Il y a 30 ans, le Québec était en référendum.

Commentaires

Ursus

Ursus

image

 J'ai moins de trente ans,

 J'ai moins de trente ans, alors c'est certain que je n'ai pas voté, ni en 1980, ni en 1995.  Dans le contexte d'il y a trente ans, j'aurais voté oui. Mais aujourd'hui, je voterais non. Le projet souverainiste est indéfendable sans arguments racistes dans le contexte actuel.

Etudianteindigne

Etudianteindigne

image

Hahaha, personne ne clame

Hahaha, personne ne clame haut et fort son "non".  La seule raison pourquoi je voterai "oui" aujourd'hui est de me débarasser de Stephen Harper...  Mais de toutes façons avant que le Parti Québécois soit élu, Harper serait peut-être parti, je l'espère.  À part ça, mon pays c'est Montréal.  Mon pays, je l'aime diversifié et bilingue.  C'est comme ça qu'il est et qu'il sera, peu importe qu'il fasse partie d'un pays qui s'appelle Québec ou Canada.  Pour moi, aussi bien rester, parce qu'il n'y a pas d'argument que je trouve valide pour se séparer.

 

Comme le souligne Ursus, il y a trente ans, c'est toute une autre histoire!  Les anglophones avaient trop de pouvoir dans la société et les francophones étaient discriminés, notamment à l'emploi.   Il y a aurait alors été nécessaire de se séparer, si des droits n'avaient pas été acquis pour les francophones et pour le bilinguisme.

 

L'argument que j'entends le plus souvent est le danger du français.  Quant à moi, on peut continuer à combattre le français dans un pays qui s'appelle Canada, où elle est une langue officielle.  On peut le faire dans le quotidien, par exemple en répondant en français aux gens qui s'adressent à nous en anglais dans les commerces.  Je le fais.  Enfin, j'essaie de le faire, desfois les automatismes embarquent ;)  Bref, mon idéal est de le faire.  Même à NDG.  Même à DDO.  Parce que je trouve ça révoltant.

 

Et bien sûr pour ceux qui endossent vraiment la cause (ce qui n'est pas mon cas, car comme on dit chacun doit choisir 2 ou 3 causes pour les supporter vraiment!), il y a toujours des actions à poser ou des pétitions à faire signer.  Cela peut se faire dans un pays qui s'appelle "Canada" et je crois que s'appeller "Québec" ne réglera en rien cette lutte à finir qu'est le bilinguisme dans les lieux publics.

 

 

unVeilleur

unVeilleur

image

Je n'ai  jamais été rattaché

Je n'ai  jamais été rattaché formellement à aucun parti politique et mon vote varie selon les circonstances. J'ai voté  à toutes les élections depuis que j'ai l'âge de le faire, et ce à tous les niveaux. J'ai donc voté aux deux référendums. Et j'ai voté "oui".  Sans enthousiasme délirant mais avec la conviction intime que si le peuple du Québec souhaitait se donner un tel instrument pour son devenir, je voulais faire parti de l'effort collectif, et non parce que je suis contre les anglophones ou le contexte nord-américain où je me trouve. Les résultats sont connus... Selon moi la regrettable et désobligeante tirade de Jacques Parizeau lors du 2e référendum [ "perdu à cause de l'argent et du vote ethnique"] n'explique en rien le résultat : c'est la majorité des "canadiens français" qui n'ont pas embarqué. S'il y avait eu un réel consensus collectif, rien ni personne n'aurait pu endiguer un accord retentissant.

 

Comme je n'étais pas 'partisan' mordu après le référendum de 80, et puisque Pierre Trudeau et de nombreux québécois fédéralistes avaient promis qu'un 'non' serait un 'oui' à un changement en profondeur dans la fédération canadienne, j'ai attendu avec intérêt et espérance... Enfin nous allions trouver un aménagement respectueux réel, et passer à autre chose. Et bien non:  rien n'est venu, sinon le rapatriement unilatéral de la constitution en excluant le Québec, et puis l'accord du Lac Meech, qui sera un autre échec de demandes qui m'apparaissent toujours légitimes et certainement pas extrêmes.

 

Dans cette saga, un moment inoubliable pour moi fut le 22 juin 1990, à la veille du délai pour la signature de l'accord, le Premier ministre du Québec, Robert Bourassa, déclare en chambre: «Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement.» Wow! Le premier ministre libéral, donc fédéraliste, qui fait une telle déclaration. J'étais étonné et ravi. Peut-être que les choses allaient changer, enfin.

 

Le chef du Parti québécois et de l'opposition, Jacques Parizeau, appelle Bourassa dans son propre discours «mon premier ministre»«je vous tends la main». Il traverse ensuite l'allée centrale pour venir féliciter Bourassa (du jamais vu) sous les applaudissements longs, nourris et chaleureux des des côtés de la chambre (du jamais entendu) et lui dit encore «je vous tends la main». Il traverse ensuite l'allée centrale pour venir féliciter Bourassa (du jamais vu) sous les applaudissements longs, nourris et chaleureux des des côtés de la chambre. 

 

C'est cet élan noble qui ne tient selon moi ni du racisme ni de la xénophobie, mais de l'affirmation légitime d'un peuple qui est à mon avis l'inspiration juste d'une démarche de souveraineté. Lorsqu'on prend le temps de s'informer sur l'histoire du Canada on découvre bien des racines aux malaises actuels : l'exemple par excellence est les rapports que nous avons entretenus - ou omis d'entretenir malgré les traités signés - avec les Premières Nations.

 

Après le 2e référendum, je me suis dit "C'est canné" on oublie ça, et passons à autre chose. Les fédéralistes étaient venus en masse faire un "love-in" à Montréal pour nous dire qu'ils tenaient au Québec. Mais comme le chantait Félix Leclerc "... La veille des élections - Il t'appelait son fiston - Le lendemain comme de raison
- Y'avait oublié ton nom
."

 

Bon ce n'est pas le lieu ni le temps de faire une classe d'histoire. En ce printemps 2010, je suis perplexe. On semble ne jamais en finir dans les tensions avec le fédéral (écologie, justice sociale, économie, financement) et les aspirations des Québécois agacent de plus en plus le Canada qui se construit et qui ne comprend pas que cette 'province' veuille être traitée différemment des autres. J'en viens à me dire, comme on l'entendait parfois, que c'est le Canada dans sa logique de gouvernance et d'uniformisation qui va finir par 'obliger' la souveraineté. 

 

Pour conclure, jettez un coup d'oeil au discours de René Lévesque: pas raciste, pas xénophobe, identitaire, ouvert. On s'ennuie...

 

 

 

Etudianteindigne

Etudianteindigne

image

Je pense plutôt que le Canada

Je pense plutôt que le Canada est fait de diversités.  Le Québec n'est pas le seule province à être mal comprise et je crois qu'on l'oublie trop souvent.  Le Québec n'est pas la seule "société distincte", il y a aussi le Nouveau-Brunswick, l'Alberta et même l'Ontario!  Ce n'est pas parce que la majorité est anglophone dans ces provinces qu'elles sont toutes pareilles!  Tout ça est sans compter les Premières Nations, les immigrants ainsi que ceux et celles dont les ancêtres sont nés à l'extérieur du Canada. Le cas des Premières Nations est particulièrement criant, c'est une société distincte qui a aussi parfois de la difficulté à se faire entendre.

 

Je crois qu'on peut attribuer ça au fait d'avoir un gouvernement centralisateur plutôt qu'à la langue.  Avoir un gouvernement centralisateur a des avantages, mais aussi des inconvénients comme celui-là.   

 

Par rapport au racisme, je crois que malheureusement les arguments en faveur de la séparation sont parfois teintés de racisme.  On l'a vu avec Jacques Parizeau, mais on le voit aussi dans les attitudes clairement xénophobes de certains députés du Parti Québécois.  Par exemple, ils rejetent le cours d'éthique et culture religieuse sous prétexte qu'il fait la promotion du multi-culturalisme!!!  Alors que personne n'a parlé de promotion, le Parti sort aussitôt son bouclier.  Plus de détails sur le contexte:

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/politique/200912/11/01-93...

 

L'ADQ a d'ailleurs fait de même, avec leur chef qui fait preuve de sexisme, en plus (dans le dernier paragraphe de l'article):

«En secondaire deux, un questionnaire demande à un élève: Es-tu un garçon, une fille ou tu ne le sais pas? On est rendu là. C'est quoi cette affaire-là?», a lancé M. Deltell.

 

Les jeunes transsexuels-es et les jeunes transgenres, visiblement, M. Deltell s'en moque ou encore il est simplement ignorant.  Dire qu'il est chef de son parti...  Là je m'éloigne du sujet, car je crois le PQ ni ceux et celles qui sont pour la séparation du Québec n'aurait pas probablement endossé de tels propos.  Je tenais seulement à souligner que dans le cas de l'ADQ, tout ce qui est égalité leur font peur. 

 

 

 

Ursus

Ursus

image

 Justement! Si on est pour

 Justement! Si on est pour devenir souverain pour se débarrasser des conservateurs fédéraux, on est quand même pognés avec les conservateurs provinciaux... On tourne en rond!

 

Quant à la défense du français, elle se fait malheureusement souvent de façon irrespectueuse. J'ai déjà vu une chauffeuse de la STM refuser de répondre en anglais aux questions de deux unilingues anglophones (peut-être même pas Canadiens, l'histoire ne le dit pas) en leur disant qu'ils devraient  apprendre le français. C'est beau de parler notre langue, de s'en servir le plus qu'on peut, de profiter de sa richesse, de la partager, de la transmettre à nos enfants... Mais il ne faut pas oublier qu'une langue, ça sert d'abord et avant tout à communiquer. Si la communication se fait mieux en anglais, pour quelque raison que ce soit, et qu'on est à l'aise dans cette langue, je ne vois pas pourquoi on devrait se retenir de l'utiliser dans l'espace public. Après tout, c'est aussi une langue officielle!

 

Pour ce qui est de la constitution, je n'ai pas tellement espoir que les choses changent, tant que le Québec continuera à se regarder le nombril en ignorant le ROC (Rest Of Canada). Si le Bloq Québécois devenait le Bloc Provincial et prônait un véritable fédéralisme décentralisé en présentant des candidats dans toutes les provinces, il aurait de bonnes chances de former le gouvernement et de vraiment changer les choses... En attendant, il ne fait que diviser le vote de la gauche en s'accrochant à un dogme souverainiste chimérique et dépassé.

unVeilleur

unVeilleur

image

On dirait que le Caféchange

On dirait que le Caféchange n'est fréquenté que par des personnes qui ont voté oui - et qui choisissent de voter aussi sur le site - et des jeunes qui n'en ont rien à cirer d'une démarche de souveraineté. C'est très 'générationnel'. Les gens qui aspiraient à une transformation en profondeur de la société s'identifiaient plutôt au mouvement de la souveraineté. J'aimerais bien entendre (plutôt, lire!) comment ces autres qui on voté voient la situation actuelle.

 

Que du racisme et donc des personnes racistes s'associent à la souveraineté n'est malheureusement pas surprenant et est à dénoncer. L'unilinguisme borné et le mépris envers les personnes qui parlent anglais, en autant que je sache, n'ont jamais fait parti du programme des partis indépendantistes. C'est la traduction personnelle dans le psychisme d'un individu qui réagit de façon émotive, dans une logique où si je suis "pour" il faut nécessairement que je sois "contre". Cette réduction à l'absurde est malheureusement commune partout dans les groupes humains et a servi les causes les plus nobles comme les plus horribles. Elle n'est pas, selon moi, l'apanage des souverainistes.

 

L'attitude du Gouvernement fédéral a fait de nouveau les manchettes cette semaine. Et pourtant traditionnellement les Conservateurs (mais ils sont peut-être plus Reform) étaient moins centralisateur. Si le ROC comme dit Ursus ne trouvait pas son compte dans le fonctionnement, il devrait selon toute vraisemblance y avoir des mouvements identifiables d'opposition au fonctionnement actuel de la fédération. À ma connaissance il n'y a rien d'équivalent aux doléances du Québec.

 

En ce qui a trait à la division du vote de la gauche, j'ai personnellement regretté que Québec Solidaire inscrive dans son programme l'option pour la souveraineté. Ça me semblait prématuré ; unissons d'abord les progressistes et allons jusqu'au bout des moyens à notre disposition: si alors il est clair qu'un obstacle majeur à un projet social solidaire est la structure fédérale, le coeur de la population sera là pour dire oui, en connaissance de cause. Ce n'est évidemement pas ce qui a été retenu: pour bon nombre de progressistes au Québec, la "question nationale" est réglée et la souveraineté est un outil politique indispensable. "Que voulez-vous...?" comme disait un ancien premier ministre du Canada.

 

Etudianteindigne

Etudianteindigne

image

Que deux personnes dans la

Que deux personnes dans la vingtaine ne croient pas à la souveraineté ne permet pas de conclure que c'est "générationnel".  Si moi et Ursus avons écrit plutôt que les autres, c'est surtout parce que nous sommes des régulières de caféchange plutôt qu'à cause de notre âge! 

 

Oui, il aurait été intéressant d'avoir le point de vue de ceux et celles qui ont voté oui, parce que notre débat aurait plus de perspective et je serais la première à trouver ça intéressant!  Ne soyez donc pas gênés d'écrire, je mords pas ;)

 

Par rapport à ce débat politique, je me sens en fait en minorité dans ma génération (quoique j'avoue que je suis allée à l'UQÀM, donc l'échantillonage sur lequel je me base est biaisé).  Ce n'est pas parce que je suis jeune que je pense ainsi.  Ce n'est pas parce que j'en ai "rien à cirer" non plus.  C'est parce que je trouve que ce n'est pas nécessaire, parce que je trouve que les nations qui n'ont pas de patriotisme sont les plus pacifiques.  Oui, au Canada, on a "pas d'identité" et tant mieux!  L'identité nationale, pour moi, n'a rien de bon.  Je ne dis qu'un Québec souverain irait à la guerre, surtout que c'est loin d'être dans notre culture, mais des cartes identitaires seront joués et personnellement cela ne m'enchantera pas.

 

 

 

Ursus

Ursus

image

 C'est vrai que ce ne sont

 C'est vrai que ce ne sont pas tous les souverainistes qui sont racistes. D'ailleurs, Loco Locasse, groupe souverainiste notoire, s'en défend bien. Mais pourquoi veulent-ils un Québec souvrain? Je n'entends jamais le "pourquoi" dans leurs chansons. J'entends l'amour qu'ils ont pour leur nation et pour leur langue, mais ça ne me semble pas un argument suffisant pour un tel boulversement.

 

Pour ce qui des mouvements comparables au mouvement souverainiste dans les autres provinces... Non, il n'y en a pas de la même ampleur. Mais il y a quand même un mouvement décentralisateur dans les maritimes et dans une moindre proportion dans l'Ouest. Ces mouvements ne sont toutefois pas portés par les partis fédéraux. Quand le Bloc a été inclus dans le débat en anglais, j'ai entendu pas mal de commentaires venants de Canadiens des autres provinces qui auraient aimé voter pour le Bloc pour défendre les compétences provinciales. Malheureusement, je ne crois pas qu'il existe de véritable statistique sur le niveau d'autonomie provinciale que souhaiteraient les populations des autres provinces.

 

Généralement, quand j'entends des Canadiens se plaindre des doléances du Québec, il y a un "pourquoi vous, plus que nous?" dans leur discours. Je trouve que c'est une question qu'on évite souvent de se poser.

 

Quand je discute avec des souverainistes convaincus, ils discutent de "comment" et non de "pourquoi" comme si le "pourquoi" allait de soit. Le "pourquoi" a été défini il y a 30 ans et on a oublié de revenir vérifier si ça avait encore un sens aujourd'hui. On parle du "comment", mais on ne parle pas du "et ensuite". Si on interroge un député du PQ sur son projet de société, on a de forte de chances de se faire répondre que le projet, c'est la souveraineté. Si on ose demander "La souveraineté pour en faire quoi? Quel genre de pays proposez-vous?" On se fait répondre "On va faire la souveraineté et le reste on verra ça après." C'est une conversation qui a vraiment eu lieu entre des étudiants de cégep et un député du PQ il y a quelques années.

 

Si le PQ prenait le pouvoir et déclenchait un troisième référendum (ce qui est peu probable), eh bien je ne serais pas prête à leur signer un chèque en blanc.

unVeilleur

unVeilleur

image

Pourquoi? dites-vous Ursus.

Pourquoi? dites-vous Ursus. Peut-être pour sortir d'une impasse politique, d'une façon ou d'une autre. L'article dans Le Devoir du 19 juin 2010 intitulé

Vingt ans après Meech - Le long hiver politique québécois

campe de façon qui me semble bien équilibrée là où nous en sommes, et pourquoi nous n'en sommes toujours que là!

 

Ursus

Ursus

image

 Je ne crois pas que la

 Je ne crois pas que la sécession du Québec réglerait une impasse politique... La question constitutionnelle n'en serait que plus compliquée, parce qu'aucun mécanisme de sécession n'est prévu dans la constitution. En plus, on n'aurait pas le droit international de notre bord, parce que le droit à l'intégrité territoriale prime sur le droit à l'autodétermination des peuples dans bien des cas où la population d'un État sécessioniste est beaucoup plus opprimée que la population du Québec. (Je pense, entre autre, au cas de la Transnistrie en Europe de l'Est où le oui l'a emporté à 98% lors d'un référendum sur la souveraineté.) Je pense que ça causerait beaucoup plus de problèmes que ça n'en réglerait.

 

Bref, la question constitutionnelle est effectivement un problème non résolu, mais il ne me semble pas que la souveraineté du Québec puisse y apporter une véritable solution.