Éditorialistes
David Fines

David Fines

Le Conseil général de l’Église unie s’en vient.

David Fines est rédacteur en chef de la revue Aujourd'hui Credo et responsable des communications de l'Unité des ministères en français (UMiF) de l'Église Unie du Canada.

Comme on le sait l’Église Unie du Canada est née de la fusion, en 1925, de trois Églises protestantes (méthodiste, congrégationaliste et presbytérienne) et d’un groupe de paroisses « libres » rassemblée sous le vocable de Union Churches. Chacune de des dénominations ayant sa propre structure administrative, il a fallu « inventer » un modèle de gouvernance qui satisferait la majorité.
 
C’est ainsi que l’Église unie fonctionne depuis sa création selon un modèle décisionnel à quatre paliers. En commençant par le plus près des gens qui fréquente les bancs d’église, il y a la paroisse ; un regroupement – régional – de paroisse s’appelle un consistoire ; les consistoires se retrouvent rassemblés dans des synodes (il y en a 13) ; et au-dessus des synodes, il y a le Conseil général, la plus haute instance décisionnelle de l’Église Unie du Canada. C’est une assemblée nationale qui se tient tous les trois ans pour élire un nouveau modérateur ou une nouvelle modératrice, recevoir les rapports importants des Unités de travail et de groupes consultatifs, voter de nombreuses pétitions à teneur nationale ou internationale et pour approuver de nouvelles politiques d’Église.
 
Le 39e Conseil général de l’Église Unie a eu lieu à Thunder Bay, en Ontario, en août 2006.
 
Le 40e Conseil général aura lieu du 9 au 15 août 2009 - c’est bientôt - à l’Université Okanagan de Colombie-Britannique, à Kelowna, en Colombie-Britannique.
 
En plus des quelque 400 personnes, qui y seront déléguées de toutes les régions de l’Église, dont une demi-douzaine de francophones, plus de 300 invités, observateurs, jeunes, enfants, membres du personnel et bénévoles seront présents pour ce rassemblement qui durera une semaine, une semaine très intense. Les délégué-es, divisés en parts égales entre pasteurs consacrés et personnes laïques, de même qu’entre hommes et femmes en nombre égal, sont sélectionné-es par les 13 synodes régionaux de l’Église.
 
Le thème du 40e Conseil général 2009 sera « Descendons chez le Potier » (d’après Jérémie 18,1-6).
 
Bien sûr, tous les membres de l’Église ne peuvent participer au Conseil général. Cependant, pour la première fois, chaque personne qui le désirera pourra suivre au jour le jour le déroulement de ce 40e Conseil général et connaître au fur et à mesure les décisions qui y seront prises ainsi que lire – et écouter – les commentaires spontanés des participants ; et ce grâce à un site internet réservé exclusivement  au Conseil général. L’invitation est donc lancée à aller chercher « tout ce que vous avez toujours désiré savoir sur le Conseil général sans jamais oser le demander » sur le site Web du 40e Conseil général de l'Église Unie du Canada.
 
Il y aura même un blogue quotidien du président du Conseil d’unité des ministères en français, Stéphane Vermette, qui, incidemment, vient tout juste d’être nommé président du comité organisateur du prochain Conseil général à Ottawa en 2012.
 
Mais ne lui dites pas ; il ne le sait pas encore !

 

.

Commentaires

Administrateur

Administrateur

image

Où s'en va l'Esprit?   Par

Où s'en va l'Esprit?

 

Par l’enregistrement vidéo de son discours d’adieu, David Giuliano remercie l’Église Unie pour l’occasion de servir comme modérateur et partage ses réflexions sur les mouvements de l’Esprit au sein de notre communauté de foi. Le traduction française de son propos suit la vidéo.

 

 
Bonjour ! Je suis David Giuliano, le modérateur de l’Église Unie du Canada. Alors que se termine mon mandat dans ce rôle, je veux profiter de l’occasion pour remercier l’Église Unie, ainsi que mes frères et sœurs dans l’Église tout entière, pour m’avoir permis de servir de cette façon. Je veux remercier également toutes les personnes qui ont prié pour moi comme pour notre Église pendant ma maladie et mes traitements du cancer. Sachez que je me porte bien, de corps et d’esprit.

 

Un sondage paru dernièrement dans The United Church Observer formulait ainsi une de ses questions : « Si vous étiez présentement le modérateur / la modératrice de l’Église Unie du Canada, quelles seraient vos trois premières priorités ? »  J’ai souri en me disant que puisque je suis le modérateur de l’Église Unie du Canada, je devrais pourvoir nommer ce que sont mes trois premières priorités. Toutefois, parler de ‘priorités’ n’est peut-être pas le mot approprié selon moi, bien qu’il y ait toujours des tâches en haut de notre liste. Ce qui importe plus c’est de réfléchir aux mouvements spirituels qui traversent notre communauté de foi présentement.
 
Le premier mouvement qui me vient à l’esprit est d’aller de l’accrochage au lâcher prise. Il nous faut décrocher de nos préconceptions à propos de notre place dans la culture, de nous croire au centre de cette culture, d’y détenir certains privilèges, et de nous penser spirituellement supérieur aux autres cultures. Il nous faut décrocher des conceptions étriquées de ce que signifie ‘être Église’ – souvent décrite comme un bâtiment incluant un-e pasteur-e. Nous devons laisser aller cette image d’autrefois de nous-mêmes qui nous freine. Peut-être que la chose la plus profitable pour cela est d’écouter à nouveau ces paroles de Jésus, transmises sous une forme ou une autre dans les quatre Évangiles : ceux qui s’accrochent à leur vie la perdront, ceux qui la risquent en son nom et pour l’Évangile la trouveront. Il s’agirait alors d’entendre ces paroles comme une promesse et non d’abord une menace.
 
Le second mouvement qu’il importe pour nous d’accomplir est le passage vers une forme d’hospitalité plus radicale. Une hospitalité qui accueille l’étranger comme un messager de Dieu plutôt qu’une menace à l’ordre familier des choses, comme quelqu’un qui nous transformera, que cet étranger soit une personne ou une idée. Nous avons à pratiquer une forme d’hospitalité aussi soucieuse d’amener l’Église dans le monde que nous le sommes de conduire le monde à l’Église. Il s’agit vraisemblablement de prendre au sérieux ces paroles de Jésus : pour le rencontrer, nous n’avons qu’à nous approcher des gens qui ont faim et soif, des personnes sans-abri, malades, esseulées ou emprisonnées. Lorsque nous amorçons de telles relations, au cœur d’une telle hospitalité, nous rencontrons le Christ ressuscité parmi nous.
 
Enfin, le troisième mouvement important à réaliser pour notre cheminement spirituel en commun est de passer de l’inquiétude à la confiance. Que ce soit pour les esclaves émancipés qui errent dans le désert ou les disciples entassés dans la barque qui doivent traverser sur l’autre rive, tous il nous faut avoir confiance que Dieu est avec nous, nous conduisant, il faut prendre le risque de bouger vers ces lieux. Nous le savons, le chemin est parfois difficile, même douloureux; mais dans la confiance que Dieu nous a préparé une terre promise, ou une nouvelle façon d’être ensemble en communauté, nous pouvons avancer avec joie, sachant que nous faisons route ensemble et avec Dieu, notre compagnon et celui des nombreuses générations de nos ancêtres dont la grâce nous relance vers l’avant.
 
Je crois que ce sont là les trois mouvements de l’Esprit auxquels je convierais l’Église. Mouvements du lâcher prise, de l’hospitalité radicale et de la confiance. Quelles seraient présentement vos priorités pour notre Église ?
 
Que la bénédiction et la paix de Dieu soient avec vous.