
Normand Breault
retraité, chrétien engagé dans des causes sociales comme le développement des peuples avec Développement et Paix et le respect des droits humains.
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Commentaires
R. Lacasse
Je suis à l'emploi
Affiché le jeu 09/12/2010 - 18:49
Je suis à l'emploi de Desjardins depuis 2005. Je choisis de réagir à titre personnel à votre billet parce que je partage avec vous des valeurs coopératives et chrétiennes. Le sabat est fait pour l'homme et non l'inverse. Ma seule formation universitaire est en théologie. J'ai été associé au mouvement oecuménique canadien et j'ai beaucoup d'estime pour les positions progressistes de l'Église unie du Canada. Alors un échange m'apparaît possible...
J'ai été associé au montage de la candidature de Desjardins pour le titre de « Bank of the Year ». Si nous avons gagné, ce n'est pas pour avoir gommé notre ADN coopératif. Tout au contraire!
Nous avons mis de l'avant notre présence dans les communautés de moins de 2 000 habitants (alors que les banques y sont absentes), le fait que 6,4 % de nos excédents retournent aux communautés sous forme de dons et commandites (1,34 % pour les grandes entreprises canadiennes), la présidente est élue par un collège électoral de 256 représentants de caisse (plutôt différent des banques). Desjardins offre des produits de solidarité pour ses membres qui ne se qualifient pas selon les standards de l'industrie. Les caisses scolaires et étudiantes contribuent au développement des vertus de l'épargne chez les jeunes. Les excédents servent à capitaliser les caisses pour assurer leur pérennité et à verser des ristournes aux membres selon leur volume d'affaires.
Et que dire de Développement international Desjardins (DID) qui, dans 25 pays émergents, appuie des coopératives et des mutuelles qui comptent plus de 6 millions de membres. DID est considéré par l'ACDI comme le plus important centre d'expertise en développement international au pays, tous secteurs confondus.
Alors, Desjardins n'égale pas banque. Desjardins égale 5,8 millions de personnes qui, collectivement, possède une entreprise inaliénable de développement de prospérité durable. C'est cela que la revue The Banker a considéré pour couronner Desjardins.
Les Québécois sont exigeants envers Desjardins et cela tient à la force du symbole identitaire que représente l'héritage d'Alphonse Desjardins. Cela ne dispense pas le Mouvement Desjardins d'évoluer avec les habitudes transactionnelles de ses membres et de composer avec les règles du marché pour attirer des talents. Desjardins doit sa solidité financière à la gestion prudente de son porte-feuille de prêts et à la qualité des réserves de capital qu'il a toujours maintenu, dans un souci de performance à long terme.
Être coopératif et performant financièrement, c'est non seulement possible. C'est exactement ce que voulait Alphonse Desjardins. On n'a qu'à consulter sa correspondance avec les caisses naissantes, entre 1905 et 1917. Son message était constant : les caisses doivent être rentables et il était très sévère sur l'obligation de rembourser les prêts.
unVeilleur
Merci pour ce commentaire
Affiché le ven 10/12/2010 - 11:12
Merci pour ce commentaire éclairant et je suis bien heureux de lire que le mouvement Desjardins participe au niveau international à la promotion d'une vision coopérative.
Je comprends de la réflexion de Normand Breault un appel à la vigilance alors qu''un glissement progressif de Desjardins et la transformation de son éthique coopérative. Personnellement, les "gros" salaires des dirigeants, usuels dans l'univers de la haute finance, me posent un réel problème. À ce niveau, Desjardins emboîte le pas à la mise sur un piédestal des administrateurs comme s'ils appartenaient à une catégorie particulière de l'humanité. Cette adulation n'est certes pas dans l'esprit du fondateur même si elle est conforme à l'air du temps et ne semble pas remise en cause ni par les politiciens et les gestionnaires, bien au contraire. Dommage...
Gerard44
Merci pour ces précisions M.
Affiché le sam 18/12/2010 - 10:47
Merci pour ces précisions M. Lacasse.
Six (6) banques canadiennes ont fait l'an dernier $20 milliards de profit. N'oublions pas que l'on connaît la crise économique la plus grave de l'histoire (dixit Michel Chossoudovsky). Des centaines de millions de chômeurs partout, des familles entières à la rue même aux États-Unis. $20 milliards... de profits, je n'en reviens pas. Et les salaires de leurs dirigeants et autres grandes corporations sont en effet faramineux, scandaleux. Bien sûr que Desjardins fait bonne figure et se démarque des banques - comme les succursales dans les petites aglomérations, les dons aux organismes communautaires et le micro-crédit dans le Tiers-Monde. Elle n'est toutefois pas seule à faire cela au Canada (Vu dans un documentaire que Credit Union le fait). Mais n'est-on pas arrosés de toutes sortes de frais dans la coop Desjardins? Même les organismes sans but lucratif paient des frais qu'ils peuvent se faire rembourser s'ils pensent à les demander.
Quant à moi, mon jugement est établi depuis longtemps: ce qui relève de l'idéologie et des pratiques capitalistes est carrément inhumain pour ne pas dire criminel quand je pense aux sacrifices humains qui s'en suivent et aux dégâts écologiques catastrophiques rapportés régulièrement dans les média. Actionnaires et administrateurs n'ont pas de consciences mais un coeur de pierre avec une fente pour y glisser les piasses. Il faut donc garder notre belle coop à l'oeil et l'interpeller de temps en temps. Ce que fait M. Breault. $$20 milliards de profit au compte de la bande des 6!