Louis

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Transcendance de Dieu

Dans le no 38 de la revue À Bâbord! de février/mars 2011, dont le thème est "L'utopie a-t-elle un avenir ?", Jean-Claude Ravet, rédacteur en chef de la revue Relations, signe un article intitulé "L'utopie du Dieu impuissant".

 

Il y est question du "Dieu caché parmi les événements historiques, dont la foi sait reconnaître les signes et la présence, le Dieu des pauvres et des humiliés (...)" qui, selon le livre de l'Apocalypse, "est tout entier impuissance et fragilité (...) Pour lui, il n'y a pas d'autres miracles que l'agir et la parole des hommes et des femmes qui, reconnaissant sa présence parmi eux, aux côtés des affamés, des asservis, des exploités, des laissés-pour-compte, s'insurgent contre la réalité, les idoles et leur mirage.  Ceux-là agissent sans Dieu, mais dans le rêve de Dieu, pour libérer les asservis et le Dieu asservi.  Ils répondent à la prière que Dieu leur adresse dans son impuissance."  Le Dieu de l'histoire, "incarné dans le monde, dépouillé de sa condition divine."

 

"Le Dieu ainsi dévoilé n'est pas la fin de la transcendance.  Au contraire, elle en est la célébration au coeur du monde, au fond de l'être, au creux de la vie.  La chair en est sa digne demeure, la parole sa plus belle expression (...) Cette transcendance est scellée, enfouie dans le monde.  Dans la chair du monde et de l'humanité.  Elle est faite de la même fibre que la justice et que l'égalité.  Que la dignité.  Elle a le goût de la Terre et de la louange.  Le goût du pain partagé."

 

Je partage avec vous cet article, comme un goût de printemps à méditer, comme une des possibilités de manifestation de la présence de Dieu.  La Parole a été faite chair.  Elle est avec nous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.

 

Commentaires

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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Bienvenue Louis !    J'avoue

Bienvenue Louis ! 

 

J'avoue que je trouve bien difficile de trouver la transcendance ici bas, parmi les êtres humains, surtout quand je vois de quoi ils sont capables (du meilleur, mais aussi du pire). J'ai plutôt tendance à voir en Dieu le Tout-Autre, complètement différent de nous les humains, à chercher la transcendance ailleurs, dans qqch ou qqn qui me dépasse et nous dépasse tous. Surtout pas dans la chair !

 

Je sais, ce genre de pensées, poussé à l'extrême, nous mène tout droit à la fuite du monde et de ses problèmes, à une spiritualité éthérée, désincarnée, toute mystique, individualiste. Et à juger mes semblables ! Quelqu'un m'a déjà dit: tout ce qu'on dit de Dieu, on doit pouvoir le dire de l'Homme. Si on dit qqch de Dieu qu'on ne peut pas dire de l'Homme, eh bien, ce n'est pas Dieu.

 

Ayoye ! J'ai ben d'la misère avec ça. C'est dur à accepter.

 

Il faut que j'apprenne à voir le visage de Dieu dans celui de mes semblables. 

Louis

Louis

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Personnellement, je me dis

Personnellement, je me dis que ce sont les paroles de Jésus rapportées dans les Évangiles qui permettent de voir Dieu en l'être humain.  "Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites" (Mt 25:40).  Il y a aussi cette parole de Jésus à Marthe: "Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?" (Jn 11:40).  C'est à partir d'un regard de foi.  Jésus se révèle à celui qui croit.

 

 Je sais qu'on peut relativiser l'historicité des paroles de Jésus.  Mais à Jean 15:20 et 17:18-21, on montre Jésus confiant que la transmission de son message à travers ses disciples est assurée.  J'avais lu quelque part que cette attitude de voir la continuité correspond davantage à la mentalité orientale, alors que l'Occident a plutôt tendance à voir la discontinuité.

 

Pour ce qui est de la transcendance ici bas, j'ai compris que certains en voient les signes autour de nous.  D'après le philosophe Karl Jaspers, on accéde à la transcendance "grâce aux chiffres (symboles), qui sont le langage de la transcendance dans l'immanence.  Par la lecture des chiffres (tout peut devenir chiffre : la nature, l'histoire, l'échec), l'immanence se rend transparente à la transcendance." (Atlas de la philosophie, Le Livre de Poche, 1999, p. 201).  Les films "Signes" et "La Dame de l'eau" de M. Night Shyamalan sont pour moi des exemples d'un tel déchiffrement (le premier un peu plus lugubre mais plus proche de la foi chrétienne).

 

Dans mon expérience personnelle, c'est la prière de foi adressée à Dieu il y a quelques années de recevoir Jésus dans mon coeur qui a établi une relation intime qui fait que je puis me tourner vers lui avec confiance.  C'est dans mon coeur qu'il me rassure.

 

unVeilleur

unVeilleur

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Louis a écrit : Je partage

Louis a écrit :

Je partage avec vous cet article, comme un goût de printemps à méditer, comme une des possibilités de manifestation de la présence de Dieu.  La Parole a été faite chair.  Elle est avec nous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.

 

Merci pour ces propos inspirants. Votre "goût de printemps à méditer" me rejoint particulièrement. C'est pour moi un "signe" fort de transcendance dans l'immanence, évidemment au niveau de l'intuition. Que tous et toutes puissent le savourer en paix est un motif d'engagement social puissant.

Et je pense aussi à de très beaux passages des Nourritures terrestres d'André Gide ou de Noces suivi de l'Été [versions électroniques libres de droits] d'Albert Camus... corporellement transcendant. Certains appelleraient ça du panthéisme... je ne suis bien sûr pas de ceux-là. Car derrière les signes il y a la Présence qui les offre. Louange à  l'Éternel-LE.

 

L'essentiel, c'est la Méditerranée, avec « son tragique solaire qui n'est pas celui des brumes ». La lumière, « si éclatante qu'elle en devient noire et blanche ». La mer, dont il se tient « au plus près »« vraie patrie », pour laquelle il coiffe la casquette du guide touristique dans des pages inondées de lumière qui sont peut-être les plus belles, les plus fines de toute son oeuvre.

 

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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Nul homme ne peut voir Dieu

Nul homme ne peut voir Dieu si ce n'est par ces manifestations humaines. Si nous essayons de voir Dieu autrement, nous nous faisons de Lui une affreuse caricature, et nous croyons qu'elle n'est pas inférieure à l'original. [...] Aussi, toutes les fois que nous essayons de nous représenter Dieu tel qu'Il est, dans Son absolue perfection, nous aboutissons au plus pitoyable échec. Car tant que nous sommes des hommes, nous ne pouvons pas Le concevoir comme plus grand que l'homme. Le jour viendra où nous dépasserons notre nature humaine et où nous Le connaîtrons tel qu'Il est; mais tant que nous sommes des hommes, nous devons L'adorer en l'homme et comme homme.



[...]

 

Dieu comprend les faiblesses humaines et se fait homme pour faire du bien à l'humanité. 



[...]



Par conséquent, il est absolument nécessaire d'adorer Dieu comme homme; bénies soient les races qui ont un tel "Homme-Dieu" à adorer. Les chrétiens en ont un en Christ, par conséquent ils s'attachent au Christ, n'abandonnent jamais le Christ. C'est le moyen naturel de voir Dieu: voir Dieu en l'homme.  

 

Swami VIVEKANANDA, Les yogas pratiques, collection Spiritualités vivantes, Paris, Albin Michel, 1970, p. 170-172.