Un ami presbytérien me dit souvent: "Il ne faut pas se leurrer: dans vingt ans, des deux grandes Églises réformées qui existent au Canada, il n'en restera qu'une seule: l'Église Unie."
Vu le déclin très rapide de l'Église presbytérienne au Canada et celui, moins grave mais réel, de l'Église Unie, est-il possible qu'arrive un jour un moment où les deux Églises n'auront plus le choix et devront mettre leur ressources en commun ?
Y croyez-vous ?
Les presbytériens, dont la culture d'Église depuis toujours consiste à faire le contraire de tout ce que fait l'Église Unie, accepteront-ils de faire partie d'une Église qui accepte des théologies (le Process, la théologie de la libération, la théologie féministe, la théologie de la création) autres que la seule théologie réformée ?
Pourront-ils vivre avec le fait que l'Église Unie ne se sente plus vraiment liée par la Confession de Westminster ? Qu'on s'en foute un peu des confessions de foi des XVIe et XVIIe siècles ?
L'Église Unie a banni les drapeaux de ses lieux de culte. Les presbytériens insisteront-ils pour garder leurs drapeaux écossais, leurs Union Jack et leurs bannières militaires du régiment des Blackwatch ?
Voudront-ils vivre leur foi dans des églises ou les pasteurs peuvent être des homosexuels-les en couple et où les paroissiens-nes gais et lesbiennes sont acceptés tels qu'ils sont ?
Et de son côté, l'Église Unie, elle, acceptera-t-elle aussi de faire quelques changements ? L'arrivée des presbytériens ferait-elle de l'ÉUC une Église recentrée, moins à gauche, plus "patiente" ?
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Commentaires
Choucroute
Hum...est-ce que la présence
Affiché le jeu 07/05/2009 - 14:10
Hum...est-ce que la présence de leurs 7 paroissiens parmis nos 20 paroissiens fera une grande différence au Québec ?
L'église traditionnelle est en déclin. Personnellement, je doute que nos institutions permettent aux jeunes et moins jeunes de vivre une foi profonde et ancrée dans le quotidien et surtout pas une expérience saine de communauté.
Entre les guerres de pouvoirs et les réticences de la vieille garde, j'observe le protestantisme québécois s'effriter peu à peu.
Les institutions me rappellent les partis politiques ou les clubs sociaux. On entre, on chante, on prie, on ne se serre plus la main (les microbes), on mange notre biscuit, on boit notre thé, on ne regarde surtout pas la personne qui est assise devant soi et si on ose on lui sourit rapidement. On nie les conflits, on exclu. On costume les enfants pour la crèche de Noël et on les oublie le reste de l'année.
Des néo-gourous ou des vieux de la vieille prennent le pouvoir des différents comités et voilà, le tour est joué : une église, une même sauce, sans goût sans saveur.
Est-ce que la présence des presbytériens y changera quelque chose...Je ne crois pas.
unVeilleur
Choucroute votre vision est
Affiché le jeu 07/05/2009 - 16:12
Choucroute votre vision est pour le moins décapante. Si les communautés francophones veulent reproduire le modèle des paroisses majoritaires anglophones le résultat risque en effet d'être ce que vous décrivez, plutôt triste et pathétique. Mais ce n'est pas une fatalité... Dans le reste du Canada il existe des paroisses dynamiques et engagées qui vivent de façon différente leur regroupements. Paradoxalement, la fragilité des regroupements franco-protestants des Églises dites historiques est peut-être un occasion inespérée. Quant aux "institutions" bien que souvent dans la pratique les administrations semblent l'oublier, elles sont au service de la vitalité d'expression de l'Évangile et du témoignage. Si elles deviennent sans pertinence, elles disparaîtront comme bien d'autres au fil de l'histoire. Mais heureusement : " Verbum Dei manet in aeternum" La parole du Seigneur demeure éternellement. (1Pierre1,25).
Patrick_qc
Salut! Je ne crois pas que
Affiché le dim 10/05/2009 - 13:19
Salut!
Je ne crois pas que les églises doivent gérer la décroissance. Au contraire, elles doivent susciter la croissance. À condition, qu'elles croient que le message de Jésus est encore interpellant pour nos contemporains. À voir la présence de l'Église Unie et Presbytérienne francophones dans nos médias... j'en doute. Là dessus quelques commentaires en vrac:
1) Parler de justice sociale c'est bien, mais les gens ne viennent pas à l'Église pour entendre les nouvelles (il y a RDI, LCN, etc. pour ça). Ils viennent pour trouver une lumière d'espoir pour eux dans leurs vies.
2) Les grands débats théologiques ne sont pas utiles à l'édification de la foi. Ils suscitent la division et projettent de l'ombre sur le message de Jésus: il est mort pour que nous ayons la vie en abondance!
3) Nous vivons dans un monde où la règle est celle de la non-grâce. L'on juge les comportements défaillants, l'on dénigre les autres, on pardonne peu ou pas, etc. Au contraire, les communautés croyantes doivent être des liens qui témoignent de la grâce de Dieu: l'amour, le pardon, couvrir les fautes des autres, aider les autres à être meilleurs, croire au potentiel et donner des chances de se développer.
Je reconnais avoir moi-même errer et ne pas avoir contribuer beaucoup à propager le message d'amour de Dieu lorsque j'en eu la chance dans les différents postes que j'ai occupés dans différentes églises. Une des erreurs de notre temps chez les croyants "modérés" c'est de croire que témoigner de notre foi et du prosélytisme et que c'est mauvais. L'on doit se demander: Si Paul n'avais jamais quitté la communauté de Damas? Si Pierre était demeurer à Jérusalem? Si Jésus n'avait pas parcouru la Judée? Est-ce que le message d'amour de Jésus serait parvenu jusqu'à nous. Dit autrement, le message des Évangiles appartient-il uniquement aux extrémistes?
Simon le Zélote
Patrick_mtl a écrit :1)
Affiché le mer 13/05/2009 - 11:54
Bien vrai. L'Église Unie va devoir s'en rendre compte un jour. Mais je suis encouragé de voir les nouvelles générations, et parmi eux certains candidats au ministère pastoral, comprendre que la religion chrétienne n'est pas du "socialisme avec Jésus" ou une idéologie politique de transformation sociale et économique, mais d'abord et avant tout une spiritualité qui transforme l'être.
Patrick_qc
D'accord avec toi.
Affiché le jeu 14/05/2009 - 18:01
D'accord avec toi.
Dominique
En premier, je dois dire que
Affiché le dim 31/05/2009 - 06:48
En premier, je dois dire que moi aussi tout comme Stéphane, je suis d'accord avec le commentaire de Patrick.. Mais je ne ne suis pas contre non plus la réunion d'Églises soeurs.
Je préfère l'attitude ouverte des protestants envers l'oecuménisme que la façon un peu prétentionce du catholicisme officielle qui voit l'oecuménisme plus comme le retour au bercail de ses enfants qui appartiennent à des groupes chrétien qui pour elle ne sont pas «Église».
Il semble aussi que ce n'est pas qu'ici qu'on parle d'unir des églises. Voici l'article lu sur La Croix.com hier:
Luthériens et réformés de France poursuivent leur route vers l’union
Samedi 23 et dimanche 24 mai, les synodes nationaux des deux Églises ont confirmé leur projet d’union pour 2013. Tandis que les baptistes, réunis à Grenoble, réaffirmaient leur volonté de servir de pont entre les évangéliques et la Fédération protestante
Sans anicroche, les protestants luthériens et réformés continuent d’avancer sur leur chemin de fiançailles. Réunis ce week-end à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), ils ont confirmé à la quasi-unanimité les orientations votées au synode de Sochaux en 2007, visant à unir l’Église évangélique luthérienne de France (Eelf) et l’Église réformée de France (ERF).
Le projet va maintenant entrer dans une phase structurelle, juridique et administrative, pour préparer concrètement l’union, prévue pour 2013, sous réserve d’une ultime approbation synodale. Restera aussi à baptiser l’« enfant », qui pourrait prendre le nom d’« Église protestante unie » de France.
À terme, la nouvelle entité rassemblera les 35.000 luthériens et les 111.000 foyers réformés dans une même Église, avec un seul synode national (assemblée de gouvernement), un corps pastoral unifié, un unique conseil avec un(e) président(e). Les deux familles spirituelles continueront d’exister, puisque c’est un modèle de « diversité réconciliée » et non d’uniformisation qui a été choisi.
« Notre union manifeste que le fatalisme historique n’existe pas »
Le luthéranisme est marqué par la figure de Luther (1483-1546), moine allemand délivré de son angoisse du salut par l’expérience d’être sauvé par la « grâce seule » de Dieu. Le calvinisme, structuré par la pensée du théologien et juriste français Calvin (1509-1564), qui a donné au protestantisme naissant une pensée structurante, valorise la responsabilité individuelle, redéfinissant les rapports du sacré et du profane et critiquant les idoles politiques ou religieuses.
« Le travail œcuménique engagé au XXe siècle a permis une relecture de l’histoire, rappelle le pasteur Marcel Manoël, président du conseil national de l’ERF. Nous avons redécouvert que Luther et Calvin avaient le même centre : l’idée que le croyant est rendu juste aux yeux de Dieu gratuitement. » En 1973, la signature de la Concorde de Leuenberg a officialisé au niveau européen l’accord de foi entre luthériens et réformés. Restait à faire progresser la vie commune au point de toucher les structures ecclésiales : en France, ce sera chose faite en 2013.
« Notre union manifeste que le fatalisme historique n’existe pas », se réjouit le pasteur Joël Dauteville, président de l’Eelf. Pour les deux présidents, il ne s’agit « pas d’abord » d’un projet institutionnel, « mais de témoigner de l’Évangile et de la manière que nous avons de le lire ». L’union permettra aussi à ces deux familles, déjà très proches, de mieux exister à côté des protestants de la mouvance « évangélique », en nombre croissant.
Ce week-end, le vote massif des délégués synodaux a confirmé combien cette union était désirée et attendue. Les débats ont en revanche été nourris sur la manière d’y parvenir. Faut-il garder au niveau régional et local une organisation confessionnelle ? Peut-on aller plus vite vers une union à tous les échelons ? Au final, l’orientation première, qui conserve huit régions réformées et deux luthériennes (Paris et Montbéliard), a été confirmée : une manière de respecter les réalités locales et de ne pas réveiller la peur des plus « petits » (notamment les luthériens de Paris) d’être absorbés par les « gros».
Les délégués du synode ont fêté le 5e centenaire de la naissance de Calvin
Envisageant leur avenir, les luthéro-réformés n’en ont pas pour autant oublié leurs racines. Sous la coupole du grand amphithéâtre de la Sorbonne, les délégués du synode ont fêté vendredi soir le 5e centenaire de la naissance de Jean Calvin, en présence de Gérard Larcher, président du Sénat, du pasteur Clifton Kirkpatrick, président de l’Alliance réformée mondiale (ARM), et du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris. Un hommage qui aurait été impensable du temps de Calvin, mis au ban de la Faculté de théologie catholique de la Sorbonne, puis contraint à l’exil par le pouvoir royal…
« Notre présence ici ce soir nous permet de prendre conscience de la mesure d’une transformation des esprits qui s’est accomplie sur plusieurs siècles », a souligné Gérard Larcher. Dans un hommage appuyé aux héritiers de Calvin, le président du Sénat, lui-même protestant, a rappelé la « précieuse contribution » de la Réforme à l’ajustement de la place des religions dans la société française, son «affinité historique avec ce qui va s’appeler laïcité » qui, au fil des siècles, « va se transformer en attachement ».
Avec une liberté toute calviniste, Gérard Larcher s’est démarqué de la « laïcité positive » de Nicolas Sarkozy, lui préférant « une laïcité sans adjectif, ou, s’il en faut un, de laïcité ouverte ». Il a appelé à une laïcité « consciente de sa force », « généreuse et prudente, libérale et sans faiblesse ». De son côté, le pasteur Clifton Kirkpatrick, président de l’ARM, a évoqué la transformation sociologique du protestantisme réformé à l’échelle mondiale : « Nous faisons partie d’une “Église des pauvres” », a-t-il insisté, invitant les protestants à être « à la pointe » d’un mouvement en faveur de « la justice économique et écologique ».
Les baptistes fêteront bientôt leur 400 ans
Dans le même temps, se réunissait à Grenoble la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF). En juillet prochain, à Amsterdam, le mouvement baptiste mondial fêtera son 4e centenaire. Présents dans 119 pays et comptant 37 millions de membres, les baptistes sont environ 6.000 en France.
Sur la scène du protestantisme français, les baptistes ont réaffirmé leur volonté de servir de pont entre les évangéliques, qui travaillent à leur rassemblement au sein du Conseil national des évangéliques de France (Cnef), et la Fédération protestante de France (FPF). « Nous voulons être partie prenante du Cnef comme de la FPF, affirme Jean-Luc Leibe, chargé de l’organisation du congrès, même s’il y a parfois des grands écarts. Être évangéliques et protestants, c’est notre histoire et notre identité. »
Article de Élodie MAUROT sur La Croix.com
Simon le Zélote
Très intéressant, Dominique.
Affiché le mer 27/05/2009 - 09:40
Très intéressant, Dominique. Merci pour cet article.
Je suis d'accord: les fusions d'Églises ne doivent pas être faites dans le but de gérer le déclin de celles-ci. Si on veut le faire, il faut que ce soit pour faire un pas de plus vers l'unité des chrétiens (bien que celle-ci ne doive pas nécessairement viser l'union administrative de tous les chrétiens sous une seule autorité). Une avancée oecuménique.
Dans le cas des presbytériens et de l'Église Unie, l'ami qui me prédisait cette fusion semblait plutôt penser que c'était la conséquence logique et inéluctable du déclin de l'Église presbytérienne, qui perd 200 000 fidèles à chaque recensement selon les données de Statistique Canada. 800 000 Canadiens se disaient presbytériens en 1981, 600 000 en 1991 et 400 000 en 2001. Combien seront-ils en 2011 ???
J'ai posé cette question pour savoir ce que vous en pensiez, si vous croyiez que c'était réaliste. Mon opinion à moi ? Je doute que les presbytériens veuillent un jour faire partie de l'Église "ennemie" séculaire. Trop de choses nous séparent encore, et l'inclusivité n'est que l'une de ces différences, peut-être la plus évidente. L'Église anglicane et l'Église luthérienne canadiennes, déjà en pleine communion, vont s'unir bien avant que nous ne le fassions du côté réformé.
Je ne crois donc pas en la prédiction de mon ami.
faust65
Oui très intéressante cette
Affiché le sam 13/06/2009 - 09:41
Oui très intéressante cette hypothèse de la fusion éventuelle de l'Église Presbytérienne à l'Église Unie. Cependant pour avoir fréquenté ces deux églises, il m'apparaît évident que cette fusion ne pourra se faire. Au mieux peut-être certaines congrégations presbytériennes pourraient joindre à l'Église Unie, je pense entre autres à cette congrégation située à Verdun je crois, qui s'est fait refuser il y quelques années son pasteur affirmant ouvertement son homosexualité, et ce malgré l'approprabation de la communauté ! Il y a trop de différences entre ces deux églises, le '' libéralisme'', l'inclusivité et l'ouverture de l'Église Unie embarasse encore bon nombre de présbytériens.
S'il y a fusion du côté de l'église Prebytérienne, il y a fort à parier qu'elle joindrait plutôt les églises réformées du Canada et du Québec ainsi que certaines églises évangéliques dont elle partage davantage la vision et les valeurs sociétales.
Simon le Zélote
Merci pour votre commentaire,
Affiché le mar 16/06/2009 - 12:19
Merci pour votre commentaire, Faust65. En définitive, nous pensons la même chose là-dessus: ça n'arrivera pas.
Vous dites avoir fréquenté les deux Églises. Cela m'intrigue et m'intéresse. Je connais l'Église Unie, du moins l'Église Unie francophone, un peu moins l'anglophone, mais je connais très peu l'Église presbytérienne à part la paroisse francophone St-Luc qui se trouve dans Rosemont. Je suis allé une fois à St. Andrew & St. Paul, j'ai plus ou moins aimé. Trop parfait, trop froid, trop réglé au quart de tour. Le reste du peu que je sais, je l'apprends dans le Presbyterian Record auquel je suis abonné.
Sans nous révéler d'indiscrétions qui pourraient compromettre votre anonymat, pouvez-vous nous parler davantage de votre expérience chez les presbytériens ? Ce serait fort apprécié, et ça nous permettrait de mieux connaître cette Église-soeur.
La paroisse presbytérienne dont vous parlez est à Lachine, c'était celle du pasteur Darryl MacDonald. Elle a quitté l'Église presbytérienne en soutien à son pasteur et fait maintenant partie de l'Église Unie depuis quelques années déjà.
Je connais peu l'Église réformée d'Amérique (RCA); tout ce que je sais, c'est que c'était une Église hollandaise au départ. Elle est surtout américaine, mais a quelques congrégations au Canada, même une au Québec je crois, une paroisse "ethnique" latino ou caribéenne. Oui, une fusion avec cette dénomination est tout à fait plausible, je n'y avais jamais pensé. Le caractère autrefois écossais de l'une et hollandais de l'autre ne devrait plus constituer un obstacle aujourd'hui.. L'Église réformée du Québec, cette dissidence fondamentaliste de l'Église presbytérienne ? Non, quand même; l'Église presbytérienne n'est pas aussi conservatrice: à la différence de l'ERQ, elle ne prône pas une interprétation littérale des Écritures et a des femmes pasteures. Seule une prise de contrôle de l'Église presbytérienne par des fondamentalistes pourrait permettre de s'unir à un tel groupe.
Il ne faut toutefois pas sous-estimer les forces de changement à l'oeuvre au sein de l'Église presbytérienne. Cette Église accepte les femmes pasteures. Elle l'a fait sur le tard, longtemps après l'Église Unie (1936), mais elle l'a fait tout de même. En mai, un article pour l'acceptation des homosexuels-les dans l'Église a été publié dans le Presbyterian Record, chose impensable il y a quelques années seulement.
Ce n'est certes pas une Église progressiste, mais ce n'est pas non plus une Église fondamentaliste. C'est une Église lente, patiente, qui réagit en retard aux changements sociétaux, mais je la vois davantage comme une Église centriste que comme une Église évangélique conservatrice.
Cependant, je n'ai pas eu l'expérience que vous y avez eue, alors je suis peut-être complètement dans le champ !
persévérance
Cet ami presbytérien, c'est
Affiché le mer 17/06/2009 - 09:52
Cet ami presbytérien, c'est moi.
La question de la fusion est complexe. Notre Église est traversée par plusieurs courrants. Un courrant ontarien, dont les membres du sercrétariat central font partie et qui est le plus susceptible à l'ouverture et qui éventuellement serait la plus susceptible à se joindre à un projet de fusion des trois églises (vous oubliez l'Épiscopale).
Comme Église dite du mainline il y a du travail de fait dans le sens de la justice socio-Économique et de la protection de l'envirommenement. Nous sommes également conscients de l'imporatnce d'une spiritualité holistique plutôt que dualiste.
Bien sûr nous sommes une église confeassante, mais notre acceptation de la confession de Westminter est tempérée par deux déclarations de foi comme Foi Vivante (1998). L'Église américaine n'a cessé d'amender Westminster au fur et à mesure. L'Église Canadienne l'accepte comme document historique.
La question de l'inclusivité est toute aussi complexe parce que contrairement à l'Église unie, notre écclésiologie est ainsi faite que les congrégation locales n'on pas d'autonomie par rapport aux décisions adoptées en assemblée générale Nationale. Ce qui fait qu'une fois la définition du mariage ou l'ordination de candidats ouvertement gais et en couple (Là dessus la pratique est plûtot celle de l'autruche : Don't tell don't ask) est changée ce l'est pour toute la dénomination; les congrégations locale n'ont pas le choix de suivre. Et la preuve que notre congrégation n'est pas monolithique un moratoire de deux ans sur toute proposition par rapport à la définition du mariage a été décidé par L'A.G. de cette année
Un intervenant fait référence à l'affaire McDonald (Pasteur Gai de Lachine passé à l'Église unie) Le consistoire de Montréal avait procédé à son ordination sachant qu'il vivait ouvertement en couple avec son conjoint. Ce n'est que sous la pression de dissidents qu'un einstance supérieure (je suppose que c'ewst L'A.G.) a annulé son ordination et son installation. Sa congrégation, (tous des presbytériens) l'a suivi.
Contrairement à ce qu'un intervenant affirme, il y a une diversité théologique chez les presbytériens. Je suis moi-même un tenant des théologies de la libération et je crois que Barth et Bonhoffer s'y intéresseraient. D'autres ne jurent que par Tillich... Les discussions et les débats ne manquent pas et c'est de santé.
Par contre je crierai bien haut que l'option pour les pauvres n'est pas une option c'est une engagement nécessaire let es chrétiens ne peuvent accepter que les deux tiers du mondent meurent de faim alors que ceux de l'Hémisphère nord meurent d'indigestion. La prédication de l'Église doit avoir un impact sur les pratiques des gens sinon on fait du consumérisme religieux. D'autre part notre foi se nourrit dans l'écoute de la Parole de Dieu et dans la priére. Les protestants ont trop longtemps négligé la contemplation. Mon modèle ( après Jésus) demeure le mahatma Gandi qui a toujours refusé de séparer les deux.
Mais il reste les irréductibles et les fondamentalistes qui sont bien présents dans nos trois Églises.
L'idée d'une seule dénomination protestante m'étonnerait mais, d'après moi, un nouveau recoupement est fort plausible.
Je suis un presbytérien confessant, on pourrait même me qualifier de Barthien, cependant les considérations pastorales et morales me semblent plus susceptible d'évoluer non pas pour se mettre à la mode du jour mais parce que les données changent et jettent un nouvel éclairage sur ces questions.
faust65
Merci ''persévérance'', Je
Affiché le mer 17/06/2009 - 17:48
Merci ''persévérance'',
Je constate qu'il y a des presbytériens bien au fait des théologies moins traditionnelles et même plutôt libérales, je l'ai également constaté en fréquentant deux églises presbytériennes. Je dois avouer que je n'ai jamais été membres de ces deux églises, et encore je ne les fréquentais pas avec assiduité. Cependant j'ai souvent été surpris d'y entendre, après la célébration, des membres avoir des positions beaucoup plus libérales que leur pasteurs ou leur comités des anciens.
Tout ça m'a laissé sous l'impression que le clergé affiche un conservatisme qui laisse quelques membres de leurs congrégations, je dirais impatients de voir une ouverture émanant des têtes dirigeantes de l'église presbytérienne. Il m'a semblé également que ces congrégations bénéficiaient d'une moins grande autonomie que leurs soeurs de l'église Unie.
Évidemment il est possible que je me trompe.......Je ne peux faire une analyse très poussée entre l'église Unie et l'église Presbytérienne, précisément parce que je me suis peu impliqué dans le presbytérianisme.
persévérance
Cher Faust, ëtes vous allé
Affiché le jeu 18/06/2009 - 20:19
Cher Faust,
ëtes vous allé dans une congrégation francophone comme St-Luc? Je pense qu'elle est une de celles qui promet.... La diversité (avec une présence à la fois de conservateurs et de progerssistes) y est évidente. le culte y est plus convivial et la chaleur de l'accueil en incite plusieurs à "s'accrocher les pieds" et à y rester. Ceci dit elle est pleine de contradictions mais elle garde une certaine cohésion.
L'égliseSt-Columba on the lake à pointe Claire est certes une de celles dirigées par un pasteur (Ian Fraser) et des anciens visionnaires.
Je pense que l'Esprit pousse les Églises en un mouvement vers L'Église Universelle diverse dans son unité. Voilà l,avenir tant qu'à moi.
faust65
Bonjour Persévérance; J'ai
Affiché le ven 19/06/2009 - 08:49
Bonjour Persévérance;
J'ai déja fréquenté l'église Presbytérienne St-Luc mais il y a plus de 5 ou 6 ans que je n'y suis pas retourné. Je suis d'accord avec toi, la diversité multiculturelle, la convivialité ainsi que l'accueil chaleureux m'y attirait. Le pasteur à l'époque était Marc-Henri Vidal, je ne sait s'il y est encore. Lorsque j'ai fait le ''saut'' à l'Église Unie, la congrégation de St-Luc partageait quelquefois la célébration, c'était des moments fort agréables d'ailleurs. Malgré quelques divervences d'opinions, dont on ne parlait pas, les membres des deux congrégations démontraient un enthousiasme sincère à se réunir pour un partage. Je crois que c'est la Foi qui unie les chrétiens et non les dogmes ainsi que les différences écclésiales et théologiques. Du moins c'est ce que j'ai constaté avec ces deux congrégations; l'église Presbytérienne St-Luc et l'église Unie St-Jean.
J'avoue que je serais attristé de voir l'église Presbytérienne du Canada se disloquer. Je crois que la diversité a une place importante, les chrétiens ne sont pas tous semblables et ne partagent pas tous les mêmes points de vue. Sans compter la place historique importante qu'occupe l'église Presbytérienne du Canada ! Non ce serait un appauvrissement du christianisme au Canada que de voir cette église se fondre dans plusieurs entités.
Simon le Zélote
Eh bien, si je m'attendais à
Affiché le ven 19/06/2009 - 19:39
Eh bien, si je m'attendais à cela, cher Persévérance... Je savais que le sujet allait vous intéresser, mais je ne m'imaginais guère que vous iriez jusqu'à devenir membre du Caféchange et apporter votre contribution à notre discussion ! Merci et bienvenue parmi nous !
Le regard "de l'intérieur" que vous posez sur notre Église-soeur qu'est l'Église presbytérienne au Canada nous donne des renseignements fort utiles pour la mieux connaître. J'ignorais totalement l'existence de ce "courant ontarien" et des autres auxquels vous faites allusion.
Vous parlez de l'Église anglicane... Trop tard, une fusion entre celle-ci et l'Église Unie a avorté dans les années 70. L'Église Unie était prête à accepter d'avoir des évêques (sans toutefois croire à la succession apostolique), et du côté anglican, les laïcs ont voté pour la fusion, les prêtres ont aussi voté pour, ce sont les évêques qui ont dit non. Ce serait étonnant qu'on revienne 40 ans plus tard avec une idée qui a échoué.
Je ne connais pas ce qu'est une spiritualité holistique versus une spiritualité dualiste.
J'ignorais aussi la politique officieuse du "don't ask, don't tell". Je croyais qu'il était totalement interdit d'ordonner au ministère pastoral de tels candidats depuis l'affaire Darryl MacDonald.
Au niveau des théologies, je croyais en effet que la théologie réformée, plus la néo-orthodoxe que la calviniste quand même, était la seule acceptée et excluait toutes les autres. Je ne connaissais pas ce pluralisme théologique chez les presbytériens, je croyais que c'était une particularité de l'Église Unie. Une particularité pas toujours heureuse, avouons-le. La diversité des points de vue, c'est excellent, mais parfois on se retrouve avec quelque chose qui ne semble avoir plus rien de chrétien tellement c'est mêlé de considérations politiques qui n'ont rien à voir avec Jésus-Christ et son message.
La contemplation... Oui, c'est vrai, le protestantisme historique a négligé cette façon de vivre sa foi, s'en est même méfié. Peut-on dire que l'Église presbytérienne serait plus mystique, plus contemplative que ne l'est une Église Unie plus intéressée par l'activisme ?
Vous faites bien de rappeler que les fondamentalistes sont présents même au sein des trois grandes Églises "mainline" canadiennes, et que les changements ne doivent pas être faits dans le seul but de suivre les modes.
Tout ça m'a laissé sous l'impression que le clergé affiche un conservatisme qui laisse quelques membres de leurs congrégations, je dirais impatients de voir une ouverture émanant des têtes dirigeantes de l'église presbytérienne.
C'est drôle, dans l'Église Unie, c'est exactement le contraire ! La tête de l'Église est souvent beaucoup plus progressiste que ne le sont les fidèles en général, sauf dans certaines paroisses urbaines.
Pour répondre à votre question: non, Marc-Henri n'est plus à l'église St-Luc, il est maintenant à Washington à l'église française à la place d'Olivier Bauer qui enseigne désormais à l'Université de Montréal.
Étant à l'église unie St-Jean depuis bientôt huit ans, je ne me souviens pas de célébrations communes des deux paroisses, sauf pendant la Semaine sainte. Traditionnellement, le soir du Jeudi saint, il y a méditation et repas à St-Jean auquel nos frères et soeurs de St-Luc sont invités; ils viennent toujours. Et le soir du Vendredi saint, St-Luc célèbre un culte des ténèbres auquel les gens de St-Jean sont invités. C'est le seul moment dans l'année où les deux communautés font quelque chose ensemble, ce qui est bien dommage.
Je ne crois pas à une disparition de l'Église presbytérienne malgré son déclin numérique très rapide. Une dénomination peut exister à 100 000 membres, 10 000, 1 000 ou même 100. Oui, ce serait une perte dans l'Église canadienne d'assister à la disparition de cette dénomination dont vous soulignez avec justesse le rôle historique important qu'elle a joué.
faust65
En fait lorsque je faisais
Affiché le dim 21/06/2009 - 15:32
En fait lorsque je faisais allusion aux célébrations communes entre les deux églises soeurs, il s'agissait outre celles de la semaine Sainte, des rencontres que nous avions également à l'église Unie de Belle-Rivière à Ste-Scholastique. Plusieurs membres de l'église Presbytérienne St-Luc ainsi que leur pasteur Marc-Henri Vidal et sa famille, étaient présents.
Tiens je soulignais dans un message précédent de l'importance historique et sociale de l'église Presbytérienne. L'église Unie de Belle-Rivière était à l'origine une paroisse presbytérienne fondée par des Patriotes ayant été soit excommuniés de l'église Catholique ou amèrement déçus par l'aplaventrisme de celle-ci. Il est tout de même curieux de constater que malgré les dissenssions majeures entre anglos et francos de l'époque, l'église presbytérienne était beaucoup plus disposée à accepter et faire bénéficier les bienfaits du culte que l'église mère des francos-canadiens. Bon il faut tout de même admettre que pour beaucoup de presbytériens d'origine écossaise, il s'agissait non seulement d'une opportunité de rallier des catholiques dans leurs rangs, mais également de les assimiler, quoique les presbytériens de l'époque n'aient jamais demandé aux nouveaux membres francophones de renier leur langue et leurs coutumes.....
Mais ça c'est de l'histoire ancienne, je ne voudrais pas ennuyer les lecteurs de ce forum tout de même !