et l’instinct guerrier à poursuivre la désastreuse et meurtrière guerre en Afghanistan, les populistes baisses de TPS et d’impôts au détriment des programmes sociaux dont souffrent de multiples groupes minoritaires, un régime fiscal qui favorise les classes (et les provinces) riches, le resserrement indigne des règles de contrôle des demandeurs d’asile et la remarquable augmentation des mesures sécuritaires à l’extérieur des frontières, tout autant que de la policiarisation des rapports sociaux ainsi que de la judiciarisation accrue des délits juvéniles… Et ce n’est pas tout ! N’oublions pas l’ingérence politique éhontée dans l’histoire du réacteur nucléaire de Chalk River, le scandale de l’affaire du député Cadman soudoyé presque sur son lit de mort, ou encore la nouvelle censure en train de s’ériger dans l’évaluation des œuvres d’art demandant l’apport de fonds publics !! Et ce de tout ça que la population québécoise est satisfaite à 55 % ? C’est ahurissant et, surtout, désespérant !
David
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Commentaires
unVeilleur
Affiché le mer 02/04/2008 - 10:01
Sondage pour sondage, celui du Journal de Montréal intitulé «Sans foi ni valeurs» illustre - en tout cas pour le Québec - une attitude semblable d'incohérence et de confusion sous l'angle religieux.
Qui sait ? Retrouver l'élan premier du message évangélique pourrait avoir aussi comme corolaire de développer un sens politique réel (cf le fil de discussion «Méditation et solidarité».
Le sondage et les articles reliés:
[ http://www.canoe.com/archives/infos/quebeccanada/2008/03/20080317-053600.html]
Revverm
Affiché le mer 02/04/2008 - 12:50
Encore une fois, la bonne population démontre qu'elle vote avec son porte-feuille et non sa conscience. La baisse d'impôt et de la TPS est beaucoup plus populaire que le respect de Kyoto. Les gens aiment bien parlé, mais ils n'ont pas le courage de leurs convictions.
Simon le Zélote
Affiché le mer 02/04/2008 - 15:08
En démocratie, le peuple ne se trompe jamais, il a toujours raison.
Et on a les politiciens qu'on mérite.
Si les politiques conservatrices plaisent à la population, c'est parce que c'est ce que la population veut. Les conservateurs ont été élus démocratiquement et seraient réelus si des élections avaient lieu demain.
Ceux qui s'opposent à ces politiques doivent faire entendre leur voix, proposer des alternatives, essayer de convaincre que ce n'est pas la bonne voie. J'y vois quelque chose de "prophétique": crier dans le désert, dire au peuple ce qu'il ne veut pas entendre...
Simon le Zélote
Affiché le mer 02/04/2008 - 15:21
Moi, ce qui me désole davanatage, ce sont les 61% de satisfaction envers le gouvernement Charest !
On peut ne pas être d'accord avec les politiques du gouvernement Harper, mais au moins, lui, il gouverne.
Charest... il a simplement cessé d'accumuler gaffe par dessus gaffe.
Simon le Zélote
Affiché le jeu 03/04/2008 - 07:23
Dans la même veine, un texte d'un gars dont j'apprécie beaucoup la pensée (ben oui, un des Lucides, tant pis si ça vous choque !) et dont je me sens proche, Joseph Facal:
Un profond sommeil
2 avril 2008 par Joseph Facal
Ces temps-ci, plusieurs observateurs trouvent des vertus aux gouvernements minoritaires. Je ne suis pas de ceux-là.
À Ottawa, les conservateurs avaient pris cinq engagements précis pendant la dernière campagne électorale. À des degrés divers, ils ont été réalisés.
Stephen Harper gouverne donc sans programme. Ce n’est pas sain. Remarquez, ce n’est pas de sa faute si Stéphane Dion refuse d’affronter l’électorat.
La situation au Québec est totalement différente.
Faire dodo
On a surtout expliqué la spectaculaire remontée du gouvernement Charest par la nouvelle cohérence de son message, la fin des gaffes majeures et les déboires des deux autres partis. Mais cette remontée s’explique aussi parce qu’on semble avoir renoncé à faire la moindre réforme difficile. En santé, on pellette les problèmes en avant. En agriculture, on tablette plus vite que son ombre. En matière linguistique, on a peur de son ombre.
Bien sûr, si on voulait agir, le fait d’être minoritaire compliquerait terriblement les choses. Mais doit-on pour autant renoncer à expliquer aux Québécois que de gros défis collectifs nous attendent, qui nécessiteront des décisions difficiles ?
Autrement dit, la remontée du taux de satisfaction du gouvernement résulte aussi du fait qu’il a décidé de totalement se plier à l’humeur de la population.
Le peuple québécois fait la sieste. Et le gouvernement a décidé de ne pas troubler son paisible sommeil. Politiquement, c’est de bonne guerre. Mais cela ne sert pas les intérêts fondamentaux du Québec.
Nuages noirs
Tout cela ne serait pas bien grave si le Québec pouvait se permettre d’avancer sur le pilote automatique. Mais chaque jour que nous perdons hypothèque un peu plus ce que nous lèguerons à nos enfants.
Nous ne mettons pas d’argent de côté pour payer les coûts du vieillissement. Nous continuons à alourdir notre dette. Les résultats scolaires de nos enfants continuent de reculer.
À moins de fermer les yeux sur ces défis, je m’explique mal cette sympathie pour la simple expédition des affaires courantes.
Plusieurs raisons expliquent cette torpeur collective.
Énergie renouvelable
Les conséquences funestes de notre déclin démographique ne sont pas bien comprises parce qu’elles n’ont pas encore été assez expliquées. Et quand on les comprend, il est humain de repousser à plus tard des décisions difficiles ou de chercher à refiler les sacrifices au voisin.
Les problèmes du Québec ne ressemblent pas à un précipice juste devant nos pieds, au fond duquel nous pouvons regarder. On imagine alors aisément ce qui nous attend au bout de la chute.
C’est plutôt un lent déclin qui nous guette, une sorte de pente savonneuse presque imperceptible à l’œil nu. Mais plus la glissade se prolonge, plus cette pente devient difficile à remonter.
Les Québécois ont aussi été passablement brassés, ces dernières années, par des réformes majeures qui n’ont pas toutes donné les fruits escomptés. Ils sont donc sceptiques, méfiants et fatigués.
Le goût du changement est une énergie renouvelable. Mais il faut la laisser se reconstituer quand elle a été très sollicitée.
En attendant, la plupart d’entre nous mangeons trois repas par jour. Et le Canadien gagne enfin.
Le pain et les jeux. Le confort et l’indifférence. Vieux comme le monde.
Patrick_qc
Affiché le dim 13/04/2008 - 07:56
"ben oui, un des Lucides, tant pis si ça vous choque !"
Ça ne me choque pas même si je ne me réclame pas des lucides. Nous avons tous droits à nos opinions... surtout lorsque l'on se réclame d'une Église qui se veut inclusive et pluraliste. Nous devons surtout éviter de s'enfermer dans des idéologies. D'ailleurs, ton commentaire Stéphane, soulève cette question:"Est-ce qu'être de droite "économique" est un handicap lorsque l'on choisi de vivre sa foi dans l'ÉUC?".
Cela étant dit, je trouve très intéressant et juste le commentaire de Joseph Facal. Il a le mérite de soulever de bonne question. Je me rappelle de l'émission de radio "Indicatif présent" animé par Marie-France Bazzo qui était surtout de gauche... et pourtant Joseph Facal était un collaborateur régulier. Comme quoi le dialogue inter-confessionnel est très enrichissant!
a+
Patrick
Simon le Zélote
Affiché le mer 16/04/2008 - 11:38
Patrick a écrit:
"Ça ne me choque pas même si je ne me réclame pas des lucides."
Moi non plus, je ne m'en réclame pas, je constate seulement que je suis souvent d'accord avec ce qu'écrit Joseph Facal, pas uniquement en matière de gestion des finances publiques, mais aussi sur la question nationale. J'apprécie sa modération et son réalisme. Et il a le don d'ébranler plusieurs convictions, idées reçues et illusions bien ancrées dans la mentalité collective des Québécois.
Pour ce qui est des deux manifestes qui avaient été publiés subséquemment, celui des Lucides et celui des Solidaires, je trouve que les deux contenaient de bonnes idées et des choses inacceptables. Rappelons que l'idée d'un revenu de citoyenneté faisait partie du manifeste des Lucides. Une sociale-démocrate centriste comme Pauline Marois, à l'aise avec Facal autant qu'avec les syndicats, serait à même de trouver un terrain d'entente entre ces deux visions.
"surtout lorsque l'on se réclame d'une Église qui se veut inclusive et pluraliste."
Un ami me disait une fois que l'Église Unie était accueillante et inclusive pour tout le monde, sauf pour les conservateurs ! Mais on parlait des conservateurs théologiques et liturgiques, pas du conservatisme économique ou politique.
Malheureusement, il y a des limites à vouloir accueillir tout le monde; des fois, une Église se doit de prendre position. S'abstenir par peur de froisser ceux qui risquent de ne pas être d'accord n'est pas une bonne stratégie. Et c'est à ce moment-là que certains vont peut-être se rendre compte que l'Église Unie, ce n'est pas pour eux, et qui seront plus à l'aise dans une Église plus conservatrice. Tout de même, sans aller jusqu'à s'abstenir de prendre position, il faudrait que le sommet de l'Église tende davantage l'oreille aux préoccupations de sa base. On a parfois l'impression que l'Église est dirigée par des activistes politiques et sociaux dont les préoccupations (le langage inclusif, les lois sur l'immigration, pour ne citer que ces exemples) ont peu à voir avec la foi des gens qui se rendent à l'église le dimanche matin.
"Est-ce qu'être de droite "économique" est un handicap lorsque l'on choisi de vivre sa foi dans l'ÉUC?".
Étant du centre, je ne peux parler pour ceux qui se disent de la "droite économique". Cependant, sans parler de handicap, je dois avouer qu'il est parfois difficile d'être le seul à penser quelque chose ou à être d'un autre avis, plus modéré et moins à gauche. Pas à cause des politiques et prises de positions de l'Église, mais à cause de celles des gens qui nous entourent. Les chrétiens très à gauche ont parfois tendance à considérer leurs positions politiques, socio-économiques ou environnementales comme parole d'Évangile, comme si c'était là la Vérité avec un grand V. Ils croient que leur position est celle de Dieu, où à tout le moins qu'elle est fidèle à la volonté divine exprimée dans l'Évangile. Alors qu'en fait, tout est dans l'interprétation, comme toujours. Le dialogue devient alors difficile, la discussion inutile.
Donc, oui, c'est parfois difficile de ne pas être de gauche (politique et économique, mais aussi théologique) quand on est mermbre de l'Église Unie. On me donne parfois l'impression qu'un vrai bon chrétien se doit d'être de gauche. Que la théologie de la libération est la seule théologie possible ou acceptable.
Et j'ai beaucoup de difficulté avec ça.
Simon le Zélote
Affiché le mer 16/04/2008 - 12:28
Une pensée que jeviens juste d'avoir, comme ça:
Le christianisme est humanisme, pas socialisme.
unVeilleur
Affiché le jeu 17/04/2008 - 10:19
C'est vrai que la ligne juste est toujours la tentation de n'importe quel regroupement, d'autant plus lorsqu'il repose sur une affinité de coeur autant sinon davantage que de la raison. Il fut une époque où l'on disait de l'Église Unie qu'elle était le NPD en prière! Disons que je me sens plus proche des valeurs progressistes de ce parti mais il n'en demeure pas moins qu'il y a risque de confusion. Qui peut se sentir confortable lorsqu'au nom de la foi on proclame de façon entendue que «le ciel est bleu et l'enfer est rouge»? Merci d'enrichir l'Église autant que ce site de vos réflexions nuancées, et plaise à Dieu (sic) que vous vous y sentiez toujours chez vous, pour notre cheminement lucides et solidaires tout à la fois!
Patrick_qc
Affiché le ven 25/04/2008 - 08:40
Stéphane: "On a parfois l'impression que l'Église est dirigée par des activistes politiques et sociaux dont les préoccupations (le langage inclusif, les lois sur l'immigration, pour ne citer que ces exemples) ont peu à voir avec la foi des gens qui se rendent à l'église le dimanche matin."
Ce n'est pas juste une impression...
a+
Patrick
Simon le Zélote
Affiché le mer 30/04/2008 - 10:12
Peux-tu développer ?