Je me méfie du phénomène de brièveté qui vient avec twitter. Plus on doit être concis, moins on est nuancé. La brièveté ne risque-t-elle pas d'entraîner une simplification à outrance? Ce qui me vient tout de suite en tête quand je pense à la simplification des idées, c'est le roman 1984 de George Orwell. Les personnages y parlent le "Novlangue", une langue créée pour être la plus simple possible. La seule langue de l'histoire de l'humanité de laquelle des mots sont enlevés chaque année plutôt que rajoutés à cause de l'enrichissement de la langue que provoque naturellement son usage. En enlevant des mots, en simplifiant de plus en plus la langue, le gouvernement du pays fictif décrit par Orwell enlève au gens la possibilité d'exprimer des concepts et des idées qui pourraient menacer son pouvoir. Si un mot veut dire tout et son contraire, il peut difficilement être subversif. Avec le temps, la possibilité même de former des pensées subversives est réduite par le manque de vocabulaire.
Il me semple qu'une idée exprimée en 140 caractères ne peut pas être expliquée dans toute ses nuances et sa complexité. Elle a donc plus de chance d'être mal comprise ou d'être prise comme une position extrême.
C'est mon impression générale sur twitter... Il en découle que l'idée de résumés de chapitres de la Bible sur twitter me met très mal à l'aise. Comment ce monsieur sélectionne-t-il ce qu'il trouve "important" pour faire son résumé? Il me semble que s'il y a un corpus de textes qui ont des couches innombrables de sens, c'est bien la Bible! On pourrait la lire des milliers de fois et toujours y trouver du nouveau! Je me demande quelle valeur peut avoir un résumé de chapitre de la Bible... Je me demande aussi quel usage les gens en feront.
C'est le retour à l'index - pas dans le sens des écrits proscrits - mais du résumé de chapitre. D'accord avec vous Ursus, ça ne fait pas un contenu analytique bien nuancé. Au mieux, c'est un "aide mémoire" pour les gens déjà familiers avec l'ouvrage.
La seule utilité que je pourrai y voir est qu'il procure une aide pour trouver un passage dont on a oublié où il se retrouve dans la Bible. Par exemple, si je veux trouver l'histoire de la Tour de Babel et que je sais qu'elle est dans la Génèse ou encore un certain type de commandement dans le Lévitique, cet outil peut m'aider. Donc, il serait pertinent à mon avis de changer le mot "résumé" pour justement "aide mémoire" comme l'a suggéré unVeilleur.
Une chose que j'ai retenue dans mes cours d'anthropologie, c'est que le langage, c'est le pouvoir. Autant les gens qui ont peu de mots pour s'exprimer sont peu capables de contrôler leurs propres pensées (comme dans 1984), autant les personnes qui ont beaucoup de mots pour s'exprimer peuvent contrôler les pensées des autres... Comme exemples de gens qui utilisent le langage pour leur pouvoir, pensons aux discours des politiciens ou encore à des discours de compagnies multinationales comme Coca-Cola qui s'excusent de faire de la fausse publicité:
Commentaires
Ursus
Je me méfie du phénomène de
Affiché le lun 16/08/2010 - 20:08
Je me méfie du phénomène de brièveté qui vient avec twitter. Plus on doit être concis, moins on est nuancé. La brièveté ne risque-t-elle pas d'entraîner une simplification à outrance? Ce qui me vient tout de suite en tête quand je pense à la simplification des idées, c'est le roman 1984 de George Orwell. Les personnages y parlent le "Novlangue", une langue créée pour être la plus simple possible. La seule langue de l'histoire de l'humanité de laquelle des mots sont enlevés chaque année plutôt que rajoutés à cause de l'enrichissement de la langue que provoque naturellement son usage. En enlevant des mots, en simplifiant de plus en plus la langue, le gouvernement du pays fictif décrit par Orwell enlève au gens la possibilité d'exprimer des concepts et des idées qui pourraient menacer son pouvoir. Si un mot veut dire tout et son contraire, il peut difficilement être subversif. Avec le temps, la possibilité même de former des pensées subversives est réduite par le manque de vocabulaire.
Il me semple qu'une idée exprimée en 140 caractères ne peut pas être expliquée dans toute ses nuances et sa complexité. Elle a donc plus de chance d'être mal comprise ou d'être prise comme une position extrême.
C'est mon impression générale sur twitter... Il en découle que l'idée de résumés de chapitres de la Bible sur twitter me met très mal à l'aise. Comment ce monsieur sélectionne-t-il ce qu'il trouve "important" pour faire son résumé? Il me semble que s'il y a un corpus de textes qui ont des couches innombrables de sens, c'est bien la Bible! On pourrait la lire des milliers de fois et toujours y trouver du nouveau! Je me demande quelle valeur peut avoir un résumé de chapitre de la Bible... Je me demande aussi quel usage les gens en feront.
Bref, cette nouvelle me questionne.
unVeilleur
C'est le retour à l'index -
Affiché le mar 17/08/2010 - 20:11
Etudianteindigne
La seule utilité que je
Affiché le mer 18/08/2010 - 11:47
La seule utilité que je pourrai y voir est qu'il procure une aide pour trouver un passage dont on a oublié où il se retrouve dans la Bible. Par exemple, si je veux trouver l'histoire de la Tour de Babel et que je sais qu'elle est dans la Génèse ou encore un certain type de commandement dans le Lévitique, cet outil peut m'aider. Donc, il serait pertinent à mon avis de changer le mot "résumé" pour justement "aide mémoire" comme l'a suggéré unVeilleur.
Une chose que j'ai retenue dans mes cours d'anthropologie, c'est que le langage, c'est le pouvoir. Autant les gens qui ont peu de mots pour s'exprimer sont peu capables de contrôler leurs propres pensées (comme dans 1984), autant les personnes qui ont beaucoup de mots pour s'exprimer peuvent contrôler les pensées des autres... Comme exemples de gens qui utilisent le langage pour leur pouvoir, pensons aux discours des politiciens ou encore à des discours de compagnies multinationales comme Coca-Cola qui s'excusent de faire de la fausse publicité:
http://www.huffingtonpost.com/john-robbins/the-dark-side-of-vitaminw_b_6...
Un autre exemple qui nous touche beaucoup à l'Église Unie... le langage inclusif!!!