Éditorialistes
Élisabeth Garant

Élisabeth Garant

Se réfugier dans un lieu de culte

À Montréal, Abdelkader Belaouni est réfugié dans une église catholique de Montréal depuis deux ans. Malgré sa cécité et une intégration sociale réussie, Immigration Canada a refusé sa demande humanitaire et un ordre de déportation vers l’Algérie a été émis. À Vancouver, Laibar Singh, originaire de l’Inde, s’est réfugié dans un temple sikh après que sa déportation ait été reportée à trois reprises grâce à l’intervention d’un important réseau de soutien. Monsieur Singh est devenu paraplégique suite à une crise cardiaque survenue en 2004, un an après son arrivée au Canada.

Des actions de solidarité importantes se déroulent depuis quelques semaines pour demander à la Ministre fédérale de l’immigration, Diane Finley, d’intervenir favorablement pour que ces deux hommes restent au Canada et, surtout, pour corriger les failles dans le traitement des demandes humanitaires.

La tradition du sanctuaire trouve son inspiration dans différents écrits religieux auxquels puisent les croyants. Elle est actualisée en fonction des réalités nouvelles qui font appel à la compassion pour chaque époque. Le sanctuaire est, depuis les années 80 au Canada, l’occasion d’une importante collaboration œcuménique, et même interreligieuse, en faveur de personnes réfugiées ou à protéger.

Bien que le recours au sanctuaire n’est pas reconnu par la loi canadienne, le gouvernement le respecte habituellement. Dans plusieurs des cas, le gouvernement a même reconnu le bien fondé d’accorder la résidence permanente aux personnes concernées. Plusieurs se rappelleront par contre la violation du sanctuaire à l’Église unie St-Pierre de Québec. Mohamed Cherfi avait été déporté puis accepté comme réfugié aux États-Unis. Un important mouvement d’indignation et de protestation s’était alors élevé pour demander le respect des sanctuaires.

L’utilisation d’un lieu de culte comme sanctuaire est le résultat d’un discernement des communautés de foi concernées suite à une analyse en profondeur de la situation. Malgré les nombreuses demandes, ces actions ne se font qu’exceptionnellement dans le but de dénoncer certaines injustices des systèmes juridique et politique. Pour les chrétiens qui s’y engagent, c’est un geste de désobéissance civile qui prend au sérieux l’interpellation de l’Évangile à faire un monde plus juste.

La tradition du sanctuaire trouve son inspiration dans différents écrits religieux … Elle est actualisée en fonction des réalités nouvelles qui font appel à la compassion pour chaque époque.

Commentaires

DOM

DOM

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En France les familles de sans papiers ont à plusieurs reprises utilisé les églises comme lieu de refuges.Le plus souvent les forces de polices interviennent et les chassent brutalement.Ces épisodes sont toujoure révoltants .
Uitliser les lieux de cultes me posent toutefois une interrogation:
Pouvons nous d'un côté réclamer l'application stricte de la séparation de l'Eglise et de l'Etat donc du politique et du religieux, et de l'autre défendre et utiliser l'occupation des lieux de cultes et dans ce cas ne plus se referer à cette fameuse séparation? ce paradoxe m'a toujours mis à l'aise.Qu'en pensez vous?

unVeilleur

unVeilleur

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Mohammed Cherfi de retour au

Mohammed Cherfi de retour au pays

 

Dénouement heureux d'une longue démarche qui illustre le bien fondé d'avoir offert l'asile à Monsieur Cherfi. Dans l'esprit de l'engagement  pour la justice de l'Église Unie, la paroisse Saint-Pierre de Québec l'avait accueilli au nom de la pratique séculaire du "sanctuaire". Pour la première fois dans l'histoire canadienne, cet "espace de protection" a été violé par la police, et M. Cherfi déporté aux États-Unis. Son retour au Canada montre qu'il n'y avait pas motif de déportation et que la machine politique et policière s'était emballée.