Éditorialistes
Denis Fortin

Denis Fortin

L’art de revoir l’année

Le nouvel an est là. À la télévision, les bulletins d’information font la revue des faits marquants de l’année écoulée...Le nouvel an est là. À la télévision, les bulletins d’information font la revue des faits marquants de l’année écoulée, allant même jusqu’à transformer ce collage hétéroclite en événement multimédia [http://www.radio-canada.ca/special/2007enrappel/]. Une image vaut mille mots : combien de soupirs, de rires ou de lamentations vaut une musique, un pas de danse ? L’art esquisse l’indicible, évoque l’âme là où ne paraît que la chair si souvent meurtrie. Lorsque l’information incite à la réflexion et conduit à la méditation ne sert-elle pas alors l’expérience religieuse, ce qui relie l’individu à la quête du Sens, de Dieu, et à la solidarité avec tous les vivants?

Ironie du sort, le diaporama funéraire des grands (comprendre ici ‘connus du public’) disparus est présenté moins d’une semaine après les célébrations de la Nativité. Serait-ce un don d’Emmanuel, Dieu avec nous ? Regarder en face la mort, la disparition même des êtres d’exception, un bébé dans les bras, l’Enfant éternel dans le cœur? L’éclat de leur vie, de toute vie, n’est-il pas au bout du compte le reflet de la Lumière, du divin qui réside parmi nous et en nous, grâce bienveillante et jubilatoire du Créateur?

Il est né le divin Enfant… au cœur même de toutes nos morts. Et il continuera de naître et nous de vivre et de mourir, danse mystérieuse où le dessein de Dieu s’accomplit, l’espérance dans le paradoxe. Parlant de danse, Maurice Béjart, né un 1er janvier, nous a quittés en novembre. Il y a plus de 35 ans, en voyant le film extrait de son ballet, ‘Bhakti’, le jeune en recherche que j’étais avait saisi par le cœur ce que pouvait être la tendresse du Seigneur, par le biais des mythes de l’hindouisme. Cadeau de Noël, clin d’œil de la providence, je l’ai retrouvé – enfin - en partie sur Internet : Rama et Sita qui m’ont conduit à la rencontre de Jésus ! En passant, Béjart avait choisi l’Islam comme chemin spirituel… Le Seigneur de la danse est le Dieu des nations.

 

Regarder en face la mort, la disparition même des êtres d’exception, un bébé dans les bras, l’Enfant éternel dans le cœur? L’éclat de leur vie, de toute vie, n’est-il pas au bout du compte le reflet de la Lumière, du divin qui réside parmi nous et en nous, grâce bienveillante et jubilatoire du Créateur?

Commentaires

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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Denis a écrit:

"Il y a plus de 35 ans, en voyant le film extrait de son ballet, ‘Bhakti’, le jeune en recherche que j’étais avait saisi par le cœur ce que pouvait être la tendresse du Seigneur, par le biais des mythes de l’hindouisme. Cadeau de Noël, clin d’œil de la providence, je l’ai retrouvé – enfin - en partie sur Internet [http://fr.youtube.com/watch?v=8PYAIx7klgg] : Rama et Sita qui m’ont conduit à la rencontre de Jésus ! En passant, Béjart avait choisi l’Islam comme chemin spirituel…"

Beau témoignage qui rappelle que Dieu ne se laisse pas enfermer dans nos credos et nos traditions humaines.

Si en tant que chrétien je crois que Jésus, tout animé de l'Esprit, est celui qui nous a le mieux montré la voie que Dieu veut pour nous, il n'en demeure pas moins que Dieu est aussi présent dans d'autres religions que le christianisme.

Je pense que l'apôtre Paul a écrit qu'aucun peuple sur la Terre n'a été laissé sans traces de la présence de Dieu, ou qqch du genre (j'apprécierais si qqn trouvait la citation exacte !). Dieu s'est manifesté partout et à toute l'humanité, mais cela a été compris de différentes manières par les peuples à travers le prisme de leur culture et selon leur contexte, leurs outils mentaux, leur histoire etc.

unVeilleur

unVeilleur

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Une citation du livre de Actes des Apôtres, attribuée à Paul, extraite du discours aux Athéniens (chapitre 17,26-28)

< À partir d'un seul homme, il a fait tous les peuples pour qu'ils habitent sur toute la surface de la terre, fixant la durée de leur histoire et les limites de leur habitat ;il les a faits pour qu'ils cherchent Dieu et qu'ils essayent d'entrer en contact avec lui et de le trouver, lui qui, en vérité, n'est pas loin de chacun de nous. En effet, c'est en lui qu'il nous est donné de vivre, de nous mouvoir, d'exister ; c'est bien ce que disent certains de vos poètes : Oui, nous sommes de sa race. >