Éditorialistes
Marie-Andrée Babin

Marie-Andrée Babin

L’édification du peuple de Dieu avec sa différence

Engagée dans l’Église Unie Saint-Pierre de Québec  depuis plus de deux ans, Marie-Andrée représente la branche francophone de l’organisme S’Affirmer Ensemble. Elle écrit des articles dans différentes revues, s’intéresse à la justice sociale et nourrit un amour admiratif pour ses deux petites-filles de 4 et 3 ans.

 

Les jours se passent rarement sans que l’un ou l’autre d’entre nous soyons confrontés avec des situations de racisme, d’homophobie, d’intolérance ou de jalousie.
 
La place que nous avons, nous a-t-elle été donnée ou l’avons-nous prise de droit ? Voilà bien une question qui englobe les situations citées plus haut. Lors de mon passage à Tatamagouche en Nouvelle-Écosse en juillet dernier pour la Conférence annuelle de l’organisme S’Affirmer Ensemble, le thème nous transportait dans des questionnements inévitables : Chacun-e a sa place. Il peut arriver que l’on nous offre notre place avec joie et générosité; dans d’autres circonstances, nous devons nous battre pour l’obtenir. Dans une situation comme dans l’autre, je me plais à penser  que Jésus a agi en utilisant l’invitation, néanmoins, il l’a utilisé avec insistance :
 
« Laissez venir à moi les petits enfants, ne les empêchez pas de venir à moi… Mt 19,14 » … Ne les empêchez pas de venir ! C’est toujours magnifique d’assister à des conférences, de rencontrer des gens marquants, d’échanger et de discuter en cherchant à changer le monde ! Mais notre monde où est-il ? Est-ce celui de Dieu ou celui de notre égoïsme, de notre racisme, de notre homophobie ?  Nos vies personnelles sont ravagées de combats, de joies, de défaites et de grandes victoires. En tant que chrétienne, je me regarde souvent et je me demande ce que je pourrais faire de plus… Le seul pouvoir individuel que j’ai et auquel je peux faire référence, c’est la prière; en d’autres temps, je doute que l’individualisme soit le moyen d’arriver à l’évolution et au changement. Jésus lui-même s’est entouré de sa gang, de son groupe, de ses amis afin de changer les mentalités. Les enfants de Dieu, petits et grands, sont des merveilles de connaissances et de richesses; ils ont la particularité d’être issus de l’amour de Dieu et de sa force rédemptrice. Nous avons le pouvoir spirituel pour évoluer contre le racisme et l’homophobie, même dans notre Église. Nous avons le pouvoir de la prière et de l’Esprit pour donner à chacun et chacune la place qui lui revient en tant qu’humain et en tant qu’ ENFANT DE DIEU.
 
J’ai souvent entendu la réflexion suivante : « Je ne me sens pas prêt, pas prête à faire ça ». Faire ça, à mon sens, c’est entrer dans le rêve de Dieu, c’est se lever tous les matins en disant oui à la vie, c’est s’émerveiller d’une fleur ou d’une musique qui transporte, c’est ouvrir sa porte à ceux et celles qu’on aime, c’est accueillir celui et celle qui est différente de moi. Ouvrir mon cœur à la beauté, à l’émerveillement, aux capacités et aux compétences des autres peu importe leur choix de vie personnelle. Ce qui doit faire mon affaire ce n’est pas la jambe en moins, ce n’est pas le nez croche, ce n’est pas homme/homme ou femme/femme, mais bien le message évangélique de Jésus qui appelle à :  Aimez-vous les uns les autres. À ma connaissance, je n’ai jamais lu qu’il y avait un ajout à cette invitation qui pouvait ressembler à : Attention aux personnes différentes, à celles qui n’ont pas la même couleur de peau, à celles qui ont une claudication, à celles qui sont sourdes ou aveugles… et quoi d’autres encore ?
 
Jésus appelle à l’amour. Serons-nous un jour obligés de réviser le sens du mot chrétien ou le sens de nos engagements dans notre propre Église ?
 
Marie-Andrée Babin
Église Unie Saint-Pierre
Québec
 

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