Éditorialistes
Dominique Gauvreau

Dominique Gauvreau

Être soi devant Dieu : est-ce possible?

Dominique Gauvreau travaille dans le secteur de la santé depuis plus de trente ans. Il est membre de l’Église Unie St-Jean de Montréal. Il anime le blogue chrétien inclusif «Rencontre sous le chêne de Mamré» et la page facebook de «S’affirmer Ensemble». Il contribue aussi à différents réseaux de chrétiens inclusifs et LGBT à travers le monde.

 

Tôt dans la vie, on m’a appris l’importance de la charité, des dévotions, de la pureté de corps et d’esprit pour servir Dieu et être aimé de Lui. Ma mère disait que je devais être sage comme une image.
 
À l’évidence, j'étais tout sauf une image sainte. Les quelques accompagnateurs spirituels qui m'ont suivi à certaines époques seraient  catastrophés  en voyant ma foi insoumise et  le manque de discipline dans mes dévotions. 
 
Je dois avouer que je suis peut-être un mouton noir dans la bergerie du Seigneur.  Il est probable que je ne serai jamais blanc comme les autres. Toute ma vie, je me suis évertué à vouloir être autre chose que ce que je suis pour être assuré de l’amour Dieu. C'était me tromper.
 
Notre existence est conditionnée par notre éducation, par la vie de ceux et celles qui nous ont précédés, par nos propres expériences spirituelles et humaines, par  nos peurs, notre façon de concevoir la vie en général tout comme la façon dont nous avons vécu les moments de bonheur et d'exaltation.
 
Chacun de nous porte des ombres et la tendance est de fuir leur inconfort. Nous préférons les nier et montrer un autre visage que celui notre fragilité. Elles ne sont pourtant rien d'autre que des expériences de cheminement issues de notre condition humaine.
 
Refuser de les apprivoiser, c'est non seulement s'exposer à les entretenir mais c'est aussi leur donner du pouvoir. Les regarder et les accepter pour ce qu'elles sont nous permet de marcher sur la route de l'espérance et de  nous libérer de la souffrance et du mal-être.
 
Je crois que Dieu est présent dans cette dimension ombragée de notre être et qu'il l'illumine pour la transformer. Il nous appelle sans cesse à nous réaliser à travers notre fragilité. Dieu nous aime, bien au delà de notre vision idéalisée de la vie chrétienne et de la condition humaine. Son amour n’est pas conditionnel à l’atteinte de nos idéaux ou du fait que notre fragilité freine notre volonté à y parvenir. 
 
Revenir sur le passé, retourner sans cesse les vieilles rancœurs, se sentir coupable pour quelques vieux démons qui peuvent ressurgir ici et là ou regretter de ne pas avoir accompli quelque chose sont souvent des sentiments ou des émotions qui peuvent freiner notre croissance. Si notre condition humaine ou de pécheur, peu importe comment nous l’abordons, semble nous distancer de Dieu, en aucun moment ce dernier se distance de nous.
 
Relire notre histoire à la lumière de la grâce nous permet «d'être soi» devant Dieu. Laissons agir l'Esprit  en nous, même si nous avons l’impression d’être le mouton noir de la bergerie. Avancer sur la voie chrétienne, c'est aussi accepter ses ombres et consentir à être aimé malgré elles. Ainsi nous pourrons chanter  ces paroles du cantique qui donneront un sens à notre vie :
 
 

 

 

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Commentaires

Être soi devant Dieu : est-ce

Être soi devant Dieu : est-ce possible?

 

Non seulement c'est possible, mais c'est obligatoire. On n'a même pas le choix ! Devant Dieu, on est tout nu. On ne peut rien lui cacher. Il nous connaît par coeur, avec nos forces et nos faiblesses, nos beautés et nos laideurs, nos zones de lumière et de ténèbres... Quand on se présente devant Dieu, on ne peut qu'être soi-même. 

 

Dieu ne nous demande pas d'être parfaits ou "purs" avant de nous tourner vers Lui. Si c'était le cas, on ne le pourrait jamais.

 

Il faudrait bannir l'idée-même de "pureté": rien de ce qui existe n'est tout blanc ou tout noir, tout bon ou tout mauvais, la réalité est plus complexe, plus subtile, toute en nuances. Même le plus pur des diamants n'est en fait qu'un composé de carbone et d'autres éléments chimiques qui n'ont rien d'aussi noble. Donc, les concepts de "pureté de la langue", ou pire, de pureté raciale, très peu pour moi...

 

Je crois que Dieu nous préfère authentiques, assumant qui nous sommes, sincères, humbles, reconnaissant notre condition de pécheurs plutôt que "purs" ou saints.

 

C'est là la bonne nouvelle du pardon des péchés: même si nous sommes pécheurs, Dieu nous aime quand même, tels que nous sommes, de son amour infini et tout-puissant.