La loi 101 est-elle inutile pour protéger la langue française?

Commentaires

Etudianteindigne

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Stéphane, je sens que tu ne

Stéphane, je sens que tu ne pourras pas NE PAS commenter là-dessus ;)

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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 C'est grâce à la loi 101

 C'est grâce à la loi 101 qu'on parle encore français à Montréal.

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Je le savais ;) Alors, comme

Je le savais ;) Alors, comme on déjà abordé le sujet en personne (et dans un autre fil aussi je crois), je ne rajouterai que du nouveau. Tout simplement que mon prof d'histoire au Cégep m'a dit une phrase - qui n'avait pas de lien avec la séparation du Québec, il était souverainiste d'ailleurs je crois - que j'applique à cette discussion: "On ne fait pas l'Histoire avec des si."

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http://www.olf.gouv.qc.ca/res

http://www.olf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/ouvrages/amenagement_h...

Une étude sur le sujet qui montre les "deux côtés de la médaille". Par un de mes anciens prof à l'UQÀM Richard Bourrhis et son collaborateur. D'ailleurs, c'est M. Bourrhis qui a proposé que l'affichage se fasse aux 2/3 en français et 1/3 en anglais.

P.S. C'est écrit en langage accessible et non universitaire

Simon le Zélote

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 Loi 101: un choc de

 Loi 101: un choc de générations

Gaëtane Lamy
Résidante de Sainte-Thérèse, l'auteur a rédigé son mémoire de maîtrise sur la francisation des entreprises en 1988.

La déclaration de Maxime Bernier voulant que le Québec n'ait plus besoin de la loi 101 m'a laissée perplexe. Je ne partage pas son opinion mais en y réfléchissant bien, au-delà de l'indignation que peuvent susciter ses propos, je crois qu'il faut considérer que la perception de l'utilité de la loi 101, ce n'est plus l'affaire d'un choc des cultures entre francophones et anglophones comme dans les années 70, mais plutôt d'un choc des générations.

Je considère la loi 101 comme un pilier de la société québécoise. Elle a été rêvée, conçue et adoptée par une génération précédente qui avait vécu dans un Québec dominé par la langue anglaise où il était difficile, voire impossible de travailler et faire affaires en français au Québec. Et que dire des cohortes d'immigrants qui choisissaient d'éduquer leurs enfants en anglais pour leur assurer un meilleur avenir?

Tout ceci peut sembler de l'histoire ancienne pour la génération X (née entre 1962 et 1978) à laquelle appartient Maxime Bernier, de même que pour la génération Y (née entre 1979 et 1995).  Elles sont fières d'appartenir au Québec, d'y travailler, d'y élever leur famille dans une société qui leur permet de s'épanouir et de construire un bel avenir à leurs enfants.

À mon avis, se contenter d'être un fier francophone, ce ne sera jamais assez suffisant pour permettre aux générations futures de vivre en français au Québec. La loi 101 a totalement transformé la société québécoise à partir de 1977, date de sa création,  en accordant la prédominance à la langue française?; en somme, les Québécois s'accordaient le droit de vivre en français dans leur société.

 

En 2011, cela veut dire que les acquis de la loi 101 font en sorte, par exemple, que des milliers de travailleurs utilisent des manuels de travail en français, s'expriment en français pour communiquer avec leurs collègues de travail et à la fin de leur journée, sur le chemin du retour, ils voient les affiches des commerces en français.  

Cela peut paraître un peu ridicule aux générations qui n'ont pas eu à se battre pour faire reconnaître le français, mais n'est pas rien et ce sont les acquis de la loi 101.

Je me demande si les générations X et Y, bilingues et trilingues pour une grande majorité d'entre eux, ce qui est un enrichissement personnel et collectif formidable, n'auraient pas tendance à percevoir le Québec comme étant fusionné au continent nord-américain et au mouvement de mondialisation, et à oublier qu'à la base, notre société et notre culture française auront toujours besoin d'un encadrement législatif pour lui permettre de survivre.  

La loi 101, elle est là pour rester et demeurer le chien de garde de notre culture française et de notre existence comme francophones.

Etudianteindigne

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Blâmer les plus jeunes est

Blâmer les plus jeunes est indigne d'un raisonnement logique. Il fait appel à l'expérience, soit à l'argument: "si vous ne le vivez pas vous ne pouvez pas comprendre." Or l'expérience de quelque chose n'est pas source de connaissance. Vivre une expérience ne signifie pas la comprendre ou l'expliquer et inversement ne pas la vivre ne signifie pas qu'on ne peut le comprendre ou l'expliquer.

 

En fait, j'ai un autre mot pour ça: agisme.

 

Ah oui... langue et culture, bien que fortement interreliés, ne sont pas synonymes.

Etudianteindigne

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Boy, mon message a l'air

Boy, mon message a l'air froid... (Peut-être que non aussi, mais bon j'aime mieux pas prendre de chance et me réajuster.) Et dire que ça fait partie de mes résolutions d'argumenter sans attaquer. Je tiens à dire que je me fais un peu l'avocate du diable et que je ne veux pas attaquer l'auteur de l'article en le traitant d'agistes, je tiens seulement à dire que son raisonnement est non seulement faible, mais dangereux. En fait, je trouve que la protection de langue française a tendance à polariser les anglophones et les francophones (je suis donc pas d'accord avec l'auteur de l'article comme quoi ils sont d'accord sur la loi 101, particulièrement après ma lecture de l'article de Bourrhis).

 

Cela dit, un autre impact de la loi 101 qui est important de maintenir non seulement de façon législative, mais aussi culturelle - donc à nous d'agir! - est ce que Bourrhis appelle la convergence linguistique. J'essaierai de trouver son article là-dessus, mais bon je vais tenter de l'expliquer du mieux que je peux. Quand un anglophone et un francophone de compétence linguistique égale se parlent, le francophone va avoir plus tendance à converger sa langue et donc à se mettre à parler en anglais que l'anglophone aura tendance à parler français. L'étude de Bourrhis a montré qu'après la loi 101, ce phénomène a beaucoup diminué.

 

Cependant, il existe encore et il est détesté par les francophones autant que les anglophones. En général, les francophones n'apprécient pas ce phénomène, car il les empêche d'employer leur langue. En général, les anglophones le détestent, car ça les empêche de pratiquer leur français! Le pire, c'est que se sont autant les francophones que les anglophones qui continuent de maintenir ce phénomène. Un épiosde de la merveilleuse série Pure Laine l'abordait, mais je ne trouve pas le vidéo non plus :( Les francophones veulent être polis envers les anglophones et montrer qu'ils savent bien parler anglais. Quant les anglophones essaient de parler français, les francophones disent ah non, je suis capable de parler anglais et, pour pas contredire, les anglophones abandonnent.

unVeilleur

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Personnellement je ne lis pas

Personnellement je ne lis pas de blâme dans le texte de Mme Lamy proposé par Stéphane.

 

"Je me demande si les générations X et Y, bilingues et trilingues pour une grande majorité d'entre eux, ce qui est un enrichissement personnel et collectif formidable, n'auraient pas tendance à percevoir le Québec comme étant fusionné au continent nord-américain et au mouvement de mondialisation, et à oublier qu'à la base, notre société et notre culture française auront toujours besoin d'un encadrement législatif pour lui permettre de survivre.  

La loi 101, elle est là pour rester et demeurer le chien de garde de notre culture française et de notre existence comme francophones."

 

J'ai mis en caractères gras son appréciation de la polyvalence linguistique. La contrepartie est peut-être le manque de "ressenti" par ces générations de la précarité de la situation des francophones en Amérique du Nord. Je souffre peut être - ou suis coupable? - d'âgisme mais sa réflexion rejoint mon expérience.

 

Ci-bas une lettre ouverte de Normand Breault, un contributeur aux éditoriaux du Caféchange, qui propose une autre pièce à la réflexion sur la 'contrainte' du français au niveau scolaire.

 

Culture québécoise et intégration
 
C'est surtout à partir de 17-18 ans que les jeunes sont davantage en mesure d'approcher et  de goûter les œuvres littéraires, les essais philosophiques ou autres, les pièces de théâtre, la poésie et la chanson. Les jeunes sont, à cet âge, plus capables d'analyser les textes et d'en tirer profit pour leur propre bagage culturel et, qui sait, plus aptes à se lancer proprement  dans la création. Par ailleurs, si les jeunes peuvent ainsi se ressourcer auprès de ces auteurs, c'est qu'aux niveaux inférieurs du primaire et du secondaire ils et elles ont pu acquérir les bases de cette langue: grammaire, vocabulaire, construction de phrases, composition...
 
Ainsi y a-t-il continuité entre le cegep et les étapes scolaires antérieures, ces dernières rendant possible le contact avec ce qui s'est produit - et qui se produit toujours -  de mieux dans la sphère linguistique dans laquelle les jeunes ont vécu leur apprentissage. Il semble donc normal, adéquat et tout à fait logique que les jeunes poursuivent leurs études dans un cegep utilisant la langue de leurs études antérieures.
 
Qu'ils soient fils ou filles de parents de souche ou issus de l'immigration, ces jeunes doivent pouvoir, au cegep, entrer plus à fond dans le génie de la culture et la langue qu'ils ont apprise et maîtrisée aux niveaux du primaire et du secondaire. Compte tenu cependant du très fort attrait que l'anglais exerce sur eux, compte tenu aussi de la fragilité du français au Québec - et bien particulièrement à Montréal -  il est donc du devoir de la société québécoise de les aider à poursuivre leurs études dans un cegep francophone. Non seulement le passage à l'anglais ne leur permettra-t-il pas de tirer tout le profit de leurs études antérieures, ils et elles seront, selon des études récentes, irrémédiablement orientés vers une vie en anglais, au détriment de la société francophone dans laquelle ils et elles ont grandi, et dont cette dernière a un impérieux besoin pour s'épanouir dans la diversité.
 
Il est donc important que les dispositions de la loi 101 s'appliquent au niveau cegep afin que tous les jeunes puissent, entre autres, se frotter aux écrivains et essayistes francophones, du Québec et d'ailleurs, dont l'environnement anglophone nord-américain a tendance à occulter la présence et à minimiser la valeur et la pertinence.
 
Au cegep, les jeunes de souche ou issus de l'immigration découvriront des auteurs, tant de souche qu'issus de l'immigration. Toutes et tous s'enrichiront, en approfondissant leurs œuvres, au contact des Tremblay,Thuy, Laferrière, Beauchemin, Kokis, et de combien d'autres chansonneurs, poètes, dramaturges et essayistes. Un tel contact et - il faut le souligner à larges traits- l'environnement francophone du cegep fréquenté leur permettront de mieux saisir la société d'ici ainsi que sa place dans le monde dans lequel nous vivons, et d'apporter leur contribution originale à ce Québec dont l'avenir repose sur eux et elles.
 
Normand Breault
6 février 2011

 

 

unVeilleur

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Nous ne pouvons prendre pour

Nous ne pouvons prendre pour acquis ce que nous sommes. En espérant qu'il ne soit jamais trop tard... Une chanson interprétée par Pauline Julien, paroles de Marc Gélinas. [cliquez pour l'entendre]

 

 

Mommy mommy, I love you dearly

Please tell me how in French my friends used to call me

Paule, Lise, Pierre, Jacques ou Louise, Groulx, Papineau, Gauthier, Fortin, Robichaud, Charbonneau

Mommy mommy, how come it's not the same

Oh mommy mommy, what happened to my name

Oh mommy tell me why it's too late, too late

Much too late

 

Mommy mommy, I love you dearly

Please tell me where we used to live in this country

Trois-Rivières, St-Marc, Grand-Mère, Gaspé, Dolbeau, Berthier, St-Paul, Tadoussac, Gatineau

Mommy mommy, how come it's not the same

Oh mommy mommy, there's so much in a name

Oh mommy, tell me why it's too late, too late

Much too late

 

Mommy mommy, I love you dearly

Please sing the song you sang when I was a baby

Fais do-do, cola mon p'tit frère

Fais dodo, mon petit frère fais dodo tu auras du lolo

Mommy mommy, I remember the song

Mommy mommy something seems to be wrong

Oh mommy, tell me why it's too late, too late

Much too late

 

Mommy mommy, I love you dearly

Please tell me once again that beautiful story

Un jour, ils partirent de France

Bâtir ici quelques villages, une ville, un pays

Mommy mommy, how come we lost the game

Oh mommy mommy, are you the one to blame?

Oh mommy, tell me why it's too late, too late

Much too late

 

Etudianteindigne

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Les jeunes qui vont aux

Les jeunes qui vont aux études en anglais vont vivre en anglais... Je ne sais pas d'où M. Brault tient ces informations, mais ce que j'ai appris va dans le sens inverse. Le fait français au Québec fait plutôt en sorte qu'une très petite minorité de gens qui entreprennent des études supérieurs vont quitter le Québec justement en raison de leur particularité francophone. Juste à l'UQÀM, il est encouragé autant par l'institution que par les étudiants eux-mêmes de rester au Québec, voire rester à l'UQÀM même.

 

Ursus

Ursus

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 N'empêche qu'à force de

 N'empêche qu'à force de faire ses lectures en anglais à l'université, même si on peut remettre nos travaux en français, on en vient à perdre un peu d'habileté en français écrit.

 

Témoignage d'une étudiante francophone de l'université Concordia.

Etudianteindigne

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Ce n'est pas mon cas et je ne

Ce n'est pas mon cas et je ne dois pas être la seule. J'ai toujours bien écrit en français, peu importe la proportion de textes anglais que je lis (et Dieu sait qu'il y en a en psychologie!). Ça doit dépendre des gens ou des expériences.

 

Pour revenir à l'agisme ou dans sa forme mineure appellons le "quadragénocentrisme" ou "jeunophonie", chaque fois que je parle du politique, on me dit trop jeune pour comprendre. Bien que j'admets que Mme Lamy reconnaisse l'apport positif des jeunes, je ne vois pas la différence entre ça et le fait de me faire dire que mon avis n'est pas valable ou que mon analyse d'une problèmatique est innapropriée à cause de mon âge.

unVeilleur

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Étudiante indigne vos

Étudiante indigne vos commentaires me semblent... disons plutôt catégoriques. Le thème est la protection de la langue. J'ai relu le texte de Mme Lamy et je ne vois pas en quoi ses propos "tassent" les jeunes dans le coin avec condescendance 'maternaliste'. Ce que j'en comprends c'est que les générations qui n'ont pas l'expérience directe - qui pour moi est 'aussi' un [ pas le seul ] mode de connaissance - de l'état de la langue avant disons le milieu des années 60, n'ont pas la même sensibilité quant à la précarité de sa survie. Ça mérite considération ne trouvez-vous pas? De toute façon les vieux crèvent et ce sont les jeunes qui poursuivront ou pas le combat. But will there still be enough people to really care about la langue de Molière et de Félix Leclerc? 

 

Etudianteindigne

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Bien sûr que son but n'est

Bien sûr que son but n'est pas de "tasser les jeunes de là" et ce n'est pas ce que j'ai voulu exprimer. Mes propos pouvaient sembler catégoriques, car c'est ainsi que je m'exprime habituellement dans les débats. Je veux seulement dire que ce genre de propos est expérientiels est à mon avis trop souvent utilisé dans ce débat et certains -pas tout le monde et pas nécessaire l'auteure de l'article - utilisent cet argument de l'expérience pour faire "oui, oui" aux arguments des jeunes tout en les considérant invalides en leur fort intérieur.

 

Je cela dommage. Car ne pas vouloir une loi ne signifie pas ne pas avoir à coeur la langue française et ne pas la valoriser. Il a plusieurs moyens de tenir une langue vivante et la législation en est une parmi d'autres. Mon but en étant "catégorique" est de cibler les limites du paradigme de la "précarité éternelle de la langue française". Ce que pourquoi j'invite les gens de mon entourage à être critiques face à la loi 101 et le dogme culturel qui dit que le français est en danger aujourd'hui. "quel blasphème j'ai dit", s'exclament alors plein de gens! "Ça paraît qu'elle n'a pas vécu à l'époque où la loi 101 a été créée!"

 

Eh bien non, je n'étais pas née, que voulez-vous que je vous dise? Cela n'empêche pas que des gens nés à cette époque - même des francophones - s'opposaient tout de même à la législation qui consiste à protéger une langue en empêchant l'expression d'un autre plutôt que de combiner les deux langues. Je peux reconnaître que dans les années 60-70 le français était plus précaire et que pour garder le français, il était nécessaire d'éliminer l'affichage de l'anglais. En effet, les anglophones avaient un statut nettement plus élevé que les francophones dans le domaine de l'emploi notamment et cela favorisait la discrimination à l'égard des francophones. Mais dans le monde actuel où le français est maintenant langue officielle? Pourquoi faire du français la seule langue officielle au Québec alors qu'il n'en est pas autant au Canada? Je déplore tout autant que certaines provinces canadiennes à forte proportion anglophone.

 

Je ne dis pas qu'il faut tasser la loi 101, mais qu'il faut être critique et réfléchir à ses conséquences. Les deux conséquences les plus importantes selon moi sont les relations avec les anglophones et faciliter la transition de certains-es nouveaux-elles arrivants-es. Pour la première, je crois important de cesser la polarisation anglais-français et de valoriser le bilinguisme plutôt que l'unilinguisme (qu'il soit francophone ou anglophone). On créé ainsi des liens et on diminue les tensions toujours existantes entre les peuples. D'ailleurs, à Montréal, ça m'a frappé à quel point les communautés religieuses anglophones - pour prendre un exemple qui nous concerne - me parlent toujours en français et ont même des activités francophones ou bilingues (St-James, SouthWest Uni et aussi en dehors l'Église Unie, la synagogue de mon amie juive située à - tenez-vous bien... - Westmount!). Bien sûr, il s'agit d'un argument expérientiel alors ce n'est pas le seul à utiliser

 

Quant à la transition de certains-es nouveaux-elles arrivants-es, je pense à des exemples de gens qui doivent immigrer en vitesse étant donné les conditions affreuses qu'ils ou elles vivent dans leur pays d'origine. En plus de leur demander de s'adapter à une nouvelle culture, un nouveau réseau, un nouvel emploi (souvent moins bon que leur ancien), un nouveau milieu, ... ils doivent apprendre une nouvelle langue, le français, alors qu'ils pouvaient déjà connaître l'anglais au départ. À leur place, je ne trouverais pas cela évident. C'est pourquoi je considère que maintenir un affichage bilingue plutôt qu'unilatéralement francophone pourrait faciliter la transition. Bien sûr, il ne faudrait pas que les immigrants-es s'en tiennent là. C'est pourquoi il faut non seulement que le français continue d'être prédominant, mais aussi que les immigrantes et immigrants sont soumis à des situations où ils doivent parler en français pour se faire comprendre et pour le pratiquer. Comme les milieux de travail dans les grands centres sont pour la plupart déjà bilingues, je crois que c'est à nous citoyens d'agir pour éviter la convergence vers l'anglais. Pour ce faire, je m'efforce de toujours parler en français à un inconnu et de toujours lui répondre en français, même lorsqu'il m'aborde en anglais. Fréquemment, la personne va me répondre en français. Même à NDG

unVeilleur

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Merci pour ces réflexions

Merci pour ces réflexions bien étoffées Étudiante indigne. Si je ne me trompe le français est la  langue publique du Québec. À mon avis ill est toujours préférable d'inciter par l'exemple et l'ouverture que d'obliger par le contrôle et la coercition. Cela dit la satisfaction immédiate semble le plus souvent l'emporter dans les décisions personnelles et collectives: penser à moyen et long terme comme nous tentons de le faire maintenant dans le domaine de l'écologie par exemple peut conduire à des décisions contraignantes dans l'instant. Il y a toujours un "prix" à payer et quelqu'un qui doit le faire. Ne demandons pas aux immigrants d'être plus vertueux que les citoyens de longue date : si nous-mêmes et nos enfants ne sommes pas suffisamment enracinés dans notre identité et avons le sentiment d'être en perte de vitesse face à l'Amérique du Nord, ce serait faire de l'angélisme que de penser que les nouveaux arrivants vont vouloir s'associer à un groupe ... de perdants! La question est complexe mais demeure que lorsque je retourne à Montréal périodiquement j'ai "l'impression" que l'anglais est de retour en force et qu'il y a une érosion du français dans le domaine publique.

 

Le blogue de Richard Martineau du 10 février intitulé "Lettre aux régions" souligne un paradoxe bien québécois! Ne sommes-nous pas trop souvent les agens de notre propre perte?

 

LE POUMON DU QUÉBEC

Effectivement, le dossier de la protection de la langue française touche d’abord et avant tout Montréal. Et alors ?

Ça vous arracherait la gueule de nous aider ?

Je comprends la frustration des gens vivant en région, c’est vrai que pendant longtemps, Montréal s’est foutue du reste de la province.

Mais on ne répond pas à l’indifférence par l’indifférence.

N’en déplaisent aux citoyens de Val d’or ou de Québec, qui ont un haut-le-cœur dès qu’ils entendent parler du Plateau Mont-Royal, Montréal n’est pas une ville comme les autres. C’est le poumon du Québec.

Si elle tombe, c’est toute la province qui va tomber.

L’USINE À FABRIQUER DES QUÉBÉCOIS

Ce n’est pas à Thetford Mines, à Tadoussac ou à Alma que les immigrants s’installent. C’est à Montréal.

C’est sur les épaules des Montréalais que repose la responsabilité d’accueillir les nouveaux arrivants et d’en faire des « bons p’tits Québécois » — qui, plus tard, participeront à dynamiser l’économie du reste de la province.

C’est une lourde tâche. Très lourde et très complexe.

Serait-ce trop vous demander de nous aider ? D’enterrer votre hache de guerre, d’oublier vos frustrations, et de nous donner un coup de main ?

VOTRE PROBLÈME AUSSI

Oui, c’est vrai, le français n’est pas menacé, chez vous. Mais il l’est à Montréal.

Ça ne vous tenterait pas d’arrêter de vous regarder le nombril et de nous aider dans cette tâche ?

Il en va du bien-être collectif de tout le Québec.

Ursus

Ursus

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 Je pense que la loi 101 a eu

 Je pense que la loi 101 a eu certains effets positifs. Comme le soulignait Stéphane, c'est grâce à la loi 101 si on parle français à Montréal aujourd'hui. Je suis contente qu'il ait des lois linguistiques pour me permettre de vivre et travailler dans ma langue maternelle.

 

Mais je déplore la dérive idéologique de certains défenseurs de la loi 101. J'ai souvent été témoin d'attitude agressive envers les unilingues anglophones, voir même de racisme à l'endroit de nouveaux arrivants qui ne maîtrisent pas encore le français. Dans le quartier où j'habitais avant, il y avait une fruiterie tenue par des Indiens (de l'Inde) qui venaient tout juste d'arriver au pays. Au début, ils ne nous servaient qu'en anglais, mais je les vu évoluer de semaines en semaines. Ils utilisaient de plus en plus de mots en français et comprenaient de mieux en mieux quand on leur parlait français. Je suis vraiment nulle en droit, alors je ne sais pas laquelle des lois linguistiques les obligent ou les incitent à prendre des cours de français, mais je trouve que c'est une bonne chose... Mais que certains défenseurs de la langue française montrait beaucoup d'impatience à leur endroit.

 

Quant à étirer l'implication de la loi 101 aux études post-secondaires, je comprends l'argument culturel invoqué, mais je ne suis quand même pas d'accord. Je pense que les études post-secondaire sont plus que l'acquisition d'une culture général. Le choix d'un cégep ou d'une université se fait beaucoup plus en fonction des programmes offerts que de la langue d'enseignement. L'exemple de mon amie qui étudie à Concordia est parlant car il illustre à la fois l'argument pour et le contre. Elle déplore qu'elle est en train de perdre un peu de son habileté en français écrit à force de faire des lectures et d'avoir des cours en anglais. Par contre, elle est très contente d'étudier à Concordia à cause de la réputation de cette université en cinéma.