Que pensez-vous de cette histoire ?
Le Brésil est secoué sur le plan éthique et religieux par une affaire d'avortement. Elle concerne une fillette de 9 ans qui a été violée par son beau-père. En effet, sa mère et tous les membres de l'équipe médicale ont été excommuniés.
La semaine dernière, la jeune Franzina a été envoyée à l'hôpital parce qu'elle souffrait de maux de ventre. Chétive, elle était enceinte depuis quatre mois et attendait des jumeaux.
Sa vie étant en danger, et ayant été violée, la décision d'avorter a rapidement été considérée par la mère et les médecins comme étant une solution. D'ailleurs, la présence de ces deux conditions permet de rendre légale la pratique d'un avortement dans ce pays.
Les autorités religieuses
Toutefois, ces conditions n'ont pas été jugées suffisantes pour l'archevêque d'Olinda et Recife, Jose Cardoso Sobrinho, qui a décidé d'excommunier l'équipe médicale qui a procédé à l'avortement ainsi que la mère de la petite victime. Il a invoqué comme argument que « la loi de Dieu est au-dessus des lois humaines ».
L'archevêque a même obtenu l'aval du patron de l'église de l'Amérique latine, le Cardinal Battista. Celui-ci a maintenu les excommunications.
Le président scandalisé
Le président du plus grand pays catholique au monde, Lula da Silva, tout comme son ministre de la Santé, s'est dit scandalisé par l'aspect conservateur de cette position.
C'est impensable de laisser cette fillette poursuivre sa grossesse et, dans ce cas, la loi de la médecine surpasse clairement la loi de l'Église. — Luiz Inacio Lula da Silva
Par ailleurs, des milliers de Brésiliennes sont descendues dans les rues lors de la Journée internationale des femmes pour réclamer la légalisation de l'avortement. Elles ont profité de l'occasion pour dénoncer le conservatisme de l'Église.
Un cas qui n'est pas rare
Le drame de la fillette est loin d'être un cas isolé. Dans l'État de São Paulo, 43 % des cas de viols rapportés concernent des fillettes qui sont âgées de moins de 12 ans.
Chaque jour au Brésil, dix femmes ou jeunes filles réussissent à se faire avorter légalement. Or, il s'agit d'une infime proportion des avortements puisque, chaque année, plus d'un million de Brésiliennes se font avorter dans des cliniques clandestines. D'ailleurs, c'est la quatrième cause de mortalité chez les femmes de ce pays.
Malgré la polémique qui entoure cette affaire, il est peu probable que la voie à la légalisation de l'avortement soit ouverte. En effet, selon les derniers sondages, 65 % des Brésiliens s'y opposent.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press
© Caféchange. Tous droits réservés
Caféchange est une initiative de la communauté de l'Église Unie du Canada
Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement celles du Caféchange, ni celles de l'Église Unie du Canada.
Commentaires
Dominique
Difficile de juger la mère
Affiché le mar 10/03/2009 - 16:26
Difficile de juger la mère qui a autorisé cet avortement tout comme il m'est difficile de porter un jugement sur quiconque envisagent cette solution à un moment ou l'autre de sa vie. Je ne suis pas en faveur de l'avortement pour autant, mais faut-il spécifier que ce cas particulier dérange mes conceptions..
Comment une enfant de 9 ans qui vit le traumatisme de l'agression peut-elle prendre en charge les enfants de son agresseur? Quelles seront les conséquences sur les enfants nés dans de telles conditions?
On s'imagine, souvent dans les milieux religieux, que les femmes qui se font avorter le décide comme on décide d'aller à l'épicerie. Peut-être dans une faible minorité mais j'en connais pour qui cette expérience est demeurée plus négativement marquante que le fait d'avoir eu des enfants. Je ne veux surtout pas juger les choix et les raisons de ces choix, surtout que je n'aurai jamais eu à «choisir» en tant qu'homme au cours de ma vie.
Encore une fois, l'attitude de l'Église catholique est ici incapable d'accueil et de sensibilité. Est-ce surprenant? Non!
Dans un pays aussi religieux que le Brésil, j'imagine que l'excommunication affirme davantage la notion d'exclusion de la communauté que dans un autre pays où cette église est monoritaire.
C'est l'agresseur «un violeur d'enfant» qui s'en sort bien en fin de compte. Je trouve ça révoltant.
unVeilleur
Dominique vous avez bien
Affiché le mer 11/03/2009 - 05:04
Dominique vous avez bien campé le contexte. Le viol d'un enfant c'est "moins grave"... La nausée...
Est-ce ce type de conception qui a toléré, parfois même protégé, des clercs abuseurs?
9 ans! monsieur le cardinal et vous monsieur l'archevêque. Savez-vous ce que c'est une enfant de 9 ans? Considérez le cas : il ne s'agit pas ici d'un principe universel.
Ces hommes semblent mieux savoir que tout le monde: ils vivent dans leur tête; ces "pères" sans enfant savent mieux gérer la famille que les femmes et les hommes en situation. Ils ont toute la science... sauf celle du doute de leur position qu'ils ne semblent même pas soupçonner d'arrogance.
J'aimerais bien entendre leurs collègues d'Amérique du Nord là-dessus. Suis-je naïf d'espérer d'eux plus de nuances?
Choucroute
À 9 ans les foetus meurent,
Affiché le mar 10/03/2009 - 19:05
À 9 ans les foetus meurent, la fillette porteuse meurt...et le clergé prie pour son âme...la belle affaire...
À 9 ans, on a du mal à ouvrir sa conserve de salade de fruit, on ne sait pas comment décoincer son manteau d'hiver, on se demande à quelle heure est passé le lapin de Pâques à la maison...
Une autre bonne raison de demander ma propre excommunion... À qui faut-il s'adresser ?
Clermont
Oh oui, ce geste de l'évêque
Affiché le mar 10/03/2009 - 19:51
Oh oui, ce geste de l'évêque de Recife est "scandaleux"... On est loin de l'attitude du Cardinal Harns, de Sao Paolo dans les années 80... Et on se demande pourquoi tant de gens quittent l'Église ou prennent leurs distances...
Et le "violeur" d'une enfant de 9 ans, lui, peut-être faudrait-il le "bénir"!!!!
Ça me rappelle un fait: je crois qu'il s'agit du grand Léo Ferré, ou peut-être aussi Georges Brassens, qui se disait "incroyant", mais qui a été un homme profondément "bon, généreux", un homme de coeur... Et quelqu'un, peut-être a sa mort, a dit: "Est-ce que Dieu peut accueillir un croyant "qui n'a pas de coeur", ou s'il va davantage accueillir un incroyant qui a un coeur si bon?" Il n'y a pas de doute pour la réponse... Et c'est merveilleux!
Cette histoire de la fillette du Brésil, et de sa mère, et de ce violeur d'enfant, et de cet évêque, povre, povre, povre... une histoire totalement triste qui fait gravement frémir les croyants comme les incroyants, et partout à travers le monde...
Où est donc passé le jugement, le bon jugement, le discernement, et, pourquoi pas, l'intelligence, sans oublier... l'Évangile de Jésus?
Simon le Zélote
Choucroute a écrit: "Une
Affiché le mer 11/03/2009 - 09:32
Choucroute a écrit:
"Une autre bonne raison de demander ma propre excommunion... À qui faut-il s'adresser ?"
Je ne suis pas sûr si vous êtes sérieuse ou s'il s'agissait d'une boutade, mais à tout hasard, je peux raconter mon expérience là-dessus.
En 2004, après avoir fréquenté l'Église Unie pendant trois ans, j'en étais arrivé à la conclusion que j'avais trouvé ma place et que je ne voulais plus être catholique. Je tenais à ce que l'Église catholique le sache, alors j'ai écrit une lettre "d'abjuration" de la foi catholique. J'y décrivais les raisons pour lesquelles je ne voulais plus faire partie de cette Église et pour lesquelles je voulais devenir protestant, dans l'Église Unie. IMPORTANT: j'ai précisé que je n'apostasiais pas la foi chrétienne, que je ne reniais pas mon baptême. Je demeurais chrétien, mais je voulais changer d'Église.
Je me suis renseigné auprès de l'Archevêché de ma ville et ils m'ont dit que ma lettre devait parvenir à la chancellerie du diocèse. J'ai donc envoyé ma lettre à la chancellerie de l'Archevêché de Montréal.
J'ai reçu une lettre quelques jours après, une lettre toute gentille, douce même (écrite par une femme), me disant qu'ils prenaient acte de ma décision. Comme je ne reniais pas mon baptême, aucune annotation n'allait être ajoutée à mon certificat de baptême, mais la correspondance échangée entre la chancellerie et moi (dont ma lettre) allait être conservée dans leurs dossiers (ou leurs archives). La lettre se terminait en me disant que si un jour je voulais revenir à l'Église catholique, je serais toujours le bienvenu.
L'Église Unie ne demandera jamais à personne de faire ce que j'ai fait avant d'en devenir membre. Ce n'est pas nécessaire. Mais pour moi, c'était important d'informer l'Église que je quittais avant d'intégrer ma nouvelle communauté d'appartenance. Aussi, je voulais qu'elle sache pourquoi je la quittais. Il faut qu'elle le sache. Je ne voulais plus que l'Église catholique québécoise, qui dit parler au nom des 86% de Québécois qui sont catholiques, continue de parler en mon nom.
Ça, c'est mon expérience, je n'en témoigne pas dans le but d'inciter les gens à faire la même chose que moi. À chacun d'agir selon se conscience et par les moyens qui lui semble les plus appropriés.
unVeilleur
Je constate que je ne suis
Affiché le mer 11/03/2009 - 09:45
Je constate que je ne suis pas seul à m'être demandé ce que l'épiscopat nord-américain dirait là-dessus.
Marie-Claude Lortie , de La Presse, a cherché à obtenir un commentaire des évêques québécois, avec un succès mitigé. Jetez un coup d'oeil aussi sur le texte de Rima Elkouri également de La Presse. Vraiment, comme dit l'expression populaire : "plus ils parlent plus ils se calent"!
unVeilleur
Voici le texte d'une lettre
Affiché le mer 11/03/2009 - 10:39
Voici le texte d'une lettre ouverte aux journaux d'un militant chrétien catholique de longue date dont nous avons pu lire les réflexions dans les éditoriaux du Caféchange.
Le Vatican quel pénible cancer
J’ai travaillé toute ma vie en pastorale dans l’Église catholique. J’ai côtoyé bien des prêtres et des évêques qui étaient de vrais pasteurs malgré les contraintes du cadre légaliste entourant leurs fonctions. Mais les déclarations de l’évêque brésilien au sujet du viol et de l’avortement d’une jeune fille de 9 ans, et pratiquement tout ce que le Vatican peut dire concernant les femmes et la sexualité, battent des records d’insignifiance en plus de contredire et discréditer l’esprit de la Bonne nouvelle à l’origine de cette religion. Ces célibataires frustrés, coupés du vrai monde et de la vie, recroquevillés dans leur bulle de pouvoir, ne représentent absolument pas la riche réalité du monde de la foi chrétienne.
Globalement, je considère que le Vatican est un cancer pour l’Église et le monde depuis des siècles. Une institution patriarcale qui a infantilisé, opprimé et violenté (torturé) tant de croyants, en particulier les femmes. Quelle chimiothérapie pourrait-elle bien venir à bout de cette peste? Surement l’affirmation de notre autonomie et de notre liberté de conscience. Et s’il y avait des femmes dans ce cercle fermé de mâles misogynes il y aurait plus de compassion, d’intelligence et de bon sens.
Gérard Laverdure
Dominique
Ouf.! Quelle déclaration!
Affiché le mer 11/03/2009 - 15:04
Ouf.! Quelle déclaration! J'en ai le souffle coupé tellement ça rejoint ce que je pense. Merci Veilleur de nous partager ce texte.
Circe
Bonjour, Je ne suis pas
Affiché le mer 11/03/2009 - 18:22
Bonjour,
Je ne suis pas Canadienne, mais Française. Je ne suis pas croyante. Je suis agnostique, et chaque jour qui passe me donne des raisons supplémentaires d'être confortée dans ce choix philosophique de pensée.
Comment ne pas être révoltée d'apprendre l'excommunication d'un Mère et d'une équipe médicale qui ont autorisé et pratiqué un avortement sur une fillette de 09 ans. Je suis moi-même Mère et Grand-Mère, et je sais que je ne me serai posée aucune question quant à un choix face à cette horreur. J'aurais agi de la même façon !
Comment faire porter sur une fillette le poids d'un crime abominable et en même temps "excuser" le criminel ? Voilà qui ne lasse pas de m'interroger. Dans le même temps un Msg Williamson, négationniste en Diable voit son excommunication levée.
Que de crimes, que d'abominations on commet au nom d'une religion ou d'une autre. Et les Femmes paient toujours le prix fort, vilipendées, méprisées, avilies, rabaissées, humiliées, maltraitées, voire lapidées.
Bien entendu, ici en France les réactions ont été nombreuses. Le magazine La Croix tout d'abord et puis aussi voici ce qu'en disent les chrétiens de "Golias" :
SCANDALEUX !
Archevêque de Recife depuis 1985, Mgr José Cardoso Sobrinho, carme de 76 ans sur le point de partir à la retraite, a véritablement démantelé les communautés de base de son diocèse et renié l’esprit de Dom Helder Camara. Son prédécesseur bien connu. Dont on célèbre pourtant cette année dans le diocèse concerné le centenaire de sa naissance, en 1909. Peu communicatif, cassant, autoritaire et ultraconservateur, Dom Cardoso ne quittera donc pas sa charge sans avoir en quelque sorte apposé un point final à son œuvre réactionnaire et oppressive.
Ce prélat détesté de son clergé, ou de ce qu’il en reste, traquant l’hérésie et fustigeant la théologie de la Libération a excommunié la mère d’une enfant de neuf ans ayant avorté de jumeaux suite à un viol. Il a également excommunié toute l’équipe médicale. Le prélat a argué qu’aux yeux de l’Église catholique, l’avortement était un "crime" et que la loi de Dieu était "au-dessus" de celle des hommes : "La loi de Dieu est au-dessus de n’importe quelle loi humaine. Alors, quand une loi promulguée par des législateurs humains est contraire à la loi de Dieu, cette loi n’a aucune valeur."
Cerise sur le gâteau : le même archevêque menace à présent d’attaquer la mère en justice pour "homicide". Pourtant, cette "grossesse comportait de hauts risques et mettait la vie de l’enfant en danger", a déclaré à la presse le docteur Sergio Cabral qui a réalisé l’intervention mercredi dans un hôpital public de Recife . La police a en outre découvert que le beau-père de l’enfant abusait d’elle depuis qu’elle avait six ans, ainsi que de sa sœur aînée de 14 ans, Le beau-père de 23 ans, a avoué les délits et encourt quinze ans de prison.
L’interruption volontaire de grossesse est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Cela n’empêche évidemment pas un million de femmes d’avorter clandestinement, lors d’opérations qui coûtent la vie à des milliers d’entre elles chaque année, selon les autorités. « L’état de la fillette s’appliquait aux deux cas et, comme médecins, nous ne pouvions pas faire courir de risques à une enfant de 9 ans, dont les organes ne sont pas encore formés", précisait le docteur Cabral.
Plusieurs organisations non gouvernementales de défense de la femme ont soutenu l’interruption de grossesse de la fillette. Une immense majorité de catholiques est profondément indignée et blessée du manque de compassion et d’humanité de l’archevêque. Avec l’appui du président Lula, le ministère de la Santé du Brésil tente actuellement de dépénaliser l’avortement mais il se heurte à la réaction de l’aile la plus conservatrice de l’Église, en particulier de Mgr Cardoso.
Il est facile de faire porter aux autres des fardeaux que l’on ne porte pas soi-même ! Une attitude dénoncée pourtant par un certain Jésus.
Je ne vous fais pas tous les liens avec les journaux de gauche ou féministes. Ce serait sans doute fastidieux J'ai participé pour ma part à la Manifestation des Femmes à Paris pour la journée Internationale des Femmes. Nous avons tant à faire alors que la crise permet à certains de revenir en arrière sur des droits fondamentaux.
Dominique
Un grand merci Circé de nous
Affiché le jeu 12/03/2009 - 16:12
Un grand merci Circé de nous apporter votre vision sur ce site. Même si vous êtes agnostique, je crois que ce que vous nous partagez nous rejoint aussi comme croyant.
Pour ma part, j'ai été assez choqué de lire sur certains blogues et autres forums la réactions de certains chrétiens (même inclusifs) qui condamnent sans équivoque la mère dans cette histoire et qui y vont de commentaires assez durs. Je vous partage ici le texte d'un ami blogueur de Belgique qui a réagi à ces condamnations sur son propre blogue. Ce texte est touchant.
Je suis athée et je suis croyant...
(Pris sur http://bendebxl.skynetblogs.be/category/1000474/1/Ma+vie)
Parce que les autorités vaticanes sont sensées nous dire Dieu,
parce que les autorités vaticanes me parlent d'un Dieu légiste et intransigeant,
parce que les autorités vaticanes manifestent plus de respect pour un négationiste,
parce que les autorités vaticanes pensent que la machine à laver est le plus grand progrès réalisé au XXe siècle pour les femmes,
parce que etc.,
je suis athée ! Athée de ce Dieu dont ellles veulent me parler et dont elles exposent le concept à force de déclarations.
Athée d'un Dieu qui ne serait pas amour et compassion, d'un Dieu qui excuse le criminel et condamne la victime...
Mais je suis croyant !
Je crois en un Dieu qui a pris le parti de l'humain à tel point qu'il a choisi de se faire homme.
Je crois en un Dieu qui accueille le criminel ("Aujourd'hui avec moi tu seras en paradis") et qui se fait un avec la victime.
Je crois en un Dieu qui a pris le visage de Jésus, ce Christ qui n'a pas hésité à prendre le risque d'annoncer une Parole de libération.
Je crois en Jésus, le Seigenur, qui a dénoncé l'esprit torve des pharisiens
Je crois au pardon inconditionnel et à l'amour sans limite qu'il a manifesté.
Je crois qu'il est mort pour le pardon de TOUS les pécheurs.
Je crois qu'il est vivant et qu'il inspire aujourd'hui encore les hommes et les femmes qui l'écoutent.
Je crois qu'il respecte la diversité et se plaît dans nos différences mais vaut faire taire nos différents.
Contrairement à certains de mes commentateurs, (...), je crois que Dieu envoie son Esprit pour éclairer les consciences.
Je crois qu'il répète sans cesse : " Ma grâce te suffit, car c'est ma puissance qui se déploie dans la faiblesse."
Je crois que l'Église que le Christ a fondée est sainte et qu'elle dépasse largement toutes les dénominations que les hommes ont instituées au fil du temps.
Je crois aussi qu'elle est pécheresse et qu'en de nombreuses occasions elle s'est trompée et se trompe encore.
Je crois que tout baptisé est prêtre, prohète et roi.
Je crois qu'il faut des règles de vie commune mais je crois aussi qu'il y a des règles qui valent plus que d'autres.
La première de toutes est la règle de l'Amour et de la compassion.
A l'image de Jésus...
Je veux le suivre et témoigner de lui car ma vie est merveille à ses yeux, car c'est un bonheur de le découvrir au coeur de la vie.
Je veux en témoigner mais ne jamais l'imposer.
"Voici que je me tiens à la porte..."
Clermont
Merci, Dominique pour ce
Affiché le ven 13/03/2009 - 07:53
Merci, Dominique pour ce magnifique texte de ton ami belge! Quelle belle expression de la foi et d'une foi profonde!
Quant au drame de cette fillette du Brésil et de sa mère, non et non à la condamnation, à l'exclusion et à l'excommunication, et un immense "oui" à la compassion, au soutien, et à l'amour inconditionnel de notre Dieu à travers des proches qui peuvent leur être présents et les accompagner. C'est ainsi, je crois bien, que continue de se faire l'Évangile de Jésus aujourd'hui...
unVeilleur
Voici deux voix d'évêques qui
Affiché le ven 13/03/2009 - 14:10
Voici deux voix d'évêques qui ont réagi à l'intervention de Mgr Sobrino; ils appellent à la nuance et à la compassion au nom de l'Évangile. Dieu merci! Il est bon de les faire entendre et de montrer que tous les membres de la hiérarchie catholique romaine n'approchent pas les choses de la même façon.
Il y avait autre chose à dire
J’ai appris comme tout le monde que la mère d’une fille de neuf ans, enceinte de son beau-père, avait été excommuniée par son évêque au Brésil, avec l’équipe médicale qui avait procédé à l’avortement de sa fille. Comme évêque, je suis solidaire de tous les évêques du monde. La solidarité impose de dire ses désaccords, sinon elle ne serait que complicité. Je dois dire à mon frère l’évêque de Recife – et au cardinal qui l’a soutenu - que je ne comprends pas leur intervention. Devant un tel drame, devant la blessure d’une enfant violée et incapable, même physiquement, de mener à terme une grossesse, il y avait autre chose à dire, et surtout des questions à se poser : comment accompagner, encourager, permettre de sortir de l’horreur, de retrouver sens et goût à la vie ? comment aider la fille et la mère à se reconstruire ? Nous balbutions, surtout nous les hommes, et devons compter sur les femmes pour être là avec plus de présence que de paroles. Mais des paroles de condamnation, un rappel de la loi, aussi juste soit-elle : c’est ce qu’il ne faut pas faire.
Jésus aurait dit que la morale est faite pour l’homme et non l’homme pour la morale. Il a dénoncé l’hypocrisie de ceux qui lient de pesants fardeaux sur les épaules des autres.
Je confesse que j’ai accompagné des femmes avant et après une IVG. Je crois que l’Église catholique assume sa responsabilité sociale en insistant, à temps et à contre-temps, sur le respect de la vie humaine « depuis la conception jusqu’à la mort naturelle ». Nous manquerions à notre responsabilité en taisant cet appel, qui relève de la défense des plus petits et des plus faibles. Après, il s’agit d’accompagner chaque personne, dans des situations où je ne voudrais pas être, et où chacun essaie de faire au mieux de ce qu’il ou elle peut. Dieu nous appelle à des décisions qui peuvent être exigeantes, mais d’abord il nous enveloppe de sa tendresse, et il nous accueille dans les obscurités et les drames de la vie. J’attends des hommes d’Église, mes frères, qu’ils n’utilisent pas son nom pour condamner des personnes ou les enfermer dans la culpabilité.
Francis Deniau, évêque pour la Nièvre
http://catho58.cef.fr/diocese/media/recife.htm
Lettre ouverte de Mgr Daucourt à Mgr Sobrinho,
archevêque d’Olinda et Recife au Brésil
Nanterre, le 12 mars 2009
Source : diocèse de Nanterre
Monseigneur,
Vous avez récemment tenu à déclarer publiquement l'excommunication d'une mère de famille qui avait fait avorter sa fillette de neuf ans, enceinte de quatre mois, après avoir été violée depuis l'âge de six ans par son beau-père. Vous avez décidé aussi publiquement l'excommunication des médecins qui ont pratiqué cet avortement. Je réagis donc publiquement à votre intervention par cette lettre ouverte.
Je vous rassure tout de suite : pour moi, l'avortement est la suppression d'une vie. J'y suis donc fermement opposé.
La mère de cette fillette a peut-être pensé qu'il valait mieux sauver une vie que de risquer d'en perdre trois… Peut-être les médecins lui avaient-ils dit qu'un petit utérus de neuf ans ne se dilate pas indéfiniment… Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que dans cette tragédie, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde. Dans une situation si dramatique, je crois fermement que nous, évêques, pasteurs dans l'Eglise, nous avons d'abord à manifester la bonté du Christ Jésus, le seul vrai Bon Pasteur. Je suis sûr qu'Il aime cette mère et qu'Il cherche des hommes et des femmes pour l'aider à continuer la route en étant soutenue amicalement, spirituellement et, si nécessaire, matériellement. Je suis sûr qu'Il demande d'apporter de l'amour à cette fillette marquée à vie et à sa sœur aînée handicapée, elle aussi violée. Je suis sûr qu'Il demande à l'aumônerie de la prison de s'approcher du beau-père violeur pour qu'il se repente, se convertisse et redevienne un jour un homme véritable. Je suis sûr que le Christ estime aussi que, si vous le pouvez, vous parliez avec les médecins qui ont pratiqué cet avortement parce que, comme les quarante gynécologues et obstétriciens que j'ai rencontrés il y a quelques mois et dont je n'ai pas partagé nécessairement toutes les positions, la plupart d'entre eux apprécient d'être écoutés et d'entendre divers points de vue alors qu'ils vivent souvent des drames de conscience.
Monseigneur, aidons-nous les uns les autres pour être avant tout des hommes d'espérance en Dieu et en tout être humain !
Je suis en relation d'amitié et de collaboration avec beaucoup d'évangéliques qui sont tout aussi opposés que vous et moi à l'avortement. Ils ne proclament pas cependant de condamnation publique. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles les communautés évangéliques attirent tant de catholiques aujourd'hui, en particulier au Brésil. Je constate que l'opinion publique ne comprend rien à l'excommunication. Elle la perçoit comme une condamnation des personnes et non une proposition de guérison et de conversion. J'estime donc que nous devons trouver d'autres moyens pour dire à nos communautés que le comportement ou les paroles de tel catholique ne sont pas en accord avec ce que l'Eglise comprend et croit de la volonté de Dieu.
Je ne vous cache pas non plus que je me demande aussi comment on peut dire que le viol est moins grave que l'avortement qui supprime la vie dans le sein d'une mère. Des femmes violées se sont confiées à moi. Certaines ont pu se redresser et avancer dans la vie avec le souvenir de leurs blessures qui ne disparaît jamais complètement. Mais d'autres, tout en étant physiquement vivantes, ont été tuées au plus profond de leur être et n'arrivent pas à revivre. La vie n'est pas que physique, vous le savez bien.
Je n'ai pas pu obtenir le texte complet de ce qu'a dit le Cardinal Re, mais le soutien que – selon les médias – il vous a apporté ne change rien à ma réaction pastorale. Pour la clarté des relations entre évêques, j'envoie un double de cette lettre à Monsieur le Cardinal Re.
Je vous prie de croire, Monseigneur, à mes sentiments attristés, mais aussi respectueusement fraternels, ainsi qu'à l'assurance de ma prière pour vous-même et ceux et celles qui, de loin ou de près, sont concernés par le drame de cette fillette.
Gérard Daucourt
Evêque de Nanterre
Le 12 mars 2009
Mystique
C'est sur que l'Eglise va
Affiché le sam 14/03/2009 - 12:02
C'est sur que l'Eglise va excommunier les gens qui ont participé à cette horrible tragédie, eux ils reconnaissent que la vie est sacré!
Après le traumatisme d'abus sexuels pendant des années, la fillette a maintenant vécu le traumatisme d'un avortement, cette pauvre fille ne pourrait-t-elle jamais avoir une vie normale?
Oui, peut-être que la mère pensait, compte tenu des circonstances, qu'elle faisait une bonne chose, les docteurs aussi.
Je ne suis pas pour la peine capitale mais si on est pour condamner quelqu'un à mort dans cette affaire, pourquoi pas commencer avec le gars qui a abusé de cette jeune fille, plutôt que 2 bébés jumeaux complètement innocents.
Simon le Zélote
Bonne nouvelle: La
Affiché le sam 14/03/2009 - 16:33
Bonne nouvelle:
La Conférence nationale des évêques du Brésil est revenue sur la désision de Mgr Sobrinho. Elle a annulé les excommunications, ou plutôt "nié" que Mgr Sobrinho ait excommunié qui que ce soit. Elle ne blâme pas ouvertement Mgr Sobrinho, mais se désolidarise clairement des excommunications.
"La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a désavoué l'archevêque de Recife qui a excommunié la mère d'une enfant de 9 ans ayant avorté de jumeaux à la suite d'un viol, ainsi que toute l'équipe médicale, et a nié l'excommunication.
Après l'avortement réalisé la semaine dernière dans un hôpital de Recife (nord-est du Brésil), l'archevêque José Cardoso Sobrinho avait argué qu'aux yeux de l'Eglise catholique l'avortement était un "crime" et que la loi de Dieu était "au-dessus" de celle des hommes pour justifier l'excommunication.
Néanmoins, pour le secrétaire général de la CNBB, Mgr Dimas Lara Barbosa, la mère de l'enfant a agi "sous la pression des médecins et dans le seul but de sauver la vie de sa fille" et c'est pourquoi elle ne peut être excommuniée.
"Il faut tenir compte des circonstances", a souligné Mgr Barbosa. Pour les médecins, "seuls seront excommuniés ceux qui pratiquent l'avortement systématiquement", a ajouté Mgr Barbosa lors d'une conférence de presse.
"
echanges2
J'ai fait parvenir cette
Affiché le sam 14/03/2009 - 21:19
J'ai fait parvenir cette lettre au Journal Le Soleil de Québec hier ;va t-elle être publiée ? Réellement, je m'en foue, néanmoins je dois dire que si elle l'était, ça me soulagerait que certaines personnes puissent savoir que ce n'est pas parce que je suis chrétienne que je dois me taire mais bien parce que je le suis que je me dois de parler et de dénoncer ce silence complice.
Le pape a renié le Christ
Le 11 juin 2007 j’ai fait parvenir à l’évêque de Joliette, une lettre lui indiquant que je quittais l’Église catholique entre autres raisons, l’Inquisition qui y règne encore en maître de façon subtile et perverse.
À la lumière des événements qui ont eu cours au Brésil dernièrement, il est clair que ma vision des choses n’était pas sans fondement; ce qui m’inquiète et m’interpelle au plus haut point, c’est de constater que les prêtres, les évêques et autres bonzes de cette église deviennent des complices bien installés dans le confort de leur pouvoir phallocrate. Tous ont renié le Christ dans son enseignement et dans sa raison d’être. Tous se cantonnent dans un silence fallacieux qui annonce le pire, non seulement pour le Québec mais pour le reste du monde. J’en appelle à mes frères et sœurs catholiques; quand vous lèverez- vous pour dénoncer cette attitude d’inquisition maladive ? Quand vous soulèverez-vous pour dire haut et fort que doit cesser ces jugements arbitraires sur vos vies ? Quand sortirez-vous donc dans les rues pour exiger que ces évêques et ces prêtres cessent de régner en roi et maître ? Attendez-vous que l’événement du Brésil se répercute sur vos filles, vos nièces, vos sœurs et vos amies ? Votre foi est-elle si pauvre que vous croyez que ces hommes soient Dieu en personne pour ne rien dire et ne rien faire ?
Depuis que j’ai quitté l’Église catholique ma foi n’a jamais été aussi forte et nourrie. Oui Dieu existe ! Mais non de la façon dont ce pape, ces évêques et ces prêtres avilissent les femmes et leur font porter tous les péchés du monde…surtout les leurs !
Marie-Andrée Babin
Québec
Simon le Zélote
Salut Échanges2, J'espère que
Affiché le dim 15/03/2009 - 07:29
Salut Échanges2,
J'espère que ta lettre sera publiée. Si j'avais eu à écrire une telle lettre, je l'aurais probablement fait avec des mots différents, mais ton témoignage personnel et les mots que tu as choisis sont authentiques et viennent du coeur.
Je comprends ta frustration. Pendant un certain temps après avoir quitté l'Église catholique romaine, je me désolais d'être le seul, semblait-il, à l'avoir fait; je me désolais que d'autres ne posent pas le même geste que moi.
Mais l'appartenance à une Église ne repose pas seulement sur les positions de celle-ci en matière de morale. Il y a toute une foi, une spiritualité, une piété qui dépasse ces positions. Beaucoup de catholiques que je connais ont des positions diamétralement opposées à celles du Vatican, mais ils demeurent catholiques parce qu'il sont attachés au culte marial, aux saints, à l'eucharistie célébrée chaque dimanche, à l'adoration du saint Sacrement, à la succession apostolique, à la Tradition, à l'Église qui est celle du Québec, se confondant avec leur culture faisant partie intégrante de leur identité (le protestantisme est vu comme qqch d'étranger). Même s'ils ne sont pas d'accord avec les déclarations de celui qui occupe pour un moment le siège pontifical, ils croient que l'Église catholique romaine, malgré ses défauts, est la seule véritable Église fondée par le Christ et que le pape (toujours malgré ses défauts) est le successeur de Pierre et le vicaire du Christ sur terre: tout cela a été voulu par le Christ et est voulu par Dieu.
Je me dis que c'est à chacun, en écoutant sa conscience, de prendre ses décisions et de s'arranger avec ses contradictions (ex: être progressiste dans une Église qui ne l'est pas). Le choix que toi et moi avons fait est peut-être le bon choix POUR NOUS, mais ce n'est pas LE seul bon choix.
Simon le Zélote
Un autre aspect de la
Affiché le dim 15/03/2009 - 07:59
Un autre aspect de la question "Pourquoi les gens ne descendent pas dans les rues pour dénoncer" est la perte d'intérêt pour tout ce qui est religieux, voire spirituel.
Les gens ne vont plus à l'église de toute façon, sauf pour un baptême, un mariage ou un décès. Alors, quand il se passe un événement comme celui au Brésil, c'est souvent l'indifférence qui accueille la nouvelle. Business as usual. Déjà ils ne s'attendent plus à rien de la part de l'Église catholique et un événement comme celui-là n'a rien d'étonnant ou de nouveau à leurs yeux. Il est en droite ligne, en continuité avec tout ce qui a précédé et qui les a amenés à quitter la pratique religieuse. Rien de nouveau sous le soleil.
Par contre, chez les Québécois qui sont encore actifs et impliqués en Église, beaucoup ont pris la plume ou le clavier pour exprimer leur désaccord, que ce soit lors de l'affaire des lefebvristes ou des excommunications brésiliennes. Les évêques québécois ont entendu ces voix et se désolent probalement de la décision de leur collègue Sobrinho, décision qui leur apportera au Québec critiques et problèmes. Mais dans une structure où ils doivent être solidaires des décisions d'un des leurs, ils n'osent pas prendre la parole et exprimer des voix discordantes. Bravo aux évêques français qui, eux, ont eu le courage de dénoncer le manque de compassion de l'évêque d'Olinda et Recife. C'est probablement grâce au tollé soulevé que la Conférence des évêques du Brésil a reculé.
Depuis un moment, j'ai fait la paix avec mes racines catholiques. le catholicisme dans lequel j'ai grandi fait partie de mon identité et ne disparaîtra pas du simple fait que je suis maintenant protestant. Dans un esprit oecuménique, j'essaie de ne plus pointer du doigt tous les défauts et toutes les mauvaises décisions de l'Église romaine. Mais, bon sang, avec l'affaire des lefebvristes et maintenant cette histoire au Brésil, je ne peux me taire. On dirait que, depuis que Ratzinger est devenu Benoît XVI, l'Église le fait exprès !
Clermont
Que de propos qui me
Affiché le dim 15/03/2009 - 09:23
Que de propos qui me rejoignent et me plaisent! Merci aux uns et aux autres pour une "libre parole" en fidélité à sa conscience et à son cheminement! Oui, je suis de l'Église catholique, mais je préfère de plus en plus de parler d'une seule Église, fidèle à Jésus le Christ et à son Évangile, une Église qui regroupe des frères et soeurs de différentes communautés chrétiennes, protestantes, orthodoxes, catholiques, mais aussi de croyants éloignés des institutions, et même de non-croyants, tous des gens qui souhaitent et travaillent à un mieux-être de leur milieu et de la société.
Il faut "croire à la vie" dans toutes les facettes de l'existence, y compris, bien sûr, dans la vie de cette fillette violée du Brésil et de celle de sa mère... D'où la nécessité de bonté, de compassion, de compréhension, d'entraide... C'est ainsi, j'imagine, qu'il importe pour les croyants de continuer à dire l'Évangile aujourd'hui!
Ursus
Clermont, ce que tu dis me
Affiché le dim 15/03/2009 - 11:08
Clermont, ce que tu dis me rappelle une des lettres de Paul:
"11 Car, mes frères, j'ai appris à votre sujet, par les gens de Chloé, qu'il y a des discordes parmi vous. 12 J'entends par là que chacun de vous dit: Moi, je suis de Paul! - et moi, d'Apollos! - et moi, de Céphas! - et moi, de Christ! 13 Christ est-il divisé? Est-ce que Paul a été crucifié pour vous, ou bien est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés? (...) 17 Car Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l'Évangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas rendue vaine." (1co. 1, 12-13. 17)
Je crois sincèrement que nous sommes tous frères et soeurs dans la foi. (Je crois même que nous sommes tous frères et soeur même de ceux qui n'ont pas la foi ou qui ont une foi différente, parce que nous sommes tous enfants de Dieu.) Je crois qu'il faut arrêter de trébucher sur les dénominations! J'ai été baptisée dans l'Église Catholique, mais je n'ai pas été baptisée au nom de Jean-Paul II (et encore moins au nom de Benoît XVI!), mais bien au nom du Christ. Je suis membre de l'Église Unie parce que j'y ait trouvé une communauté où je me sens accueillie, où j'ai un sentiment d'appartenance, mais les Catholiques et les autres Chrétiens n'en sont pas moins mes frères et soeurs. Je crois qu'il est de notre devoir de Chrétien, quand nos frères s'égarent, de les ramener à l'amour du Christ. C'est pourquoi je salue le courage des évêques français et m'attriste de la couardise de nos évêques québécois...
Devant l'absence de compassion de certains de nos frères influents, devant l'horreur du viole d'une fillette de 9 ans, continuons de témoigner de l'amour du Christ! L'Église, c'est nous et l'Église n'est qu'une. L'Église n'est pas l'Église Catholique romaine ou l'Église Unie du Canada, mais bien le corps du Christ ressuscité dont nous sommes les membres. Le manque de compassion de l'évêque de Recife est une blessure infligée au corps du Christ. À nous de la guérir par l'amour, par nos actions de compassion, de pardon, d'accueil de ces plus petits de nos frères et soeurs qui souffrent.
echanges2
Voici la lettre de mon ami
Affiché le dim 15/03/2009 - 16:48
À Gilles Lussier, mon frère évêque de Joliette,
Voilà près d'une semaine qu'un de vos collègues du Brésil, l'archevêque de Recife et Olinda, Dom José Cardoso Sobrinho, a excommunié la mère d'une fillette de 9 ans pour l'avoir fait avorter ainsi que l'équipe de médecins qui a effectué l'intervention. Et qu'un office romain par la voix du cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, lui a apporté son soutien.
J'imagine que, comme plusieurs de vos collègues évêques, vous souffrez de cette décision qui m'apparaît, dans les circonstances, tout à fait contraire au comportement de Jésus et à l'enseignement de l'évangile. Si la vie est sacrée pour cet archevêque, comment se fait-il que la vie de cette enfant compte si peu pour lui? Comment se fait-il qu'un pasteur de notre Église ne trouve comme parole d'espoir et d'encouragement que l'excommunication? Comment peut-on croire à la tendresse de Dieu quand un de ses principaux témoins fait preuve de tant de dureté et d'intransigeance?
Je sais que la solidarité entre évêques vous commande la prudence. La prudence irait-elle jusqu'à garder le silence face à cette mauvaise décision? Je pense que la vraie solidarité vous oblige aussi à la correction fraternelle. Je pense que les catholiques de votre diocèse attendent un signal clair de votre part. De quelle manière vous et vos collègues allez-vous signifier votre souffrance, sinon votre désaccord? Le silence m'apparaîtrait comme de la complicité et je ne me résous pas à penser que vous resterez muets.
Deux de vos collègues français, Francis Deniau, évêque pour la Nièvre, et Gérard Daucourt, évêque de Nanterre, ont témoigné publiquement de leur désaccord et de leur souffrance face à la décision de l'évêque de Recife. Pouvons-nous en attendre autant de vous et de vos collègues québécois?
Fraternellement vôtre,
Michel Bourgault
Saint-Paul de Joliette
echanges2
Stéphane, Je n'ai pas quitté
Affiché le dim 15/03/2009 - 17:09
Stéphane,
Je n'ai pas quitté l'Égise catho pour appartenir à l'Égise Unie, je l'ai quitté parce que j'appartiens à Dieu et non à une institution quelle qu'elle soit. L'autre point de vue c'est que même si la majorité des cathos ne pratiquent plus, c'est le simple bon sens et un devoir de chrétien de dénoncer cette barbarerie qui peut très bien s'étendre partout et viser, comme à l'habitude, toutes les femmes de cette planète au bon vouloir d'une hiérarchie dangereuse pour les êtres humains. Je me foue que cette institution soit catho ou pas...le seul point de vue sur lequel je me base, c'est justement l'enseignement du Christ et ce qu'on fait avec. Tant et aussi longtemps qu'il y aura de telles infamies, oui, je m'élèverai et ma parole sera haute et forte.
echanges2
Comment ramener au Christ des
Affiché le dim 15/03/2009 - 17:08
Comment ramener au Christ des frères dont l'institution pratique l'inquisition depuis des siècles ?????
Qui peut me répondre à ça ? Prier ! Je veux bien et je le fais, néanmoins l'aberration demeure n'est-ce pas ? Alors comment on fait pour que ça s'arrête et que justement nous n'ayions plus de frères et soeurs de par le monde qui soient encore victimes de cette inquisition vicieuse et hypocrite ?
Dominique
Voici un autre article
Affiché le dim 15/03/2009 - 18:04
Voici un autre article publié aujourd'hui sur le site La croix. en France.
Le Vatican se place "aux côtés de la fillette brésilienne"
Dans une tribune publiée dimanche 15 mars par "L'Osservatore romano", le quotidien du Vatican, le président de l'Académie pontificale pour la Vie critique la décision d'excommunier l'entourage de la fillette qui a avorté au Brésil, et l'assure de la proximité et de la miséricorde de l'Eglise
Depuis dix jours, l'affaire fait grand bruit dans les médias et dans l'Eglise. Nombreux sont ceux, évêques et fidèles, à s'être scandalisés de l'excommunication confirmée publiquement par Mgr Sobrinho, l'archevêque de Recife, au Brésil, à l'encontre d'une mère de famille qui a choisi l'avortement pour sa fille de 9 ans, enceinte de jumeaux à la suite d'un viol.
Dans une tribune intitulée "Du côté de la fillette brésilienne" et publiée dimanche 15 mars par l'Osservatore romano, le quotidien du Vatican, le président de l'Académie pontificale pour la Vie a désavoué le jugement porté par son confrère, "qui tombe comme un couperet", là où l'unique attitude attendue était "un témoignage de proximité avec ceux qui souffrent".
La fillette - qu'il a choisi d'appeler "Carmen" - "devait d’abord être défendue, entourée et caressée avec douceur pour lui faire sentir que nous étions tous avec elle ; tous, sans aucune distinction", écrit Mgr Rino Fisichella. "Avant de penser à l'excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, hommes d'Église, devrions être experts et maîtres".
De "la crédibilité de notre enseignement"
"Cela n'a malheureusement pas été le cas, et la crédibilité de notre enseignement s'en ressent, qui apparaît aux yeux de beaucoup comme insensible, incompréhensible et sans aucune miséricorde", déplore le président du conseil chargé de promouvoir la doctrine de l'Eglise catholique sur les questions de bioéthique.
Débatteur apprécié des médias et connu pour ses prises de position fermes en faveur de la famille, Mgr Fisichella reconnaît que la petite Brésilienne "portait en elle d'autres vies innocentes (...) qui ont été supprimées" et souligne que l'Eglise continue comme elle l'a toujours fait de condamner l'avortement au nom du caractère sacré de la vie. Mais il rappelle aussi que la vie de "Carmen" "était sérieusement mise en danger par sa grossesse en cours", et qu'il s'agit d'un "cas moral des plus délicats". "Le plus grand besoin en cet instant", c'est, insiste-t-il, "un acte de miséricorde qui, tout en maintenant fermement le principe, est capable de regarder au delà de la sphère juridique".
"Carmen, nous sommes avec toi"
S’adressant directement à la petite fille, Mgr Fisichella conclut : "Carmen, nous sommes avec toi. Nous partageons avec toi la souffrance que tu as éprouvée, nous voudrions tout faire pour te rendre la dignité dont tu as été privée et l'amour dont tu auras encore plus besoin. Ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, pas ceux qui t'ont permis de vivre et t'aideront à retrouver l'espoir et la confiance".
La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a désavoué, elle aussi, vendredi 13 mars l'archevêque de Recife, estimant que la mère avait agi "sous la pression des médecins" qui lui disaient que sa fille allait mourir si sa grossesse n'était pas interrompue.
Plusieurs évêques français ont également exprimé publiquement leur incompréhension après cette excommunication, estimant que le principe du "respect de la vie" auquel l'Eglise est attaché ne justifiait pas "la sévérité" d'une décision "abrupte" et privée de "compassion".
Lire ici la version intégrale
echanges2
Cher Dominique, Tout ça
Affiché le dim 15/03/2009 - 18:42
Cher Dominique,
Tout ça aurait dû être fait automatiquement et sans que le monde entier monte aux baricades. Tout ça n'aurait jamais dû être ! L'Église catho en prend pour son rhume et vire son kapo dans ses tranchées, c'est le moins qu'on puisse dire ! Néanmoins je salue cette décision qui, je l'espère, sera une rude leçon à ceux et celles qui renie le Christ en ne respectant pas ses enseignements. Viva la revolution !
DOM
Comme vous tous, la
Affiché le mar 17/03/2009 - 02:36
Comme vous tous, la déclaration de l'archevêque provoque la stupeurqui vite passée fait place à la colère et au dégout.
J'ai bien peur que dans cette affaire la situation de la fillette n'ait jamais été prise en compte par l'archevêque de Recife. L'opinion brésilienne vit un bras de fer entre le président LULA et l'archevêque CARDOSO sur la question de l'avortement.La réponse de ce dernier n'est qu'une réaffirmation de sa position mais que la victime ait 9, 20; 40 ans ou plus ne semble avoir aucune importance car ce n'est que l'occasion de réaffirmer avec éclat les valeurs (!!) défendues sans tenir compte de la situation .
je trouve qu'en ce moment la hierarchie catholique se perd entre un Pape qui relegitime un négationiste et un archevêque qui conforte les violeurs sur la banalisisation et l'impunité de leur acte.Heureusement que dans mon quotidien , des voisins ,des amis ,des collègues engagés me montrent un autre visage de l'eglise catholique....
echanges2
Monseigneur Ouellet fait
Affiché le mar 17/03/2009 - 07:39
Monseigneur Ouellet fait comme les autres; il doit prendre le poulx de tout le monde avant de décider. Quelle tristesse de constater que les catholiques n'ont pas de pasteur digne de ce nom qui soit capable d'une parole personnelle et honnête. Comment peut-il avoir besoin d'entériner ses dires ? Est-ce si difficile aujourd'hui de parler au nom du Christ et de son évangile ? Voici ce qu'il a dit par un communiqué:
mais il aurait consulté plusieurs personnes de son entourage au Vatican et aurait appelé plusieurs fois au Diocèse de Québec pour tâter le pouls de ses fidèles.
Ça me conforte dans mes propres décisions de dénoncer certaines attitudes loin d'être humaines et charitables et j'invite mes frères et soeurs à faire de même.
Dominique
Pour ceux et celles que ça
Affiché le mar 17/03/2009 - 20:57
Pour ceux et celles que ça peut intéresser sur ce sujet::
Entrevue audio de Paul Arcand de Corus Nouvelles avec Mgr St-Gelais, évêque du disocèse de Nicolet sur le lien suivant
http://www.985fm.ca/chmp/audio/audioplayer.php?url=http://mediacorus.corusquebec.com/webcorus/audio/content_Audio/179751.mp3
unVeilleur
Bien de l'encre - ou des
Affiché le mar 24/03/2009 - 19:25
Bien de l'encre - ou des pixels
- sont encore consacrées au fil de cette discussion. Pour une analyse critique du contexte d'ensemble qui favorise sinon permet un tel dérapage ecclésial voici une lettre d'opinion intéressante intitulée Une Église machiste et autoritaire, de Marie-Andrée Roy dans Le Devoir.
De son côté, l'assemblée des évêques catholiques du Québec s'est prononcée sur le sujet dans un communiqué en date du 13 mars (?disons!), et les cardinaux Ouellet et Turcotte l'ont fait aussi personnellement.
J'ai reçu aujourd'hui, 24 mars, une copie de l'homélie du nouvel évêque de La Pocatière, Yvon-Joseph Moreau, ancien Abbé du monastère cistercien d'Oka. Une bouffée d'air printanier - de résurrection évangélique - qu'on désespérait pouvoir respirer. Simplicité et profondeur, une leçon peut-être: la vie spirituelle en profondeur, la mystique, nous baigne dans la compassion... L'Esprit avant la lettre de la Loi. Dieu merci.
Homélie pour le 3e Dimanche du Carême – 15 mars 2009
Dans cet évangile [Jean 2,13-25] que nous venons d’entendre, le plus important n’est pas la colère de Jésus, même si elle peut créer sur nous une forte impression ; le plus important, c’est la belle révélation que nous fait Jésus en nous disant que son corps de Ressuscité est le nouveau temple où nous pouvons rencontrer Dieu… Il y aurait beaucoup à réfléchir sur cette révélation et sur les conséquences qu’elle peut avoir sur nos façons de regarder nos temples de pierre aujourd’hui, qu’il s’agisse de magnifiques basiliques ou d’églises plus humbles de nos campagnes…
Non, la colère de Jésus n’est pas ce qui est le plus important, mais elle peut nous aider à mieux situer la colère que plusieurs d’entre nous nous avons pu éprouver cette semaine devant l’annonce de l’excommunication prononcée par un évêque du Brésil à l’égard d’une maman et d’un groupe de médecins qui avaient jugé devoir procéder à l’interruption de grossesse d’une jeune fille de 9 ans, enceinte suite à un viol.
Il est certes délicat de parler de cette situation, mais il me semble que nous ne pouvons nous taire tout simplement… Le jour où j’ai été nommé évêque, le 18 octobre dernier, j’ai fait une prière que je partage avec vous aujourd’hui. Dans cette prière, je présentais une demande
au Seigneur :
Père Saint,
que ton Esprit s’empare totalement de mon esprit et de ma bouche afin que je ne prononce aucune parole qui trahisse l’Évangile de Jésus,aucune parole qui trahisse ta volonté de salut envers tous, aucune parole qui conduise un de tes enfants à désespérer.
Et j’espère que le Seigneur exaucera ma prière aujourd’hui en m’inspirant des paroles appropriées aux circonstances, et fraternelles envers tous, même envers ceux dont nous ne partageons pas la façon de voir.
Oui, lorsque nous parlons au nom de Jésus, il est important que notre parole ne trahisse pas son évangile, et, en même temps, il est important que notre parole ne conduise personne au désespoir, car Jésus n’est pas venu condamner, mais chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19, 10). Jésus s’est fait tellement proche de ceux et celles que la société condamnait que certains l’ont critiqué ouvertement et lui ont exprimé des reproches en disant : Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux (Lc 15, 2).
À fréquenter l’Évangile, nous découvrons surtout un Jésus compatissant et accueillant devant les malades et les pécheurs. Lorsque nous rencontrons un Jésus en colère, c’est que Jésus se trouve devant des personnes qui faussent la pratique religieuse et en font un trafic d’argent en exploitant les autres (cf. évangile d’aujourd’hui), ou qu’il se trouve en présence de personnes qui imposent aux autres des fardeaux impossibles à porter et qu’ils ne sauraient remuer du doigt (cf. Lc 11, 46). Lorsque nous entendons Jésus prononcer des paroles dures dans l’Évangile, c’est qu’il se trouve devant des personnes suffisantes et orgueilleuses qui condamnent tous ceux et celles qui ne coïncident pas avec leurs canons de pureté morale…
Prenons le temps d’observer comment Jésus se comporte avec Zachée ou Lévis le publicain, avec la femme surprise en délit d’adultère, avec la pécheresse publique qui lui embrasse les pieds en les parfumant… Devant toutes ces personnes qui ont péché par faiblesse ou qui se sont risquées sur des chemins hasardeux, Jésus se montre toujours accueillant et fait preuve d’une compassion exemplaire…
C’est ce Jésus que nous devons contempler toujours plus afin d’apprendre de lui les attitudes justes et fraternelles devant toute personne qui manque à nos critères de bonne conduite morale… Il y a là une urgence pour notre Église aujourd’hui, devant des situations humaines de plus en plus complexes, devant des enjeux éthiques qu’il n’est pas toujours faciles de bien évaluer.
Tenir la vérité entière de l’évangile et de la bonne nouvelle du salut exige que nous contemplions longuement Jésus, que nous l’écoutions avec un coeur humble et aimant… Tenir tout l’évangile et seulement l’évangile est une démarche exigeante, car elle suppose une recherche constante d’équilibre entre vérité et amour, entre exigence et compassion, l’amour et la compassion gardant toujours la priorité et ayant droit au dernier mot…
En tant qu’humain et pécheur, en tant que moine et évêque, je serais plus heureux de faire partie d’une Église qui pourrait se tromper par excès de compassion et d’attention aux personnes, que de faire partie d’une Église qui se tromperait par excès d’intransigeance et de rigueur à défendre ce qu’elle pense la vérité…
Il nous faut tous consentir au mystère de ce Dieu plus grand que nous et dont la miséricorde n’a pas fini de nous surprendre, au mystère de ce Dieu dont nous a parlé saint Paul : La folie de Dieu est plus sage que l’homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme. Puisse le Seigneur apprendre à notre Église et à chacun et chacune d’entre nous comment consentir à sa faiblesse pour avoir part à sa force, comment consentir à sa folie pour avoir part à sa sagesse !
+ Yvon-Joseph Moreau ---
Saint-Philippe et Mont-Carmel
Simon le Zélote
Excellent éditorial de Gil
Affiché le sam 28/03/2009 - 08:32
Excellent éditorial de Gil Courtemanche sur les récents événements dans l'Église romaine et les déclarations papales.
Catholique mais pas chrétien
http://www.ledevoir.com/2009/03/28/242256.html
echanges2
Cher Veilleur, Ta façon toute
Affiché le dim 29/03/2009 - 01:05
Cher Veilleur,
Ta façon toute délicate de nous ramener à l'essentiel m'étonnera donc toujours ! Qui plus est, la touche est pastorale et empreinte de sollicitude. Dans certaines occasions, je me dis que je devrais me taire et laisser braire ! Et pourtant, comme le dit si bien ma pasteure: je ne peux pas faire autrement ! Néanmoins avant mes écrits, je me demande toujours si mes réactions sont chrétiennes, donc...charitables. Le but n'étant pas d'accuser mais plutôt, à ma manière, de parler selon ce que le Christ nous a enseigné et demandé. Suis-je dans l'erreur ? Je suppose que si cela était, il y aurait certainement une personne assez perspicace pour me le faire savoir gentiment, n'est-ce pas ?
Alors continuons notre route humaine dans l'esprit divin, en espérant des jours meilleurs !
chrétienspirite
Cette fillette allait mourir
Affiché le lun 06/04/2009 - 21:34
Cette fillette allait mourir si elle donnais naissance à ces enfants du viol.
Selon le résonnement logique spirite : Pourquoi terminer une vie déjà entamée pour une vie n'ayant que l'aspect matériel de formé ?
Cela serait mettre fin aux chances d'évolution personnelle de la fillette,ce qui n'est pas permis.
Cette petite fille n'étais quand même pas la femme de 30 ans qui utilise l'avortement comme contraception ; c'étais une nécessité.
Dieu et Jésus ne nous enseignent-t-ils pas la tolérance et l'aide que nous devons apporter à notre prochain ?
janinabatum
C'est une manière très
Affiché le jeu 22/04/2010 - 19:41
C'est une manière très dangereuse et contraire à l'éthique de traiter une personne de 20 plus ans plus jeune que vous. J'ai été une fois partie d'un groupe d' essay writers qui avait tenté convaincre les organisations d'éthique pour faire passer une suggestion sur la manière dont notre communauté peut limiter ce genre d'atrocité sociologique.
Simon le Zélote
Donc, selon le cardinal Marc
Affiché le mar 18/05/2010 - 10:11
Donc, selon le cardinal Marc Ouellet, l'avortement est inacceptable dans toutes les situations, même le viol.
Qu'aurait-il proposé alors dans le cas de cette fillette brésilienne ? Qu'on la laisse mourir ?
Encore une fois, l'Assemblée des évêques du Québec se sent le besoin d'écrire au lendemain de propos controversés du primat du Canada pour calmer le jeu et, à mots couverts, s'en dissocier.
Simon le Zélote
Je viens de relire dans le
Affiché le mar 18/05/2010 - 10:30
Je viens de relire dans le message de Veilleur le communiqué qu'avait publié le cardinal Ouellet à l'époque de cette affaire brésilienne.
Sur les excommunications, il avoue que la fillette aurait dû être traitée avec plus de douceur, mais aucun mot sur l'opportunité ou non d'avoir pratiqué l'avortement dans son cas.
On dit depuis un certain temps que le cardinal Ouellet est papabile. On sait que Jean-Paul II l'a nommé pour rétablir l'ordre dans l'Église catholique du Québec, jugée trop libérale par Rome. Pas pour rien que Mgr Couture n'a pas été créé cardinal alors que l'archevêque de Québec et primat revêt presque toujours la pourpre cardinalice . Depuis sa nomination, Marc Ouellet s'acquitte de cette tâche: devant les dérives progressistes voire protestantisantes de l'Église québécoise, il rappelle chaque fois qu'il le peut la doctrine officielle du Vatican.
Mais de plus en plus, je me demande si en plus de ça, il n'essaie pas de se positionner en effet comme possible successeur de Pierre.
CG
Je ne suis pas d'accord avec
Affiché le jeu 20/05/2010 - 11:14
Je ne suis pas d'accord avec le fait qu'une fillette aie à payer pour le crime ,un violeur pas plus que je ne suis d'accord avec le cardinal Ouellet. Donc voici un article que j'endosse :
http://sisyphe.org/spip.php?article3598
CG
Etudianteindigne
En effet, l'auteure de
Affiché le jeu 20/05/2010 - 19:15
En effet, l'auteure de l'article, Micheline Carrier, vise juste. On se dit une société "dont l'égalité des sexes est une valeur fondamentale". Mais si c'était le cas on dénoncerait tous les discours misogynes comme ceux du Cardinal Ouellet ou d'autres chefs religieux, on aurait l'équité salariale, il y aurait une meilleure répartition des sexes dans les métiers traditionnellement féminin ou masculins et surtout il y aurait moins d'agressions sexuelles.
Plusieurs se révoltent lorsque je lie les agressions sexuelles à l'égalité des sexes ainsi qu'une moindre insistance sur les différences de genre. Et pourant.... Dans une société où les sexes étaient égaux, on entendrait moins souvent dire que les hommes ont une "forte libido" et qu'il est "normal qu'elle s'exprime", on cesserait de dire ou penser que la contraception est la responsabilité exclusive des femmes et on dirait aux femmes qu'elles peuvent se défendre contre un homme, car il est faux de dire qu'automatiquement un homme est plus fort qu'une femme.
Le Cardinal Ouellet vient d'ailleurs d'appuyer ce raisonnement. Dans une Église où les femmes sont considérées moindres que les hommes par le refus d'accès à la prêtriste, il n'est pas étonnant que de tels discours anti-avortement soient prononcés.
D'ailleurs, le fait que peu d'hommes se soient prononcés publiquement contre le discours du Cardinal Ouellet vient probablement aussi du fait que la responsabilité de la contraception est attribuée seulement aux femmes. Pourtant l'accès à l'avortement concerne également les hommes hétérosexuels et bisexuels dont la conjointe doit se faire avorter suite à une agression sexuelle ou un accident contraceptif.
Comme j'ai fort probablement utilisé des concepts très "sciences humaines", je vous réfère à ma liste de définitions liées au genre et à la sexualité, dans la section "Questions mondiales": Définitions des termes reliés au genre et à la sexualité.
Simon le Zélote
Criminelles ? Lettre ouverte
Affiché le sam 22/05/2010 - 08:55
Criminelles ?
Lettre ouverte au Cardinal Ouellet
Montréal-Nord, 17 mai 2010
Monsieur le Cardinal Marc Ouellet,
Je ne peux me taire devant le discours que vous avez prononcé, ces jours derniers, au rassemblement « pro-vie » dans lequel vous déclarez « criminelles » les femmes qui se font avorter. Ce sont pour moi des paroles odieuses. Il n’y a pas de mots assez forts pour qualifier ce que je ressens en moi : indignation, colère… Je travaille chaque jour auprès de femmes en prison, en leur apportant le message de l’Évangile. Tout ce débat autour de l’avortement passe complètement à côté de la triste et inconcevable réalité de ces femmes enceintes. M. le Cardinal, il ne s’agit pas, certainement pas de « criminelles » comme vous le dites, mais de femmes en profonde détresse… Avez-vous seulement déjà daigné vous approcher d’une de ces femmes pour « écouter » ce qu’elles vivent dans leur réalité de tous les jours, loin des grands discours ?
M. le Cardinal, une femme qui porte en elle un fœtus est une femme qui aime son enfant et aucune ne se fait avorter par plaisir, mais parce que sans aide, sans appui pour vivre cette grossesse, elle prend difficilement une décision… quand ce n’est pas sous les menaces de la famille ou d’autres personnes! Ça fait vingt ans que je côtoie des femmes en détresse. Ignorez-vous, M. le Cardinal, qu’une femme ne devient pas enceinte par l’action du Saint-Esprit, mais bien par l’action d’un mâle, d’un homme? Quand dans la société et dans l’Église hiérarchique a-t-on demandé à un homme d’honorer sa responsabilité? Quand il y a fœtus, il y a deux adultes responsables… savez-vous compter jusqu’à deux? Pourquoi la femme qui se fait avorter est-elle plus criminelle que l’homme qui, si souvent, se sauve lâchement en laissant la femme seule avec tout le poids de la responsabilité? Quelle hypocrisie de la part de la société et de la part de la hiérarchie de l’Église de se rabattre durement sur une femme en détresse plutôt que faire l’effort de rendre un homme responsable de ses gestes. On condamne une femme qui subit un viol et on laisse le violeur irresponsable courir au large aller violer d’autres femmes. Avez-vous déjà, une seule fois, tendu la main à une de ces femmes? Jésus dans l’Évangile a toujours tendu la main aux femmes qu’Il a rencontrées… et elles n’étaient pas en train de prier dans une église. Jésus n’avait pas de crosse dans les mains pour en asséner des coups au nom d’une « supposée morale » aux femmes « non conformes » aux normes, c’est pourquoi il avait les mains libres pour leur tendre la main au nom de l’Amour.
Quelle hypocrisie ecclésiale, quelle prétendue morale : condamner des personnes, dont on ne s’est même jamais donné la peine d’écouter la souffrance, au lieu d’avoir le cœur et les bras ouverts pour accueillir avec Amour celles qui en ont le plus grand besoin! Allez lire l’Évangile, c’est urgent, vous qui prétendez parler au « Nom de Dieu ». Le Dieu de Jésus-Christ ne peut que se sentir trahi par votre attitude hautaine, sans compassion, sans justice véritable, sans Amour.
Je ne sais si je vous manque de respect en écrivant ces mots, mais c’est ce que ressent mon cœur qui a un infini respect pour toutes ces femmes que vous condamnez si allégrement. Jésus dans l’Évangile ne condamne qu’une seule catégorie de personnes… et ce ne sont pas des femmes, mais l’élite religieuse de son époque en leur disant : « Hypocrites, vous chargez les gens de fardeaux accablants et ne touchez pas vous-mêmes, d’un seul de vos doigts, à ces fardeaux ». (Lc 11, 45-46)
Je ne suis pas en faveur de l’avortement, mais c’est la seule aide que la société donne à ces femmes et vous voulez la leur enlever sans la remplacer par quelque chose de plus humain et respectueux de la Vie, la vraie Vie. L’avortement n’est pas une vraie solution, car après, la femme continue à porter son lourd fardeau et personne n’est là pour l’aider.
Impliquez-vous de façon adéquate et avec Amour auprès de ces femmes et votre discours ne sera plus le même, et surtout il sera beaucoup plus crédible. Je vous invite à la « conversion du cœur »!
Marguerite Rivard, v.c.f.
Christien
Bravo Stéphane et
Affiché le dim 06/06/2010 - 10:59
Bravo Stéphane et Claire_Marthe. J'aimerai avoir votre instruction pour m'exprimé. Le Papabilé a reçu le baptême de l'eau non celui de l'esprit. Je suis a lire {Quel était la religion de Jésus} publié en 1872 sur google. Ou serait l'Église Catho s' il n'y avaient pas eu les femmes La femme va égraser la tête du serpent et il va la mordre au talon. Islamisme religion du 13 ièm siècle ou 6 ièm Catho pas loin. Laissez tomber les religions pas leur raison d'être. (le bébé avec l'eau du bain).
Etudianteindigne
Stéphane a écrit
Affiché le dim 23/05/2010 - 12:45
Pourquoi la femme qui se fait avorter est-elle plus criminelle que l’homme qui, si souvent, se sauve lâchement en laissant la femme seule avec tout le poids de la responsabilité? Quelle hypocrisie de la part de la société et de la part de la hiérarchie de l’Église de se rabattre durement sur une femme en détresse plutôt que faire l’effort de rendre un homme responsable de ses gestes. On condamne une femme qui subit un viol et on laisse le violeur irresponsable courir au large aller violer d’autres femmes. (...) Jésus n’avait pas de crosse dans les mains pour en asséner des coups au nom d’une « supposée morale » aux femmes « non conformes » aux normes, c’est pourquoi il avait les mains libres pour leur tendre la main au nom de l’Amour.
Wow fantastique! Tout est dit! En espèrant que beaucoup vont lire cette lettre! La preuve que l'attitude du Cardinal Ouellet envers l'avortement n'a rien de religieux ni de spirituel, ce n'est rien d'autre que le symptome d'être une institution dont la hiérarchie et la structure est sexiste. Je dis bien la hiérarchie et la structure, non les croyants et croyantes qui font partie de l'Église.
Christien, avec votre dernière phrase, je crois que vous avez visé juste: il est temps de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Il faut jeter l'eau du bain (le sexisme et toutes les autres formes de haine, de mépris) et garder le bébé (le religieux, le spirituel).
Simon le Zélote
Puisqu'on parle du cardinal
Affiché le sam 29/05/2010 - 08:44
Puisqu'on parle du cardinal Ouellet dans ce fil, un intéressant portrait dans La Presse de ce matin:
Le cardinal de fer
Le plus intéressant, c'est ce que des gens d'Église disent de lui dans cet article. Sous le couvert de l'anonymat...
Boebey CinquanteDeux
Bonjour, En réaction à la
Affiché le jeu 03/06/2010 - 17:04
Bonjour,
En réaction à la lettre adressée au Cardinal Ouellet par madame Marguerite Rivard, v.c.f., j'ose écrire une réflexion spontanée (voire impulsive), doutant y trouver un quelconque soulagement. C'est plus fort que moi!
En toute ironie, voyant ma vie en noir, j'aimerais peut-être encourager cette dame à aller plus loin dans sa démarche, tant qu'à y être, dans cette campagne en faveur d'un processus qui "avorte" un projet de "vie".
Abordons dès maintenant le sujet de l'euthanasie, du suicide assisté!
Puisque l'on suggère à l'Église de se prononcer en faveur de l'avortement, remettant cela à la discrétion des femmes, individuellement, pourquoi ne pas demander à cette Église de remettre la vie de chaque individu à eux-mêmes.
Moi par exemple, j'ai demandé à un prêtre dernièrement d'avoir les derniers sacrements, dès maintenant, parce que je songe sérieusement au suicide, parce que ma vie est, la plupart du temps, souffrance qui génère d'autres souffrances.
Il y a des femmes enceintes qui n'ont pas choisi de l'être (enceintes)... je ne peux pas dire que j'ai choisi d'être au monde... j'ai des gênes qui m'ont prédisposé à des troubles mentaux (ma mère aurait peut-être dû m'avorter, qui sait?) et des traumatismes ont fait le reste, cela devrait renforcir votre position, qu'en pensez-vous?
Tout comme l'avortement, le suicide n'est pas une vraie solution non plus, nous sommes d'accord avec cela.
Je parlais de traumatisme précédemment; quand j'étais très jeune, en première année scolaire, quelques semaines après mon admission, j'ai été battu par ma maîtresse d'école (qui l'était pour toute l'année). Cette femme, alors que j'étais tout petit et en crise, m'a fracassé le crâne à plusieurs reprises sur le mur, pour ne parler que de ce traumatisme qui a saboté non seulement mon année scolaire, mais qui a contribué également au développement d'un trouble mental dont j'étais autrement prédisposé (par ces fameux gênes).
Aujourd'hui, bien que j'ai pu faire quelques réalisations, je suis, moi aussi, tellement indigné et en colère (pour reprendre les mots de cette lettre adressée au Cardinal) de voir comment il n'existe que très peu de ressources aujourd'hui, dans les banlieux, pour les personnes pauvres souffrants ou non de trouble de santé mentale.
Puisqu'il s'agit d'« écouter » ce que nous vivont dans notre réalité de tous les jours, loin des grands discours, aussi bien regarder la vie des hommes qui ne sont plus capable de réintégrer le marché du travail. Il y a une augmentation du taux de suicide qui témoigne de cette souffrance.
Si on dit oui à l'avortement, il faudra un jour se prononcer en faveur de l'euthanasie (suicide assisté), à la discrétion de l'individu, dès que cela lui semblera trop souffrant, sans oublier de revenir sur la question de la peine de mort pour les personnes. C'est comme les limites de vitesse, si on demande au dirigeant d'augmenter les limites de vitesses, il faut s'attendre que les gens vont toujours les dépasser, augmentant les dérapages et d'autres drames...
L'Église devrait-elle vraiment BÉNIR cela (encourager, dire du BIEN de ces plans obscurs pensant que l'on puisse ainsi se rapprocher de la lumière)!?
On parle bien de fuir la souffrance... d'exécuter un processus de mort... qui semble-t-il selon certains auteurs n'est qu'une illusion... de détruire un futur temple...!
Pour ma part, je me dit pourquoi pas, de toute façon, je ne suis pas une femme, je n'ai jamais eu d'enfant (heureusement) et je peux comprendre la douleur d'un fardeau car je suis épuisé de porter ma croix... je serait peut-être soulagé si l'Église serait en faveur que j'avorte mon propre projet de vie (bien que j'ai du potentiel) parce que je vis surtout de la souffrance!
Qu'en pensez-vous?
Boebey
Montérégie
Dominique
Voilà, qui est fait! Notre
Affiché le lun 16/08/2010 - 02:29
Voilà, qui est fait! Notre cher cardinal quitte Québec. C'était sa dernière messe dimanche. Reste à savoir qui lui succèdera, surtout si c'est lui qui propose au pape la nomination. Je trouve ironique que cette messe se soit déroulé le même jour que la Fierté Gai à Montréal. Le cardinal a des vues très peu appréciées des personnes LGBT. Pendant ce temps, St-Pierre Apôtre célébrait la fierté par une messe dont Raymond Gravel a fait l'homélie. Comme quoi sous les apparences d'unité il existe une diversité de courants dans le catholicisme.
Oui cette déclaration sur l'avortement a fait beaucoup de chemin au Québec. Lorsque l'Église Unie a publié sa position sur le sujet, je me suis empressé de la mettre sur mon blogue.
Ma surprise fut totale lorsque qu'un blogger belge, gay et inclusif m'a écrit en comparant la position de notre église à celle de l'Église luthérienne qui a appuyé Hitler par rapport aux juifs. Il en a ajouté en disant que nous préparions la voie à l'Antéchrist. J'étais complètement débousolé.
Comme quoi on peut affirmer être gay, chrétien et inclusif et en même temps partager des positions défendues par le pape et le cardinal Ouellet et les fondamentalistes. Pour moi, c'est vraiment n'importe quoi. Désolant!
Christien
Quand nous lisons l'histoire
Affiché le lun 16/08/2010 - 08:21
Quand nous lisons l'histoire de l'église la part du diable est plus grande que celle de Dieu.
unVeilleur
Dominique a écrit : Comme
Affiché le lun 16/08/2010 - 09:08
Comme quoi on peut affirmer être gay, chrétien et inclusif et en même temps partager des positions défendues par le pape et le cardinal Ouellet et les fondamentalistes. Pour moi, c'est vraiment n'importe quoi. Désolant!
Dominique vous mentionnez la diversité des courants dans le catholicisme. Il en est de même, et peut-être davantage, au sein du protestantisme. De plus le credo et la foi sont portés par des personnes qui ont leur histoire propre, leurs blessures. Ce qui fait réagir l'un laisse un autre de marbre. Je ne connais pas votre blogger belge, mais cette association aux pratiques eugénistes des nazis d'une déclaration d'accueil et d'accompagnement dans une circonstance toujours dramatique qui ne saurait être banalisée en dit probablement davantage sur la fragilité de votre interlocuteur. Un rappel qu'il nous faut aussi, comme chrétiens et dans nos déclarations d'Église, redoubler de clarté : il ne s'agit pas de la "promotion" de l'avortement, mais d'une attitude d'ouverture face au droit des personnes au libre choix et d'une responsabilité d'accompagnement des personnes dans leur choix au nom de l'Évangile.
Etudianteindigne
unVeilleur a écrit : il ne
Affiché le lun 16/08/2010 - 11:24
il ne s'agit pas de la "promotion" de l'avortement, mais d'une attitude d'ouverture face au droit des personnes au libre choix et d'une responsabilité d'accompagnement des personnes dans leur choix au nom de l'Évangile.
S'il faut nommer le débat sociopolitique le plus polarisé, je pense que l'avortement le serait ou du moins ferait partie des finalistes (pas loin derrière la peine de mort). Quand certaines personnes m'entendent dire qu'il faut rendre l'avortement accessible et qu'il s'agit d'un mal nécessaire dans certaines circonstances, elles pensent avec raison que je suis POUR l'avortement. Mais si j'avais à choisir entre le pour et le contre, je dirais plutôt que je suis CONTRE, de la même façon que je suis contre le divorce. Dans les deux cas, il s'agit d'événements à éviter et qui amènent une profonde douleur, mais qui sont un mal nécessaire quand aucune autre solution n'est envisageable.
Le problème dans ce débat est que peu de gens sont nuancés. Les gens concluent donc qu'on ne peut qu'être pour OU contre, mais pas entre les deux. C'est probablement cela qui a influencé le bloggeur belge, dans le sens où il pensait que la position de l'Église Unie était POUR, sans nuances, alors que comme le dit bien la citation d'Un Veilleur, il ne s'agit pas du tout de cela.
Comme les médias et les institutions telles les Églises enseignent à la population générale qu'il faut être soit pour OU contre, la conséquence est que plusieurs se retrouvent avec des positions polarisées et non nuancées. Et c'est dommage... Parce que comparer une Église aux supporteurs des Nazis, c'est oublier la grandeur de la violence des Nazis et être autant dans l'ignorance que l'Église Luthérienne l'a été lorsqu'elle a donné son appui à Hitler.
unVeilleur
Claire_Marthe a écrit : Mais
Affiché le lun 16/08/2010 - 12:21
Mais si j'avais à choisir entre le pour et le contre, je dirais plutôt que je suis CONTRE, de la même façon que je suis contre le divorce. Dans les deux cas, il s'agit d'événements à éviter et qui amènent une profonde douleur, mais qui sont un mal nécessaire quand aucune autre solution n'est envisageable [...] Le problème dans ce débat est que peu de gens sont nuancés. Les gens concluent donc qu'on ne peut qu'être pour OU contre, mais pas entre les deux.
Une réflexion très à propos Claire_Marthe, merci. Coincidence, je viens d'entendre cette touchante chanson d'Anne Sylvestre qui est justement dans l'entre-deux que vous évoquez.
Cliquez sur le texte pour l'entendre.
Anne Sylvestre
Non tu n'as pas de nom
Paroles et musique: Anne Sylvestre, 1973
Non non tu n'as pas de nom
Non tu n'as pas d'existence
Tu n'es que ce qu'on en pense
Non non tu n'as pas de nom
Oh non tu n'es pas un être
Tu le deviendras peut-être
Si je te donnais asile
Si c'était moins difficile
S'il me suffisait d'attendre
De voir mon ventre se tendre
Si ce n'était pas un piège
Ou quel douteux sortilège
Non non tu n'as pas de nom...
Savent-ils que ça transforme
L'esprit autant que la forme
Qu'on te porte dans la tête
Que jamais ça ne s'arrête
Tu ne seras pas mon centre
Que savent-ils de mon ventre
Pensent-ils qu'on en dispose
Quand je suis tant d'autres choses
Non non tu n'as pas de nom...
Déjà tu me mobilises
Je sens que je m'amenuise
Et d'instinct je te résiste
Depuis si longtemps j'existe
Depuis si longtemps je t'aime
Mais je te veux sans problème
Aujourd'hui je te refuse
Qui sont-ils ceux qui m'accusent
Non non tu n'as pas de nom...
A supposer que tu vives
Tu n'es rien sans ta captive
Mais as-tu plus d'importance
Plus de poids qu'une semence
Oh ce n'est pas une fête
C'est plutôt une défaite
Mais c'est la mienne et j'estime
Qu'il y a bien deux victimes
Non non tu n'as pas de nom...
Ils en ont bien de la chance
Ceux qui croient que ça se pense
Ça se hurle ça se souffre
C'est la mort et c'est le gouffre
C'est la solitude blanche
C'est la chute l'avalanche
C'est le désert qui s'égrène
Larme à larme peine à peine
Non non tu n'as pas de nom...
Quiconque se mettra entre
Mon existence et mon ventre
N'aura que mépris ou haine
Me mettra au rang des chiennes
C'est une bataille lasse
Qui me laissera des traces
Mais de traces je suis faite
Et de coups et de défaites
Non non tu n'as pas de nom
Non tu n'as pas d'existence
Tu n'es que ce qu'on en pense
Non non tu n'as pas de nom
Dominique
Juste une chose question de
Affiché le lun 16/08/2010 - 20:42
Juste une chose question de me situer. Je suis personnellement contre l'avortement et j'ai toujours compris que la position de l'Église Unie parle d'accueil et de respect du choix. Cette position n'a jamais été dans mon esprit une façon de dire que l'avortement est corect en tant que tel. Je crois qu'on peut être contre tout en accueillant sans juger le choix d'une femme. Tout n'est ni noir ni blanc. Ce qui me choque, c'est que des gens ne parviennent pas à faire la différence. Accueillir et respecter peut se faire même si nous ne sommes pas en accord nécessairement avec le geste. Ce n'est pas notre rôle de penser à la place de Dieu ou de se donner le rôle de juge divin.. Apprendre à nuancer ces propos et ouvrir notre esprit à la compréhension doit être un atout, je crois, pour chaque chrétien.