Une personne très sage m'a dit un jour: C'est facile de dire qu'on souhaite la cohabitation pacifique de toutes les religions SAUF les raeliens/les sataniques/etc. parce qu'EUX ils sont trop bizarres...
Oui, on a toutes et tous à réfléchir là-dessus je pense. Présentez-moi une personne qui n'a aucun préjugé envers aucune religion, je pense qu'on va chercher longtemps!
J'ai l'impression qu'affirmer que toutes les religions se valent, c'est relativiser Dieu. Croire qu'adorer le Dieu unique et suivre Jésus est la meilleure voix à suivre ne veut pas nécessairement dire manquer de respect envers ceux qui ont d'autres croyances ou leur imposer les nôtres. Faire preuve d'ouverture et de respect ne veux pas dire croire que tous les avis et toutes les croyances sont de valeur équivalente.
Par exemple, je peux reconnaître qu'il y a, dans le bouddhisme, certaines valeurs qui se rapprochent des valeurs qui me sont chères et qu'il y a du bon là dedans, sans pour autant dire que le Bouddhisme et le Christianisme se valent, parce que ce que je crois, c'est qu'il manque au Bouddhisme l'adoration de Dieu le Père et, pour moi, c'est fondamental. Ça ne veut pas dire que je vais aller dire aux Bouddhistes que leur religion ne vaut pas la mienne et qu'ils devraient se convertir au Christianisme.
Si je croyais que toutes les religions se valent, je ne serais pas Chrétienne. Je serais athée, agnostique ou peut-être unitarienne...
Pour ceux est celles qui affirment que toutes les religions se valent, j'ai une question. Quand vous avez répondu par l'affirmative à la question posée dans ce fil, quelle définition du mot "religion" aviez vous en tête? Est-ce que votre définition inclue les sectes comme l'Ordre du temple solaire ou la secte de "Moïse" Rock Thériault? Quel est le critère pour départager une secte d'une religion?
J'ai répond oui parce qu'elles mênent toutes au fanatisme, et que le pouvoir corrompt (Saül et David) . Tout le monde a été évangéliser et vous pouvez vous donnez l'Esprit Saint sans passer par les constipateurs constipés.( POUR ET CONTRE LA BIBLE) et (Paroles d'un croyant).
Pour moi, le mot "religion" inclut toutes les formes de spiritualité. Sans exception.
Aucune religion n'est pas à l'abri de l'abus et de la violence comme l'exemple de "Moïse" Rock Thériault. Plusieurs meutres, suicides, viols, etc. ont été justifiés par la religion qu'elles soient historiques, nouveaux mouvements religieux, sectes, ...
J'avoue que dans le cas de "Moïse" Rock Thériault, on parle d'un cas où le chef même était dangereux. Mais en même temps plusieurs pasteurs, prêtres, immams, etc. le sont aussi! C'est pourquoi j'ai tendance à dire que toutes les religions se valent et à souhaiter que la coexistente pacifique se fasse dans toutes les religions/spiritualités, car elles ont toutes un énorme travail à faire là-dessus.
Je comprends Ursus qu'il y a une différence entre dire "toutes les religions ne se valent pas" et considérer les autres religions comme inférieures.
Il y a une chose que je comprends pas par contre: "qui" a dit que croire en Dieu le Père est fondamental? Pour moi, c'est Dieu tel que tu le vois et que ton groupe d'appartenence le voit?
Alors, pourquoi c'est fondamental? Parce que c'est ce que je crois ou ce que mon groupe croit. Pourquoi mon groupe le croit? Parce que c'est fondamental. C'est un cercle vicieux quant à moi. C'est pourquoi je crois personnellement que toutes les religions se valent. Parce qu'autrement je me verrais "pognée" dans ce cercle vicieux.
J'ai bien entendu choisi la réponse "Oui". Au-delà de toutes les petites particularité de dogmes, de textes et de visions du monde, quand les religions sont entre bonnes mains, elles poussent l'être humain à réfléchir sérieusement sur lui même et sa conception du monde, et à agir en conséquence. C'est à mon avis l'essentiel de la vie spirituelle. Le reste n'est que superstition, rituels, traditions, etc... Les religions sont des produits de consommation culturels destinés à remplir un besoin bien particulier, et en général elles font bien le travail. C'est pourquoi elles me fascinent et que je les étudie avec une passion dévorante.
N'oubliez jamais que si vous croyez à une religion X, c'est à 99% parce que le spermatozoide et l'ovule qui vous ont constitué se sont croisés dans un pays X. On croit avoir "choisi" sa religion parce qu'elle nous parait plus complète que les autres, mais au fond, la plupart du temps ce "choix" s'impose à cause de facteurs environnementaux, en particulier la culture où l'on a évolué.
Ce qui répond à la question posée par Ursus: "quelle différence entre secte et religion?" À mon avis, aucune. Les deux peuvent être des instruments de croissance ou de destruction. Ça m'enrage toujours d'entendre des chrétiens glousser à propos des croyances soit disant "farfelues" des raéliens, des satanistes ou des scientologues, alors qu'eux mêmes ont la très "rationnelle" croyance qu'un type marchait sur l'eau et multipliait le pain il y a 2000 ans. Et pour les secte qui ont fini dans le sang, bien que ça soit des drames à éviter, je les trouves particulièrement moins dangereuses que les grande religions qui ont une emprise politique énorme sur le monde.
Ursus, j'ai bien de la difficulté à saisir ce que tu veux dire quand tu dis "dire qu'adorer le Dieu unique et suivre Jésus est la meilleure voie ne veut pas nécessairement dire manquer de respect envers ceux qui ont d'autres croyance ou leur imposer les nôtres"
Serais-ce à dire qu'une personne qui quitte le christianisme pour devenir bouddhiste est aveugle au point de ne pas voir qu'il va vers une voie inférieure? Ou ne serais-ce pas tout simplement qu'il y a autant de besoins que d'êtrse humains sur terre, et que le Bouddha est la meilleure voie à suivre pour lui comme pour toi c'est Jésus? Pour lui, la croyance en la réincarnation est aussi fondamentale que celle en Dieu le Père l'est pour toi, et personne n'a de preuve que ni une croyance, ni l'autre est la vraie.
Ainsi je crois que la chose sage à dire, c'est toutes les religions ne peuvent se valoir pour SOI, mais qu'elles peuvent toutes se valoir pour l'AUTRE. Sinon, je crois qu'on tombe dans le piège de placer sa culture et son vécu comme étant supérieurs à ceux des autres.
Et qui sait si Dieu lui-même n'aime pas ça, être relativisé?
"Ainsi je crois que la chose sage à dire, c'est toutes les religions ne peuvent se valoir pour SOI, mais qu'elles peuvent toutes se valoir pour l'AUTRE. Sinon, je crois qu'on tombe dans le piège de placer sa culture et son vécu comme étant supérieurs à ceux des autres."
C'est ce que je crois aussi. Même si ma spiritualité est personnelle et va au-delà de ma culture, n'empêche qu'elle a grandi dans un contexte culturel donné et que je dois en tenir compte lorsque je la situe par rapport aux autres religions (pour ne pas dire relativiser).
Hhai a dit: "Et qui sait si Dieu lui-même n'aime pas ça, être relativisé?"
Effectivement, on ne le sait pas! Et on ne le saura jamais. Alors, comme on ne peut pas parler pour Dieu, alors je me tourne vers le prochain. Ça ne peut signifier autre chose qu'accepter que mon prochain a des croyances différentes des miennes.
Je ne trouve pas le bouton "citation", alors j'y vais avec du copier-coller...
Étudianteindigne a dit:
Il y a une chose que je comprends pas par contre: "qui" a dit que croire en Dieu le Père est fondamental? Pour moi, c'est Dieu tel que tu le vois et que ton groupe d'appartenence le voit?
Le "qui", c'est moi. C'est fondamental pour moi. Fonfamental dans le sens de "fondement de ma foi". Mon intervention ne se voulait pas un point de vu absolu, neutre et universalisable, mais un point de vu situé, le mien. À travers les lunettes de ma foi à moi, non, toutes les religions ne se valent pas.
"Ursus, j'ai bien de la difficulté à saisir ce que tu veux dire quand tu dis "dire qu'adorer le Dieu unique et suivre Jésus est la meilleure voie ne veut pas nécessairement dire manquer de respect envers ceux qui ont d'autres croyance ou leur imposer les nôtres"
"Serais-ce à dire qu'une personne qui quitte le christianisme pour devenir bouddhiste est aveugle au point de ne pas voir qu'il va vers une voie inférieure? Ou ne serais-ce pas tout simplement qu'il y a autant de besoins que d'êtrse humains sur terre, et que le Bouddha est la meilleure voie à suivre pour lui comme pour toi c'est Jésus? Pour lui, la croyance en la réincarnation est aussi fondamentale que celle en Dieu le Père l'est pour toi, et personne n'a de preuve que ni une croyance, ni l'autre est la vraie."
On peut tous se tromper sur ce qu'on croit être la vérité. Je crois que c'est vrai que la planète se réchauffe à cause de l'activité humaine qui abuse de la nature. Je crois que c'est vrai qu'Elvise est mort. Je crois que c'est vrai que la souveraineté du Québec n'est pas possible dans un avenir prévisible. Je crois aussi que c'est vrai qu'adorer le Dieu unique et suivre Jésus est la meilleure voie à suivre. Je crois sincèrement que c'est la vérité. Je peux me tromper, mais je ne le saurai probablement jamais si je me suis trompée. Je ne vais pas non plus essayer d'imposer ma perception de la vérité aux autres. Je témoigne de ce que je crois être la vérité et j'écoute avec respect le témoignage de ceux qui ont une perception différente de la vérité.
Je ne hiérarchise pas non plus les religions comme supérieurs et inférieures. Si je dois classer les religions, ce serait plus sur un axe horizontal que vertical. Je dirais plutôt que le Judaïsme est plus proche de mes croyances que le Bouddhisme. Ça ne veut pas dire que le Judaïsme est supérieur au Bouddhisme, ça veut juste dire que je m'y reconnais plus (surtout à cause des livres sacrés qu'on a en commun). Pourtant, j'ai beaucoup plus d'amis Bouddhistes que Juifs... Hasard de la vie! Mais en général, j'essaie d'éviter de me situer par rapport aux autres religions, parce qu'une perception de l'extérieur ne donne jamais une idée juste de ce que peut être une religion. Après tout, les Romains croyaient que les Chrétiens étaient cannibales parce qu'ils mangeaient "le corps du Christ" et ils croyaient qu'ils pratiquaient couramment l'inseste parce qu'ils s'appelaient "frère" et "soeur" entre eux.
"Après tout, les Romains croyaient que les Chrétiens étaient cannibales parce qu'ils mangeaient "le corps du Christ" et ils croyaient qu'ils pratiquaient couramment l'inseste parce qu'ils s'appelaient "frère" et "soeur" entre eux."
Je savais pas ça, très drôle avec mon regard d'aujourd'hui XD Je comprends que dans le temps ça devait pas être drôle pour les relations entre Romains et Chrétiens, par contre... Mais de la peur de la différence et les mauvaises conceptions, on peut dire ça de toute forme d'Altérité, pas seulement de la religion. La culture, la région, l'âge, les valeurs, les croyances inter et intra-religieuses (même à l'intérieur d'une même communauté de foi): ce sont toutes des formes d'altérité sujettes aux mauvaises conceptions. Pour moi, passer par-dessus est essentiel. Alors, oui vivement les comparaisons. Tant qu'on ne les utilise pas de façon abusive ou qu'on ne fasse de sur-généralisations.
De ce que je comprends de ton témoigne, le fait que pour toi toutes les religions ne se valent pas donc est une vérité personnelle. On revient donc à ce que Hhai disait plus tôt: "Ainsi je crois que la chose sage à dire, c'est toutes les religions ne peuvent se valoir pour SOI, mais qu'elles peuvent toutes se valoir pour l'AUTRE." Bref, il faudrait faire tout un autre fil en posant la question de manière sociale et universelle justement ^^
Je n'y répondrai pas de manière sociale et universelle, parce que je ne crois pas qu'il y ait de réponse à cette question sous cet angle... Pourquoi mon point de vue serait-il plus universalisable qu'un autre? Je ne crois pas en la neutralité, alors je ne prétendrai pas l'avoir.
Cette question tombe bien, je réfléchis ces temps-ci sur l'intolérance religieuse. Petit à petit, je me rapproche de la théologie Quaker qui voit un peu de Dieu dans chacun de nous.
En cet anniversaire malheureux, je cite une prière récitée ce matin ...
May we be reminded on this day of the deep bonds that are so often hidden by our outward differences. In the year ahead, may we recognize our kinship in spirit and in need, and may we make this relationship real in our words and in our deeds.
Rappelons-nous en ce jour des liens profonds qui nous unissent, souvent masqués par nos différences extérieures. Dans la prochaine année, puissions-nous reconnaître les similitudes de nos besoins et de nos esprits et puissions-nous faire de cette relation une relation authentique tant dans nos paroles que nos actions (traduction libre, qui n'est pas très exacte).
Oui, parce que je crois l'être humain devra passer par-dessus les différences un jour. Je prie pour que la religion ne soit pas un obstacle, mais un facteur facilitant.
De ce point de vue, ce qui fait la valeur ce n'est pas tant la justesse du concept ou de l'approche du divin, mais la qualité morale des individus qui professent. Pas bête dans l'fond. Ce n'est pas une évaluation de la validité des affirmation théologiques mais bien de l'efficience sociale. D'un point de vue strictement humain, c'est probablement aussi loin qu'on peut aller.
Pas de chicane dans la cabane et, comme disait - ou aurait pu dire - Politzer dans son cours sur le matérialisme, la preuve de l'existence d'un poudding, c'est lorsque tu le manges!
Tant qu'on est dans le domaine des goûts et des couleurs, et si nous sommes convaincus que la religion est essentiellement de cet ordre, alors qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. (Bon je suis tombé dans les sentences et aphorismes!!!)
100% d'accord pour le respect des opinions et des convictions mais... on ne peut que constater qu'il y a des limites. La notion de religion est utilisée très largement pour inclure des phénomènes sectaires que personnellement je ne considère pas édifiant ni individuellement ni collectivement. Je pose alors un jugement de valeur et je ne m'en excuserai pas.
On a quand même un devoir de cohérence. On ne peut pas à la fois croire une chose et son contraire. Toutes les religions ne peuvent pas avoir toutes raison. Certaines croyances des autres religions sont incompatibles avec la foi chrétienne.
Trouvé sur Protestants dans la ville:
Dissoudre le christianisme ?
Si les chrétiens adoptent les croyances d’autres religions
Ma réponse est naturellement que cela dépend de quelles croyances il s’agit. Certaines croyances d’autres religion « dissolvent » certainement la foi chrétienne.
Ainsi certaines traditions juives considèrent que Jésus prétendait à tort être le Messie. Celui qui adopterait tout simplement ce point de vue verrait certainement se dissoude sa foi chrétienne.
Certains bouddhistes affirment tout uniment qu‘il n’y a pas de Dieu. Penser ainsi dissout certainement la foi chrétienne.
Néanmoins affirmer que Jésus n’a pas accompli le rôle du Messie ne dissout pas nécessairement la foi chrétienne. La pensée chrétienne elle-même a très généralement pensé que Jésus avait lui-même rejeté le rôle traditionnellement attribué au Messie et si l’on affirme que Jésus était « l’oint » c’est seulement dans le sens de ce que Jésus a réellement accompli. Laisser les Juifs définir eux-mêmes ce que devrait être le Messie et déclarer ensuite que Jésus ne s’était pas conformé à ce rôle et n’était donc pas le Messie est une pétition de principe et ne dissout en rien la foi chrétienne. Cela souligne tout au plus ce que Jésus a refusé d’être, ce qui est, d’ailleurs, fort important.
En ce qui concerne le déni bouddhiste de Dieu, il faudrait d’abord comprendre ce que les bouddhistes veulent dire. Les premiers chrétiens étaient accusés d’athéisme parce qu’ils récusaient l’existence de nombreux Dieux.
Il est vrai qu’aujourd’hui certains bouddhistes récusent l’existence d’absolument tout ce que les chrétiens pourraient désigner par « Dieu », « créateur », « Esprit » ou « Abba ». Accepter ce refus serait une dissolution effective de la foi chrétienne.
Mais les choses ne sont pas toujours si radicales. La négation de la divinité par les premiers bouddhistes ne visait pas les chrétiens mais les hindous et leur croyance en Brahman.
Celle-ci ressemble à la compréhension médiévale de l’ « esse ipsum » (l’Être en soi) qui était souvent identifié à Dieu mais n’a qu’une très lointaine ressemblance avec l’Abba » que Jésus priait.
Le Brahman fonctionne comme la substance fondamentale en laquelle s’enracine tout ce qui existe et les bouddhistes ne croient pas à l’idée de substance. Cela dérange de nombreux chrétiens qui se considèrent eux-mêmes comme « substance », ainsi que Dieu lui-même.
Mais dans la théologie du process nous sommes d’accord avec la critique que font les bouddhistes de la notion de substance et nous ne pensons pas qu’elle nous éloigne de la foi biblique.
Les bouddhistes se croyaient pas aux nombreux Dieux hindous. Les uns récusaient leur existence ; d’autres se disaient tout simplement non concernés par les Dieux.
Il n’y a pas de raison pour les chrétiens de récuser la position bouddhiste. Mais si nier l’existence de « Dieu » signifie qu’il n’y a rien au-delà et au-dessus de nous vers qui diriger notre fidélité, notre prière, notre foi, c’est alors une véritable dissolution de la foi chrétienne.
Il s’agit dans ces exemples d’enseignements négatifs. Mais prenons un exemple positif, par exemple dans l’islam qui dit que Mohamed est « le » prophète de Dieu. Approuver cette affirmation dissoudrait-elle la foi chrétienne ? Ici encore je dirais que cela dépend. Dire que Mohamed est « un » prophète ne dissout certainement pas la foi chrétienne. Même si l’on juge que par son impact sur la société et l’histoire du monde, Mohamed avec été le plus grand des prophètes, la foi chrétienne demeure intacte. D’ailleurs parmi les musulmans il s’en trouve qui ont une très grande considération pour Jésus.
Il est clair que la doctrine musulmane est un rejet clair de l’affirmation de certains chrétiens que Jésus est « le prophète suprême ».
Mais selon la tradition prophétique habituelle on n’est pas obligé de dire que Jésus est d’un type unique. Par contre, si l’on situe, par exemple, Jésus dans la ligne de l’incarnation, on peut dire de Mohamed qu’il est le plus grand des prophètes ce qui pose une question légitime aux chrétiens – même s’il n’en est pas question pour un Juif.
Distinguer Jésus des prophètes pourrait même obliger les chrétiens à préciser leur pensée. Une dissolution de la foi chrétienne ne pourrait venir que de l’idée que le statut de « prophète » serait le plus important, de sorte qu’on devrait suivre le plus grand des prophètes plutôt que celui en qui la présence de Dieu est la plus manifeste. Ce n’est pas du tout le cas.
Fondamentalement, être authentiquement chrétien est être christocentrique. Cela peut évidemment être compris de plusieurs manières différentes – et d’ailleurs cela se discute passionnément : le centre de la foi chrétienne est-il la vie et l’enseignement de Jésus, le témoignage apostolique concernant Jésus, le salut réalisé par la croix, la relation unique de Jésus à Dieu manifestée par sa résurrection ou encore l’incarnation qui fait connaître Dieu en un être humain ?
Être christocentrique n’implique pas de rejeter les sagesses des autres traditions spirituelles, bien au contraire. Mais cela implique de vérifier que telle ou telle sagesse est compatible avec une pensée christocentrique, sinon elle dissout évidemment la foi chrétienne.
De nombreux chrétiens pratiquent et apprécient énormément la méditation hindoue ou bouddhiste. Ils trouvent que cela les aide à être de meilleurs chrétiens. Mais s’ils en arrivent à juger que cette méditation – telle qu’elle est comprise dans l’hindouisme ou le bouddhisme – a une importance fondamentale et que c’est en elle que se trouve la fidélité au Christ, alors ils ont dissout le christianisme, quelle que soit la valeur de cette méditation.
Il ne s’agit pas de porter un jugement objectif sur ces diverses spiritualités. En ce qui me concerne, je préfère très nettement certaines formes de bouddhisme à certaines formes de christianisme. Mais ces préférences sont déterminées par mon attitude systématiquement christocentrique. J’évalue toute la tradition abrahamique du point de vue d’un disciple de Jésus qui comprend Dieu comme étant le Dieu que Jésus révèle.
C’est dans la même perspective que j’évalue l’immense développement de notre société occidentale et que, pareillement, je suis parvenu à apprécier grandement les traditions chinoise, hindoue et les traditions indigènes. Ceci est un point de vue personnel dont je ne prétends pas qu’il représente la seule vérité valable pour tout le monde.
En même temps que je me plais à vivre dans un monde pluraliste, je suis également heureux de discuter des raisons qui me font l’apprécier plus que les positions traditionnelles. Par exemple je juge sévèrement de mon point de vue de chrétien – comme d’ailleurs de plusieurs autres points de vue – les positions économiques actuellement dominantes, alors même que je respecte les hommes qui croient devoir les promouvoir.
D’un autre côté il est des positions et des réalisations que j’admire et que j’apprécie énormément, du point de vue du christianisme mais davantage encore d’autres points de vue. Apprécier leur grande valeur ne dissout en aucune manière ma foi chrétienne mais souligne la méthode qui est la mienne.
"Mais s’ils en arrivent à juger que cette méditation – telle qu’elle est comprise dans l’hindouisme ou le bouddhisme – a une importance fondamentale et que c’est en elle que se trouve la fidélité au Christ, alors ils ont dissout le christianisme, quelle que soit la valeur de cette méditation."
Oh, non! Ils sont coupables de dissoudre le christianisme! Qu'est-ce que ça peut bien faire?! Pourquoi ce serait grave de dissoudre le christianisme?
Le monde ne s'en porterait franchement pas plus mal. Est-ce que les deux derniers siècles de christianisme ont fait évoluer le monde? De façon terrestre la réponse est strictement non. De façon spirituelle? Sûrement. Mais elle n'est pas seule. Et le monde continuait d'évoluer spirituellement avant le christianisme. Qu'elle soit supposément dissoute ne changera rien, la spiritualité humaine continuera d'exister. Franchement, pourquoi s'inquièter outre mesure de changements inévitables? Le syncrétisme n'est pas une maladie! Ni pour la terre, ni pour le ciel jusqu'à preuve du contraire.
Citation : "Oh, non! Ils sont coupables de dissoudre le christianisme! Qu'est-ce que ça peut bien faire?! Pourquoi ce serait grave de dissoudre le christianisme?
[...]
Le syncrétisme n'est pas une maladie! Ni pour la terre, ni pour le ciel jusqu'à preuve du contraire."
Ouf, c vrai que beaucoup de monde ont peur du syncrétisme. Merci étudiante indigne pour ton commentaire. Ça fait du bien hehe. Je crois que c'est une peur de perdre notre identité de chrétien qui fait parler de dissolution. Ce ne serait franchement pas si grave puisqu'une autre se créerait.
Vous savez, plusieurs personnes affirment que d'accepter le mariage en conjoints de même sexe est incompatible avec la foi chrétienne. Que les église qui le pratiquent dissoudent la religion. Je suppose même que l'Église de Jérusalem menée pas Jacques devait trouver que Paul dissolvait pas mal la religion quand il faisait toutes ces concessions à ces paiens.
Si certains chrétiens ressentent le besoin de redéfinir ce en quoi ils croient, dans un contexte post-moderne et multiculturel, tant mieux! Ils ne seront pas les premier à modifier le christianisme en 2000 ans! Il est inévitable à mon avis qu'il se formera de plus en plus de communauté où la conception de Dieu sera très différente d'aujourd'ui. Peut-être plus vu comme la Vie en soi, comme une force qui guide l'univers ou comme un objectif à atteindre plutôt qu'un Dieu personnel, omnipotent et omniscient tel qu'il est conçu dans l'ortodoxie.
Et le christianisme n'en sera pas dilué. Tout comme il n'a pas été dilué quand on a cessé de voir Dieu comme une entité masculine, colérique qui envoie des gens brûler dans une fournaise.
Non le syncrétisme n'est pas une maladie mais un phénomène historiquement retraçable d'inter-pénétration de courants philosophiques et religieux au gré des mouvements de populations, des influences économiques et culturelles, etc. L'histoire va de l'avant c'est exact et on ne peut - ni ne devrait selon moi - faire comme si des visions autres n'étaient pas présentes et agissantes dans nos milieux et sociétés. Au contraire, tout cela peut être un enrichissement mutuel, amenant chaque approche à s'affiner, s'épurer, de demeurer vivante quoi!
Cela dit, à ce que je perçois, il me semble que ce sont essentiellement les chrétiens du courant libéral qui sentent un intense besoin de se dissocier des fondations de leurs référants religieux au nom du respect de l'autre. Comme si le fait d'avoir un pourtour, une délimitation, une définition était de facto un rejet de l'altérité et la légitimité de l'approche de l'autre. L'intention est généreuse et je ne remets nullement en cause la sincérité bienveillante des personnes qui affirment comme indispensable une telle ouverture tout azimut. Mais qui trop embrasse, mal étreint! Ça me rappelle - les plus vieux s'en souviendront - ces restaurants d'il y a quarante ans qui affichaient "cuisine canadienne" pour décrire un menu qui la plupart du temps était un mélange plus ou moins heureux de fast food, de prétendues cuisines chinoise, grecque et italienne. Au bout du compte, personne n'y trouvait son compte.
Se pourrait-il que la sagesse populaire qui réclame pour les vins des crus classés, des produits du terroir certifiés bios et régionaux et des marques spécifiques pour les ordinateurs ou les voitures, ait compris que dans un monde de diversité et de concurrence, tout n'est pas égal pour tout le monde? Pourquoi un christianisme avec des contours spécifiques? Peut-être parce que, comme disait la pub... " quand que je te dis passe-moi le beurre, passe-moi pas autre chose!"
"Cela dit, à ce que je perçois, il me semble que ce sont essentiellement les chrétiens du courant libéral qui sentent un intense besoin de se dissocier des fondations de leurs référants religieux au nom du respect de l'autre. Comme si le fait d'avoir un pourtour, une délimitation, une définition était de facto un rejet de l'altérité et la légitimité de l'approche de l'autre. L'intention est généreuse et je ne remets nullement en cause la sincérité bienveillante des personnes qui affirment comme indispensable une telle ouverture tout azimut. Mais qui trop embrasse, mal étreint! Ça me rappelle - les plus vieux s'en souviendront - ces restaurants d'il y a quarante ans qui affichaient "cuisine canadienne" pour décrire un menu qui la plupart du temps était un mélange plus ou moins heureux de fast food, de prétendues cuisines chinoise, grecque et italienne. Au bout du compte, personne n'y trouvait son compte."
Je suis tout à fait d'accord avec unVeilleur là dessus.
Je crois que le synchrétisme n'est pas une maladie, effectivement... Mais je crois aussi qu'il a ses limites. Ce dont je me méfie, c'est du relativisme absolu. Je suis prête à m'ouvrir a différentes traditions religieuses, mais il y a quand même une base sur laquelle je ne suis pas disposée à faire de compromis. Ce n'est pas parce que je tiens absolument à mon identité chrétienne, c'est simplement parce que c'est ce en quoi je crois, viscéralement, sincèrement.
Commentaires
Cocotte
À mon avis, ça dépend
Affiché le mer 07/09/2011 - 09:06
À mon avis, ça dépend simplement de la façon dont la personne l'interprète et l'applique dans sa vie de tous les jours.
Etudianteindigne
Une personne très sage m'a
Affiché le mer 07/09/2011 - 09:08
Une personne très sage m'a dit un jour: C'est facile de dire qu'on souhaite la cohabitation pacifique de toutes les religions SAUF les raeliens/les sataniques/etc. parce qu'EUX ils sont trop bizarres...
Cocotte
Merci ça me fait réfléchir un
Affiché le mer 07/09/2011 - 09:09
Merci ça me fait réfléchir un peu hehe.
Etudianteindigne
Oui, on a toutes et tous à
Affiché le mer 07/09/2011 - 09:18
Oui, on a toutes et tous à réfléchir là-dessus je pense. Présentez-moi une personne qui n'a aucun préjugé envers aucune religion, je pense qu'on va chercher longtemps!
Revverm
Un proverbe japonais dit:
Affiché le mer 07/09/2011 - 10:30
Un proverbe japonais dit: Si plusieurs routes mènent au sommet de la montagne, rendus au sommet, tous et toutes appreçoivent les memes étoiles.
Etudianteindigne
Wow, j'adore!
Affiché le mer 07/09/2011 - 18:59
Wow, j'adore!
Ursus
J'ai l'impression qu'affirmer
Affiché le jeu 08/09/2011 - 04:29
J'ai l'impression qu'affirmer que toutes les religions se valent, c'est relativiser Dieu. Croire qu'adorer le Dieu unique et suivre Jésus est la meilleure voix à suivre ne veut pas nécessairement dire manquer de respect envers ceux qui ont d'autres croyances ou leur imposer les nôtres. Faire preuve d'ouverture et de respect ne veux pas dire croire que tous les avis et toutes les croyances sont de valeur équivalente.
Par exemple, je peux reconnaître qu'il y a, dans le bouddhisme, certaines valeurs qui se rapprochent des valeurs qui me sont chères et qu'il y a du bon là dedans, sans pour autant dire que le Bouddhisme et le Christianisme se valent, parce que ce que je crois, c'est qu'il manque au Bouddhisme l'adoration de Dieu le Père et, pour moi, c'est fondamental. Ça ne veut pas dire que je vais aller dire aux Bouddhistes que leur religion ne vaut pas la mienne et qu'ils devraient se convertir au Christianisme.
Si je croyais que toutes les religions se valent, je ne serais pas Chrétienne. Je serais athée, agnostique ou peut-être unitarienne...
Pour ceux est celles qui affirment que toutes les religions se valent, j'ai une question. Quand vous avez répondu par l'affirmative à la question posée dans ce fil, quelle définition du mot "religion" aviez vous en tête? Est-ce que votre définition inclue les sectes comme l'Ordre du temple solaire ou la secte de "Moïse" Rock Thériault? Quel est le critère pour départager une secte d'une religion?
Christien
J'ai répond oui parce
Affiché le dim 25/09/2011 - 12:03
J'ai répond oui parce qu'elles mênent toutes au fanatisme, et que le pouvoir corrompt (Saül et David) . Tout le monde a été évangéliser et vous pouvez vous donnez l'Esprit Saint sans passer par les constipateurs constipés.( POUR ET CONTRE LA BIBLE) et (Paroles d'un croyant).
Etudianteindigne
Pour moi, le mot "religion"
Affiché le jeu 08/09/2011 - 09:17
Pour moi, le mot "religion" inclut toutes les formes de spiritualité. Sans exception.
Aucune religion n'est pas à l'abri de l'abus et de la violence comme l'exemple de "Moïse" Rock Thériault. Plusieurs meutres, suicides, viols, etc. ont été justifiés par la religion qu'elles soient historiques, nouveaux mouvements religieux, sectes, ...
J'avoue que dans le cas de "Moïse" Rock Thériault, on parle d'un cas où le chef même était dangereux. Mais en même temps plusieurs pasteurs, prêtres, immams, etc. le sont aussi! C'est pourquoi j'ai tendance à dire que toutes les religions se valent et à souhaiter que la coexistente pacifique se fasse dans toutes les religions/spiritualités, car elles ont toutes un énorme travail à faire là-dessus.
Je comprends Ursus qu'il y a une différence entre dire "toutes les religions ne se valent pas" et considérer les autres religions comme inférieures.
Il y a une chose que je comprends pas par contre: "qui" a dit que croire en Dieu le Père est fondamental? Pour moi, c'est Dieu tel que tu le vois et que ton groupe d'appartenence le voit?
Alors, pourquoi c'est fondamental? Parce que c'est ce que je crois ou ce que mon groupe croit. Pourquoi mon groupe le croit? Parce que c'est fondamental. C'est un cercle vicieux quant à moi. C'est pourquoi je crois personnellement que toutes les religions se valent. Parce qu'autrement je me verrais "pognée" dans ce cercle vicieux.
Hhai
J'ai bien entendu choisi la
Affiché le jeu 08/09/2011 - 09:46
J'ai bien entendu choisi la réponse "Oui". Au-delà de toutes les petites particularité de dogmes, de textes et de visions du monde, quand les religions sont entre bonnes mains, elles poussent l'être humain à réfléchir sérieusement sur lui même et sa conception du monde, et à agir en conséquence. C'est à mon avis l'essentiel de la vie spirituelle. Le reste n'est que superstition, rituels, traditions, etc... Les religions sont des produits de consommation culturels destinés à remplir un besoin bien particulier, et en général elles font bien le travail. C'est pourquoi elles me fascinent et que je les étudie avec une passion dévorante.
N'oubliez jamais que si vous croyez à une religion X, c'est à 99% parce que le spermatozoide et l'ovule qui vous ont constitué se sont croisés dans un pays X. On croit avoir "choisi" sa religion parce qu'elle nous parait plus complète que les autres, mais au fond, la plupart du temps ce "choix" s'impose à cause de facteurs environnementaux, en particulier la culture où l'on a évolué.
Ce qui répond à la question posée par Ursus: "quelle différence entre secte et religion?" À mon avis, aucune. Les deux peuvent être des instruments de croissance ou de destruction. Ça m'enrage toujours d'entendre des chrétiens glousser à propos des croyances soit disant "farfelues" des raéliens, des satanistes ou des scientologues, alors qu'eux mêmes ont la très "rationnelle" croyance qu'un type marchait sur l'eau et multipliait le pain il y a 2000 ans. Et pour les secte qui ont fini dans le sang, bien que ça soit des drames à éviter, je les trouves particulièrement moins dangereuses que les grande religions qui ont une emprise politique énorme sur le monde.
Simon le Zélote
Pour moi, la réponse est
Affiché le jeu 08/09/2011 - 12:33
Pour moi, la réponse est non.
Hhai
Ursus, j'ai bien de la
Affiché le jeu 08/09/2011 - 12:57
Ursus, j'ai bien de la difficulté à saisir ce que tu veux dire quand tu dis "dire qu'adorer le Dieu unique et suivre Jésus est la meilleure voie ne veut pas nécessairement dire manquer de respect envers ceux qui ont d'autres croyance ou leur imposer les nôtres"
Serais-ce à dire qu'une personne qui quitte le christianisme pour devenir bouddhiste est aveugle au point de ne pas voir qu'il va vers une voie inférieure? Ou ne serais-ce pas tout simplement qu'il y a autant de besoins que d'êtrse humains sur terre, et que le Bouddha est la meilleure voie à suivre pour lui comme pour toi c'est Jésus? Pour lui, la croyance en la réincarnation est aussi fondamentale que celle en Dieu le Père l'est pour toi, et personne n'a de preuve que ni une croyance, ni l'autre est la vraie.
Ainsi je crois que la chose sage à dire, c'est toutes les religions ne peuvent se valoir pour SOI, mais qu'elles peuvent toutes se valoir pour l'AUTRE. Sinon, je crois qu'on tombe dans le piège de placer sa culture et son vécu comme étant supérieurs à ceux des autres.
Et qui sait si Dieu lui-même n'aime pas ça, être relativisé?
Etudianteindigne
"Ainsi je crois que la chose
Affiché le jeu 08/09/2011 - 13:04
"Ainsi je crois que la chose sage à dire, c'est toutes les religions ne peuvent se valoir pour SOI, mais qu'elles peuvent toutes se valoir pour l'AUTRE. Sinon, je crois qu'on tombe dans le piège de placer sa culture et son vécu comme étant supérieurs à ceux des autres."
C'est ce que je crois aussi. Même si ma spiritualité est personnelle et va au-delà de ma culture, n'empêche qu'elle a grandi dans un contexte culturel donné et que je dois en tenir compte lorsque je la situe par rapport aux autres religions (pour ne pas dire relativiser).
Etudianteindigne
Hhai a dit: "Et qui sait si
Affiché le jeu 08/09/2011 - 13:08
Hhai a dit: "Et qui sait si Dieu lui-même n'aime pas ça, être relativisé?"
Effectivement, on ne le sait pas! Et on ne le saura jamais. Alors, comme on ne peut pas parler pour Dieu, alors je me tourne vers le prochain. Ça ne peut signifier autre chose qu'accepter que mon prochain a des croyances différentes des miennes.
Ursus
Je ne trouve pas le bouton
Affiché le sam 10/09/2011 - 07:35
Je ne trouve pas le bouton "citation", alors j'y vais avec du copier-coller...
Étudianteindigne a dit:
Il y a une chose que je comprends pas par contre: "qui" a dit que croire en Dieu le Père est fondamental? Pour moi, c'est Dieu tel que tu le vois et que ton groupe d'appartenence le voit?
Le "qui", c'est moi. C'est fondamental pour moi. Fonfamental dans le sens de "fondement de ma foi". Mon intervention ne se voulait pas un point de vu absolu, neutre et universalisable, mais un point de vu situé, le mien. À travers les lunettes de ma foi à moi, non, toutes les religions ne se valent pas.
Ursus
Hhai a écrit: "Ursus,
Affiché le sam 10/09/2011 - 08:12
Hhai a écrit:
"Ursus, j'ai bien de la difficulté à saisir ce que tu veux dire quand tu dis "dire qu'adorer le Dieu unique et suivre Jésus est la meilleure voie ne veut pas nécessairement dire manquer de respect envers ceux qui ont d'autres croyance ou leur imposer les nôtres"
"Serais-ce à dire qu'une personne qui quitte le christianisme pour devenir bouddhiste est aveugle au point de ne pas voir qu'il va vers une voie inférieure? Ou ne serais-ce pas tout simplement qu'il y a autant de besoins que d'êtrse humains sur terre, et que le Bouddha est la meilleure voie à suivre pour lui comme pour toi c'est Jésus? Pour lui, la croyance en la réincarnation est aussi fondamentale que celle en Dieu le Père l'est pour toi, et personne n'a de preuve que ni une croyance, ni l'autre est la vraie."
On peut tous se tromper sur ce qu'on croit être la vérité. Je crois que c'est vrai que la planète se réchauffe à cause de l'activité humaine qui abuse de la nature. Je crois que c'est vrai qu'Elvise est mort. Je crois que c'est vrai que la souveraineté du Québec n'est pas possible dans un avenir prévisible. Je crois aussi que c'est vrai qu'adorer le Dieu unique et suivre Jésus est la meilleure voie à suivre. Je crois sincèrement que c'est la vérité. Je peux me tromper, mais je ne le saurai probablement jamais si je me suis trompée. Je ne vais pas non plus essayer d'imposer ma perception de la vérité aux autres. Je témoigne de ce que je crois être la vérité et j'écoute avec respect le témoignage de ceux qui ont une perception différente de la vérité.
Je ne hiérarchise pas non plus les religions comme supérieurs et inférieures. Si je dois classer les religions, ce serait plus sur un axe horizontal que vertical. Je dirais plutôt que le Judaïsme est plus proche de mes croyances que le Bouddhisme. Ça ne veut pas dire que le Judaïsme est supérieur au Bouddhisme, ça veut juste dire que je m'y reconnais plus (surtout à cause des livres sacrés qu'on a en commun). Pourtant, j'ai beaucoup plus d'amis Bouddhistes que Juifs... Hasard de la vie! Mais en général, j'essaie d'éviter de me situer par rapport aux autres religions, parce qu'une perception de l'extérieur ne donne jamais une idée juste de ce que peut être une religion. Après tout, les Romains croyaient que les Chrétiens étaient cannibales parce qu'ils mangeaient "le corps du Christ" et ils croyaient qu'ils pratiquaient couramment l'inseste parce qu'ils s'appelaient "frère" et "soeur" entre eux.
Etudianteindigne
"Après tout, les Romains
Affiché le sam 10/09/2011 - 15:05
"Après tout, les Romains croyaient que les Chrétiens étaient cannibales parce qu'ils mangeaient "le corps du Christ" et ils croyaient qu'ils pratiquaient couramment l'inseste parce qu'ils s'appelaient "frère" et "soeur" entre eux."
Je savais pas ça, très drôle avec mon regard d'aujourd'hui XD Je comprends que dans le temps ça devait pas être drôle pour les relations entre Romains et Chrétiens, par contre... Mais de la peur de la différence et les mauvaises conceptions, on peut dire ça de toute forme d'Altérité, pas seulement de la religion. La culture, la région, l'âge, les valeurs, les croyances inter et intra-religieuses (même à l'intérieur d'une même communauté de foi): ce sont toutes des formes d'altérité sujettes aux mauvaises conceptions. Pour moi, passer par-dessus est essentiel. Alors, oui vivement les comparaisons. Tant qu'on ne les utilise pas de façon abusive ou qu'on ne fasse de sur-généralisations.
De ce que je comprends de ton témoigne, le fait que pour toi toutes les religions ne se valent pas donc est une vérité personnelle. On revient donc à ce que Hhai disait plus tôt: "Ainsi je crois que la chose sage à dire, c'est toutes les religions ne peuvent se valoir pour SOI, mais qu'elles peuvent toutes se valoir pour l'AUTRE." Bref, il faudrait faire tout un autre fil en posant la question de manière sociale et universelle justement ^^
Ursus
Je n'y répondrai pas de
Affiché le sam 10/09/2011 - 16:36
Je n'y répondrai pas de manière sociale et universelle, parce que je ne crois pas qu'il y ait de réponse à cette question sous cet angle... Pourquoi mon point de vue serait-il plus universalisable qu'un autre? Je ne crois pas en la neutralité, alors je ne prétendrai pas l'avoir.
Choucroute
Cette question tombe bien, je
Affiché le dim 11/09/2011 - 15:25
Cette question tombe bien, je réfléchis ces temps-ci sur l'intolérance religieuse. Petit à petit, je me rapproche de la théologie Quaker qui voit un peu de Dieu dans chacun de nous.
En cet anniversaire malheureux, je cite une prière récitée ce matin ...
May we be reminded on this day of the deep bonds that are so often hidden by our outward differences. In the year ahead, may we recognize our kinship in spirit and in need, and may we make this relationship real in our words and in our deeds.
Rappelons-nous en ce jour des liens profonds qui nous unissent, souvent masqués par nos différences extérieures. Dans la prochaine année, puissions-nous reconnaître les similitudes de nos besoins et de nos esprits et puissions-nous faire de cette relation une relation authentique tant dans nos paroles que nos actions (traduction libre, qui n'est pas très exacte).
Cocotte
Intéressant, merci
Affiché le dim 11/09/2011 - 16:05
Intéressant, merci choucroute. C'est une belle prière.
Etudianteindigne
Oui, parce que je crois
Affiché le jeu 15/09/2011 - 12:51
Oui, parce que je crois l'être humain devra passer par-dessus les différences un jour. Je prie pour que la religion ne soit pas un obstacle, mais un facteur facilitant.
unVeilleur
On attribue à Frédérique II
Affiché le jeu 15/09/2011 - 15:06
On attribue à Frédérique II la sentence suivante:
Toutes les religions se valent et sont également bonnes si les gens qui les professent sont d'honnêtes gens.
De ce point de vue, ce qui fait la valeur ce n'est pas tant la justesse du concept ou de l'approche du divin, mais la qualité morale des individus qui professent. Pas bête dans l'fond. Ce n'est pas une évaluation de la validité des affirmation théologiques mais bien de l'efficience sociale. D'un point de vue strictement humain, c'est probablement aussi loin qu'on peut aller.
Pas de chicane dans la cabane et, comme disait - ou aurait pu dire - Politzer dans son cours sur le matérialisme, la preuve de l'existence d'un poudding, c'est lorsque tu le manges!
Tant qu'on est dans le domaine des goûts et des couleurs, et si nous sommes convaincus que la religion est essentiellement de cet ordre, alors qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. (Bon je suis tombé dans les sentences et aphorismes!!!)
100% d'accord pour le respect des opinions et des convictions mais... on ne peut que constater qu'il y a des limites. La notion de religion est utilisée très largement pour inclure des phénomènes sectaires que personnellement je ne considère pas édifiant ni individuellement ni collectivement. Je pose alors un jugement de valeur et je ne m'en excuserai pas.
Simon le Zélote
On a quand même un devoir de
Affiché le dim 18/09/2011 - 07:55
On a quand même un devoir de cohérence. On ne peut pas à la fois croire une chose et son contraire. Toutes les religions ne peuvent pas avoir toutes raison. Certaines croyances des autres religions sont incompatibles avec la foi chrétienne.
Trouvé sur Protestants dans la ville:
Dissoudre le christianisme ?
Si les chrétiens adoptent les croyances d’autres religions
cela risque-t-il de dissoudre le christianisme ?
Christian faith watered down?
John B. Cobb
4 septembre 2011
Ma réponse est naturellement que cela dépend de quelles croyances il s’agit. Certaines croyances d’autres religion « dissolvent » certainement la foi chrétienne.
Ainsi certaines traditions juives considèrent que Jésus prétendait à tort être le Messie. Celui qui adopterait tout simplement ce point de vue verrait certainement se dissoude sa foi chrétienne.
Certains bouddhistes affirment tout uniment qu‘il n’y a pas de Dieu. Penser ainsi dissout certainement la foi chrétienne.
Néanmoins affirmer que Jésus n’a pas accompli le rôle du Messie ne dissout pas nécessairement la foi chrétienne. La pensée chrétienne elle-même a très généralement pensé que Jésus avait lui-même rejeté le rôle traditionnellement attribué au Messie et si l’on affirme que Jésus était « l’oint » c’est seulement dans le sens de ce que Jésus a réellement accompli. Laisser les Juifs définir eux-mêmes ce que devrait être le Messie et déclarer ensuite que Jésus ne s’était pas conformé à ce rôle et n’était donc pas le Messie est une pétition de principe et ne dissout en rien la foi chrétienne. Cela souligne tout au plus ce que Jésus a refusé d’être, ce qui est, d’ailleurs, fort important.
En ce qui concerne le déni bouddhiste de Dieu, il faudrait d’abord comprendre ce que les bouddhistes veulent dire. Les premiers chrétiens étaient accusés d’athéisme parce qu’ils récusaient l’existence de nombreux Dieux.
Il est vrai qu’aujourd’hui certains bouddhistes récusent l’existence d’absolument tout ce que les chrétiens pourraient désigner par « Dieu », « créateur », « Esprit » ou « Abba ». Accepter ce refus serait une dissolution effective de la foi chrétienne.
Mais les choses ne sont pas toujours si radicales. La négation de la divinité par les premiers bouddhistes ne visait pas les chrétiens mais les hindous et leur croyance en Brahman.
Celle-ci ressemble à la compréhension médiévale de l’ « esse ipsum » (l’Être en soi) qui était souvent identifié à Dieu mais n’a qu’une très lointaine ressemblance avec l’Abba » que Jésus priait.
Le Brahman fonctionne comme la substance fondamentale en laquelle s’enracine tout ce qui existe et les bouddhistes ne croient pas à l’idée de substance. Cela dérange de nombreux chrétiens qui se considèrent eux-mêmes comme « substance », ainsi que Dieu lui-même.
Mais dans la théologie du process nous sommes d’accord avec la critique que font les bouddhistes de la notion de substance et nous ne pensons pas qu’elle nous éloigne de la foi biblique.
Les bouddhistes se croyaient pas aux nombreux Dieux hindous. Les uns récusaient leur existence ; d’autres se disaient tout simplement non concernés par les Dieux.
Il n’y a pas de raison pour les chrétiens de récuser la position bouddhiste. Mais si nier l’existence de « Dieu » signifie qu’il n’y a rien au-delà et au-dessus de nous vers qui diriger notre fidélité, notre prière, notre foi, c’est alors une véritable dissolution de la foi chrétienne.
Il s’agit dans ces exemples d’enseignements négatifs. Mais prenons un exemple positif, par exemple dans l’islam qui dit que Mohamed est « le » prophète de Dieu. Approuver cette affirmation dissoudrait-elle la foi chrétienne ? Ici encore je dirais que cela dépend. Dire que Mohamed est « un » prophète ne dissout certainement pas la foi chrétienne. Même si l’on juge que par son impact sur la société et l’histoire du monde, Mohamed avec été le plus grand des prophètes, la foi chrétienne demeure intacte. D’ailleurs parmi les musulmans il s’en trouve qui ont une très grande considération pour Jésus.
Il est clair que la doctrine musulmane est un rejet clair de l’affirmation de certains chrétiens que Jésus est « le prophète suprême ».
Mais selon la tradition prophétique habituelle on n’est pas obligé de dire que Jésus est d’un type unique. Par contre, si l’on situe, par exemple, Jésus dans la ligne de l’incarnation, on peut dire de Mohamed qu’il est le plus grand des prophètes ce qui pose une question légitime aux chrétiens – même s’il n’en est pas question pour un Juif.
Distinguer Jésus des prophètes pourrait même obliger les chrétiens à préciser leur pensée. Une dissolution de la foi chrétienne ne pourrait venir que de l’idée que le statut de « prophète » serait le plus important, de sorte qu’on devrait suivre le plus grand des prophètes plutôt que celui en qui la présence de Dieu est la plus manifeste. Ce n’est pas du tout le cas.
Fondamentalement, être authentiquement chrétien est être christocentrique. Cela peut évidemment être compris de plusieurs manières différentes – et d’ailleurs cela se discute passionnément : le centre de la foi chrétienne est-il la vie et l’enseignement de Jésus, le témoignage apostolique concernant Jésus, le salut réalisé par la croix, la relation unique de Jésus à Dieu manifestée par sa résurrection ou encore l’incarnation qui fait connaître Dieu en un être humain ?
Être christocentrique n’implique pas de rejeter les sagesses des autres traditions spirituelles, bien au contraire. Mais cela implique de vérifier que telle ou telle sagesse est compatible avec une pensée christocentrique, sinon elle dissout évidemment la foi chrétienne.
De nombreux chrétiens pratiquent et apprécient énormément la méditation hindoue ou bouddhiste. Ils trouvent que cela les aide à être de meilleurs chrétiens. Mais s’ils en arrivent à juger que cette méditation – telle qu’elle est comprise dans l’hindouisme ou le bouddhisme – a une importance fondamentale et que c’est en elle que se trouve la fidélité au Christ, alors ils ont dissout le christianisme, quelle que soit la valeur de cette méditation.
Il ne s’agit pas de porter un jugement objectif sur ces diverses spiritualités. En ce qui me concerne, je préfère très nettement certaines formes de bouddhisme à certaines formes de christianisme. Mais ces préférences sont déterminées par mon attitude systématiquement christocentrique. J’évalue toute la tradition abrahamique du point de vue d’un disciple de Jésus qui comprend Dieu comme étant le Dieu que Jésus révèle.
C’est dans la même perspective que j’évalue l’immense développement de notre société occidentale et que, pareillement, je suis parvenu à apprécier grandement les traditions chinoise, hindoue et les traditions indigènes. Ceci est un point de vue personnel dont je ne prétends pas qu’il représente la seule vérité valable pour tout le monde.
En même temps que je me plais à vivre dans un monde pluraliste, je suis également heureux de discuter des raisons qui me font l’apprécier plus que les positions traditionnelles. Par exemple je juge sévèrement de mon point de vue de chrétien – comme d’ailleurs de plusieurs autres points de vue – les positions économiques actuellement dominantes, alors même que je respecte les hommes qui croient devoir les promouvoir.
D’un autre côté il est des positions et des réalisations que j’admire et que j’apprécie énormément, du point de vue du christianisme mais davantage encore d’autres points de vue. Apprécier leur grande valeur ne dissout en aucune manière ma foi chrétienne mais souligne la méthode qui est la mienne.
Etudianteindigne
"Mais s’ils en arrivent à
Affiché le mar 20/09/2011 - 21:11
"Mais s’ils en arrivent à juger que cette méditation – telle qu’elle est comprise dans l’hindouisme ou le bouddhisme – a une importance fondamentale et que c’est en elle que se trouve la fidélité au Christ, alors ils ont dissout le christianisme, quelle que soit la valeur de cette méditation."
Oh, non! Ils sont coupables de dissoudre le christianisme! Qu'est-ce que ça peut bien faire?! Pourquoi ce serait grave de dissoudre le christianisme?
Le monde ne s'en porterait franchement pas plus mal. Est-ce que les deux derniers siècles de christianisme ont fait évoluer le monde? De façon terrestre la réponse est strictement non. De façon spirituelle? Sûrement. Mais elle n'est pas seule. Et le monde continuait d'évoluer spirituellement avant le christianisme. Qu'elle soit supposément dissoute ne changera rien, la spiritualité humaine continuera d'exister. Franchement, pourquoi s'inquièter outre mesure de changements inévitables? Le syncrétisme n'est pas une maladie! Ni pour la terre, ni pour le ciel jusqu'à preuve du contraire.
Choucroute
Citation : "Oh, non! Ils
Affiché le mer 21/09/2011 - 04:54
Citation : "Oh, non! Ils sont coupables de dissoudre le christianisme! Qu'est-ce que ça peut bien faire?! Pourquoi ce serait grave de dissoudre le christianisme?
[...]
Le syncrétisme n'est pas une maladie! Ni pour la terre, ni pour le ciel jusqu'à preuve du contraire."
J'appuie !
Cocotte
Ouf, c vrai que beaucoup de
Affiché le mer 21/09/2011 - 06:04
Ouf, c vrai que beaucoup de monde ont peur du syncrétisme. Merci étudiante indigne pour ton commentaire. Ça fait du bien hehe. Je crois que c'est une peur de perdre notre identité de chrétien qui fait parler de dissolution. Ce ne serait franchement pas si grave puisqu'une autre se créerait.
Hhai
Vous savez, plusieurs
Affiché le mer 21/09/2011 - 12:35
Vous savez, plusieurs personnes affirment que d'accepter le mariage en conjoints de même sexe est incompatible avec la foi chrétienne. Que les église qui le pratiquent dissoudent la religion. Je suppose même que l'Église de Jérusalem menée pas Jacques devait trouver que Paul dissolvait pas mal la religion quand il faisait toutes ces concessions à ces paiens.
Si certains chrétiens ressentent le besoin de redéfinir ce en quoi ils croient, dans un contexte post-moderne et multiculturel, tant mieux! Ils ne seront pas les premier à modifier le christianisme en 2000 ans! Il est inévitable à mon avis qu'il se formera de plus en plus de communauté où la conception de Dieu sera très différente d'aujourd'ui. Peut-être plus vu comme la Vie en soi, comme une force qui guide l'univers ou comme un objectif à atteindre plutôt qu'un Dieu personnel, omnipotent et omniscient tel qu'il est conçu dans l'ortodoxie.
Et le christianisme n'en sera pas dilué. Tout comme il n'a pas été dilué quand on a cessé de voir Dieu comme une entité masculine, colérique qui envoie des gens brûler dans une fournaise.
unVeilleur
Non le syncrétisme n'est pas
Affiché le mer 21/09/2011 - 18:39
Non le syncrétisme n'est pas une maladie mais un phénomène historiquement retraçable d'inter-pénétration de courants philosophiques et religieux au gré des mouvements de populations, des influences économiques et culturelles, etc. L'histoire va de l'avant c'est exact et on ne peut - ni ne devrait selon moi - faire comme si des visions autres n'étaient pas présentes et agissantes dans nos milieux et sociétés. Au contraire, tout cela peut être un enrichissement mutuel, amenant chaque approche à s'affiner, s'épurer, de demeurer vivante quoi!
Cela dit, à ce que je perçois, il me semble que ce sont essentiellement les chrétiens du courant libéral qui sentent un intense besoin de se dissocier des fondations de leurs référants religieux au nom du respect de l'autre. Comme si le fait d'avoir un pourtour, une délimitation, une définition était de facto un rejet de l'altérité et la légitimité de l'approche de l'autre. L'intention est généreuse et je ne remets nullement en cause la sincérité bienveillante des personnes qui affirment comme indispensable une telle ouverture tout azimut. Mais qui trop embrasse, mal étreint! Ça me rappelle - les plus vieux s'en souviendront - ces restaurants d'il y a quarante ans qui affichaient "cuisine canadienne" pour décrire un menu qui la plupart du temps était un mélange plus ou moins heureux de fast food, de prétendues cuisines chinoise, grecque et italienne. Au bout du compte, personne n'y trouvait son compte.
Se pourrait-il que la sagesse populaire qui réclame pour les vins des crus classés, des produits du terroir certifiés bios et régionaux et des marques spécifiques pour les ordinateurs ou les voitures, ait compris que dans un monde de diversité et de concurrence, tout n'est pas égal pour tout le monde? Pourquoi un christianisme avec des contours spécifiques? Peut-être parce que, comme disait la pub... " quand que je te dis passe-moi le beurre, passe-moi pas autre chose!"
Cocotte
Merci pour ton commentaire
Affiché le mer 21/09/2011 - 20:59
Merci pour ton commentaire Hhai, j'aime bien.
Ursus
"Cela dit, à ce que je
Affiché le mer 21/09/2011 - 21:08
"Cela dit, à ce que je perçois, il me semble que ce sont essentiellement les chrétiens du courant libéral qui sentent un intense besoin de se dissocier des fondations de leurs référants religieux au nom du respect de l'autre. Comme si le fait d'avoir un pourtour, une délimitation, une définition était de facto un rejet de l'altérité et la légitimité de l'approche de l'autre. L'intention est généreuse et je ne remets nullement en cause la sincérité bienveillante des personnes qui affirment comme indispensable une telle ouverture tout azimut. Mais qui trop embrasse, mal étreint! Ça me rappelle - les plus vieux s'en souviendront - ces restaurants d'il y a quarante ans qui affichaient "cuisine canadienne" pour décrire un menu qui la plupart du temps était un mélange plus ou moins heureux de fast food, de prétendues cuisines chinoise, grecque et italienne. Au bout du compte, personne n'y trouvait son compte."
Je suis tout à fait d'accord avec unVeilleur là dessus.
Je crois que le synchrétisme n'est pas une maladie, effectivement... Mais je crois aussi qu'il a ses limites. Ce dont je me méfie, c'est du relativisme absolu. Je suis prête à m'ouvrir a différentes traditions religieuses, mais il y a quand même une base sur laquelle je ne suis pas disposée à faire de compromis. Ce n'est pas parce que je tiens absolument à mon identité chrétienne, c'est simplement parce que c'est ce en quoi je crois, viscéralement, sincèrement.