Nous sommes 6 à la maison. 2 adultes, 4 enfants. Le calcul est facile à faire. À part le temps des Fêtes ou un cadeau anniversaire, le reste de l'année, on attend que le film qui intéresse l'un d'entre nous soit disponible en club vidéo et on le loue. Avec du bon maïs soufflé maison. Beau, bon, pas cher!
Quand je vais au cinéma, ce n'est pas pour le film, mais pour l'expérience cinématographique. Pour faire une sortie avec un ou une ami(e), pour me faire plaisir, pour le fun de payer trop cher un pop corn trop gros. Bref, c'est quand j'ai envie de me payer un gros luxe!
Quand j'ai le goût d'écouter un film, c'est là! Maintenant! Pas envie de vérifier les horaires et de me déplacer à temps pour le bon film dans le bon cinéma. Je préfère l'écouter dans le confort de mon foyer. Si je trouve ce que je veux sur le net, tant mieux! Sinon, le Club Vidéo est au coin de la rue.
Je crois que mon comportement est assez représentatif de ma génération: la génération de l'immédiat et des films gratis sur le web, l'époque du cocooning et l'habitude de tout avoir au boût d'un clic de souris.
Exception à toutes règles, je viens d'aller voir le dernier film de la trilogie de Bernard Emond, La Donation. Touchant, juste et propice à la réflexion. À voir d'une façon ou d'une autre, comme il vous plaira.
Ce que j'ai écrit à un ami abitibien récemment sur La Donation:
Je pense avoir vu ce que le cinéaste voulait nous faire voir: l'Abitibi a quelque chose de triste, de gris, de plat, "d'austère" pour reprendre les mots mêmes du personnage joué par l'excellent Jacques Godin décrivant le paysage de Normétal; mais il y a une certaine beauté dans tout ça. Un peu comme les films de Bernard Émond eux-mêmes. De la même manière, son film essaie de montrer que dans un monde (désormais) sans Dieu, il y a néanmoins de la beauté.
Ce que j'ai écrit n'est pas seulement de moi, j'avais lu quelques articles sur le film avant d'aller le voir. J'ai repris quelques mots de ces articles.
Le décès de Gilles Carle nous rappelle aussi le rôle important du cinéma d'ici. À l'approche de Noël, vous pouvez visionner gratuitement un de ses premiers films, sur le site de l'Office national du film (ONF): La vie heureuse de Léopold Z, une comédie d'atmosphère qui se déroule un 24 décembre dans une tempête de neige et qui culmine à la messe de minuit à l'Oratoire Saint-Joseph.
Je n'avais jamais vu de film de Gilles Carle. Bien sûr, avec son décès, j'ai entendu pas mal parler de son cinéma ces derniers jours. J'ai entendu dire que ses films n'avaient eu qu'un succès tardif au Québec et qu'ils avaient eu un succès beaucoup plus rapide en France. En regardant La vie heureuse de Léopold Z, j'ai compris pourquoi. J'ai entendu dire que ses films avaient un aspect sociologique très fort... C'est vrai pour celui-ci et c'est probablement vrai pour beaucoup de ses films. C'est un portrait d'une société; d'une époque. Quand on est dans cette société, à cette époque, j'imagine qu'on trouve ça ordinaire. Quand on est d'une autre société (la France) ou d'une autre époque (le Québec d'aujourd'hui), on peut y trouver quelque chose qu'on connaît moins et donc, qu'on trouve plus intéressant.
Heureux que vous ayez aimé La vie heureuse de Léopold Z, Ursus! Vos réflexions sur la proximité et la distance comme lentilles d'appréciation d'une œuvre sont bien intéressantes. L'arbre peut nous cacher la forêt, en effet. C'est vrai que la distance dans le temps a quelque chose de commun avec la distance dans l'espace et la culture. 50 ans plus tard les longs métrages et documentaires semblent appartenir quasiment à un autre univers. On se retrouve toutefois bien chez nous dans la tempête de neige, avec les charrues et la chorale à l'Oratoire. Et le noir et blanc a quelque chose d'onirique qui donne une touche nostalgique à tout cela.
Commentaires
Plume
Nous sommes 6 à la maison. 2
Affiché le jeu 19/11/2009 - 22:04
Nous sommes 6 à la maison. 2 adultes, 4 enfants. Le calcul est facile à faire. À part le temps des Fêtes ou un cadeau anniversaire, le reste de l'année, on attend que le film qui intéresse l'un d'entre nous soit disponible en club vidéo et on le loue. Avec du bon maïs soufflé maison. Beau, bon, pas cher!
Ursus
Quand je vais au cinéma, ce
Affiché le ven 20/11/2009 - 00:27
Quand je vais au cinéma, ce n'est pas pour le film, mais pour l'expérience cinématographique. Pour faire une sortie avec un ou une ami(e), pour me faire plaisir, pour le fun de payer trop cher un pop corn trop gros. Bref, c'est quand j'ai envie de me payer un gros luxe!
Quand j'ai le goût d'écouter un film, c'est là! Maintenant! Pas envie de vérifier les horaires et de me déplacer à temps pour le bon film dans le bon cinéma. Je préfère l'écouter dans le confort de mon foyer. Si je trouve ce que je veux sur le net, tant mieux! Sinon, le Club Vidéo est au coin de la rue.
Je crois que mon comportement est assez représentatif de ma génération: la génération de l'immédiat et des films gratis sur le web, l'époque du cocooning et l'habitude de tout avoir au boût d'un clic de souris.
unVeilleur
Exception à toutes règles, je
Affiché le jeu 26/11/2009 - 16:04
Exception à toutes règles, je viens d'aller voir le dernier film de la trilogie de Bernard Emond, La Donation. Touchant, juste et propice à la réflexion. À voir d'une façon ou d'une autre, comme il vous plaira.
Simon le Zélote
Ce que j'ai écrit à un ami
Affiché le jeu 26/11/2009 - 22:29
Ce que j'ai écrit à un ami abitibien récemment sur La Donation:
Je pense avoir vu ce que le cinéaste voulait nous faire voir: l'Abitibi a quelque chose de triste, de gris, de plat, "d'austère" pour reprendre les mots mêmes du personnage joué par l'excellent Jacques Godin décrivant le paysage de Normétal; mais il y a une certaine beauté dans tout ça. Un peu comme les films de Bernard Émond eux-mêmes. De la même manière, son film essaie de montrer que dans un monde (désormais) sans Dieu, il y a néanmoins de la beauté.
Ce que j'ai écrit n'est pas seulement de moi, j'avais lu quelques articles sur le film avant d'aller le voir. J'ai repris quelques mots de ces articles.
unVeilleur
Le décès de Gilles Carle nous
Affiché le mar 01/12/2009 - 08:35
Le décès de Gilles Carle nous rappelle aussi le rôle important du cinéma d'ici. À l'approche de Noël, vous pouvez visionner gratuitement un de ses premiers films, sur le site de l'Office national du film (ONF): La vie heureuse de Léopold Z, une comédie d'atmosphère qui se déroule un 24 décembre dans une tempête de neige et qui culmine à la messe de minuit à l'Oratoire Saint-Joseph.
Ursus
Merci unVeilleur! Je
Affiché le jeu 03/12/2009 - 10:58
Merci unVeilleur!
Je n'avais jamais vu de film de Gilles Carle. Bien sûr, avec son décès, j'ai entendu pas mal parler de son cinéma ces derniers jours. J'ai entendu dire que ses films n'avaient eu qu'un succès tardif au Québec et qu'ils avaient eu un succès beaucoup plus rapide en France. En regardant La vie heureuse de Léopold Z, j'ai compris pourquoi. J'ai entendu dire que ses films avaient un aspect sociologique très fort... C'est vrai pour celui-ci et c'est probablement vrai pour beaucoup de ses films. C'est un portrait d'une société; d'une époque. Quand on est dans cette société, à cette époque, j'imagine qu'on trouve ça ordinaire. Quand on est d'une autre société (la France) ou d'une autre époque (le Québec d'aujourd'hui), on peut y trouver quelque chose qu'on connaît moins et donc, qu'on trouve plus intéressant.
unVeilleur
Heureux que vous ayez aimé La
Affiché le ven 04/12/2009 - 09:18
Heureux que vous ayez aimé La vie heureuse de Léopold Z, Ursus! Vos réflexions sur la proximité et la distance comme lentilles d'appréciation d'une œuvre sont bien intéressantes. L'arbre peut nous cacher la forêt, en effet. C'est vrai que la distance dans le temps a quelque chose de commun avec la distance dans l'espace et la culture. 50 ans plus tard les longs métrages et documentaires semblent appartenir quasiment à un autre univers. On se retrouve toutefois bien chez nous dans la tempête de neige, avec les charrues et la chorale à l'Oratoire. Et le noir et blanc a quelque chose d'onirique qui donne une touche nostalgique à tout cela.