Mardi Tindal

Mardi Tindal

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La vérité et la réconciliation débutent par la prière

La première journée du rassemblement de la Commission de témoignage et de réconciliation a débuté à 5h19 hier matin par l’embrasement du Feu sacré au lever du soleil aux Fourches de Winnipeg. Cérémonie émouvante et riche où la foule – autochtones et non autochtones réunis – se serrait pour ne rien perdre du rituel et de l’enseignement au sujet de l’eau, les « veines » de notre Mère Terre. Les propos évoquaient de façon éloquente l’interconnexion entre la santé de notre âme, de nos rapports mutuels et de notre relation à la Terre.

 

Le juge Murray Sinclair, président de Commission de témoignage et réconciliation du Canada, a conclu la cérémonie par un rappel qu’il n’y a pas si longtemps un tel regroupement était illégal et aurait suscité des arrestations. Il a également mentionné l’importance de la prière, en elle-même plus importante que les paroles prononcées. Pour terminer, il a proposé une prière importante pour lui et les siens : tous ensemble avec lui nous avons dit : « Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié… »

 

Un peu plus tard, au déjeuner, j’ai eu l’occasion de le remercier pour son leadership au sein de la commission ainsi que ses paroles pleines de sagesse à propos de la prière, et de nous avoir guidés dans la prière de Jésus. « C’est une bonne prière » m’a-t-il répondu. Le leadership qu’il offre, conjointement avec les commissaires Marie Wilson et le chef Wilton Littlechild, fonde cette démarche de vérité et de réconciliation en étant tout d’abord très attentif aux besoins de racines spirituelles vigoureuses.

 

Après le déjeuner, nous avons de nouveau vécu une expérience priante, remplie de l’Esprit, par la cérémonie traditionnel du calumet : de nouveau des paroles de prière ont été prononcées au rythme du battement du tambour symbolisant les aspirations spirituelles et les souhaits de tous ceux et celles rassemblés en ce lieu provenant des quatre directions sacrées : l’est, le sud, l’ouest et le nord.

 

En toute humilité, j’ai eu l’honneur de partager les mots de bienvenue en compagnie des commissaires, des leaders des Premières Nations, du gouvernement et des Églises, où j’ai fait allusion à mes propres prières pour ces générations d’enfants et de parents spoliés, par le système des pensionnats, des dons les plus fondamentaux : une famille aimante et une vie humaine dans la dignité. Je vous partagerai ces propos dans mon prochain blogue.

 

Lors du repas du midi offert par les Églises aux survivants des pensionnats, j’ai eu le privilège de rencontrer plusieurs survivants dont plus particulièrement trois femmes, résidentes de la Baie James, qui ont voyagé en autobus pendant deux jours et demi pour être ici. Elles-mêmes et leurs familles ont fréquenté les pensionnats; elles m’ont raconté leur itinéraire qui les a conduit de la souffrance à la guérison et à l’intégrité et elles m’ont partagé leur espoir que d’autres membres de leurs familles puissent amorcer un tel processus de guérison. Elles sont de l’Église anglicane et je leur ai demandé si elles seraient confortables que je les inclue ainsi que les membres de leurs familles dans mes prières. Elles étaient heureuses de ma proposition. Ce matin, en lisant le Globe and Mail, j’ai constaté qu’un journaliste avait entendu notre conversation.

 

En après-midi, une bénédiction en siégeant à la tente des commissaires où j’ai pu entendre le premier des cercles de partage de la semaine. Au cours des prochains jours les commissaires de la CTR se sont engagés à être disponibles dans cette tente afin d’entendre les récits des survivants. Hier, le pasteur James Scott, le responsable du Conseil général pour le dossier des pensionnats amérindiens, était le visage de notre Église dans ce cercle pour offrir une réponse aux récits partagés. Je vous partagerai certains des propos de Jamie dans un prochain blogue. Il a vraiment bien parlé en notre nom à tous et à toutes.

D’ici là, merci de joindre vos prières à toutes celles qui montent ici, aux Fourches. J’ai vraiment la conviction que vous et moi nous sommes ensemble dans cet effort de prière et d’action au nom de la vérité et de la réconciliation – non seulement en ces premiers jours mais aussi dans l’engagement de participer, communauté par communauté, aux rencontres dans les jours, les mois et les années à venir.

 

À ce propos, je tiens à mentionner l’excellent leadership exercé pour cette rencontre par le Synode amérindien et le Synode du Manitoba et du nord-ouest de l’Ontario. On retrouve ici 60 bénévoles provenant de l’Église Unie, impliqués de diverses façons dont 20 spécialement formés à l’écoute active des survivants. À tour de rôle, ils se rendent disponibles dans la tente d’écoute voisine de la tente interconfessionnelle. Un d’entre eux, au service d’aumônerie à la tente interconfessionnelle, m’a prodigué une écoute attentive dont j’avais bien besoin à la fin d’une très longue journée. Je rends grâce puisque, à mon tour, je suis soutenue par l’écoute et la prière. Puissions-nous tous et toutes nous soutenir de la sorte, voilà l’abondance disponible en communauté!

 

Allez visiter le site Internet de la Commission de témoignage et de réconciliation pour en savoir davantage sur les activités de cette semaine ici et par la suite ailleurs. (C’est toujours une bonne chose d’alimenter notre prière d’une information précise.)

 

Comment vous associez-vous à l’œuvre divine de guérison de l’esprit et de la communauté en ce qui concerne les conséquences des pensionnats amérindiens?

 

 

Mardi Tindal, modératrice