Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A la douleur que j’ai, que j’ai !
Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : Où vis-je ? où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés ;
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.
Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai !...
Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
En plantant mes orteils dans le sable doux.
Je vous laisse "Mon pays, ce n'est pas un pays,
C'est l'hiver" chanté par les charrues.
Je vous laisse mon "scraper" et ma pelle de bois
Pour vous rendre à la rue.
Je vous laisse la petite glace dans l'escalier tournant
Qui vous fera tomber su'l.
Je vous laisse ma paix.
Je vous donne ma paix.
Je me pousse en paix avec les canards.
Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
Assis dans la soupe bleue jusqu'au cou.
Je vous laisse les enfants qui s'assomment en se "pitchant"
Des balles de neige en glace en pleine face.
Je vous laisse les enfants qui ont la langue collée
Sur les "tracks" et qui pleurent parce que le train s'en vient.
Je vous laisse les enfants mangés par la souffleuse
À quatre heures dans un fort top secret.
Je vous laisse ma paix.
Je vous donne ma paix.
Je me pousse en paix avec les canards.
Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
En priant le soleil dans l'eau à genoux.
Je vous laisse "le but du Canadien compté
Par Jean Béliveau sans aide."
Je vous laisse les pieds gelés dans la
"slotch", un transfert entre les dents.
Je vous laisse mes chaloupes dans le portique,
Mes mitaines et ma gratte en plastique.
Je vous laisse ma paix.
Je vous donne ma paix.
Je me pousse en paix avec les canards.
Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
En plantant mes orteils dans le sable doux.
Je préfère avoir de la neige que connaître tsunamis, tremblements de terre, ouragans, éruptions volcaniques, sécheresses, inondations et autres cataclysmes meurtriers.
Tu as sans doute raison Stéphane mais dans mon cas, même s'il existe de beaux poèmes sur l'hiver, j'ai beaucoup de difficulté avec cette saison. Pas tellement pour la neige elle-même que pour le grand froid et les variations de plus en plus fréquentes (pluie, neige, verglas). Vivement le doux printemps et l'été...
Eh oui, l'hiver n'est pas le même partout et en tout temps! L'hiver, par exemple, au coeur de Montréal, et l'hiver en région, plus près d'une nature toute en lumière! L'hiver à -30 degrés, avec l'humidité et et le vent glacial, et l'hiver à -08 ou -10 degrés, avec une neige qui tombe toute en douceur... L'hiver le jour, en auto, et l'hiver le soir et la nuit, à pied... Et l'hiver qu'on veut laid, terrible, et maussade, et l'hiver qu'on perçoit beau et bon, et où on vit des plaisirs d'hiver, et avec des enfants... Oh oui, l'hiver peut être, à certains moments, selon notre regard, tellement beau!
Les images et symboles sont transmis par le poète. Une neige représente bien plus que le climat mais tout un univers qui palpite. La froidure peut se ressentir si fortement au-dedans. La poésie, c'est comme un tableau où l'auteur y dépose ses couleurs sur une feuille de papier ou d'écran.
J'ai beaucoup aimé voir et entendre ce poème d'Émilie Nelligan. Il faut comprendre la souffrance de cet homme et y voir au-delà du mot. Merci pour la découverte de ce très beau vidéo
Très joli poème ! On ressent beaucoup d'émotions à la lecture, ce qui n'est pas désagréable :)
En attendant l'hiver, je vais profiter de mon jardin et de ce beau soleil ! Consultez un blog de jardin super pour obtenir quelques conseils, c'est cadeau ;)
Commentaires
Administrateur
Soir d'hiver Ah !
Affiché le jeu 29/01/2009 - 21:08
Soir d'hiver
Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A la douleur que j’ai, que j’ai !
Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : Où vis-je ? où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés ;
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.
Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai !...
Émile Nelligan
Administrateur
Demain l'hiver par
Affiché le jeu 29/01/2009 - 21:24
Demain l'hiver
par Robert Charlebois
Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
En plantant mes orteils dans le sable doux.
Je vous laisse "Mon pays, ce n'est pas un pays,
C'est l'hiver" chanté par les charrues.
Je vous laisse mon "scraper" et ma pelle de bois
Pour vous rendre à la rue.
Je vous laisse la petite glace dans l'escalier tournant
Qui vous fera tomber su'l.
Je vous laisse ma paix.
Je vous donne ma paix.
Je me pousse en paix avec les canards.
Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
Assis dans la soupe bleue jusqu'au cou.
Je vous laisse les enfants qui s'assomment en se "pitchant"
Des balles de neige en glace en pleine face.
Je vous laisse les enfants qui ont la langue collée
Sur les "tracks" et qui pleurent parce que le train s'en vient.
Je vous laisse les enfants mangés par la souffleuse
À quatre heures dans un fort top secret.
Je vous laisse ma paix.
Je vous donne ma paix.
Je me pousse en paix avec les canards.
Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
En priant le soleil dans l'eau à genoux.
Je vous laisse "le but du Canadien compté
Par Jean Béliveau sans aide."
Je vous laisse les pieds gelés dans la
"slotch", un transfert entre les dents.
Je vous laisse mes chaloupes dans le portique,
Mes mitaines et ma gratte en plastique.
Je vous laisse ma paix.
Je vous donne ma paix.
Je me pousse en paix avec les canards.
Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
En plantant mes orteils dans le sable doux.
Simon le Zélote
Je préfère avoir de la neige
Affiché le ven 30/01/2009 - 09:09
Je préfère avoir de la neige que connaître tsunamis, tremblements de terre, ouragans, éruptions volcaniques, sécheresses, inondations et autres cataclysmes meurtriers.
C'est quoi, un peu de neige comparé à tout ça ???
Dominique
Tu as sans doute raison
Affiché le ven 30/01/2009 - 19:59
Tu as sans doute raison
Stéphane mais dans mon cas, même s'il existe de beaux poèmes sur l'hiver, j'ai beaucoup de difficulté avec cette saison. Pas tellement pour la neige elle-même que pour le grand froid et les variations de plus en plus fréquentes (pluie, neige, verglas)
. Vivement le doux printemps et l'été...
Clermont
Eh oui, l'hiver n'est pas le
Affiché le sam 31/01/2009 - 10:02
Eh oui, l'hiver n'est pas le même partout et en tout temps! L'hiver, par exemple, au coeur de Montréal, et l'hiver en région, plus près d'une nature toute en lumière! L'hiver à -30 degrés, avec l'humidité et et le vent glacial, et l'hiver à -08 ou -10 degrés, avec une neige qui tombe toute en douceur... L'hiver le jour, en auto, et l'hiver le soir et la nuit, à pied... Et l'hiver qu'on veut laid, terrible, et maussade, et l'hiver qu'on perçoit beau et bon, et où on vit des plaisirs d'hiver, et avec des enfants... Oh oui, l'hiver peut être, à certains moments, selon notre regard, tellement beau!
Carole Boissonneault
Les images et symboles sont
Affiché le mer 16/12/2009 - 10:44
Les images et symboles sont transmis par le poète. Une neige représente bien plus que le climat mais tout un univers qui palpite. La froidure peut se ressentir si fortement au-dedans. La poésie, c'est comme un tableau où l'auteur y dépose ses couleurs sur une feuille de papier ou d'écran.
J'ai beaucoup aimé voir et entendre ce poème d'Émilie Nelligan. Il faut comprendre la souffrance de cet homme et y voir au-delà du mot. Merci pour la découverte de ce très beau vidéo
Fredo le Dingo
Très joli poème ! On ressent
Affiché le mer 16/05/2012 - 04:04
Très joli poème ! On ressent beaucoup d'émotions à la lecture, ce qui n'est pas désagréable :)
En attendant l'hiver, je vais profiter de mon jardin et de ce beau soleil ! Consultez un blog de jardin super pour obtenir quelques conseils, c'est cadeau ;)