Je suis ambivalente aussi. Ma grand-mère a eu une fin de vie très pénible (du moins pour la famille) qui s'est étirée sur plusieurs années. Elle faisait de l'Alzheimer, elle ne reconnaissait plus personne. Elle n'avait plus aucune autonomie et presque plus de mobilité. Pendant les deux dernières années, elle avait un cancer de la peau dans l'oeil, un cancer qui progressait très très lentement.
Mon père, mon oncle et ma tante nous disaient, à nous leurs enfants, "Ne me laissez pas finir comme ça!" J'ai répondu à mon père: "Je veux bien, mais je si tu finis comme ça, je ne pourrai rien faire. C'est ta mère. Tu es dans la même position dans laquelle je serais. Peux-tu y faire quoi que ce soit?"
Je dois avouer que ça m'arrange que le suicide assisté soit illégal. Je n'aimerais pas avoir à prendre la décision si mon père développait la maladie d'Alzheimer et perdait toute sa lucidité et toute son autonomie. Je ne voudrais pas avoir sa mort sur la conscience... Mais sa fin de vie me pèserait sur la conscience aussi.
J'ai été dans une situation de choix par rapport à un membre de ma famille, dans un contexte hospitalier. À défaut de traitement il s'agissait alors de soulager l'inconfort ce qui avait pour effet associé d'affaiblir le corps donc de hâter la mort. De manière 'voilée' dans les propos du personnel médical, c'était une forme d'euthanasie car en pratique on aurait pu s'acharner avec toutes sortes de techniques externes compensatoires. En mon âme et conscience, compte tenu du contexte, j'ai apprécié qu'il y ait eu cette possibilité. Toutefois, quelques heures plus tard, après une réévaluation du dossier, une nouvelle procédure médicale a été tentée, qui s'est avérée positive, à mon grand soulagement. Si une forme d'euthanasie directe et radicale avait été prise, il aurait été trop tard... Évidemment, lorsqu'on parle de choix il y a tout plein de nuances à faire qui me suggère qu'il s'agit ici de cas par cas. Je pense qu'il est impératif qu'il y ait des balises d'accompagnement (social, psychologique, spirituel) pour éviter les dérapages et le glissement vers l'eugénisme pour des raisons pragmatiques et économiques.
Le commentaire suivant a été affiché sur le babillard de l'administrateur. Il devrait normalement apparaître dans ce fil de discussion et y a donc été transféré.
On n'a pas le droit du tuer car l'euthanasie est considéré comme un meurtre. Je sais que je suis dur mais avant de penser à ce terme , les familles devraient de tourner vers l'équipe médicale qui s'occupe du patient, lui prodiguer tous les soins et lui enlever la douleur s'il y a . Très souvent ce sont les proches, parents enfants, tantes oncles enfin tous les membres d'une famille pleurent sur eux , ils ou elles prennent la douleur du patient et la transfert sur eux et parfois il y a beaucoup un coté égoïste dans la famille. MOI je me retournerais vers l'équipe médicale qui me procurerait tous les soins possibles et à la fin de vie j'aimerais que l'équipe médicale me donnent un médicament où je m'endormirais doucement et que dans mon sommeil je pourrais, ou je règlerait les derniers problèmes de ma vie et aussi me permettre de me pardonner avant de me diriger vers la lumière. Voilà la raison pour laquelle je suis contre l'euthanasie.
Je ne sais pas qui a exprimé l'opinion relayée par l'administrateur, mais il me semble qui avoir des incohérences entre la position de cette personne ("On n'a pas le droit du tuer car l'euthanasie est considéré comme un meurtre.") et ce qu'elle souhaiterait pour elle-même en fin de vie.
Les soins palliatifs (médicaments qui enlèvent la douleur quand il n'y a plus rien d'autre à faire) peuvent aussi écourter la vie (la morphine en est un bon exemple). Quand à "un médicament où je m'endormirais doucement" est-ce que ce n'est pas ça, justement, l'euthanasie?
Donner de la morphine pour enlever la douleur en sachant que ça va écourter la vie, est-ce un meurtre?
Administrer un médicament qui permet de mourir doucement (mais rapidement) plutôt que d'agoniser dans d'atroces souffrances, est-ce un meurtre?
L'identité du membre de Caféchange se trouvait à la toute fin du texte, peu visible. Le texte a été remanié pour que la chose soit claire. Merci de l'avoir mentionné.
C'est certain que je suis contre l'euthanasie. Je n'ai cependant rien contre le fait d'augmenter des doses de morphine (exemple) dans les cas de douleurs extrèmes et d'état morbide irréversible, où il n'y a plus rien à faire pour guérir la maladie, même si ça peut causer une détresse respiratoire et cardiaque tout en entrainant la mort. On parle alors de soins palliatifs . C'est une pratique courante que certains nomment euthanasie passive.
Il ne s'agit pas là de culture de la mort comme un certain cardinal à Québec l'a affirmée. C'est une question de mourir dans la dignité, sans prolongement ou intubage inutile tout en soulageant la douleur, en assurant une présence, en priant et en écoutant ce que la personne malade a à nous dire en mots, sans les mots et dans certain cas avec le non verbal. C'est le moment prévilégié d'accompagner une personne qui franchit le seuil d'une porte vers ailleurs.
Pour l'avoir vécu, ces moments en sont de grâce autant pour le voyageur qui termine son pèlerinage terrestre que pour l'accompagnateur.
Le danger, c'est que l'euthanasie en tant que telle en viennent à justifier nos peurs de la souffrances et de la mort. Les occidentaux ne voient pas là une chose normale mais quelque chose qui fait peur. La négation de la mort dans notre société est malheureusement très courante et on l'évite autant que possible.
Le Christ a dit : '' Je suis la Voie, la Vérité et la Vie '' Et ''qui est prêt à me suivre prenne sa croix et me suive .''
Je crois que le message est d'autant plus clair.
Dieu est la Vie et personne ne peut ni l'enlever ni se la faire enlever sinon nous allons à l'encontre de la Volonté du Père .
Même si mes propos sont d'une certaine radicalité je les exprime de façon de les dire avec Amour .
Si tu aimes ......tu vis......l'Amour, la Vie il n'y a ça que de beau .
Nous vivons dans des sociétès a tendance individualiste..indivualisé et d'individus. Et même dans ces '' choix '' là qui en sont d'invidualité Il n'y a plus de place à la farternité ni à la compassion.
Oh! Combien de gens ont supporté leurs souffrances et les affres de mourir '' en dignité''.
Je crois que la plus belle dignité de la mort est d'aller jusqu'au bout du processus de vie .
Qui sommes nous pour dire : je vais arrêter de vivre...ou je vais me faire arrêter de vivre?
En sommes nous rendus là?
Les régimes totalitaires du milieu du xxe siècle ont préconisé ce genre de chose et tous dans les sociétés dites '' démocartiques'' nous nous sommes élevés contre ça .Et aujourd'hui nous voulons appliquer ces choses là? Mais ou est l'humanisme de l'homme ?
Les gens ont tellement peur de la souffrance qu'ils paniquent devant la souffrance et c'est là qu'ils souffrent le plus quel paradoxe.
Les régimes totalitaires du milieu du xxe siècle ont préconisé ce genre de chose et tous dans les sociétés dites '' démocartiques'' nous nous sommes élevés contre ça .
Commentaires
Administrateur
Commission spéciale sur la
Affiché le mar 07/09/2010 - 07:01
Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité
Simon le Zélote
J'ai ben de la misère à me
Affiché le mer 08/09/2010 - 07:55
J'ai ben de la misère à me faire une idée là-dessus.
Je suis contre l'acharnement thérapeutique. Et le suicide, ben, c'est un choix personnel.
Mais le suicide assisté ?
Hmm...
Ursus
Je suis ambivalente aussi.
Affiché le mer 08/09/2010 - 08:09
Je suis ambivalente aussi. Ma grand-mère a eu une fin de vie très pénible (du moins pour la famille) qui s'est étirée sur plusieurs années. Elle faisait de l'Alzheimer, elle ne reconnaissait plus personne. Elle n'avait plus aucune autonomie et presque plus de mobilité. Pendant les deux dernières années, elle avait un cancer de la peau dans l'oeil, un cancer qui progressait très très lentement.
Mon père, mon oncle et ma tante nous disaient, à nous leurs enfants, "Ne me laissez pas finir comme ça!" J'ai répondu à mon père: "Je veux bien, mais je si tu finis comme ça, je ne pourrai rien faire. C'est ta mère. Tu es dans la même position dans laquelle je serais. Peux-tu y faire quoi que ce soit?"
Je dois avouer que ça m'arrange que le suicide assisté soit illégal. Je n'aimerais pas avoir à prendre la décision si mon père développait la maladie d'Alzheimer et perdait toute sa lucidité et toute son autonomie. Je ne voudrais pas avoir sa mort sur la conscience... Mais sa fin de vie me pèserait sur la conscience aussi.
unVeilleur
J'ai été dans une situation
Affiché le sam 11/09/2010 - 10:37
J'ai été dans une situation de choix par rapport à un membre de ma famille, dans un contexte hospitalier. À défaut de traitement il s'agissait alors de soulager l'inconfort ce qui avait pour effet associé d'affaiblir le corps donc de hâter la mort. De manière 'voilée' dans les propos du personnel médical, c'était une forme d'euthanasie car en pratique on aurait pu s'acharner avec toutes sortes de techniques externes compensatoires. En mon âme et conscience, compte tenu du contexte, j'ai apprécié qu'il y ait eu cette possibilité. Toutefois, quelques heures plus tard, après une réévaluation du dossier, une nouvelle procédure médicale a été tentée, qui s'est avérée positive, à mon grand soulagement. Si une forme d'euthanasie directe et radicale avait été prise, il aurait été trop tard... Évidemment, lorsqu'on parle de choix il y a tout plein de nuances à faire qui me suggère qu'il s'agit ici de cas par cas. Je pense qu'il est impératif qu'il y ait des balises d'accompagnement (social, psychologique, spirituel) pour éviter les dérapages et le glissement vers l'eugénisme pour des raisons pragmatiques et économiques.
Administrateur
Le commentaire suivant a été
Affiché le dim 12/09/2010 - 11:02
Le commentaire suivant a été affiché sur le babillard de l'administrateur. Il devrait normalement apparaître dans ce fil de discussion et y a donc été transféré.
On n'a pas le droit du tuer car l'euthanasie est considéré comme un meurtre. Je sais que je suis dur mais avant de penser à ce terme , les familles devraient de tourner vers l'équipe médicale qui s'occupe du patient, lui prodiguer tous les soins et lui enlever la douleur s'il y a . Très souvent ce sont les proches, parents enfants, tantes oncles enfin tous les membres d'une famille pleurent sur eux , ils ou elles prennent la douleur du patient et la transfert sur eux et parfois il y a beaucoup un coté égoïste dans la famille. MOI je me retournerais vers l'équipe médicale qui me procurerait tous les soins possibles et à la fin de vie j'aimerais que l'équipe médicale me donnent un médicament où je m'endormirais doucement et que dans mon sommeil je pourrais, ou je règlerait les derniers problèmes de ma vie et aussi me permettre de me pardonner avant de me diriger vers la lumière. Voilà la raison pour laquelle je suis contre l'euthanasie.
Affiché par jackdan
Ursus
Je ne sais pas qui a exprimé
Affiché le dim 12/09/2010 - 23:21
Je ne sais pas qui a exprimé l'opinion relayée par l'administrateur, mais il me semble qui avoir des incohérences entre la position de cette personne ("On n'a pas le droit du tuer car l'euthanasie est considéré comme un meurtre.") et ce qu'elle souhaiterait pour elle-même en fin de vie.
Les soins palliatifs (médicaments qui enlèvent la douleur quand il n'y a plus rien d'autre à faire) peuvent aussi écourter la vie (la morphine en est un bon exemple). Quand à "un médicament où je m'endormirais doucement" est-ce que ce n'est pas ça, justement, l'euthanasie?
Donner de la morphine pour enlever la douleur en sachant que ça va écourter la vie, est-ce un meurtre?
Administrer un médicament qui permet de mourir doucement (mais rapidement) plutôt que d'agoniser dans d'atroces souffrances, est-ce un meurtre?
Administrateur
L'identité du membre de
Affiché le lun 13/09/2010 - 08:07
L'identité du membre de Caféchange se trouvait à la toute fin du texte, peu visible. Le texte a été remanié pour que la chose soit claire. Merci de l'avoir mentionné.
unVeilleur
Dans le Devoir, une lettre
Affiché le mar 14/09/2010 - 09:08
Dominique
C'est certain que je suis
Affiché le jeu 16/09/2010 - 17:43
C'est certain que je suis contre l'euthanasie. Je n'ai cependant rien contre le fait d'augmenter des doses de morphine (exemple) dans les cas de douleurs extrèmes et d'état morbide irréversible, où il n'y a plus rien à faire pour guérir la maladie, même si ça peut causer une détresse respiratoire et cardiaque tout en entrainant la mort. On parle alors de soins palliatifs . C'est une pratique courante que certains nomment euthanasie passive.
Il ne s'agit pas là de culture de la mort comme un certain cardinal à Québec l'a affirmée. C'est une question de mourir dans la dignité, sans prolongement ou intubage inutile tout en soulageant la douleur, en assurant une présence, en priant et en écoutant ce que la personne malade a à nous dire en mots, sans les mots et dans certain cas avec le non verbal. C'est le moment prévilégié d'accompagner une personne qui franchit le seuil d'une porte vers ailleurs.
Pour l'avoir vécu, ces moments en sont de grâce autant pour le voyageur qui termine son pèlerinage terrestre que pour l'accompagnateur.
Le danger, c'est que l'euthanasie en tant que telle en viennent à justifier nos peurs de la souffrances et de la mort. Les occidentaux ne voient pas là une chose normale mais quelque chose qui fait peur. La négation de la mort dans notre société est malheureusement très courante et on l'évite autant que possible.
Ailes du Temps
Bonjour , Le Christ a dit :
Affiché le sam 02/10/2010 - 08:45
Bonjour ,
Le Christ a dit : '' Je suis la Voie, la Vérité et la Vie '' Et ''qui est prêt à me suivre prenne sa croix et me suive .''
Je crois que le message est d'autant plus clair.
Dieu est la Vie et personne ne peut ni l'enlever ni se la faire enlever sinon nous allons à l'encontre de la Volonté du Père .
Même si mes propos sont d'une certaine radicalité je les exprime de façon de les dire avec Amour .
Si tu aimes ......tu vis......l'Amour, la Vie il n'y a ça que de beau .
Nous vivons dans des sociétès a tendance individualiste..indivualisé et d'individus. Et même dans ces '' choix '' là qui en sont d'invidualité Il n'y a plus de place à la farternité ni à la compassion.
Oh! Combien de gens ont supporté leurs souffrances et les affres de mourir '' en dignité''.
Je crois que la plus belle dignité de la mort est d'aller jusqu'au bout du processus de vie .
Qui sommes nous pour dire : je vais arrêter de vivre...ou je vais me faire arrêter de vivre?
En sommes nous rendus là?
Les régimes totalitaires du milieu du xxe siècle ont préconisé ce genre de chose et tous dans les sociétés dites '' démocartiques'' nous nous sommes élevés contre ça .Et aujourd'hui nous voulons appliquer ces choses là? Mais ou est l'humanisme de l'homme ?
Les gens ont tellement peur de la souffrance qu'ils paniquent devant la souffrance et c'est là qu'ils souffrent le plus quel paradoxe.
Aimez-vous les uns les autres.
Merci de me lire et ,
Paix et Lumière
Pierre Dulude
Ailes du Temps
http://ailesdutemps.unblog.fr/
Ursus
Vous écrivez: Les régimes
Affiché le dim 03/10/2010 - 20:00
Vous écrivez:
Les régimes totalitaires du milieu du xxe siècle ont préconisé ce genre de chose et tous dans les sociétés dites '' démocartiques'' nous nous sommes élevés contre ça .
À quoi faites-vous référence?