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Farewell Kate

Kate McGarrigle est décédée du cancer à la mi-janvier... Les journaux ont abondamment commenté sa carrière marquante tout autant que discrète à bien des égards, avec sa sœur Anna.

 

Ses funérailles ont eu lieu hier, 1er février, à la basilique Notre-Dame-de-Montréal. La journaliste Nathalie Petrowski en rend compte dans un bel article du journal La Presse intitulé 'Personne n'a applaudi.'

 

J'ai découvert quelque chose dont je ne me doutais pas à propos de cette chanteuse qui a marqué notre histoire.

 

«... l'abbé Marcel Brisebois, l'ex-directeur du Musée d'art contemporain, [avait été] choisi par les enfants de Kate pour officier la cérémonie.

L'abbé n'était pas un intime de Kate, ne la connaissait que de nom et de réputation, mais quelques heures avant sa mort, quelqu'un l'a appelé pour qu'il vienne à son chevet. Parce qu'il savait Kate amoureuse de la littérature, il a évoqué La mort d'Ivan Illitch de Tolstoï, affirmant: «Il en est de la mort de Kate comme il en est de la mort d'Ivan Illitch. À la place de la mort, il n'y a que de la lumière.»

C'est à travers l'abbé Brisebois que nous avons appris que Kate était croyante et que la foi chrétienne l'avait accompagnée pendant toute sa vie. Et c'est à travers une lettre de son père, Frank McGarrigle, lue par sa soeur Jane, que nous avons compris d'où venait cette foi: de sa plus tendre enfance passée entre la jeunesse, la sagesse et le petit catéchisme des bonnes soeurs de l'école Marie-Rose.»

 

Ça me redonne un coup de fierté chrétienne. Merci Kate d'avoir si bellement été toi-même : simplicité, authenticité, humanité. Une foi incarnée quoi! Repose en paix.

 

Ce matin...

 

Exilée au milieu du continent
Je ne suis qu’un flocon dans le vent
Quand je rêve, je te revois
Fixé dans le moment
Dans la brume au bord de l’océan

Ce matin, tu sais, j’ai eu un haut le coeur
J’étais condamnée, condamnée solitaire

Ce matin, ma lettre m’est revenue
Estampé destinataire, destinataire inconnu
Ce matin un rêve m’est allé droit au coeur
Tu n’y étais guère, guère qu’une timide lueur

Ce matin je me suis couchée au point du jour

Approchant le point, le point de sans retour

 

Entre Lajeunesse et la sagesse

 

Où sont passées les plaines, les arbres à l'horizon
Des voies ferrées entre deux pâtés de maisons
Doucement les années nous ont subtilisé
D'abord la joie, puis le désir de faire un choix

Entre Lajeunesse et la sagesse
Il y a un arrêt de métro
Deux dépanneurs, un bricoleur
Une affiche de Brigitte Bardot
Entre Lajeunesse et la sagesse

Nous sommes tous fils, filles, rejetons d'épiciers
Nés un jour de solde, élevés à bon marché
Nous sommes pauvres, mais nous sommes heureux ensemble
Même si janvier souffle, et la charpente tremble

C'est si beau d'ailleurs, faire l'amour avec toi
Entre les carrés brisés et la mort aux rats
Entre les cancrelats et le commissariat
Ce serait si beau toutefois, ailleurs que chez soi

Entre la misère et la sortie d'incendie
Les tuyaux gelés, escaliers en fer forgé
Entre le prieur et le sénateur
Le crématoire et le compositeur