
Normand Breault
retraité, chrétien engagé dans des causes sociales comme le développement des peuples avec Développement et Paix et le respect des droits humains.
Les gens ne sont vraiment pas d'accord avec la décision du jury chargé de se prononcer sur la culpabilité de Guy Turcotte. Des initiatives de toutes sortes et au moins une allusion humoristique viennent appuyer, sinon exacerber, cette réprobation populaire. Je ne joins pas ma voix à ce concert.
Le procès et sa conclusion. Un douzième juré s'étant vu montrer la porte parce que son idée était déjà faite, onze citoyennes et citoyens ordinaires écoutent de longs témoignages durant plusieurs jours. Au terme de la présentation des faits et des plaidoiries, le juge met ces personnes en face de quatre possibilités de jugement. En leur âme et conscience, et après quelques jours de délibération, ces personnes, à l'unanimité, optent pour un verdict de non responsabilité criminelle. Et c'est le tollé!
Une question à deux volets. Si les victimes n'avaient pas été des enfants, si le jury avait cédé sa place à un juge seul - comme l'a suggéré un sénateur - la réaction populaire aurait-elle été aussi forte, aussi émotive ?
Ma position. À moins qu'il soit reconnu que le juge a erré sur des questions de droit (éléments relevant de spécialistes), je ne vois pas pourquoi cette décision unanime du jury (formé de gens ordinaires) devrait être remise en cause.
Annexes. Tout en respectant le droit octroyé aux accusés de choisir entre jury et juge seul, je préfère que des gens du peuple aient le dernier mot, car une décision d'un juge seul risquerait, selon moi, de rendre le système de justice encore plus loin du monde ordinaire, système auquel monsieur et madame tout le monde a déjà de la difficulté à s'identifier.
Quant à la dame de la Rive-Sud qui pense qu'il serait temps d'avoir des lois interdisant de tuer des enfants, je ferai remarquer que de telles lois existent déjà. Le problème, ici comme dans les autres cas, vient de ce que les actes posés le sont par une personne humaine, dont d'autres personnes semblables à elle ont, de façon unanime, à reconnaître, ou non, la culpabilité, après avoir consciencieusement suivi le procès.
Conclusion. Comme la mère des petites victimes - et je compatis à sa profonde douleur - je pense qu'il faut accepter le verdict et qu'il n'y a pas lieu de faire un nouveau procès.
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