Mercredi (voir le blogue précédent), le cercle de partage de la CTR avait également invité une ex-enseignante à partager son expérience difficile dans une école de la Saskatchewan. Toute nouvelle enseignante, jeune et naïve, elle y était arrivée pleine de zèle et d’enthousiasme pour sa vocation. Puis elle a découvert l’horrible pièce du sous-sol où elle était supposée passer ses journées avec ses élèves. Elle attribue à ses parents irlandais le courage qu’elle a alors eu de gravir les escaliers jusqu’au bureau du directeur, au troisième étage, de lui exprimer son indignation quant à l’état des lieux et d’exiger un meilleur endroit. C’est à ce moment qu’elle a frappé un mur : celui d’un système autoritaire. Aucune de ses demandes n’a été acceptée, sinon éventuellement l’accès à une roulotte à l’extérieur, ce qui signifiait braver les intempéries du climat régional à l’aller et au retour de la classe.
Néanmoins, elle a développé une amitié avec un enseignant expérimenté qui était aussi un homme à tout faire qui l’a aidée à transformer la classe en un « foyer » dans la mesure du possible. Ils ont acheté de belles chaises et divers objets pour l’enjoliver. Au début elle était perturbée par le silence des enfants mais au fil du temps les barrières sont tombées et ensemble ils sont devenus en quelque sorte une famille. Elle a terminé son témoignage de vérité en parlant d’eux comme de sa « couvée » - nommant chaque élève, un à un, et laissant couler des larmes d’affection et de lamentation tout à la fois.
Ce même jour, après avoir entendu ma conversation avec quelques survivants des pensionnats (ce que j’ignorais jusqu’à ce que je lise son article le lendemain), le journaliste du Globe and Mail, Patrick White, m’a posé plusieurs questions sur le rôle de notre Église dans ces écoles de même que sur d’autres récits qui devaient être connus. Grâce à Cecile Fausak, une autre membre de notre compétent personnel au Conseil général qui travaille avec les survivants, et grâce également au Comité directeur du Conseil général sur la question des pensionnats amérindiens lui-même, j’ai pu diriger Patrick vers un autre récit des relations entre élèves et enseignants. Vous avez peut-être lu il y a quelques mois dans une parution du The United Church Observer un article au sujet de Florence Kaefer et d’Edward Gamblin. Plus tôt cette semaine, Cecile a partagé un développement touchant de cette histoire au Comité directeur sur la question des pensionnats amérindiens, mentionnant comment Florence s’était rendue au chevet d’Edward dans un hôpital de Winnipeg cette semaine. Vous pouvez en lire le compte-rendu dans le journal d’aujourd’hui.
Florence a enseigné à l’école de l’Église Unie de Norway House. Je connais aussi d’autres membres remarquables de l’Église Unie qui ont aussi enseigné et travaillé dans les pensionnats en manifestant beaucoup de compassion et de sollicitude – et en s’opposant ainsi à un système qui déshonorait leur foi, leurs valeurs et leur engagement.
Puissions-nous aussi exprimer, par notre prière, notre sollicitude à l’égard de ces anciens enseignants et travailleurs compatissants. Leur douleur est profonde, comme est profonde la douleur des anciens élèves. Sans aucun doute, c’est une semaine très intense pour eux. Puissions-nous ensemble créer un espace sacré et sécuritaire afin que tous les récits soient racontés.
Vous avez peut-être vous-mêmes préparé et participé à de tels cercles de partage sacrés et sécuritaires à propos de votre expérience ou de celles d’autres personnes qui ont subi ces pensionnats. Je vous invite à penser partager ici aux autres ce que vous avez appris à ce sujet, ce qui permet à de tels espaces d’être sécuritaires pour que l’esprit et la communauté se manifestent et que le processus de guérison divine devienne possible.
© Caféchange. Tous droits réservés
Caféchange est une initiative de la communauté de l'Église Unie du Canada
Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement celles du Caféchange, ni celles de l'Église Unie du Canada.