
Thierry Delay
Nous n’avons que peu, voire aucune traces concrètes concernant les événements qui se sont déroulés à Jérusalem autour de la mort et de la Résurrection de Jésus. Il y a bien à Jérusalem une église du Saint-Sépulcre, édifiée au 4e siècle sur le lieu supposé du tombeau du Christ, mais cet emplacement tient plus de la tradition que de la réalité historique. Et c’est en vain que l’on cherchera dans toute la ville de Jérusalem la moindre trace physique qui témoignerait de la résurrection de Jésus.
Pas de trace. Et cela peut nous étonner, car au cours de l’histoire, les humains n’ont pourtant jamais manqué de laisser une marque dans les lieux témoins d’événements important, en gravant des inscriptions de noms et de dates dans la pierre, en bâtissant des tombeaux, des mausolées pour les personnages importants, comme par exemple les pyramides des pharaons. Alors on peut se demander pourquoi Pierre, Jean ou Marie-Madeleine n’ont pas fait inscrire dans la roche : « ICI CHRIST EST RESSUSCITÉ » Pour l'apposer à l’entrée du tombeau vide.
Oui mais si on y pense bien, les empereurs romains, les pharaons d’Égypte, les grands personnages qui reposent dans leurs majestueux tombeaux sont tous morts depuis longtemps. Car c’est pour les morts qu’on élève des monuments et qu’on grave des signes dans la pierre, pour qu’on se souvienne encore un peu d’eux.
Mais lui Jésus, il n’a pas besoin qu’on élève à sa mémoire une stèle, un arc de triomphe, ni qu’on lui bâtisse un mausolée. Il est vivant !
Et cependant, c’est vrai nous ne sommes pas non plus des anges qui n’ont pas besoin de signes pour supporter leur foi. Souvenez-vous, les disciples eux-mêmes lorsqu’ils aperçoivent Jésus ressuscité sont saisi de stupeur et d’effroi. Ils croient voir un fantôme, un esprit. Et c’est souvent ainsi : quand on ne sait pas que le Christ est ressuscité on voit des esprits partout ; un sale esprit chez le prochain, un drôle d’esprit en soi. Des esprits qui s’appellent aussi chance, malchance, déveine. On est comme entouré, on a peur, peur de vivre, peur du lendemain, peur de mourir. C’est alors que Jésus tend ses mains vers es disciples : « Voyez, c’est moi, n’ayez pas peur » leur dit-il. Cette chaleur de la vie, de la présence et de l’amitié d’une main tendue bouleverse, elle met debout, elle redonne courage et audace. Alors les véritables signes, les marques de la résurrection, et bien ce sont eux les disciples, les croyants et croyantes d’hier et d’aujourd’hui, c’est nous autres !
Pas de trace, Jésus n’a pas besoin de monument ni de stèle, car il est vivant dans ses témoins.
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