De retour d'une compétition de basketball par une nuit de tempête, 7 jeunes du High School de Bathurst, N.B. et une enseignante ont perdu la vie dans un accident de la route. Le chauffeur est le conjoint de l'enseignante et le père d'une jeune qui a survécu...
Ce dimanche matin tout le monde était sous le choc lors du culte... Bathurst c'est sur l'autre rive de la Baie-des-Chaleurs; plusieurs y ont des parents et des connaissances. Ce matin aussi, le soleil brille, la mer est splendide, on a peine à se représenter la tempête qui est la toile de fond de cette tragédie.
La foi ne doit surtout pas escamoter le choc, le scandale de l'absurde et de l'arbitraire : n'est-ce pas ça aussi la croix? Que dire, que faire...? Prier silencieusement, être solidaire, aimer nos enfants, prendre soin de ceux qui restent... Et tout à coup, j'entends comme l'écho du prophète lors du massacre des enfants de Bethléem :« Un cri s'élève dans Rama, des pleurs et une longue plainte : c'est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus. » Matthieu 2,14
La lamentation c'est aussi une forme d'oraison, une intercession pour les familles de Bathurst, qui rejoint dans cet évènement précis le tragique de la condition humaine partout sur la planète.
Pour les faits : Une équipe de basketball fauchée
http://www.cyberpresse.ca/article/20080113/CPACTUALITES/801130602/5358/C...
Pour la question : Tragédie à Bathurst: un soir où la chance prend congé
http://www.cyberpresse.ca/article/20080113/CPACTUALITES/801130601/5358/C...
© Caféchange. Tous droits réservés
Caféchange est une initiative de la communauté de l'Église Unie du Canada
Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement celles du Caféchange, ni celles de l'Église Unie du Canada.
Commentaires
unVeilleur
Affiché le jeu 17/01/2008 - 08:32
LA MORT ENCORE
Pierre Foglia
La Presse
Ils revenaient de Moncton où ils étaient allés disputer un match de basket. Encore deux ou trois kilomètres et le minibus les aurait laissés un par un à leur porte, ils seraient rentrés dans leur maison endormie, de l'étage la voix ensommeillée de leur père aurait demandé: vous avez gagné? Puis la voix de leur mère: y'a de la tarte au citron dans le frigo.
Le plus pétrifiant, c'est leur âge. 17 ans, 17 ans, 17 ans, 17 ans, 17 ans, 16 ans, 15 ans. Cet âge où l'on est pourtant immortel. S'en prendre à Dieu? Au diable? Au basketball? Surtout pas à Dieu. Dans ces grands malheurs-là, je ne vois personne d'autre que Dieu pour aider un peu. Même s'il n'existe pas, il sera toujours plus réconfortant que les psys qui existent trop.
Avez-vous noté comme moi que les psys arrivent maintenant bien avant les curés dans l'immédiateté des tragédies? Du même souffle qu'on nous annonçait la mort de ces sept jeunes gens (et de la femme de leur entraîneur), on ajoutait que des thérapeutes spécialisés dans la gestion du deuil étaient déjà sur place, prêts à dispenser leurs «morticolories» aux familles et aux camarades des victimes. On s'étonnera peut-être que ce soit un athée qui regrette les curés, c'est que corbeaux pour corbeaux, je préfère encore ceux qui croient à ceux qui croassent.
Je retiens de cette tragédie une photo, magnifique. Elle montre un panneau de basketball qui a été dressé sur les lieux de l'accident par les amis des victimes. Ils sont quatre à en porter un cinquième sur leurs épaules, celui-là brandit un bouquet qu'il va essayer de faire tenir dans le filet. Comme un doigt d'honneur à la mort mais au lieu d'un doigt, c'est un bouquet de fleurs[...]
Chronique du 17 janvier 2008
http://www.cyberpresse.ca/article/20080117/CPOPINIONS05/801170809/6730/C...