Éditorialistes
Paul Druelle

Paul Druelle

Balises d’un chemin de vie au seuil du nouvel an

Je suis né en mars 1933 à Caen en France dans une famille catholique, année où Adolf Hitler s’emparait  du pouvoir en Allemagne et allait déclencher l’une des guerres les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité dès juin 1940. C’est à travers mes yeux d’enfant, que j’ai assisté à ce conflit dont je mesurais peu l’ampleur de la tragédie. Après une invasion de son territoire en quelques petites semaines (mai 1940), la France a subi quatre années d’occupation par les troupes allemandes. Comme résidant de la Normandie, pour notre famille, la guerre est véritablement entrée dans notre vie à l’aube du 6 juin 1944. Je venais d’avoir 11 ans. Cette date est à tout jamais gravée dans ma mémoire d’une encre indélébile. C’est par un grondement de tonnerre et un déluge de feu que les côtes normandes du Calvados sur une largeur de 70 kilomètres se sont embrasées. La plus grande opération navale de tous les temps s’est déployée à la ligne d’horizon. Pour ceux et celles d’entre vous  qui ont vu le film, le Jour le plus long ou le soldat Ryan, le débarquement y a été reconstitué avec beaucoup de réalisme. Mais pour nous, ce n’était pas du cinéma.

Bien que je ne réalisais pas la portée des événements qui se déroulaient, la peur a eu vite fait de devenir une compagne assidue. Peut-être est-ce de là qu’est né pour moi la préoccupation du destin et du bien être des hommes, femmes et enfants qu’il m’a été donné de côtoyer tout au long de mon existence et en particulier ceux et celles victimes d’injustices flagrantes et de traitements inhumains. Je suis arrivé au Canada d’une façon définitive en novembre 1956 juste à temps pour connaître la fin des années Duplessis. En 1960, celle qui allait devenir mon épouse m’a permis de découvrir la foi protestante. Je me suis toujours impliqué dans la vie paroissiale d’abord à l’Église presbytérienne Saint- Luc à Montréal et ensuite depuis 1970 à la paroisse Unie Saint-Jean.

Lorsque l’heure de la préretraite a sonné, je me suis alors engagé dans une défense plus active en faveur des Droits humains en m’impliquant dans un groupe dynamique d’Amnistie internationale où j’ai travaillé pendant une dizaine d’années.
À la demande de mon pasteur de l’époque à Saint-Jean j’ai alors accepté de m'impliquer au comité Solidarité-Prière de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) un organisme oecuménique où je travaille encore actuellement. Comment en effet ne pas s’intéresser au sort de nos contemporains tout en se disant disciple du Christ ressuscité? Martin Luther King écrivait: « Ce n’est pas tant les actes des méchants qui sont le plus à blâmer, mais plutôt le silence des bons ». Le Christ n’a-t-il pas été torturé et cloué sur une croix sur la recommandation des docteurs de la loi, parce qu’il n’hésitait pas à enfreindre la loi en posant des gestes de compassion envers ses contemporains, peu importe le rang qu’ils occupaient dans la société? Il nous a laissés en héritage le témoignage d’une vie terrestre exemplaire mais n’a jamais promulgué de dogmes, son message pour l’humanité se résumant  à l’amour avec un grand « A ».

Tous les dons et talents qui nous ont été confiés, à nous maintenant de les faire fructifier, avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, afin de poursuivre l’exemple que le Christ nous a donné pour faire rayonner, dès maintenant autour de nous, le Royaume de Dieu.

Je vous salue fraternellement.
 

.

Commentaires

Merci cher Paul d'avoir bien

Merci cher Paul d'avoir bien voulu partager ton histoire avec nous.

 

Puissions-nous nous en inspirer.